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Association Française pour l'Étude du Sol

Ardon, Orléans Cedex 2, France

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Revue “Étude et Gestion des Sols”

Étude et Gestion des Sols (EGS) publie des articles en français. Sa vocation première est d'être un lieu d'échange et de transfert en ce qui concerne la science du sol appliquée. Les articles sont soumis à une procédure de relecture critique par des pairs. EGS publie des résultats originaux, des synthèses et des revues bibliographiques, ainsi que des notes techniques et historiques. EGS publie également des numéros ou des dossiers thématiques.
EGS peut aussi publier des articles brefs d'opinion scientifique, contribuant à l'avancée des réflexions sur notre champ d'étude et de recherche.

EGS est désormais (depuis le 1er janvier 2013) entièrement électronique, avec accès libre et gratuit (accès en bas de cette page).
Les nouveaux articles sont publiés dès qu'acceptés et mis en forme, sous la forme de fichiers .pdf. Leur publication est annoncée au fur et à mesure sur notre "liste de diffusion".
Les autres articles antérieurs à 2013 sont également tous téléchargeables.


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Introduction à la revue EGS et comité éditorial

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Dominique Arrouays
RÉDACTEUR EN CHEF : Dominique Arrouays
RÉDACTEURS EN CHEF ADJOINTS : Denis Baize, Dominique Schwartz
SECRÉTARIAT DE RÉDACTION : Florence Héliès, Cédric Laveuf, Jean-Pierre Rossignol

Adresse :
AFES, INRA, Centre de recherches d'Orléans
2163, avenue de la Pomme de Pin, CS 40001, Ardon
F-45075 Orléans Cedex 02, France

Contact Donimique Arrouays

COMITÉ ÉDITORIAL :
D. Angers Agric. Agroalim. Canada, Sainte Foy, Canada
M. Badraoui I.A.V. Hassan II, Rabat, Maroc
W. Blum Univ. Vienne, Autriche
L. Bock Faculté Agronomique de Gembloux, Belgique
A. Bruand ISTO, Université d'Orléans
C. Cheverry ENSA, Rennes
J.L. Chotte IRD, Montpellier
S. Deckers Université de Leuven, Belgique
A. Delaunois Chambre d'Agriculture du Tarn, Albi
B. Delvaux Université de Louvain la Neuve, Belgique
C. Feller IRD, Montpellier
P. Faivre Université de Savoie, Chambéry
N. Filippi EC JRC Ispra, Italie
E. Frossard Institut Fédéral de Technologie, Zurich, Suisse
J.C. Germon INRA, Dijon
M.C. Girard Académie d'Agriculture, Paris
J.M. Gobat Université de Neuchâtel, Suisse
A. Halitim Université de Batna, Algérie
B. Jabiol ENGREF, Nancy
J.L. Julien Laboratoire Départemental de l'Aisne
J.P. Legros AFES, Montpellier
F.‑Macias Vasquez Univ. St-Jacques de Compostelle, Espagne
C. Mathieu Acad. des Sciences d'Outre-Mer, Paris
J.P. Montoroi I.R.D., Bondy
R. Moreau I.R.D., Montpellier
J.L. Morel ENSAIA, Nancy
S. Recous INRA, Laon
G. Richard INRA, Orléans
C. Schvartz ISA, Lille
T. Sterckeman INRA - ENSAIA, Nancy
E. Van Ranst Université de Gand, Belgique
C. Walter Agrocampus Ouest, Rennes

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EGS Instructions aux auteurs

1/ EGS est une revue de l'Association Française pour l'Étude du Sol.

2/ La publication est gratuite. Les articles ne devront, en règle générale, pas excéder 15 pages imprimées (résumés, figures, tableaux, bibliographie
compris). Une page pleine de la revue équivaut à environ 4 000 signes, espaces non compris. Pour certains articles, quelques pages supplémentaires
pourront être acceptées.

3/ Le manuscrit doit être saisi sous traitement de texte, sur format 21 x 29,7 cm. Le texte sera fourni sur support électronique (fichier attaché à un courrier électronique ou CD-Rom), de préférence format Word (DOC ou docx) en double interligne. Les lignes doivent être numérotées de 1 à n du début à la fin du document. Les figures en haute résolution (formats pict, eps, tif, png ou jpg en haute définition ou fichier Excel) et les tableaux originaux (de préférence accompagnés du fichier Excel) doivent être joints.

4/ Les textes sont publiés en français. Un 'résumé étendu' en anglais ('extended summary ') précède le texte avec quelques ' Key words '. Il renvoie aux principaux tableaux et figures. Un résumé en français (30 lignes maximum), et quelques mots clés, qui servent à l'indexation, accompagnent aussi le texte. Les résumés présentent clairement le problème étudié, les méthodes utilisées et les conclusions auxquelles on est arrivé. Key words et mots clés doivent être utilisables dans une interrogation de bases de données. Une traduction en espagnol du résumé français est souhaitée. Elle peut être prise en charge par le secrétariat de rédaction. Le secrétariat de rédaction peut également proposer des améliorations en ce qui concerne la rédaction en français.

5/ La page de garde comportera :
a* le titre de la communication ;
b* les noms et prénoms du ou des auteurs ;
c* l'institution à laquelle il(s) appartien(nen)t et les adresses complètes ;
d* l'adresse électronique de l'auteur à qui adresser les correspondances.

L'auteur donnera un titre courant de moins de quarante caractères, ainsi que le titre en anglais.

6/ Les figures et les tableaux seront réduits par les responsables de la revue à la dimension qu'ils estimeront souhaitable. Les titres des tableaux et figures partie entière des nombres sera séparée de la partie décimale par une virgule. Les photographies doivent être contrastées, une échelle donnée sur chaque document. Les illustrations en couleurs seront acceptées uniquement si elles sont indispensables.

7/ Les références bibliographiques citées dans l'article sont reprises en fin de texte, par ordre alphabétique. Les noms des auteurs cités dans le texte seront écrits en caractères minuscules : (Dupont, 2009 ; Dubois et Duchemin, 2009 ;Duchamp et al., 2009) .
La bibliographie sera présentée par ordre alphabétique sur le modèle suivant :

Joseph K.T., 1977 - Clamatrops - Proceedings of the conference on classification and management of tropical soils, Kuala Lumpur, Malaysia, 15to 20 August 1977.
Liang L., Hoffmann A. et Gu B., 2000 - Ligand-induced dissolution and releaseof ferrihydrite colloids. Geochim. Cosmochim. Acta, 64, 12, pp. 2027-2037.


8/ Les manuscrits doivent être envoyés par courriel à Dominique.Arrouays@orleans.inra.fr ou par courrier postal à Dominique Arrouays, AFES - INRA Orléans, Avenue de la Pomme de Pin, CS 40001, Ardon 45075 Orléans cedex 02, France. Les auteurs préciseront leur adresse électronique et leur numéro de téléphone.

9/ Les auteurs peuvent proposer une liste restreinte d'experts susceptibles de relire le manuscrit. Ils peuvent également, en cas de concurrence ou de conflit d'intérêt, signaler des experts qu'ils ne souhaitent pas. Chaque manuscrit est envoyé à deux lecteurs qui remplissent une fiche de lecture. Cette expertise est en principe anonyme, sauf lorsqu'un expert accepte de communiquer son nom aux auteurs. Les deux fiches de lecture et commentaires éventuels sont renvoyés à l'auteur avec une décision de la rédaction : article rejeté, à reécrire entièrement, à modifier en profondeur, à modifier légèrement, accepté.

10/ Lorsque l'article n'a pas été rejeté et que l'auteur a retourné son manuscrit corrigé en tenant compte des avis des lecteurs, le nouveau manuscrit est relu par ses lecteurs initiaux, ainsi que par les responsables de la rédaction qui peuvent proposer d'éventuelles modifications et une mise en forme améliorée des figures et tableaux.

11/ Lorsque l'auteur a donné son accord sur les modifications et effectué tous les travaux correspondants, le texte est accepté pour publication.

12/ Une épreuve du texte est ultérieurement envoyée à l'auteur qui a présenté le manuscrit. L'épreuve corrigée doit être retournée dans la semaine suivante, avec l'accord pour payer les pages supplémentaires si c'est le cas. Dès que sa mise en forme définitive est réalisée, l’article est immédiatement publié sous forme d’un fichier .pdf téléchargeable librement et gratuitement sur le site de l’AFES.

13/ Le Comité de rédaction de EGS se réserve le droit d'adapter ou de modifier la disposition du texte original et de prendre toutes les décisions non explicitement mentionnées dans ce règlement.

14/ Les articles proposés à EGS doivent être originaux ; tout manuscrit déjà publié en partie doit être explicitement signalé comme tel au début du processus de sélection. L'utilisation ultérieure des documents publiés dans EGS par d'autres que les auteurs est soumise à une autorisation écrite des auteurs et de la revue. Une référence claire devra toujours en mentionner la source.

15/ Les textes publiés dans EGS n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

16/ Toute correspondance doit être adressée au rédacteur en chef :
D.Arrouays, AFES,
INRA d'Orléans
2163 avenue de la Pomme de Pin
CS 40001, Ardon, 45075 Orléans Cedex 02 France
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Recherche : 59 articles sur 44 numéros
Articles de la revue choisie

2016 - Volume 23 - Numéro 1

Cartographie qualitative de la sensibilité du sol à l’érosion hydrique : cas du bassin versant oued Boukiou (nord ouest de l’Algérie) | p 91-100
Auteurs :
S. Bouguerra, A. Bouanani
Résumé :
L’étude porte sur une analyse des principaux facteurs naturels entrainant le phénomène de l’érosion hydrique des sols dans l’un des bassins versants de l’ouest algérien. La méthodologie se base sur la technique usuelle de cartographie numérique depuis l’acquisition et le traitement d’images satellitaires et des données de la télédétection jusqu’à leur croisement avec d’autres données géographiques dans l’outil SIG (système d’information géographique). Les paramètres à estimer sont liés aux conditions du milieu :sol, relief, occupation du sol. Ainsi, le croisement de ces facteurs selon des règles qualitatives choisies nous a permis d’élaborer une carte décrivant quatre classes de vulnérabilité multifactorielle des sols à l’érosion hydrique : faible (27%), moyenne (36%), forte (23%) et très forte (14%). Les zones très vulnérables à l’érosion se manifestent dans les sols et substrats fragiles à pente raide et/ou subissant une agriculture très extensive où le couvert végétal est peu protecteur. Les résultats de cette étude serviront à hiérarchiser et sélectionner des périmètres particulièrement sensibles à l’érosion des sols pour en décider des différents aménagements antiérosifs à prévoir.

2015 - Volume 22 - Numéro 1

Estimation des incertitudes liées à la prédiction ponctuelle de variables pédologiques à partir de bases de données géographiques sur les sols. Exemple de l’utilisation des strates issues du programme français Inventaire, Gestion et Conservation des Sols (IGCS) | p 9-18
Auteurs :
V. Murciano, J.-B. Paroissien, N.P.A. Saby, A.C. Richer de Forges, M.P. Martin, R. Emilion, D. Arrouays
Résumé :
Le programme GlobalSoilMap a pour objectif de produire une base de données à haute résolution spatiale des propriétés des sols du monde, assorties de leurs incertitudes. Parmi les méthodes possibles pour atteindre cet objectif, l’une d’elles consiste en une prédiction de ces propriétés à partir de moyennes pondérées et d’estimations des intervalles de confiance issues de bases de données cartographiques (unités cartographiques et typologiques de sol). En France, ces bases décrivent en particulier les « strates », qui sont des horizons conceptuels caractérisés à partir des valeurs modales et extrêmes d’un certain nombre de propriétés. Cependant, dans de nombreux cas, ces valeurs extrêmes n’ont pas été renseignées dans les bases de données. Notre objectif est donc de tester la possibilité d’estimer ces valeurs extrêmes à partir des valeurs modales et d’autres variables environnementales en utilisant des techniques d’apprentissage automatique. Les données utilisées proviennent de l’extraction de DoneSol des strates contenant les valeurs modales et les valeurs extrêmes de certaines propriétés. Nous illustrons ici la démarche par des résultats primaires concernant 7 variables pédologiques requises pour les « produits » GlobalSoilMap (carbone organique, pHeau, teneurs en argile, limon, sable, éléments grossiers, et capacité d’échange cationique) puis nous détaillons deux exemples portant sur le carbone organique et le pH. Les qualités de prédiction les plus satisfaisantes concernent le carbone. L’intérêt principal de ce type d’approche est de pouvoir dériver des valeurs par défaut de ces indicateurs de dispersion lorsqu’elles sont manquantes dans les bases de données. On peut toutefois penser que les types de modèles que nous avons utilisés pourraient parfois conduire à un « sur-ajustement » qui donne une fausse idée de leur performance. Pour vérifier cela, il faudrait disposer d’une validation externe entièrement indépendante.
Prise en compte de la pierrosité dans les calculs de réserve utile et du besoin en eau pour une culture de maïs. Cas du Loiret | p 29-42
Auteurs :
M. Tetegan, A. C. Richer de Forges, B. Nicoullaud, C. Desbourdes, N. Schnebelen, A. Bouthier, D. Arrouays et I. Cousin
Résumé :
Lors de la caractérisation des propriétés de rétention en eau des sols caillouteux, les éléments grossiers sont souvent, soit totalement négligés, soit considérés comme ne participant pas à la réserve utile des sols. Pourtant l'estimation du fonctionnement hydrique des sols caillouteux nécessite la prise en compte des propriétés hydriques de chacune des phases constituant ce type de sol. Basée sur la carte des sols du Loiret, cette étude a pour objectif de proposer un calcul de la réserve utile des sols tenant compte des capacités de rétention en eau des éléments grossiers. La réserve utile des sols a été calculée via le couplage des classes de pédotransfert proposées par Bruand et al. (2004) pour la terre fine et Tetegan et al. (2011) pour les éléments grossiers. Les résultats obtenus ont démontré que la non prise en compte de la phase caillouteuse dans le calcul de la réserve utile de sols à pierrosités variables pouvait induire parfois près de 50% d’erreur. Pour une culture de maïs, le déficit hydrique moyen annuel évalué sur 21 ans par un modèle de bilan hydrique, est mal estimé sur 80 % de la surface étudiée. Les besoins en eau sont ainsi souvent surestimés, car les éléments grossiers peuvent servir d’apport hydrique non négligeable aux cultures. Ces travaux montrent que les pratiques d'irrigation à l'échelle régionale peuvent être améliorées pour optimiser l'efficacité de l’utilisation de l'eau.

2014 - Volume 21 - Numéro 1

Diagnostic in situ de la réduction du fer dans les sols par l'utilisation d'un test de terrain colorimétrique | p 51-59
Auteurs :
L. Berthier, V. Chaplot, G. Dutin, A. Jaffrezic, B. Lemercier, A. Racapé, C. Walter
Résumé :
L’hydromorphie des sols est l’expression d’un engorgement en eau plus ou moins prolongé et d’un déficit en oxygène agissant sur leurs propriétés et leurs fonctionnalités. Elle s’exprime en prenant la forme de traits morphologiques souvent persistants, résultant de la dynamique du fer et du manganèse. La profondeur d’apparition, le degré d’hydromorphie (présence/absence d’horizons rédoxiques et/ou horizons réductiques) et sa persistance en profondeur dans les sols sont les critères retenus dans le cadre réglementaire des délimitations de zones humides. Ainsi, les traits pédologiques liés à un engorgement prolongé en eau dans les sols, comme la présence de concrétions de fer et de manganèse, sont classiquement utilisés pour délimiter les zones humides.
La présence de traits d’hydromorphie anciens dans des sols actuellement bien drainés et une confusion avec des traits d’altération de la roche mère peuvent compromettre le diagnostic au cours des inventaires de terrain de zones humides. L’utilisation conjointe du diagnostic morphologique et du test au Fe(II) permet de caractériser le caractère rédoxique et/ou réductique d’un volume pédologique. L’utilisation du test à base de phénantroline mettant en évidence la présence de Fe(II) dans la solution du sol offre une information complémentaire à l’approche morphologique des traits réductiques. La réaction à ce test permet le développement d’une coloration rouge en présence de Fe(II). Outre des limites inhérentes au réactif et aux variations des conditions hydrologiques, ce test permet dans de nombreux cas de lever des indéterminations pédologiques. Le test est bon marché et facile à utiliser. Une aide à la détermination du caractère rédoxique et/ou réductique d’un volume pédologique, fondée sur l’utilisation conjointe du diagnostic morphologique et du test au Fe(II), est finalement proposée.
Reconnaître les sols de zones humides : Difficultés d'application des textes réglementaires | p 85-102
Auteurs :
Denis Baize, Christophe Ducommun
Résumé :
En France, la législation actuelle relative aux "zones humides" découle de la loi sur l'eau. Elle est composée d'un décret et de deux arrêtés, le deuxième (octobre 2009) venant modifier le contenu du premier (juin 2008). Ces textes ont été complétés par une circulaire.
Cet article s'adresse à tous ceux qui ont à appliquer ces textes sur le terrain et qui doivent décider objectivement si des sols sont des "sols de zones humides" ou non, sur la base d'observations faites le plus souvent grâce à des sondages à la tarière. Son principal objectif est d'attirer l'attention sur les difficultés qu'il y a à appliquer concrètement les directives contenues dans les deux arrêtés et, finalement, à définir les "sols de zones humides". En outre, les limites de ces deux arrêtés et de la circulaire vont être évoquées et des améliorations vont être suggérées.

2013 - Volume 20 - Numéro 1

Vers une cartographie numérique des propriétés des sols du monde : Le programme GlobalSoilMap | p 7-14
Auteurs :
J. W. Hempel, A. B. McBratney, N. J. McKenzie, A. E. Hartemink, R. McMillan,
P. Lagacherie, D. Arrouays
Résumé :
A l’heure où il est reconnu que la connaissance et la protection des sols sont des piliers majeurs pour répondre à de grands enjeux planétaires (sécurité alimentaire, changement climatique, accaparement des terres, urbanisation et artificialisation, gestion de l’eau…), il paraît plus que jamais indispensable de se doter d’outils permettant de prendre en compte les propriétés des sols à l’échelle mondiale. Face à ces constats, les initiatives internationales se multiplient. L’une d’elle, le projet GlobalSoilmap, vise à produire, à terme, une base de données digitale harmonisée et mondiale de quelques propriétés des sols. Il a été lancé en 2006 à l’initiative du Groupe de Travail « Digital Soil Mapping » de l’Union Internationale de Science du Sol (IUSS).
Il est porté par un consortium qui réunit des organismes leaders dans le domaine de la cartographie des sols. L’objectif du programme est de produire une base de données librement accessible de quelques propriétés des sols d’intérêt majeur, sous forme d’une grille raster au pas de 100 mètres, et ce, sur la totalité du Monde, surfaces artificialisées exclues. Il est prévu de délivrer ces propriétés sous la forme de valeurs moyennes assorties d’intervalles de confiance (ou fourchettes de valeurs les plus probables) de façon à rendre compte en même temps de l’incertitude associée. La prédiction de ces propriétés à des profondeurs standard est faite en utilisant la fonction « Spline » pour transformer des données recueillies par horizons ou par couches de profondeurs connues en un profil continu modélisant la distribution de la propriété en fonction de la profondeur. Une attention particulière est portée à l’estimation des incertitudes. Bien qu’aucun pays n’ait actuellement produit une couverture exhaustive de toutes les propriétés, un certain nombre de pays se sont lancés dans l’aventure, et disposent déjà, pour tout ou partie de leur territoire, de quelques produits conformes aux spécifications de GlobalSoilMap.
Potentiel de la spectrométrie gamma aéroportée pour la cartographie des sols et du régolithe : une mini-revue et des premiers exemples en régions Centre et Limousin | p 15-28
Auteurs :
B. Laroche, A. Richer de Forges, N. Saby, G. Martelet, B. Tourlière, J. DeParis, F. Messner, J. Wetterlind, J. Moulin, D. Froger, D. Arrouays
Résumé :
Cet article fait une première analyse du potentiel de la spectrométrie gamma aéroportée (SGA) pour la cartographie des sols et du régolithe. On présente tout d’abord le principe de cette méthode de mesure, sa couverture du territoire et une courte revue des applications qui ont été déjà réalisées en France et dans le monde en ce qui concerne la cartographie des sols et du régolithe. On présente ensuite trois essais méthodologiques qui ont été récemment menés en France, dans les régions Centre et Limousin. Ces applications
montrent le caractère prometteur de l’utilisation de cette technique pour la cartographie numérique. La mise en oeuvre de ces données dans divers contextes géologiques, géomorphologiques ou d’occupation du sol mérite d’être plus amplement évaluée, comme outil d’aide à la cartographie des sols.

2013 - Volume 20 - Numéro 2

Effet de la température sur le devenir des pesticides dans les sols et conséquences pour l’évaluation des risques environnementaux : Cas du glyphosate et des herbicides sélectifs | p 39-54
Auteurs :
L. Mamy, E. Barriuso et B. Gabrielle
Résumé :
L’introduction de cultures génétiquement modifiées résistantes au glyphosate est supposée diminuer le nombre et les doses d’herbicides (le glyphosate ayant un large spectre d’action et une efficacité reconnue), donc réduire les risques de contamination de l’environnement. Cependant, les études qui comparent rigoureusement le devenir du glyphosate dans l’environnement à celui des herbicides utilisés avec les cultures non résistantes sont rares. Le devenir des herbicides dans le sol, compartiment clé de l’environnement, dépend de la structure chimique des composés, des caractéristiques des sols et des conditions climatiques, en particulier des paramètres température et humidité. Ainsi, l’objectif de ce travail est de comparer, à trois températures et dans trois sols différents (Rendzine superficielle, Cambisol calcaire, Cambisol désaturé), le devenir du glyphosate à celui de la trifluraline et du métazachlore (herbicides du colza), de la métamitrone (betterave) et de la sulcotrione (maïs). Des solutions aqueuses d’herbicides marqués au 14C ont été appliquées sur les trois sols à des doses agronomiques. Puis, les sols ont été incubés à l’obscurité à 28 °C, 18 °C ou 4 °C et à humidité constante pendant 5 mois. Les résultats ont montré que lorsque la température décroît, la proportion de résidus d’herbicides restant extractibles augmente parce que la dégradation des herbicides ralentit. Ainsi, la minéralisation diminue, de même que la quantité de résidus non extractibles, sauf dans les cas du glyphosate et de la métamitrone. La dégradation complète sous forme de 14CO2 (minéralisation) varie en fonction des caractéristiques des sols, pH et teneur en carbone organique en particulier, et de l’intensité de la rétention des herbicides la biodisponibilité des herbicides pour être biodégradés est réduite quand la rétention est élevée. A 4 °C, après cinq mois d’incubation, tous les herbicides, sauf la sulcotrione, sont encore détectés. En particulier, jusqu’à 18 % du glyphosate initialement apporté ont été extraits du Cambisol désaturé. Les herbicides sont donc susceptibles de persister longtemps dans les sols à basse température. De même, les quantités résiduelles des métabolites majeurs du glyphosate, de la sulcotrione et du métazachlore sont significatives au maximum, elles atteignent respectivement, en pourcentages des quantités initiales, 39,3 %, 68,5 % et 62,3 % à 4 °C. La disponibilité des herbicides et de leurs métabolites, estimée par les quantités extractibles, est directement reliée aux risques de lixiviation. Ainsi, ces 40 derniers augmentent à basse température. Comparé aux herbicides sélectifs, le glyphosate est rapidement minéralisé, même à faible température, et présente donc moins de risques pour l’environnement. Cependant, les bénéfices potentiels de l’implantation des cultures résistantes au glyphosate sont contrebalancés par la persistance dans les sols de son principal métabolite, qui est déjà fréquemment détecté dans les eaux, et par l’augmentation des résidus non extractibles à basses températures.
Effets du pH du sol sur le test de génotoxicité Vicia-micronoyaux | p 107-115
Auteurs :
A. Dhyèvre, A.-S. Foltête, D. Aran, S. Muller et S. Cotelle
Résumé :
Face à la multiplication des sites et sols contaminés, il est nécessaire d’apporter une solution technique pour évaluer le potentiel génotoxique des sols. En effet, il n’existe actuellement aucun test normalisé au niveau international pour mesurer la génotoxicité (toxicité vis-à-vis du matériel génétique) des matrices solides par exposition directe. La normalisation ISO du test Vicia-micronoyaux nous a amenés à travailler sur l’effet du pH sur la fréquence des micronoyaux ainsi que la gamme de pH dans laquelle le test est réalisable.
Deux approches ont été envisagées : la modification artificielle du pH d’un sol et l’exposition à des sols de pH naturellement différents. Les résultats montrent que le test peut être réalisé en respectant les critères de validité dans une gamme de pH allant de 3,1 à 9,0 sans observer d’augmentation de la fréquence des micronoyaux. Les tests réalisés avec les sols naturels de pH différents confirment ces résultats.
Dégradation morphologique et agriculture : quantification des évolutions pédologiques à court terme sous contraintes anthropiques | p 137-149
Auteurs :
D. Montagne ; I. Cousin et S. Cornu
Résumé :
La gestion durable de la ressource sol, reconnue comme non renouvelable à l’échelle humaine, nécessite de connaître voire d’orienter les évolutions des sols en réponse aux activités anthropiques ou au changement climatique. Les dynamiques des principaux processus pédologiques, à des pas de temps de quelques dizaines à centaines d’années sont cependant largement méconnues. Trop souvent encore, les sols sont considérés comme stables pour de tels pas de temps. Dans ce contexte, nous synthétisons ici les avancées scientifiques de dix ans de recherches avec pour objectifs : i) de caractériser l’impact de perturbations anthropiques sur la nature des processus pédologiques actifs dans des LUVISOLS DÉGRADÉS; ii) de quantifier l’importance des évolutions récentes des sols par rapport aux processus de formation long-terme ; et iii) de préciser la dynamique des processus pédologiques pour des pas de temps de la dizaine à quelques centaines d’années. La démarche utilisée repose sur un échantillonnage en séquence orientée et une modélisation du phénomène de dégradation morphologique par bilans massiques. Deux perturbations ont été considérées : la mise en culture de sols forestiers depuis au moins 200 ans, d’une part, et le drainage agricole pendant 16 ans, d’autre part. Nos travaux montrent que la mise en culture ralentit le phénomène de dégradation morphologique sous l’effet des pratiques de chaulage, mais peut aussi localement conduire à son accélération sous l’effet de l’implantation d’un réseau de drainage. Dans ces deux situations, l’impact cumulé des pratiques agricoles sur des périodes aussi courtes que quelques dizaines à centaines d’années s’est révélé suffisant pour produire une différenciation des sols avec une amplitude comparable aux processus de formation à long terme des sols. L’existence de boucles de rétroactions positives entre structure du sol, intensité des flux d’eau et transferts de matières, couplée à des évolutions par seuil sont deux éléments clés contrôlant ces dynamiques particulièrement rapides d’évolution des sols.
Impact du Miscanthus sur la biodiversité végétale de sols contaminés par des éléments traces métalliques | p 151-161
Auteurs :
Hayet A., de Foucault B., Douay F., Deram A.
Résumé :
Dans le cadre du programme Phytener, une évaluation de l'influence de la production de Miscanthus giganteus sur la biodiversité végétale de parcelles cultivées a été réalisée afin d'apprécier la viabilité écologique de ce type de culture. Pour ce faire, la flore vasculaire de six parcelles expérimentales, toutes plantées en Miscanthus, a été analysée. Quatre de ces parcelles présentent des sols contaminés à des degrés divers par des éléments traces métalliques (ETM). Les concentrations en ETM des deux autres parcelles avoisinent celles des teneurs agricoles habituelles (TAH). Ces parcelles ont été considérées comme des références dans la démarche. Les résultats montrent que la flore adventice des cultures de Miscanthus se compose essentiellement d'espèces indigènes, communes et peu menacées (niveau de préoccupation mineure). Au niveau communautaire, deux grands types biologiques sont représentés : les annuelles (végétation thérophytique) et les vivaces. Ces communautés d'adventices témoignent des perturbations occasionnées par la plantation de Miscanthus et de l'hétérogénéité locale du milieu. Sur la base des résultats obtenus, la production de Miscanthus ne semble pas exercer d'influence néfaste sur les adventices de culture. En retour, les adventices ne semblent pas nuire au développement de Miscanthus, une fois la période d'implantation réussie. Dans notre contexte, la contamination des sols ne semble pas constituer un obstacle à la colonisation des cultures par les adventices. Les facteurs influant sur la colonisation des cultures par les adventices sont étroitement liés au contexte environnant et à la durée du cycle des cultures. En effet, une hétérogénéité spatiale des paysages à proximité des parcelles permet une meilleure diversité des adventices et un cycle de culture long est favorable à une reprise de la dynamique évolutive de la végétation.

2012 - Volume 19 - Numéro 3

Les éléments en traces dans les sols agricoles du Nord-Pas-de-Calais | p 163-178
Auteurs :
T. Sterckeman, E. Villanneau, H. Bourennane, F. Douay, H. Ciesielski, D. King et D. Baize
Résumé :
La région Nord - Pas de Calais est une région très densément peuplée qui a été profondément affectée par des industries lourdes, l’exploitation minière du charbon dans le passé et une agriculture intensive, toujours active. Un jeu de données a été constitué en rassemblant des teneurs en éléments en traces mesurées dans le cadre de différentes études menées sur les sols agricoles de la région. Des facteurs d’enrichissements (FE) ont été calculés en chaque site pour 18 éléments en traces et 250 solums en utilisant l’aluminium comme élément géochimique de référence et un horizon profond ou le matériau parental supposé non contaminé par les activités humaines. L’analyse variographique a révélé que seulement huit métaux traces (Bi, Cd, Cu, In, Pb, Sn, Tl, Zn) sont spatialement corrélés, ce qui a permis d’utiliser la simulation séquentielle gaussienne pour la spatialisation de leurs FE. Le Cd montre un net enrichissement (FE le plus souvent compris entre 3 et 10, parfois plus) sur la quasi-totalité du territoire régional tandis que le Zn et le Pb montrent de forts enrichissements localement (FE de 3 à 30) à proximité immédiate d’usines de production de ces métaux (Auby, Noyelles-Godault, Mortagne-du-Nord) ou de grandes agglomérations (Dunkerque, Lille, Valenciennes, Est du bassin minier). Le Bi, le Cu et le Sn montrent des enrichissements modérés (de 1,5 à 3) sur la moitié du territoire régional, principalement autour des plus grandes villes et des usines de production de Pb et Zn. L’indium et le Tl présentent des FE de 1 à 1,5 sur l’ensemble du territoire avec des valeurs plus élevées en certaines zones urbanisées ou industrialisées. Les cartes de spatialisation des FE, rapprochées de celle de l’occupation du territoire par les activités humaines, montrent les origines principalement industrielle, urbaine et routière des enrichissements en Pb et Zn, de même que ceux, nettement plus faibles en Bi, In et Tl. Les enrichissements en Cu, Sn et Cd comporteraient quant à eux une origine agricole plus importante que ceux des précédents éléments. Certains éléments non spatialement corrélés présentent des FE nettement supérieurs à 1 en moyenne. C’est le cas de Hg, Mn, Mo, Sb et Se. Ces enrichissements ont probablement en partie une origine humaine mais l’impossibilité de modéliser leur distribution spatiale n’a pas permis de les relier aux activités anthropiques. Enfin, As, Co, Cr, Ni et V ne semblent pas avoir été apportés dans les sols par les activités humaines, puisqu’ils présentent des FE proches de 1 et, de plus, non reliés à l’occupation du territoire. Pour certains éléments, les quantités apportées par les activités humaines et stockées dans l’horizon de surface ont été estimées. Les plus importantes sont celles du Pb et du Zn, de l’ordre de 60 000 T. Viennent ensuite le Cu, avec environ 15 000 t, le Sn (environ 2 000 t) et le Cd (environ 1 100 t).

2011 - Volume 18 - Numéro 3

Dégradation physique des sols agricoles et forestiers liée au tassement : principaux résultats du projet GESSOL-ADD DST | p 187-199
Auteurs :
J. Roger-Estrade, V. Adamiade, D. Arrouays, E. Baranger, M. Bartoli, H. Boizard, A. Brêthes, N. Brisson, Y. Capowiez, A. Chanzy, V. Chaplain, I. Cousin, P. Cosenza, K. Cui, YJ. Cui, S. Debuisson, P. Défossez, F. Gérard, P.-A. Jayet, J. Labreuche, C. Le Bas, Y. Lefèvre, J. Léonard, E. Lévêque, F. Lévêque, B. Mary, M. Mumen, J. Ranger, A. Tabbagh, J. Tabbagh, A.-M. Tang, D. Tessier et G. Richard

2010 - Volume 17 - Numéro 3

Les éléments en traces dans les sols agricoles du Nord-Pas-de-Calais I. Étude et cartographie des teneurs des horizons de surface | p
Auteurs :
D. Baize, F. Douay, E. Villanneau, H. Bourennane, T. Sterckeman, H. Ciesielski et D. King

2008 - Volume 15 - Numéro 3

Evolution du pH et de la CEC de sols du Nord de la France en fonction des doses de chaulage (CaCO3) - Influence du carbone organique | p 161-170
Auteurs :
H. Ciesielski(1), T. Sterckeman(2), J.-Y. Baliteau(3), G. Caria(1), V. Goutiers(1) et J.-P. Willery(1)
Adresse :
1) INRA Laboratoire d`Analyses des Sols, 273, rue de Cambrai, 62000 Arras
2) INPL (ENSAIA)/INRA Laboratoire Sols et Environnement, 2, avenue de la Forêt de Haye, 54505 Vandoeuvre-lès-Nancy
3) Laboratoire SADEF, rue de la station, 68700 Aspach-le- Bas.
Résumé :
L`évolution du statut acido-basique de 35 sols agricoles du Nord de la France consécutive à des apports de carbonate de calcium a été étudiée. Les données utilisées proviennent d`essais réalisés en laboratoire et de mesures effectuées après une période d`incubation de deux mois.
On montre que la détermination du carbone minéral solubilisé dans des extraits de sol en présence d`oxalate d`ammonium permet de détecter de faibles quantités de carbonate de calcium, inaccessibles aux méthodes de détermination volumétriques classiques à moins d`aménagements drastiques.
Tant que la phase calcaire n`est pas en excès, l`augmentation du pH est reliée aux quantités de carbonate de calcium apportées par une relation qui pour être applicable à l`ensemble des sols examinés, ne fait intervenir que leurs seules teneurs en carbone organique selon :
pH = pH0 + (10/[C]).[CaCO3]ajouté.
Une autre relation est mise en évidence pour décrire les variations de la capacité d`échange cationique (CEC) en fonction de celles du pH. Elle conduit à un modèle proche de celui proposé précédemment pour estimer les quantités de carbonate de calcium nécessaires pour amener le pH des types de sols étudiés à une valeur donnée.

2008 - Volume 15 - Numéro 4

Influence du pH des sols sur les fractions d`éléments traces extraites* ou diffusées** - (*) Par une solution de CaCl2 - (**) En présence de gels DGT (Diffusive Gradient in Thin films) | p 225-240
Auteurs :
H. Ciesielski(1), J.-C. Fischer(2), A. Guérin-Lebourg(1), N. Proix(1) et C. Gabelle(2)
Adresse :
1) INRA - Laboratoire d`Analyses des Sols, 273 rue de Cambrai, 62000 Arras, France
2) USTL - Laboratoire ` Processus et Bilans des Domaines Sédimentaires `, équipe de Chimie Analytique et Marine, UMR CNRS 8110, Université des Sciences et Technologies de Lille (Lille 1), 59655 Villeneuve d`Ascq Cedex, France
Résumé :
Les quantités d`éléments traces extraites dans les sols par des réactifs chimiques non tamponnés sont fortement influencées par le pH. Cette propriété est mise à profit dans ce travail pour comparer les quantités extraites par une solution de chlorure de calcium aux quantités diffusées au contact de gels DGT (Diffusive Gradient in Thin Films). Pour cela on utilise des sols pollués et non pollués, acides ou proches de la neutralité, ayant subi des apports croissants de carbonate de calcium. Les variations induites par le pH présentent de fortes similitudes pour les deux méthodes et peuvent se décrire à l`aide de relations de même nature. Pour l`ensemble des éléments traces étudiés (Cd, Cu, Ni, Pb, Zn) ainsi que pour le manganèse, on a pu améliorer les relations entre les quantités extraites et les quantités diffusées par la prise en compte du pH et de la teneur en carbone organique des sols considérés.
Estimation et signification de la capacité d`échange cationique des sols salés du Cheliff (Algérie) | p 241-254
Auteurs :
D. Saidi(1), Y. Le Bissonnais(2, 3), O. Duval(2), Y. Daoud(4) et D. Tessier(5)
Adresse :
1) Faculté des Sciences Agronomiques et des Sciences Biologiques, BP151, Chlef, Algérie
2) INRA d`Orléans, UR 0272 Science du Sol BP 20619, 45160 Olivet cedex, France
3) INRA Lisah, 2, Place Viala 34060 Montpellier cedex 02, France
4) INA, Département de Science du sol, El-Harrach, Alger, Algérie
5) INRA Versailles, unité de science du sol, Route de St-Cyr, 78026 Versailles cedex, France
Résumé :
Les mesures de la capacité d`échange cationique (CEC) renseignent sur d`importantes propriétés du sol, notamment son aptitude à retenir les cations et à raisonner leur mobilité dans le sol. Nous avons analysé treize échantillons de sols riches en électrolytes de la plaine du Cheliff (Algérie) en mesurant leur CEC et en établissant ses rapports éventuels avec la texture, la teneur en carbone organique et le pH des sols. Dans les sols calcaires, la valeur de la CEC du sol obtenue par la méthode au chlorure de cobaltihexammine est toujours supérieure à celle mesurée à pH = 7,0. Des équations de régression utilisant les teneurs en carbone organique et en argile comme variables indépendantes permettraient de justifier 90 % de la variabilité de la CEC mesurée dans l`acétate d`ammonium tamponnée à pH 7,0 et 89 % pour celle mesurée au pH proche de celui du sol. Ces rapports sont particulièrement utiles du fait qu`ils permettent d`estimer la CEC du sol en fonction des teneurs en carbone organique et en argile. Les essais de corrélation entre les indices de salinité, les paramètres de la phase saline et les propriétés physiques montrent que la méthode de mesure de la CEC au chlorure de cobaltihexammine permet de mieux caractériser les sols du Cheliff que la méthode Metson. Cette valeur de la CEC constitue un critère pour le suivi de la qualité chimique des sols. La mesure de la CEC à pH égal à 7 selon la méthode Metson permet de prévoir la teneur en eau au point de flétrissement permanent. Avec les hauts potentiels de l`eau, c`est la densité apparente qui en est la mieux corrélée.
Enfin, nous notons que la salinité rencontrée dans ces types de sols s`accompagne toujours d`une sodisation du complexe adsorbant, ce qui engendre par conséquent une diminution de la stabilité structurale et de l`infiltration.

2007 - Volume 14 - Numéro 1

Effets du pH sur l`extraction des éléments traces métalliques dans les sols | p 7-30
Auteurs :
H. Ciesielski, A. Guérin-Lebourg et N. Proix
Adresse :
INRA - Laboratoire d`Analyses des Sols
273 rue de Cambrai
62000 Arras
France
Résumé :
Il existe de nombreuses méthodes d`extraction pour caractériser le comportement des éléments traces métalliques (ETM) dans les sols. Si cette diversité atteste de la complexité des applications visées, nutrition des plantes ou pollution des sols, elle complique singulièrement le choix des utilisateurs. L`objet de ce travail est d`apporter des précisions sur le mode d`action de quelques réactifs courants pour en faciliter la sélection, tout en essayant de mieux cerner les mécanismes physico-chimiques mis en œuvre.
Pour cela, nous utilisons des échantillons de sols agricoles non pollués et pollués en Cd, Pb et Zn que nous avons préalablement traités avec des doses croissantes de carbonate de calcium. Cette façon de faire nous permet de mettre en évidence l`influence prépondérante sur les quantités extraites du pH du milieu considéré, la valeur de ce dernier résultant du pH initial des échantillons et de la compétition entre deux pouvoirs tampons, celui du sol et celui du réactif d`extraction. Cette observation s`applique à des réactifs aussi différents que des solutions de sels neutres (CaCl2, NH4NO3) ou des solutions complexantes à base de DTPA ou d`EDTA. Dans le premier cas, en provoquant une forte diminution des quantités extraites lorsqu`il augmente, le pH s`avère être un facteur parfois plus discriminant que les teneurs totales pour expliquer les différences observées entre sols pollués et non pollués. Dans le second, hormis certains cas qui pourraient s`expliquer par un effet de compétition entre cations métalliques : une stabilité du pH des extraits entraîne celle des fractions d`ETM mises en solution, une augmentation se traduit par leur diminution et inversement.
On note de fortes analogies de comportement entre le cadmium, le cuivre, le nickel, le plomb et le zinc vis à vis d`un même réactif et, malgré la diversité des protocoles d`extraction utilisés, vis à vis de réactifs différents. On met également en évidence de nombreuses relations entre les quantités extraites, le pH et la teneur en carbonate de calcium des échantillons. Dans ces conditions on peut envisager, au fur et à mesure que le pH évolue, et avant que n`interviennent d`éventuelles réactions de précipitation, des compétitions entre mécanismes de rétention communs à l`ensemble des éléments qui, en se superposant aux modifications éventuelles du statut des espèces minéralogiques présentes, vont déterminer les quantités solubilisées.
Au final ce travail précise et renforce les connaissances que nous avons sur le mode d`action des différents réactifs, ce qui devrait en assurer une utilisation plus pertinente, en sachant notamment, qu`ils peuvent parfois donner une image différente d`un même phénomène.
Abstraction faite des zones de précipitation que nos conditions expérimentales ne font qu`effleurer et au sein desquelles chaque élément va évoluer de façon spécifique, notre étude met en évidence de fortes similitudes de comportement avec pour conséquence, la possibilité de pouvoir envisager, à terme, une généralisation. Dans certains cas nous proposons de privilégier le rôle de la matière organique, la compétition avec les protons influençant à la fois la densité des sites d`échange et les réactions de complexation sur la phase solide.

2007 - Volume 14 - Numéro 2

Utilisation du logiciel CLAPAS pour l`aide à la délimitation de pédopaysages - Un test sur la carte des sols de Mirande (Gers, France) | p 135-152
Auteurs :
S. Lehmann(1), J.C. Bégon(2), M. Eimberck(1), J. Daroussin(2), R. Wynns(3) et D. Arrouays(1)
Adresse :
(1) INRA Orléans, Unité InfoSol, BP 20619, F-45166 Olivet cedex 06
(2) INRA Orléans, Unité de Science du Sol, BP 20619, F-45166 Olivet cedex 06
(3) BRGM, BP 6009, F-45060 ORLEANS Cedex 2
Résumé :
L`objectif de ce travail est de tester l`apport du logiciel Clapas (Robbez-Masson, 1994) pour l`aide à la cartographie des sols dans le cadre du programme IGCS. Notre secteur d`étude couvre une surface d`environ 50 000 ha localisée dans la région des coteaux de Gascogne (Gers) (figure 1). Nous rappelons les principes de Clapas (figure 2). A partir de deux secteurs d`apprentissage (figure 8), nous définissons les combinaisons de données numériques (issues de la carte géologique numérisée (figure 3) et des indices dérivés d`un MNT au pas de 50 m) les plus pertinentes pour discriminer des Unités Cartographiques (figures 5 et 6). Nous procédons d`abord à une validation interne de la méthode Clapas au sein des secteurs d`apprentissage. Nous analysons la qualité des résultats à l`aide de cartes de qualité des classements (figure 10), et d`une matrice de confusion avec les unités de la carte de validation (tableaux 3 et 4). Nous procédons à plusieurs itérations en regroupant successivement des unités sur la base de leur confusion (figure 4). Lorsqu`un résultat satisfaisant est atteint (fixé à 75 % de bonne prédiction), nous généralisons la classification à l`ensemble de la zone d`étude. Nous la validons en la comparant à une carte des sols du même secteur au moyen d`une nouvelle matrice de confusion (validation externe). Nous montrons que cette méthode apporte une aide pratique à la délimitation d`unités pédopaysagères à l`échelle du 1:250 000 (figure 12). Nous proposons ensuite quelques voies d`améliorations possibles de la méthode.

2007 - Volume 14 - Numéro 4

Une analyse des stratégies d`échantillonnage des réseaux de surveillance de la qualité des sols en Europe | p 317-326
Auteurs :
X. Morvan(1,2), A. Richer de Forges(1), D. Arrouays(1), C. Le Bas(1), N. Saby(1), R.J.A. Jones(3), F.G.A. Verheijen(3), P. Bellamy(3), M. Kibblewhite(3), M. Stephens(3), A. Freudenschuss(4), P. Strauss(5), H. Spiegel(6), A. Verdoodt(7), E. Goidts(8), G. Colinet(9), T. Sishkov(10), N. Kolev(10), V. Penizek(11), J. Kobza(11), T. Balström(12), P. Penu(13), T. Köster(14), C. Jolivet(1), R. Baritz(15), C. Kosmas(16), J. Berényi Üveges(17), G. Becher(18), J.P. Renaud(19), A.H. Arnoldussen(20), P. Pavlenda(21), P. Neville(22), P. Michopoulos(23), E. Herzberger(24), P. Simoncic(25), D. Fay(26), V.V. Buivydaite(27), A. Karklins(28), J. Kobza(29), S. Camilleri(30), S. Sammut(30), A. Higgins(31), C. Jordan(31), M. Rutgers(32), J. Niedzwiecki(33), T. Stuczynski(33), M. C. Goncalves (34), R. Dias Mano(35), C. Simota(36), A. Lilly(37), G. Hudson(37), M. Olsson(38), H. Lilja(39), I. Simo Josa(40), M. Zupan(41) et S. Sleutel(42)
Adresse :
(1) INRA, Unité Infosol, US1106, Centre de recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 OLIVET Cedex, France
(2) Université de Reims Champagne-Ardennes, Gegena, EA 3795, CREA, 51100 REIMS, France
(3) Cranfield University, Silsoe Bedfordshire, MK45 4DT UK, United Kingdom
(4) Umweltbundesamt GMBH, Spittelauer Lände 5, 1090 Wien, Austria
(5) Institute for Land and Water Management Research, Federal Agency for Water Management, Pollnbergstraße 1; A-3252 Petzenkirchen, Austria
(6) Austrian Agency for Health and Food Safety; Spargelfeldstraße 191, A-1226 Wien, Austria
(7) Ghent University, Laboratory of Soil Science, Krijgslaan 281 (S8), B-9000 Gent, Belgium
(8) Université Catholique de Louvain, Unité de Géographie, Bâtiment Mercator, Place Pasteur, 3, B-1348 Louvain-la-Neuve, Belgium
(9) Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques de Gembloux, Laboratoire de Géopédologie, Passage des déportés 2, B-5030 Gembloux, Belgique.
(10) Institute of Soil Science Nikola Poushkarov, 7 Shosse Bankya str., 1369, 1080 Sofia, Bulgaria
(11) University of Life Sciences Prague, Department of Soil Science and Geology, Kamycka 129, 165 21 Prague, Czech Republic.
(12) Institute of Geography & Geology, University of Copenhagen, Oster Voldgade 10, DK-1350 Copenhagen K, Denmark
(13) Agricultural Research Centre, Teaduse 4-6, Saku, 75501 Harjumaa, Estonia
(14) Estonian University of Life Sciences, Kreutzwaldi 1, 51014 Tartu, Estonia
(15) Bundesanstalt Fuer Geowissenschaffen Und Rohstoffe, Stilleweg, Hannover, 30655, Germany
(16) Agricultural University of Athens, Laboratory of Soils and Agricultural Chemistry, Iera Odos 75, Athens 11855, Greece
(17) Central Service for Plant Protection and Soil Conservation, H-1118 Budapest, Budaörsi út 141–145, Hungary
(18) Institute for World Forestry, Leuschnerstr. 91, 21031 Hamburg, Germany
(19) Inventaire forestier national, 45290 Nogent-sur-Vernisson, France
(20) Norwegian Forest and Landscape Institute, Raveien 9, N-1431 Aas, Norway
(21) National Forest Centre, T. G. Masaryka st. 22, SK-96092 Zvolen, Slovakia
(22) Coillte, The Irish Forestry Board, Newtownmountkennedy, Co. Wicklow, Ireland
(23) Forest Research Institute of Athens, Terma. Alkmanos, Athens 11528, Greece
(24) Federal Research and Training Centre for Forests, Natural Hazards and Landscape, Seckendorff-Gudent-Weg 8, A-1131 Vienna, Austria
(25) Slovenian Forestry Institute, Vecna pot 2 , SI 1000 Ljubljana, Slovenia
(26) Teagasc – The irish Agriculture and Food Development Authority, Oak Park, Carlow, Ireland
(27) Agronomy Faculty, Lithuanian University of Agriculture, Studentu St. 11, LT-53361, Akademija, Kaunas R., Lithuania
(28) Institute of Soil and Plant Sciences, Latvia University of Agriculture, Liela iela 2, Jelgava, LV 3001, Latvia
(29) Soil Fertility Research Institute, Gagarinova 10, SK-82713, Bratislava, Slovakia
(30) Ministry for Rural Affairs and the Environment, National Agricultural Research & Development Centre, Ghammieri, Marsa, Malta
(31) Agri-Food & Biosciences Institute, Newforge Lane, Belfast BT9 5PX, Northern Ireland, UK
(32) Laboratory for Ecological Risk Assessment, National Institute for Public Health and the Environment (RIVM), P.O. BOX 1, 3720 BA Bilthoven, The Netherlands
(33) Institute of Soil Science and Plant Cultivation – National Research Institute, ul. Czartoryskich 8, 24-100 Pulawy, Poland
(34) Estação Agronómica Nacional, Quinta do Marquês, 2784-505 Oeiras, Portugal
(35) INRB, Laboratory of Agricultural Chemistry Rebelo da Silva (LQARS), Tapada da Ajuda Apartado 3228, P-1301-903 Lisboa, Portugal
(36) Research Institute for Soil Science and Agrochemistry, Bd. Marasti, no. 61, 71331 Bucharest, Romania
(37) Macaulay Institute, Craigiebuckler, Aberdeen, AB15 8QJ, United Kingdom.
(38) Department of Forest Soils, Swedish University of Agricultural Sciences, Box 7001, SE 750 07 Uppsala, Sweden
(39) MTT, Plant Production Research, Soil and Plant Nutrition, 31600 Jokioinen, Finland
(40) Secció d`Avaluació de Recursos Agraris, Departament d`Agricultura, Ramaderia i Pesca, Generalitat de Catalunya, Av. Rovira Roure 191, 25198, Lleida, Spain
(41) University of Ljubljana, Biotechnical Faculty, Agronomy department, Jamnikarjeva 101, 1000 Ljubljana, Slovenia
(42) Ghent University, Department of Soil Management and Soil Care, Coupure Links 653, Gent, Belgium
Résumé :
Dans le cadre du projet ENVASSO (Environmental assessment of soil for monitoring), qui vise à proposer un cadre commun pour l`harmonisation de la surveillance des sols en Europe, nous avons réalisé une synthèse, la plus exhaustive jusqu`à maintenant à notre connaissance, des différentes stratégies d`échantillonnage utilisées par les différents réseaux de suivi de la qualité des sols en Europe. Des réseaux de mesure existent dans les 27 pays européens, la plupart membres de l`Union Européenne, leurs stratégies d`échantillonnage (sélection des sites de surveillance, surface des sites, nombre de sous-échantillons prélevés, pas de temps d`échantillonnage, stratégie d`échantillonnage du sol) sont toutefois très hétérogènes. L`harmonisation des stratégies des réseaux représente donc un problème délicat : en effet, la plupart des changements proposés entraînerait la quasi impossibilité de comparer les résultats avec ceux des campagnes de mesure précédentes. Il paraît cependant nécessaire d`harmoniser les réseaux de surveillance européens afin de pouvoir les comparer entre eux. Les propositions formulées vont dans ce sens. Nous estimons que plus de 4000 sites devraient être ajoutés aux sites existants pour obtenir une couverture satisfaisante des sols d`Europe. Nous recommandons que la taille minimale d`un site soit de 100 m², et n`excède en général pas plus de 1 ha. La recommandation faite afin d`harmoniser les réseaux de mesure européens est de prélever au moins 4 sous-échantillons, ce nombre étant à adapter en fonction de la surface du site de surveillance et/ou de la variabilité spatiale intra-site, si celle-ci est connue. Nous conseillons un pas de temps de l`ordre de 10 ans entre deux campagnes de prélèvement. Des recommandations sont également formulées quant à la stratégie verticale d`échantillonnage, la mesure des densités apparentes, la préparation et la conservation des échantillons. Il reste qu`une telle harmonisation demandera un effort considérable à de nombreux pays et il n`est pas certain qu`ils aient tous la capacité de respecter les propositions faites dans le cadre de cette étude. Quoi qu`il en soit, le projet ENVASSO permet d`asseoir une nouvelle base sur laquelle il sera possible de s`appuyer pour parvenir à cette harmonisation.

2006 - Volume 13 - Numéro 1

Caractérisation physico-chimique des sols à l`échelle d`une région naturelle à partir d`une compilation de données - Exemple des sols du massif forestier landais | p 7-22
Auteurs :
L. Augusto(1), V. Badeau(2), D. Arrouays(3), P. Trichet(4), J.L. Flot(5), C. Jolivet(3)L. Augusto(1), V. Badeau(2), D. Arrouays(3), P. Trichet(4), J.L. Flot(5), C. Jolivet(3) et D. Merzeau(6)
Adresse :
(1) I. N. R.A., UMR Transfert sol-plante et Cycle des éléments minéraux dans les écosystèmes cultivés. BP 81, 33883 Villenave d`Ornon Cedex, France.
(2) I. N. R.A., UMR Ecologie et Ecophysiologie Forestières. 54280 Champenoux Cedex, France.
(3) I. N. R.A., US InfoSol. Centre de Recherches d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex, France.
(4) I. N. R.A., UR Ecologie fonctionnelle et physique de l`environnement. 69, route d`Arcachon, 33612 Cestas Cedex, France.
(5) Département Santé des Forêts, Ministère Agriculture, DGFAR. 19 avenue du Maine, 75732 Paris Cedex 15, France.
(6) Institut pour le Développement Forestier - CPFA. Maison de la Forêt, 6 parvis des Chartrons, 33075 Bordeaux Cedex, France
Résumé :
Une compilation des données non publiées dans des revues à comité de lecture et concernant la physico-chimie des sols du massif forestier landais a été réalisée. Au total, ce sont des analyses provenant de 229 profils de sol qui ont été mises en base de données. Le traitement statistique de cette base a permis de mettre en évidence le rôle central de la teneur en carbone de ces sols sur leurs propriétés physico-chimiques (pH ; CEC ; stocks en nutriments). Ce comportement est principalement lié à la quasi absence de phase minérale réactive, ce qui confère alors aux matières organiques du sol l`essentiel des rôles d`échanges ioniques et de stockage de certains nutriments.
La composition des sols distingue assez nettement les régions forestières du massif (Dunes littorales ; Plateau Landais ; Bazadais). Au sein du plateau landais, il existe des différences dans la physico-chimie des sols en fonction de la typologie des stations, mais elles sont relativement peu marquées pour la majorité des variables (comme le C/N) par rapport aux résultats des études antérieures, géographiquement plus ponctuelles.
Ce travail met en évidence
i) la contribution potentiellement intéressante des données non publiées dans des revues à comité de lecture,
ii) la nécessité de vérifier et d`homogénéiser les données selon les différentes méthodologies employées.

2006 - Volume 13 - Numéro 2

Effet de différents systèmes de culture à couverture végétale sur le stockage du carbone dans un sol argileux des Hautes Terres de madagascar | p 113-128
Auteurs :
T.M. Razafimbelo(1), A. Albrecht(1), I. Basile(2), D. Borschneck(2), G. Bourgeon(3), C. Feller(4), H. Ferrer(1), R. Michellon(5),(6), N. Moussa(6), B. Muller(3), R. Oliver(3), C. Razanamparany(6), L. Seguy(3) et M. Swarc(7)
Adresse :
(1) IRD - UR 179 SeqBio, BP 64501, 34394 Montpellier Cedex 5, France
(2) CEREGE-CNRS-Université Paul Cezanne-Aix-Marseille III, Europôle Méditerranéen de l`Arbois, B.P. 80, 13545 Aix-en-Provence Cedex 4, France
(3) CIRAD - UPR Recyclage et risque, TA 40/01, Avenue Agropolis, 34398 Montpellier cedex 5, France
(4) IRD, Ambatoroka, BP 434, 101 Antananarivo, Madagascar
(5) CIRAD, Ampandrianomby, BP 853, 101 Antananarivo, Madagascar
(6) ONG TAFA, BP 266, 110 Antsirabe, Madagascar
(7) CIRAD - Laboratoire d`analyse, TA 40/01, Avenue Agropolis, 34398 Montpellier cedex 5, France
Résumé :
Stocker du carbone dans le sol permet d`améliorer ses propriétés physico-chimiques et de réduire les émissions de dioxyde de carbone vers l`atmosphère. L`effet des systèmes en semis direct avec couverture végétale (SCV) sur le stockage de C dans le sol est étudié sur un dispositif agronomique de longue durée (11 ans) à Antsirabe, Madagascar (16 °C, 1 300 mm). Quatre systèmes sont étudiés : un système en labour conventionnel avec exportation des résidus de récolte [CT m/s, rotation maïs (Zea mays L.)-soja (Glycine max. L.)], et trois systèmes en SCV sans travail du sol, et avec restitution des résidus de récolte [NT m/s, rotation maïs-soja ; NT m/m-d, rotation maïs-maïs avec une couverture végétale de Desmodium uncinatum ; et NT h/s-k, rotation haricot (Phaseolus vulgaris)-soja avec une couverture végétale de Pennissetum clandestinum]. Le sol est très argileux, à faible capacité d`échange cationique mais possédant des propriétés andiques pouvant influencer les potentialités de stockage du C du sol. A 0-5 cm, les teneurs en C sont plus élevées sous SCV (NT m/s, NT m/m-d et NT h/s) que sous labour (CT m/s), et à 5-10 cm, elles sont plus élevées sous NT m/m-d et NT m/s que sous NT h/s-k et CT m/s. Le stockage annuel de C, à masse de sol équivalente, est de 0,69 et 1,01 mg C.ha-1.an-1, sous NT m/s et NT m/m-d pour l`horizon équivalent à 0-20 cm, alors qu`il n`y a pas d`effet SCV observé pour l`horizon équivalent à 0-40 cm. Ceci peut être à la fois à l`absence réelle de stockage comme à une variabilité initiale des teneurs en C dans les horizons de profondeurs, car le labour n`est effectué que jusqu`à 20 cm de profondeur. Les différences de stockage de C entre NT et CT dans la couche 0-20 cm sont essentiellement attribuées aux quantités beaucoup plus importantes de résidus organiques restituées par les systèmes NT par rapport au système labouré CT, mais on peut aussi envisager qu`une partie de cette différence soit le fait d`une perte de C par érosion sous labour. Les teneurs en macroagrégats stables (MA, 200-2 000 μm) sont plus élevées sous NT m/s, NT h/s-k et NT m/m-d que sous CT m/s à 0-5 cm et à 5-10 cm. Cette teneur en MA est corrélée positivement (R = 0,408, p < 0,05, n = 24) avec la teneur en C du sol, ce qui pourrait induire (i) une amélioration de l`agrégation en fonction de l`augmentation de la teneur en C du sol et (ii) une protection du C se trouvant à l`intérieur de ces agrégats contre la minéralisation microbienne. Toutefois, la respirométrie ne montre pas une protection physique de C dans les sites de protection supérieurs à 200 μm pour NT m/s et CT m/s. Dans cette étude, le C stocké dans le sol pourrait alors être protégé contre la minéralisation par d`autres processus comme l`adsorption sur les colloïdes du sol ou la récalcitrance biochimique de la matière organique du sol.

2005 - Volume 12 - Numéro 2

Du développement en France des Stations agronomiques à la mise en place du Département de Science du Sol à l`INRA. Rôle pionnier du ` Laboratoire des Sols ` de Versailles sous l`impulsion de A. Demolon et S. Hénin. | p 135-144
Auteurs :
G. Pédro
Adresse :
Académie d`Agriculture de France
18 rue de Bellechasse
75007 Paris
Résumé :
Cette présentation retrace brièvement les principales étapes qui ont marqué en France les études sur les sols en relation avec l`Agronomie et l`Environnement depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Elle met en exergue plus spécialement le rôle déterminant qu`a joué, à propos des recherches dans ce secteur, le ` Laboratoire des Sols ` de Versailles (1934-1974) sous l`impulsion de Albert Demolon, puis de Stéphane Hénin.

2004 - Volume 11 - Numéro 1

Etude de l`effet à moyen et long terme des systèmes de culture sur la structure d`un sol limoneux-argileux du Nord du Bassin Parisien - Les enseignements de l`essai de longue durée d`Estrées-Mons (80) | p 11-20
Auteurs :
H. Boizard(1), G. Richard(2), P. Defossez(2), J. Roger Estrade(3) et J. Boiffin(2)
Adresse :
(1) INRA, Unité d`Agronomie de Laon-Reims-Mons, Estrées-Mons, B.P. 136, 80203 Péronne cedex, France
(2) INRA, Unité d`Agronomie de Laon-Reims-Mons, 02007 Laon Cedex, France
(3) INA P-G, UMR d`Agronomie INRA-INAPG, BP 01, 78850 Thiverval-Grignon, France.
Résumé :
L`étude de l`évolution à moyen et long terme de la structure des sols préoccupe les agriculteurs du Nord du Bassin Parisien. En effet la fréquence parfois élevée des cultures de printemps (betterave, maïs, pomme de terre) dans la succession implique souvent des conditions d`intervention au semis ou à la récolte en conditions humides avec du matériel lourd et puissant. Un essai au champ de longue durée a été mis en place en 1989 à Mons en Chaussée en Picardie pour étudier l`évolution de la structure du sol sous l`effet de systèmes de culture représentatifs de cette région et se caractérisant par des risques de compactage très contrastés. Les trois systèmes de culture comparés comportent un labour annuel. Ils se différencient par la nature de la succession (pois/blé d`hiver/colza/blé d`hiver ou betterave/blé d`hiver/maïs/blé d`hiver) et par les règles de décision concernant les dates d`intervention lors des semis et des récoltes. Le suivi de la structure de la couche labourée est basé sur une approche morphologique permettant de décrire la structure de l`horizon labouré tous les ans après implantation de chaque culture de la rotation. Cette description est complétée par une évaluation quantitative de la proportion, dans la couche labourée, d`éléments structuraux dont la porosité structurale est très faible à nulle (état interne ∆). Les résultats présentés dans cet article montrent que cet indicateur est sensible, variant fortement d`une année à l`autre et entre les trois systèmes de culture. Ils suggèrent également que les évolutions observées sont réversibles. Concernant la partie du sol située sous le fond du labour, des observations complémentaires, menées dans le cadre de cet essai, ont montré que le passage répété d`engins de récolte en conditions humides provoquait un tassement de la couche de sol sous-jacente à l`horizon labouré sur une dizaine de centimètres d`épaisseur.
Influence de la structure du sol à différentes échelles sur les transferts d`eau - Conséquences d`une réduction du travail du sol | p 69-80
Auteurs :
I. Cousin(1), H.-J. Vogel(2) et B. Nicoullaud(1)
Adresse :
(1) INRA, Unité de Science du Sol, Avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Ardon, France
(2) Institut für Umweltphysik, Universität Heidelberg, Im Neuenheimer Feld 229, D-69120 Heidelberg, Allemagne
Résumé :
L`étude présentée ici a pour objectif de discuter de l`effet d`une réduction du travail du sol sur la structure et les propriétés hydrodynamiques de la couche cultivée d`un sol argilo-limoneux dans une région de grande culture. Une étude à double échelle a été entreprise : une expérience d`infiltration d`un colorant (Brilliant Blue FCF), suivie d`une prospection tridimensionnelle sur la base de coupes sériées à l`échelle de 1 m3, a permis de mettre en évidence des chemins préférentiels qui permettent un transfert rapide de l`eau et des solutés vers la profondeur. Nous avons également montré que l`ancien horizon de labour présentait, après 5 ans, une différenciation verticale marquée par une structure grumeleuse très poreuse, très connectée, et très filtrante sur les 10 premiers cm et une structure polyédrique, moins poreuse et moins connectée que la partie sus-jacente mais plus filtrante qu`un horizon de surface de même nature traité en labour conventionnel, sur les 20 cm suivants. Les propriétés hydrodynamiques mesurées au laboratoire et une analyse par tomographie aux rayons X a permis de confirmer ces résultats et de proposer des hypothèses d`évolution de la structure de l`ancien horizon labouré.

2004 - Volume 11 - Numéro 2

Effet du sodium échangeable et de la concentration saline sur les propriétés physiques des sols de la plaine du Cheliff (Algérie) | p
Auteurs :
D. Saidi(1), Y. Le Bissonnais(2), O. Duval(3), Y. Daoud(4) et A. Halitim(5)
Adresse :
(1) Faculté des Sciences de la Terre et des Sciences Agronomique, UHBC, BP151, Chlef, Algérie
(2)(3) Centre INRA d`Orléans, Unité de Science du Sol, 45160 Olivet cedex, France
(4) INA, Département de Science du Sol, El-Harrach, Alger, Algérie
(5) Université de Batna, Institut d`Agronomie, Batna, Algérie
Résumé :
La stabilité structurale des sols affectés par les sels solubles et le sodium échangeable est un facteur déterminant de leur évolution structurale superficielle sous l`action des pluies et des irrigations. Ce travail étudie les propriétés physiques des sols et met en oeuvre une méthode de caractérisation de la stabilité structurale par l`utilisation d`un granulométre à diffraction laser avec trois traitements correspondant à des états hydriques initiaux et des niveaux d`énergie appliquée différents. La méthode est appliquée sur des échantillons d`horizons de surface des sols affectés par les sels solubles et le sodium échangeable du Cheliff. Les résultats des tests de stabilité structurale sont repré-
sentés par des courbes quasi-continues des diamètres des particules agglomérées, rencontré, et qui décrivent la désagrégation sur une très large gamme granulométrique allant jusqu`à un diamètre de 0,05 µm dans le cas des sols affectés par le processus de dispersion physico-chimique. Les effets du rapport d`adsorption du sodium [SAR = Na / ((Ca + Mg)/2) 0,5] dans lesquelles les concentrations sont
exprimées en meql-1] et de la concentration saline sur la rétention en eau, la stabilité structurale et l`infiltration sont quantifiées. Tous les échantillons étudiés manifestent un comportement structural à risque lorsque le rapport d`adsorption du sodium (SAR) de la solution du sol dépasse un certain seuil. Ainsi la désagrégation augmente à mesure que la concentration du sodium et et la concentration électrolytique augmentent. ; le taux d`infiltration diminue aussi au fur et à mesure que le SAR et la concentration saline augmentent.
Les résultats de la matrice de corrélation linéaire amènent à conclure que la salinité des sols de la plaine du Chéliff s`accompagne toujours d`une sodisation du complexe absorbant. Les valeurs seuils acceptables de SAR et de ESP nécessaires pour conserver une structure stable se situent respectivement à 2 et 5 %. La dispersibilité apparaît très sensible, principalement au sodium échangeable et secondairement à la conductivité électrique qui traduit globalement la salinité du sol.

2004 - Volume 11 - Numéro 3

Classification des bassins versants alsaciens en fonction de leur sensibilité aux produits phytosanitaires | p 219-234
Auteurs :
R. Koller(1), J. Sauter(1), S. Pierrillas(1) et M. Virot(2)
Adresse :
(1) ARAA, Association pour la Relance Agronomique en Alsace, 2 rue de Rome, BP 30022 Schiltigheim, 67013 Strasbourg Cedex
(2) APRONA, Association pour la protection de la nappe phréatique de la plaine d`Alsace, 140 rue du Logelbach, 68000 Colmar
Résumé :
Une classification des bassins versants en fonction de leur sensibilité aux produits phytosanitaires a été réalisée en 2002 pour les 8300 km du territoire alsacien. Son objectif était de hiérarchiser les zones prioritaires pour optimiser le plan de surveillance de la qualité des eaux et la mise en place de programmes d`actions visant à réduire les pollutions des eaux superficielles et souterraines.
L`étude est inspirée en partie de la méthodologie de diagnostic régional proposée par le CORPEN (Comité d`Orientation pour des Pratiques agricoles Respectueuses de l`ENvironnement). Elle repose sur l`élaboration d`un modèle spécifique d`organisation des connaissances concernant la circulation de l`eau et le transfert des produits phytosanitaires, fondé sur l`identification et la compréhension des facteurs qui les commandent. Ce modèle prend en compte des processus jugés pertinents dans le contexte régional. Le travail a porté sur l`analyse de la sensibilité des eaux de surfaces et des eaux souterraines par bassin versant, déterminée à partir de la vulnérabilité (prise au sens d`une aptitude d`une ressource en eau à être atteinte par une pollution) modulée par les phénomènes de dilution potentielle de la pollution par les masses d`eau.
L`analyse s`est appuyée sur l`utilisation d`un système d`information géographique et a été rendue possible grâce à l`existence des différentes couches de données spatialisées descriptives du milieu, en particulier la base de données régionale sur les sols d`Alsace constituée dans le cadre du programme national Inventaire Gestion et Conservation des Sols (IGCS) piloté par le Ministère de l`agriculture et l`INRA. Pour la mise en oeuvre de cette méthode, la principale limite rencontrée a néanmoins été la disponibilité des données nécessaires à l`analyse.
L`analyse a permis la classification des bassins versants. La validation des résultats obtenus est partielle, et la démarche reste soumise à une analyse critique. Ce travail constitue la première étape d`une analyse du risque potentiel de contamination des eaux, qui nécessiterait de disposer d`une connaissance des pratiques relatives à l`usage des produits phytosanitaires. Elle constitue néanmoins d`ores et déjà une incitation à l`action aux échelles locales.
Base de Données des Analyses de Terre : Procédure de collecte et résultats de la campagne 1995-2000 | p 235-254
Auteurs :
N. Saby(1), C. Schvartz(2), C. Walter(3), D. Arrouays(1), B. Lemercier(3), N. Roland(2) et H. Squividant(3)
Adresse :
(1) INRA CR d`Orléans, Unité INFOSOL, Avenue de la Pomme de Pin, BP 20619 Ardon - 45166 Olivet Cedex
(2) ISA, Laboratoire Sols et Environnement, 41, rue du Port - 59046 Lille Cedex
(3) UMR ENSA-INRA SAS, 65, rue de Saint-Brieuc CS 84215 - 35042 Rennes
Résumé :
A partir d`informations transmises par les laboratoires d`analyses de terre agréés par le Ministère en charge de l`Agriculture, une base de données des résultats d`analyses de terre a été constituée. Cette base de données concerne les analyses effectuées sur des échantillons de terre prélevés sur l`ensemble du territoire national entre 1995 et 2000. De telles bases ont déjà été constituées au niveau régional depuis les années 80 et au niveau national sur la période 1990-1994.
Dans un premier temps, nous exposons la démarche de la collecte qui s`articule autour d`étapes aujourd`hui clairement définies, avec notamment l`explicitation des procédures de validation des résultats d`analyses avant leur intégration à la base de données (validation informatique, analytique et géographique). Plus de 490 000 résultats d`analyses ont ainsi été rassemblés correspondant à plus de 4700 000 déterminations. A partir de cet ensemble, une base de données cantonale a été construite par traitement statistique où la distribution de plusieurs déterminations agronomiques est décrite pour environ 2 800 cantons suffisamment renseignés parmi les 3511 existants.
Dans un deuxième temps, les données sont décrites à la fois au niveau national et au niveau cantonal. La représentation cartographique à partir de critères statistiques montre des structures spatiales sur des grandes distances, y compris pour les propriétés à forte variabilité locale. Ces résultats confirment les acquis de la précédente campagne tout en permettant une caractérisation quantitative de ces structures. De plus, cette nouvelle campagne permet d`obtenir une cartographie plus exhaustive du territoire.
Cette démarche consiste, par voie d`enquête et à moindres frais, à compiler de nombreux résultats, qui permettent d`obtenir une vision globale de l`ensemble d`un territoire et de dégager des tendances. Elle vient en complément de démarches expérimentales ou de programmes de cartographie et de surveillance du GIS Sol, mieux à même de caractériser les sols dans leur globalité et de déceler leur évolution.
Modélisation et cartographie de l`aléa d`érosion des sols à l`échelle régionale - Exemple du département de l`Aisne | p 307-322
Auteurs :
Y. Le Bissonnais(1), N. Dubreuil(1), J. Daroussin(1) et M. Gorce(3)
Adresse :
(1) INRA CR d`Orléans, UR Science du Sol, avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45160 Olivet, France.
(2) INRA, CR d`Orléans, Unité INFOSOL, avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Olivet
(3) Chambre d`Agriculture de l`Aisne, 02000 Laon, France.
Résumé :
L`érosion des sols représente un risque important pour les espaces agricoles et les zones situées à l`aval : pertes en terre, coulées de boue, turbidité et pollution des eaux. Au delà de l`érosion bien connue qui existe en montagne et dans les vignobles de coteaux, différents types de phénomènes érosifs ont été mis en évidence plus récemment dans les régions de grande culture : érosion diffuse et érosion de thalweg par concentration du ruissellement produit par de vastes parcelles agricoles imperméabilisées par la battance et le tassement des sols, érosion en rigoles sur des coteaux en culture de printemps. Ces phénomènes d`érosion des sols résultent de l`interaction entre de nombreux paramètres, dont certains sont permanents comme ceux relatifs au sol ou à la topographie, alors que d`autres évoluent dans le temps, comme l`occupation du sol, ou présentent un caractère aléatoire comme les précipitations. Un modèle, de type système expert, a été élaboré pour combiner dans un Système d`Information Géographique les principaux paramètres explicatifs de l`érosion des sols et pour cartographier les risques d`érosion en chaque saison à l`échelle de la France. Un exemple d`application de ce modèle au département de l`Aisne est présenté.
Le résultat cartographique permet de faire un état des lieux de l`aléa érosion sur le département ; il pourrait aussi constituer le point de départ à la mise en oeuvre d`une gestion coordonnée des actions de lutte contre l`érosion des sols. Une réactualisation sera possible, après mise à jour des données CORINE land Cover (2004) ou du RGA. On pourra ainsi comparer l`évolution des surfaces sensibles à l`érosion, et mesurer l`impact potentiel de la modification des paysages.
Les résultats de ce modèle peuvent aussi servir à hiérarchiser et sélectionner des bassins versants particulièrement sensibles à l`érosion des sols qui pourraient servir de références pour simuler, à l`aide de modèles plus fins, différents scénarios d`aménagements et d`événements climatiques extrêmes. Il s`agit donc d`un outil de gestion pour la protection des sols et de l`environnement. Ce type d`application pourrait être envisagé dans l`ensemble des régions dans lesquelles les données cartographiques sur les sols sont disponibles.
Quelques données sur les activités du Service d`Etude des Sols et de la Carte Pédologique de France | p 353-369
Auteurs :
M. Jamagne(1) et J. Boulaine(2)
Adresse :
(1) INRA, Unité Infosol, Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex
(2) Académie d`Agriculture de France, 18 rue de Bellechasse, 75007 Paris
Résumé :
Cette note retrace brièvement les principales étapes dans les activités du Service d`Etude des Sols et de la Carte Pédologique de France depuis sa création en 1968 jusqu`à la fin des années 90 lorsque les programmes IGCS: Inventaire, Gestion et Conservation des Sols et CPF: Connaissance Pédologique de la France ont pris le relais dans le cadre de la nouvelle unité INFOSOL.
Les différentes périodes d`évolution intervenues y sont décrites : approches cartographiques, stockage et transmission des informations, élaboration des cartes de sols, valorisation des données acquises.
Les recherches associées à ces travaux d`inventaire y sont rappelées, tant dans le domaine fondamental que dans ceux des progrès méthodologiques et des actions plus appliquées.
La participation du Service aux principaux programmes européens, en tant que plate-forme de référence au plan national et international, y est également mentionnée.

2004 - Volume 11 - Numéro 4

Action combinée des pratiques culturales et des lombriciens sur le sol - Morphologie porale, conductivité hydraulique et communautés lombriciennes suivant trois systèmes de culture | p 393-402
Auteurs :
M. Lamandé(1), G. Pérès(3), V. Hallaire*(1), P. Curmi(1)(2) et D. Cluzeau(3)
Adresse :
(1) INRA, Unité Sol et Agronomie Rennes Quimper, 65, route de Saint-Brieuc, 35042 Rennes
(2) ENESAD, Département Agronomie et Environnement, Équipe Milieu Physique et Environnement,
26, bd Dr Petitjean, BP 87999, 21036 Dijon Cedex
(3) CNRS, UMR 6553 `Ecobio` - Laboratoire d`Ecologie du Sol et de Biologie des Populations, Station Biologique,
35380 Paimpont
* Auteur correspondant : hallaire@roazhon.inra.fr
Résumé :
L`activité des lombriciens et les pratiques culturales entraînent des modifications de la porosité à différents niveaux d`analyse, notamment celui de la mésoporosité (pores de diamètre équivalent compris entre 30 et 1 000 μm), où l`eau peut être faiblement retenue ou s`écouler lentement. L`évolution de la structure des sols en zone tempérée, est peu décrite à ce niveau d`analyse. L`objectif de cette étude est de comprendre, à travers la comparaison de trois systèmes de culture, les effets de communautés lombriciennes naturellement présentes et des pratiques culturales sur les relations entre la morphologie de la mésoporosité et le comportement hydrodynamique de l`horizon de surface d`un sol.
Le dispositif expérimental est composé d`une monoculture de maïs fertilisée au lisier, d`une rotation maïs/raygrass (1 an / 3 ans) en phase prairie également fertilisée au lisier et d`une prairie ancienne pâturée (association raygrass - trèfle blanc). L`horizon 0-10 cm du sol a fait l`objet d`une caractérisation morphologique de la mésoporosité par analyse d`images 2D de résolution spatiale 40 μm.pixel-1 et de mesures de la porosité totale. Les courbes de conductivité hydraulique en fonction du potentiel matriciel ont été calculées à partir de mesures d`infiltration à quatre potentiels (-0,05 ; -0,2 ; -0,6 ; et -1,5 kPa) réalisées à la surface du sol à l`aide d`infiltromètres à disque. L`utilisation d`eau teintée au bleu de méthylène a permis d`identifier la porosité fonctionnelle. Les communautés lombriciennes, extraites au terrain, ont été caractérisées par le nombre d`individus, les espèces présentes et la structure écologique fonctionnelle (catégorie écologique couplée au stade de développement).
Les pratiques culturales influencent significativement les communautés lombriciennes en termes d`abondance des individus et de diversité fonctionnelle. Dans le maïs, le petit nombre de pores tubulaires est lié à la faible abondance de vers, en particulier des anéciques, et de racines. Dans la prairie pâturée, le tassement par piétinement de bovins affecte les pores d`assemblage d`agrégats. La forte conductivité hydraulique dans la prairie de rotation est due à une diversité lombricienne plus grande que dans le maïs et à l`absence de piétinement par rapport à la prairie pâturée. L`analyse morphologique de la mésoporosité a permi d`expliquer les différences de fonctionnement hydrodynamique mesurées entre les trois parcelles. Des relations entre communautés lombriciennes et propriétés physiques ont été analysées grâce à une méthodologie originale qui prend en compte la diversité des espèces, ainsi que des paramètres morphologiques et physiques correspondant à un niveau d`analyse peu exploré.
Evolution sur 12 ans de la solubilité, mobilité et lixiviation du phosphate dans un sol ayant massivement reçu du lisier | p 403-418
Auteurs :
C. Morel(1), C. Cachot(2), J. Martinez(2), P. Peu(2), F. Elsass(3), M. Robert(3) et J.-Cl. Fardeau(3)
Adresse :
(1) UMR-TCEM INRA-ENITA, BP 81, 33883 Villenave d`Ornon Cedex
(2) CEMAGREF, Unité de Recherche ` Gestion des Effluents d`Elevage et des déchets Municipaux `
CS 64427, 17 avenue de Cucillé, 35044 Rennes Cedex
(3) INRA, Science du sol, Route de St Cyr, 78000 Versailles
Résumé :
La solubilité et la mobilité du phosphore (P) ont été déterminées dans des échantillons de terre prélevés en 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1999 et 2002 dans les horizons 0-20 cm, 20-40 cm et 40-60 cm d`un dispositif expérimental comprenant une parcelle témoin ne recevant ni lisier ni phosphore et quatre parcelles ayant reçu les mêmes quantités massives de lisier de porc entre mars 1991 et octobre 1995 puis plus rien. Le dispositif a été cultivé en permanence avec du ray-grass. La solubilité du phosphore a été évaluée par un dosage colorimétrique de la concentration (Cp) des ions phosphate (Cp, mg P l-1) dans la solution filtrée (0,2 μm) d`une suspension de terre de 1 g et 10 ml à l`état stationnaire. Dans cette même suspension, la mobilité du phosphore a été quantifiée par le transfert (Pr) d`ions phosphate à l`interface solide-solution en utilisant le traçage isotopique au phosphore 32 (32PO4) et en analysant la dilution isotopique (32PO4/31PO4) des ions phosphate en solution. La quantité de P drainé à 80 cm a été déterminée tous les ans en multipliant le volume d`eau drainée par leur concentration en P total. Près de 4 900 m3 ha-1 de lisier ont été apportés au total ce qui représente 7 964 kg P ha-1. La valeur de Cp passe de 0,06 en 1991 à 12,0 mg P l-1 dans la couche 0-20 cm de sol, de 0,02 à 3,8 mg P l-1 dans la couche 20-40 cm et de < 0,01 à 0,18 mg P L-1 dans la couche 40-60 cm. Dès l`arrêt des épandages, Cp diminue notablement dans la couche 0-20 cm mais continue d`augmenter très significativement dans les couches 20-40 cm et 40-60 cm sans se stabiliser. Pour l `ensemble de la période étudiée, la dynamique de la mobilité du P est très précisément décrite par la cinétique de Freundlich suivante : Pr = 28,1Cp0,41 t0,28, 24 obs. (r2 = 0,99). Après 12 années de suivi, le P drainé à 80 cm (en moyenne 331 mm d`eau drainée) reste faible (<0,1 kg P ha-1) et invariant dans le temps. Le P du lisier n`a toujours pas atteint la profondeur de 80 cm. La forte réactivité des constituants de ce sol vis-à-vis des ions phosphate retarde sa migration en profondeur. Cependant cette migration reste une réalité et le transfert de phosphore dans les eaux de drainage pourrait prochainement augmenter significativement pour durer de nombreuses années.

2003 - Volume 10 - Numéro 2

Comportement et organisation de sols de Boulbène dans le Tarn - Quelques éléments sur le passage d`une structure prismatique à une structure vertique dans les horizons enrichis en argile | p 71-80
Auteurs :
J.C. Michel(1), D. Tessier(2) et J.C. Favrot(3)
Adresse :
(1) UMR A-462 SAGAH INRA/INH/Université d`Angers, Sciences AGronomiques Appliquées à l`Horticulture,
42, rue Georges Morel, 49071 Beaucouzé
(2) INRA, Science du Sol, route de Saint-Cyr, 78026 Versailles
(3) INRA-ENSA, Place Viala, 34060 Montpellier
Résumé :
Dans la région Sud-Ouest de la France, les sols développés sur les alluvions anciennes de la vallée du Tarn (appelés encore boulbène)
présentent, malgré une évolution pédologique comparable, des horizons B argilliques à structures très différentes (prismatique ou vertique)
en fonction de leur position topographique.
Les données classiques montrent que les teneurs en argile des horizons argilliques oscillent entre 36 et 55 % dans les faciès prismatique à vertique. Leur nature minéralogique est sensiblement comparable (illites-smectites), avec cependant un caractère smectitique plus marqué dans le faciès vertique. Les cations échangeables sont essentiellement Ca, Mg, Na et K, avec un rapport Ca/Mg respectivement voisin de 2 et 3 pour les faciès prismatique et vertique (tableau 1).
En fonction du type de structure, les courbes de dessiccation/humectation présentent des comportements macroscopiques extrêmes. Le gonflement atteint respectivement 3 et 25 % dans les faciès prismatique et vertique et semble avant tout à relier à l`aptitude de l`argile à devenir plus dense par dessiccation, et non à l`obtention d`une teneur en eau supérieure aux hauts états d`hydratation.
La présence d`une structure prismatique est associée à : (1) un faible gonflement et une légère déformation horizontale, (2) la présence d`oxydes de fer cimentant les cristallites d`argiles et (3) une orientation isotrope des particules argileuses. Cette organisation engendre une structure rigide avec une très faible variation de volume. En revanche, la structure vertique est caractérisée par (1) un matériau partiellement déferrifié, (2) un fort gonflement et, (3) une importante déformation quasi isotrope.
Cette évolution d`une structure prismatique à vertique peut être corrélée aux ondulations du micro-relief. Des conditions d`hydromorphie temporaire apparaissent principalement dans de légères dépressions, entraînant la dissolution des oxydes de fer. Il en résulte une aptitude du matériau argileux à se compacter en conditions sèches mais aussi de retenir plus d`eau et de gonfler plus largement en conditions humides. Le gonflement du sol devient alors suffisant pour provoquer sa rupture par cisaillement et la formation de plans de glissement caractéristiques de ce type de faciès et, in fine, entraîner une micro-division des particules argileuses. Ainsi, le passage d`une structure prismatique à une structure vertique et leurs propriétés hydrauliques respectives sont donc principalement à relier à l`évolution de la taille, de l`arrangement et du degré de cimentation des particules argileuses plutôt qu`à un changement d`ordre minéralogique.
Les sons de la houe dans la caractérisation des sols - L`exemple des paysans du Nord-Cameroun | p 121-128
Auteurs :
Ch. Seignobos
Adresse :
IRD – US Jachère
2051, av. Du Val de Montferrand
B.P. 5045 - 34032 Montpellier cedex
Résumé :
Dans le nord du Cameroun, certaines ethnies caractérisent leurs sols en fonction des bruits produits par la houe qui les travaille.
Ces sons, désignés par des idéophones, ne sont pas des onomatopées même si quelques-uns semblent s`en être inspirés. Ils appartiendraient plutôt à un sous-système lexicalisé. Ils peuvent s`entendre dans quelques cercles de villages ou être, au contraire, trans-ethniques. Ces idéophones permettent d`entrer dans la nuance des sols intergrades non référencés. Toutefois, ils connotent moins les qualités agronomiques des sols que la facilité ou la pénibilité de leur mise en culture.
Depuis plusieurs décennies, ces connaissances régressent chez les jeunes adultes, en grande partie en raison du développement de la culture mécanisée.

2003 - Volume 10 - Numéro 4

La qualité des sols forestiers français | p 263-286
Auteurs :
J. Ranger et Cl. Nys
Adresse :
INRA Centre de Nancy
Unité Biogéochimie des Ecosystèmes Forestiers
54280 Champenoux
Résumé :
La qualité des sols forestiers est abordée en identifiant les contraintes liées à leur spécificité d`une part, et au traitement des forêts d`autre part.
L`intensification de la sylviculture se traduit par une demande accrue à l`écosystème, dans un contexte général d`essences frugales en apparence seulement, de sols aux réserves limitées, et de restitutions rarement pratiquées.
Cet article passe en revue les contraintes physiques et chimiques liées aux aménagements sylvicoles. Les contraintes pour la biologie du sol ne sont pas abordées ici.
La stratégie des aménagements doit donc éviter au maximum les dégradations dans un contexte socio-économique où la remédiation est difficile, coûteuse et non souhaitée.
La notion d`indicateur de la qualité des sols forestiers est abordée : elle passe nécessairement par un approfondissement des connaissances sur leur fonctionnement et leur dynamique. L`association des sites-ateliers de recherche, où sont acquises ces données sur les mécanismes à partir desquelles s`élaborent des modèles à base mécaniste, et les observatoires de type réseau.Renécofor et réseau européen, doit conduire à la définition de critères opérationnels de qualité des sols. Il faut noter le caractère évolutif de cette notion en relation avec les fonctions à privilégier : ce domaine est actuellement en pleine redéfinition, puisque la fonction de production n`est plus nécessairement prédominante.

2002 - Volume 9 - Numéro 2

Mise en valeur des Ferralsols de la région du Cerrado (Brésil) et évolution de leurs propriétés physiques : une étude bibliographique | p 83-104
Auteurs :
L.C. Balbino(1)(2), M. Brossard(3), J-C Leprun(4) et A. Bruand(5)
Adresse :
(1) INRA, Unité de Science du Sol. Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex, France
(2) EMBRAPA Arroz e Feijão, BP 179, 75375-000 Santo Antônio de Goiás, GO, Brésil
(3) IRD/EMBRAPA Cerrados, BP 7091, 71619-970 Brasília, DF, Brésil
(4) IRD, BP 5045, 34032 Montpellier Cedex, France
(5) Institut des Sciences de la Terre d`Orléans (ISTO), Université d`Orléans, BP 6759, 45067 Orléans Cedex 2, France
Résumé :
Le Cerrado recouvre 206 millions d`hectares et représente environ un quart du territoire Brésilien. Cette région correspond originellement à des écosystèmes de type savane tropicale. Le développement de l`agriculture n`y débute réellement qu`à la fin du XIXème siècle, s`accélère au XXème siècle durant les années trente et atteint son maximum entre les années 60 et 80. Aujourd`hui, cette région, où les surfaces affectées à l`activité agricole n`augmentent plus que très lentement, voit sa structure foncière évoluer avec le développement des grandes exploitations et le potentiel agricole de ses sols de plus en plus fréquemment dégradé par des pratiques agricoles extractivistes.
Dans ce contexte, les Ferralsols qui couvrent environ la moitié de la surface du Cerrado constituent un modèle très sensible, leurs propriétés chimiques et physiques pouvant être rapidement affectées par les pratiques agricoles. S`il est bien établi que la fertilité chimique est rapidement affectée par la mise en culture, cela apparaît être nettement moins bien établi pour la fertilité physique. En effet, l`analyse détaillée de la littérature montre que si la gestion de la fertilité chimique des Ferralsols pour de nombreuses cultures repose aujourd`hui sur de nombreux travaux, la gestion de la fertilité physique est en revanche moins bien établie. Les études révèlent que la mise en culture s`accompagne d`une importante et rapide évolution de la porosité en surface qui se traduit fréquemment par une augmentation de la masse volumique alors que celle-ci est faible sous végétation naturelle, en particulier dans les Ferralsols argileux. On observe alors une diminution de la stabilité structurale, un accroissement de la proportion d`argile dispersable dans l`eau, une augmentation de la résistance à la pénétration et une plus faible conductivité hydraulique.
Enfin, si un certain nombre d`études ont bien montré comment évoluaient les propriétés physiques en fonction de l`usage des Ferralsols, il n`en reste pas moins que la qualité des résultats obtenus est encore très inégale et que les études sont très partielles. Il en résulte que ces résultats sont difficilement généralisables à l`ensemble des Ferralsols du Cerrado. Par conséquent, le rôle de l`évolution des propriétés physiques dans celle de l`évolution globale de la fertilité de Ferralsols lorsqu`ils sont mis en culture reste difficile à cerner.

2002 - Volume 9 - Numéro 3

La pratique du chaulage - De la construction du référentiel régional à la démarche de conseil en exploitation | p 213-229
Auteurs :
B. Fabre(1) et F. Kockmann(2)
Adresse :
(1) ISARA, 31 place Bellecour, 69288 LYON, bernard.fabre@isara.fr
(2) Chambre d`Agriculture de Saône-et-Loire, 59 rue du 19 mars 1962, BP 522, 71010, MACONCEDEX
Résumé :
Le chaulage, pratique très ancienne, joue sur de très nombreuses composantes du sol. En cela, il contribue au maintien de la fertilité globale du milieu. A l`inverse des apports de fertilisants, le chaulage joue en interaction avec de nombreux facteurs et conditions de rendement. De ce fait, il modifie l`effet des facteurs de production employés. Il doit être envisagé dans la durée. Le raisonnement des pratiques culturales, n`est plus aujourd`hui une simple application de techniques jugées indépendantes, mais un réel pilotage de la culture, fonction d`objectif de rendement. Ceci implique une connaissance précise des modifications des comportements du sol induites par le chaulage et des interactions sol-plante. Comprendre les effets de l`apport d`un amendement basique calcique permet de préciser les avantages à retirer du chaulage, et de construire le référentiel régional, base des prescriptions. Cette construction de références régionales, nécessite donc une mobilisation d`éléments de la théorie agronomique, tant conceptuelle que méthodologique, mais encore partielle, pour prendre en compte et comprendre ces multiples interactions. De plus certains effets positifs devraient être testés et mesurés à des échelles différentes de la parcelle (érosion, transferts vers l`eau…).
Influence de matières fertilisantes sur les propriétés des sols - Cas des 42 parcelles de l`INRA à Versailles | p 177-186
Auteurs :
A. Pernes-Debuyser et D. Tessier
Adresse :
INRA Science du Sol, Route de St Cyr, 78026 Versailles Cedex
Résumé :
Les pratiques de fertilisation et d`amendement contribuent à modifier les propriétés des sols. Sur le dispositif des 42 parcelles de l`INRA à Versailles, des variations physico-chimiques considérables sont observées. Les engrais ammoniacaux conduisent à des parcelles très acides, à faible capacité d`échange en cations (CECsol) laquelle est essentiellement saturée en aluminium échangeable. Au contraire, dans les parcelles recevant des traitements basiques, le pH est supérieur à 8,0 et la CEC du sol, saturée par du calcium échangeable, a une valeur double de celle des parcelles acides. Ces différents états physico-chimiques se répercutent sur les propriétés physiques des sols notamment celles liées à son affinité pour l`eau telle que les états de surface des parcelles, la cohésion des agrégats ou la circulation de l`eau. Ceci montre qu`il est indispensable de prendre en compte les constituants du sol mais aussi leur environnement physico-chimique pour discuter des propriétés physiques des sols. La capacité d`échange en cations ainsi que la nature des cations échangeables, mesurés au pH du sol, se révèlent des outils précieux de suivi de l`évolution actuelle de la qualité des sols.

2002 - Volume 9 - Numéro 4

Capacités de stockage et d`épuration des sols de dispositifs enherbés vis-à-vis des produits phytosanitaires Première partie : Dissipation des produits phytosanitaires à travers un dispositif enherbé ; mise en évidence des processus mis en jeu par simulation de ruissellement et infiltrométrie | p 269-286
Auteurs :
C. Souiller(1), Y. Coquet(2), V. Pot(2), P. Benoit(2), B. Réal(3), C. Margoum(1), B. Laillet(1), C. Labat(2), P. Vachier(2) et A. Dutertre(3)
Adresse :
(1) Cemagref, Groupement de Lyon, Unité de Recherche « Qualité des Eaux et Prévention des Pollutions », 3 bis Quai Chauveau, 69009 LYON
(2) UMR INRA/INAPG Environnement et Grandes Cultures, 78850 THIVERVAL-GRIGNON
(3) ITCF (Institut Technique des Céréales et des Fourrages) - Services Techniques de Production, Domaine de Brunehaut, 80200 ESTREES-MONS - Ferme expérimentale de la Jaillère, 44 370 LA CHAPELLE SAINT SAUVEUR
Résumé :
Des expériences menées depuis le début des années 90 ont montré que des bandes enherbées peuvent retenir jusqu`à 90 voire 99 % de la quantité totale de produits phytosanitaires qui quitte une parcelle agricole via le ruissellement. Néanmoins, afin d`édicter des règles précises en matière d`installation et de dimensionnement de ces structures, il est indispensable de mieux comprendre leur fonctionnement. Pour cela, un dispositif de simulation de ruissellement a été mis au point qui permet d`identifier les paramètres impliqués dans la dissipation des produits phytosanitaires à travers une bande d`herbe de 3 m sur 1 m. Ces travaux, complétés par des expériences d`infiltrométrie, mettent en évidence le rôle prépondérant de l`infiltration favorisée par la traversée d`un sol enherbé. Par ailleurs, l`adsorption des produits phytosanitaires à la surface du dispositif peut, elle aussi, jouer un rôle non négligeable dans la réduction des concentrations aval. En revanche, ce processus est très dépendant des propriétés physico-chimiques des substances utilisées et de la saison. En conditions expérimentales, les molécules dont le coefficient Koc est relativement important, sont beaucoup mieux retenues que les autres. Cette rétention est en outre plus importante en période estivale qu`hivernale.
Capacités de stockage et d`épuration des sols de dispositifs enherbés vis-à-vis des produits phytosanitaires Deuxième partie : Propriétés de rétention de deux herbicides, l`isoproturon et le diflufénicanil dans différents sols de bandes enherbées | p 287-302
Auteurs :
I. Madrigal(1), P. Benoit(1), E. Barriuso(1), V. Etiévant(1), C. Souiller(2), B. Réal(3) et A. Dutertre(3)
Adresse :
(1) INRA, UMR INRA/INAPG Environnement et Grandes Cultures, BP 01, 78850 Thiverval-Grignon
(2) Cemagref, Unité de Recherche Qualité de l`Eau et Prévention des Pollutions, Groupement de Lyon,
34 Bis, Quai Chauveau, 69336 Lyon Cédex 09
(3) ITCF, Service Techniques de Production, 80200 Estrées-Mons / Ferme expérimentale de la Jaillère,
44370 La Chapelle Saint-Sauveur
Résumé :
Les dispositifs enherbés peuvent réduire de façon efficace les pertes en pesticides par ruissellement et érosion hors des parcelles agricoles. Un premier article (Souiller et al., 2002) fait état des résultats acquis sur le fonctionnement hydrologique et les bilans de transfert de pesticides lors d`expérimentations de simulation de ruissellement sur un dispositif enherbé installé sur le site ITCF de La Jaillière. Dans ce second article, nous présentons des expérimentations en laboratoire visant à décrire et à caractériser la rétention de deux herbicides, l`isoproturon et le diflufénicanil, dans trois dispositifs enherbés implantés par l`ITCF. Le dispositif de La Jaillière est comparé à deux autres dispositifs enherbés, différant par leurs caractéristiques pédologiques et par l`âge de l`enherbement. Quel que soit le contexte pédologique considéré (Brunisols et Calcisols), nous mettons en évidence que l`implantation d`un dispositif enherbé conduit systématiquement à accroître les capacités de rétention des herbicides en particulier dans les premiers centimètres du sol. Ceci est expliqué par l`accroissement des teneurs en matières organiques, la forme et la plus grande accessibilité de ces matières organiques dans les horizons superficiels des sols enherbés. Cet effet de l`enherbement est observé quel que soit l`âge des dispositifs considérés.

2001 - Volume 8 - Numéro 1

Intérêt d`une compartimentation morphologique du profil cultural pour l`étude de l`infiltration de l`eau dans les couches de sol travaillées Premiers résultats | p 19-31
Auteurs :
Y. Coquet*(1), J. Roger-Estrade(2), A. Boucher(3), C. Labat(1) et P. Vachier(1)
Adresse :
(1) Unité Mixte de Recherche ` Environnement et Grandes Cultures `, INRA-INAPG, B.P. 01, F-78850 Thiverval-Grignon
(2) Unité Mixte de Recherche ` Agronomie `, INRA-INAPG, B.P. 01, F-78850 Thiverval-Grignon
(3) Laboratoire d`hydrologie et de géochimie isotopique, Université de Paris-Sud, F-91405 Orsay Cedex
* Auteur correspondant : coquet@grignon.inra.fr
Résumé :
Si l`on cherche à comprendre l`impact environnemental des pratiques agricoles, l`étude des propriétés hydrodynamiques de la couche de sol travaillée des parcelles cultivées revêt un intérêt particulier. En effet, ce sont ces propriétés qui vont, d`une part, déterminer le partage entre infiltration et ruissellement de l`eau à la surface du sol, et d`autre part, contrôler l`infiltration et la redistribution de l`eau dans la couche travaillée et donc l`importance des échanges physico-chimiques et biologiques qui pourront s`y réaliser. Les couches de sol travaillées ont une structure hétérogène dans l`espace. Cette hétérogénéité peut être décrite comme la coexistence, au sein de ces couches, de volumes de sol aux caractéristiques porales et structurales différentes : lit de semence, parties du profil cultural situées sous les passages de roues des engins agricoles, ou, au contraire, hors passages de roues. Cet article présente une caractérisation de la conductivité hydraulique de ces différents volumes de sol à l`aide de l`infiltromètre à disques, dans une parcelle agricole du centre expérimental de Grignon (Yvelines) dont le sol est un néoluvisol argilo-limoneux.
L`analyse des cinétiques d`infiltration de l`eau à différents potentiels hydriques montre que l`hétérogénéité de la conductivité hydraulique K(h) au sein de la couche de sol travaillée n`est mise en évidence que pour des potentiels supérieurs à - 8 cm (- 0,8 kPa). Dans le cas d`étude que nous présentons, les opérations culturales, en particulier la préparation du lit de semence (fragmentation du sol sur 8/10 cm de profondeur, compaction par les roues du tracteur tirant la herse rotative), n`ont affecté que la fraction de la porosité de rayon équivalent supérieur ou égal à 0,25 mm, donc visible à l`oeil nu. Ce résultat justifie a posteriori la pertinence d`une description morphologique de la structure de la couche de sol travaillée, telle que celle proposée par Manichon (1987). D`autre part, nos observations suggèrent que le climat peut entraîner des modifications importantes de la conductivité hydraulique, notamment par le développement de fissures liées à la dessiccation dans les volumes de sol compactés. Enfin, ces observations montrent également que la conductivité hydraulique au sein du compartiment de la couche travaillée, situé sous le lit de semence et hors des passage des roues de reprise, est variable, en relation avec l`hétérogénéité de la structure observée dans ce compartiment. L`incidence de telles hétérogénéités de conductivité hydraulique sur les transferts au sein des couches travaillées mériterait d`être étudiée dans le cadre d`une modélisation des transferts d`eau dans les sols cultivés.

2001 - Volume 8 - Numéro 3

Cartographie du mercure dans l`horizon de surface des sols agricoles dans le centre du Bassin parisien Détection, localisation et origine des contaminations | p 167-180
Auteurs :
Baize D.(1), Deslais W.(1), Bourennane H.(1) et Lestel L.(2)
Adresse :
(1) INRA - Science du Sol - Orléans - B.P. 20619 45166 Olivet Cedex - France
(2) CNAM - Centre d`Histoire des Techniques - 5, rue du vertbois 75003 Paris
Résumé :
Cette étude porte sur les teneurs en mercure dans les horizons de surface des sols agricoles (terrains maraîchers exclus) dans le centre du Bassin parisien. Plus de 2000 analyses étaient disponibles sur 13 départements, mais irrégulièrement réparties dans l`espace. C`est pourquoi un échantillonnage complémentaire de 58 échantillons a été réalisé spécialement. Toutes les analyses proviennent d`un seul laboratoire, celui de l`INRA à Arras, ce qui nous autorise à les comparer.
Des estimations spatiales des teneurs en mercure ont été tentées sur le territoire étudié selon deux méthodes de cartographie par interpolation : inverse de la distance et simulation conditionnelle. Elles fournissent des cartes qui montrent les gradients majeurs mais qui ont le défaut de trop « lisser » la forte variabilité spatiale locale des concentrations mesurées, variabilité d`échelle kilométrique voire hectométrique.
La teneur en mercure dans les horizons de surface est complètement indépendante du type de sol et de la roche sous-jacente car les mêmes valeurs très faibles sont observées dans des régions naturelles très différentes géologiquement et pédologiquement. Pour la population étudiée, la médiane et le mode s`établissent à 0,05 mg/kg. Sur 2 149 disponibles seules 28 valeurs excèdent 0,40 mg/kg. Toutes les valeurs supérieures à 0,10 mg/kg semblent déjà correspondre à une contamination, plus ou moins importante. En effet, même si la quasi-totalité des prélèvements correspond à des terrains agricoles ordinaires avant épandages de boues d`épuration, certaines parcelles échantillonnées ont certainement reçu des épandages de « gadoues » dans les années soixante voire des boues d`épuration bien avant l`apparition des réglementations. Ailleurs, les retombées atmosphériques en provenance de l`agglomération parisienne sont certainement la source principale de mercure. Cette agglomération constitue une source majeure diffuse depuis plusieurs siècles (chauffages) mais on peut également envisager des sources ponctuelles plus récentes telles que les usines d`incinération d`ordures ménagères, les centrales thermiques et certains établissements industriels.
Ces résultats permettent de faire deux constatations inédites. D`une part on est surpris par les très faibles teneurs en mercure mesurées dans les sols agricoles, même dans ceux situés non loin de Paris : s`agit-il là de l`indice de très faibles retombées atmosphériques générales ou bien cela résulte-t-il d`un relargage du mercure par volatilisation ? D`autre part on décèle des anomalies anthropiques, plus ou moins importantes, localisées en quelques secteurs comme en Seine-et-Marne occidentale ou sur la commune du Perray-en-Yvelines. Une étude plus approfondie est en cours pour situer l`origine de ces contaminations locales et pour identifier les sources ponctuelles associées.

2000 - Volume 7 - Numéro 1

Evolution du raisonnement de la fertilisation phosphatée des grandes cultures - Etude par simulation de l`évolution des préconisations de fumure sur un échantillon test représentatif des sols et des successions de culture du Nord du Bassin Parisien | p 53-71
Auteurs :
F. Pellerin(1), S. Pellerin(1), C. Vilette(2) et J. Boiffin(3)
Adresse :
(1) INRA, unité d`Agronomie, 71, avenue Edouard-Bourleaux, B.P. 81, 33883 Villenave d`Ornon Cedex, France.
(2) Station Agronomique de l`Aisne, 02007 Laon, France.
(3) INRA, unité d`Agronomie, 02007 Laon, France.
Résumé :
Jusqu`à un passé récent, le ra¡sonnement de la fert¡lisation phosphatée a été basé sur les notions de fumure d`entretien et de correction. L`object¡f de la fertilisat¡on était d`amener puis de maintenir le sol à la teneur en P extractible jugée souhaitable pour être non lim¡tante du rendement. Le progrès des connaissances, et l`évolution du contexte de l`agriculture, ont amené les agronomes à faire évoluer ce mode de raisonnement. L`objectif de la fertilisation dev¡ent davantage de fertiliser la culture à ven¡r, plutôt que d`amener le sol à un niveau de fertilité donné. L`objectif de ce travail est d`évaluer, grâce à des sìmulat¡ons, les conséquences de cette évolution conceptuelle sur les préconisat¡ons de fumure en utilisant deux logiciels (CEBES et REGIFEBT) correspondant à l`ancien et au nouveau mode de raisonnement. Les simulat¡ons ont été faites pour 4 successions de culture, 9 types de sol et une gamme réaliste de teneurs en p extractible, ce qui a conduit au total à 1 152 préconisations de fumure élémentaires. Nous avons vérifié que d`éventuelles différences `entre les bases de données des deux logiciels n`éta¡ent pas susceptibles de biaiser les comparaisons. Les s¡mulations font apparaître une certaine cohérence entre les deux démarches; les préconisations d`impasse sous REGIFERT correspondent en majorité à des préconisations de correct¡on négative sous CERES et, à l`¡nverse, les préconisations d`apport d`une fumure dite de complément de l`offre du sol sous REGIFERT correspondent en majorité à des préconisat¡ons de correction posìtive sous CERES. Cependant les préconisations de fumure REGIFERT sont en moyenne générale inférieures de moitié à celles de CERES. Ces écarts ont deux or¡gines majeures: (i) l`abandon dans le nouveau mode de raisonnement de l`objectif de redressement des sols. Sous CERES cet objectif de redressement conduit à préconiser une correction positive dans 50 % des cas. Du fa¡t du mode de calcul des fumures associé à cet objectif, les fumures préconisées par CERES sont alors très supérieures aux fumures préconisées par REGIFERT dans ces situations; (ii) la possibil¡té qu`introduit le nouveau mode de raisonnement de préconiser des impasses, en les faisant porter en pr¡orité sur les cultures sur lesquelles le r¡sque de perte de rendement est minimal (espèces peu exigeantes). Dans la major¡té des situations correspondantes CERES préconise une correction négative, mais les marges de sécurité associées à ce type de préconisation font que les fumures préconisées ne sont que légèrement inférieures à l`entretien. A l`échelle de la succession, les bilans [apports recommandés mo¡ns exportations] sont toujours positifs sous CERES, même lorsque le sol est bien pourvu, alors qu`ils sont négatifs, équilibrés ou positifs sous REGIFERT, en adéquation avec le diagnostic porté sur l`offre du sol.

2000 - Volume 7 - Numéro 3

lnfluence de la phase caillouteuse sur la réserve en eau des sols - Cas des sols de Petite Beauce du Loiret | p 191-205
Auteurs :
C. Coutadeur(1,2), I. Cousin(2), et B. Nicoullaud(1)
Adresse :
(1) INRA - Unité de Science du Sol, Avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Ardon Cedex
(2) INRA-INAPG -Unité Mixte de Recherche ` Env¡ronnement et Grandes Cultures `, BP 01, 78850 Th¡verval-Grignon
Résumé :
Les sols cail¡outeux représentent 39 % de la surface des sols français. Leurs propriétés sont généralement déterminées sans la prise en compte explic¡te de la phase caillouteuse. Sur des Calcosols caillouteux de Pet¡te Beauce (France), nous avons montré que la non pr¡se en compte de la phase caillouteuse conduisait à des surestimations de la réserve en eau utile (RU) de 22 à 39 % mais que sa prise en compte comme une phase inerte (on t¡ent compte du volume des ca¡lloux mais pas de leur propriétés de rétention) conduisait à une sous-estimation de 8 à 34 % de la BU. Cette étude a donc mis en évidence que la phase ca¡llouteuse participe au maintien d`une réserve en eau dans le sol accessible aux plantes : en présence d`une culture en période de forte croissance, la dess¡ccation des cailloux est plus rapide que celle de la terre fine car des racines sont présentes directement à la surface des cailloux. En revanche, en l`absence de culture, la dessiccation de la terre f¡ne est plus rapide, que ce soit en profondeur dans le profil ou en surface sous l`effet de l`évaporation. En phase d`humectation, la teneur en eau de la terre fine croît plus vite que celle des cailloux.

2000 - Volume 7 - Numéro 4

Recherche de méthodes de gestion des peuplements de nématodes phytoparasites par les facteurs du sol en zone soudano sahélienne au Sénégal | p 261-270
Auteurs :
P. Cadet, J.-F. Bois, J.-L. Chotte, R. Duponnois, ND. N`Diaye-Faye, Ch. Floret, S. Fould, R. Manlay, D. Masse, T. Mateille, Ph. Normand, E. Pate, Ch. Plenchette, J. Thioulouse, C. Villenave et J. Fardoux

1999 - Volume 6 - Numéro 1

Influence du travail du sol sur l`évolution physique d`un sol forestier ferrallitique après défrichement motorisé - Conséquence sur l`enracinement du maïs | p 27-39
Auteurs :
A. Tamia (1), R. Moreau (1), M. Fortier (2) et G. Yoro (3)
Adresse :
(1) Laboratoire d`Étude du Comportement des Sols Cultivés (LCSC), ORSTOM, B.P. 5045 - 911, Avenue Agropolis 34032 Montpellier CEDEX 01
(2) Laboratoire d`agrologie UR-FCM CIRAD-CA, Avenue du Val de Montferrand - B.P. 5035 - 34032 Montpellier CEDEX 01.
(3) IDEFOR- DCC, 01 B.P. 1827 Abidjan 01 République de Côte d`Ivoire
Résumé :
L`analyse du profil cultural, la résistance à la pénétration et la porosimétrie à mercure ont été utilisées pour préciser les modifications physiques d`un sol ferrallitique forestier de Basse Côte d`Ivoire, après un défrichement motorisé suivi d`une mise en culture avec ou sans travail du sol. Les conséquences sur l`enracinement du maïs ont été appréciées par le comptage et la cartographie des impacts racinaires.
La dégradation structurale avec la réduction de la porosité grossière (pores de diamètre équivalent > 6 μm) et l`augmentation de la résistance à la pénétration, qui affectent le sol cultivé sans labour, sont associées à un faible développement racinaire du maïs. Le travail du sol assure le maintien des caractères physiques favorables à l`enracinement, bien que des volumes compacts massifs liés à des phénomènes de tassement soient présents dans la couche labourée. Une corrélation significative entre les valeurs de résistance à la pénétration et de densité racinaire a pu être établie.

1999 - Volume 6 - Numéro 2

Influence du chaulage sur la biodisponibilité des éléments métalliques en trace incorporés au sol lors de l`épandage de boues de stations d`épuration - Revue bibliographique | p 105-114
Auteurs :
Sylvie Dousset *(1)(2), J.L. Morel (1), J. Wiart (3)
Adresse :
(1) ENSAIA - INRA - Laboratoire Sols et Environnement - 2, avenue de la forêt de Haye, BP 172, 54505 Vandoeuvre Cedex
(2) Adresse perm. : Université de Bourgogne - Centre des Sciences de la Terre, Equipe GéoSol 6, boulevard Gabriel, 21000 Dijon
(3) ADEME - Direction de l`Agriculture et des Bioénergies - 2, square Lafayette, BP 406, 49004 Angers Cedex 01
Résumé :
L`utilisation des boues en agriculture peut être un moyen de recycler des éléments nutritifs pour les cultures, mais ces boues contiennent des éléments métalliques en trace. A forte dose, ces métaux peuvent entraîner des risques de phytotoxicité ou de contamination de la chaîne alimentaire. Le chaulage des boues pourrait réduire la mobilité et la biodisponibilité des métaux vers les cultures. Afin de vérifier cette hypothèse, une synthèse bibliographique concernant la mobilité et la biodisponibilité des métaux dans des sols ayant reçu des boues chaulées ou non chaulées -dans le cas de sols préalablement chaulés- a été réalisée. De cette étude, il ressort qu`utilisées à des doses compatibles avec la réglementation, les boues chaulées épandues en agriculture n`entraînent pas d`augmentation de mobilité des métaux dans les sols, ni d`augmentation de la teneur des métaux dans la plante.

1999 - Volume 6 - Numéro 4

Le maintien de la fertilité des sols forestiers landais dans le cadre de la sylviculture intensive du pin maritime - Revue bibliographique et identification des pistes de recherches | p 197-216
Auteurs :
P. Trichet(1), Cl. Jolivet(2), D. Arrouays(2), D. Loustau(1), D Bert(3) et J. Ranger(4)
Adresse :
(1) INRA, Laboratoire d`Ecophysiologie et Nutrition, Domaine de l`Hermitage, 33610 Cestas.
(2) INRA, Unité de Science du Sol, SESCPF, Av de la Pomme de Pin, 45160 Ardon.
(3) INRA, Laboratoire de Croissance et Production, Domaine de l`Hermitage, 33610 Cestas.
(4) INRA, Equipe Cycles Biogéochimiques, Centre de Recherches de Nancy, 54280 Champenoux.
Résumé :
Les sols du massif forestier des Landes de Gascogne sont des sols sableux podzolisés caractérisés par une forte acidité, une pauvreté en ressources minérales assimilables, fortement liée à la faible capacité de rétention de leur complexe adsorbant, la présence d`un alios plus ou moins induré et superficiel et d`une nappe phréatique atteignant la surface en hiver en lande humide. La végétation, le développement du profil et les stocks de matière organique dépendent étroitement du niveau de la nappe phréatique dont l`amplitude de battement varie en fonction du micro-relief. Le manque de connaissances sur la matière organique du sol, qui est une clef de compréhension de l`évolution de la fertilité, rend difficile l`établissement d`un diagnostic fiable sur le maintien de la fertilité azotée des sols landais. De plus, le non renouvellement de la ressource azotée par fertilisation, laisse entrevoir un appauvrissement progressif des réserves à chaque rotation. Pour le phosphore, la fertilisation des peuplements à chaque rotation maintient en équilibre la faible fertilité phosphatée des sols landais. Le potassium, et le magnésium, ne sont pas apportés par fertilisation. Le calcium est apporté à des niveaux variables comme élément constitutif des engrais phosphatés. Le faible niveau de connaissances sur leur cycle biogéochimique ne permet pas de conclure sur le caractère durable de la disponibilité de ces éléments dans les sols landais. De toutes les modifications probables de l`itinéraire technique sylvicole du Pin maritime, le raccourcissement des révolutions est sans doute le point le plus délicat à prendre en compte dans le raisonnement du maintien de la fertilité des sols landais, en raison de l`augmentation de la fréquence des prélèvements minéraux et organiques et des perturbations du sol occasionnées à chaque coupe rase.

1998 - Volume 5 - Numéro 1

Influence des pratiques culturales sur le comportement et les propriétés de sols du Paraná (Brésil) | p 61-71
Auteurs :
J. Tavares-Filho(1) et D. Tessier(2)
Adresse :
(1) UEL, Département d`Agronomie, BP 6001, 86051-970 Londrina, Brésil
(2) INRA, Science du Sol, route de Saint Cyr, 78026 Versailles
Résumé :
Dans l`Etat du Paraná, des ` Latossolos Roxo ` (Oxisols) ont été mis en culture depuis environ 35 ans. Ces sols présentent actuellement des problèmes de dégradation principalement liés à leur tassement et à la disparition d`une partie de leur macroporosité. L`objectif de cet article est de discuter de l`évolution des sols sous l`influence de pratiques culturales, dans une perspective de gestion à long terme de leur fertilité. Une étude de longue durée a été menée à l`OCEPAR (Organisation des Coopératives du Paraná) sur l`évolution simultanée des sols et des rendements des cultures. Des profils culturaux ont été effectués et des échantillons non remaniés prélevés après semis direct et labour à la charrue à soc. Une comparaison a été faite entre les propriétés physiques (rétention d`eau, gonflement-retrait) et physico- chimiques des sols sous forêt et cultivés. Les sols sous forêt présentent une structure microagrégée typique des sols ferrallitiques (latosols) développés sur basaltes (>70 % d`argile). Dans ce type de sol, le degré d`altération des constituants minéraux et leur environnement géochimique sont des éléments fondamentaux à prendre en compte pour comprendre et prévoir leur stabilité physique.
Lorsque le pH est acide (Cascavel) et le complexe d`échange largement désaturé, les forces de cohésion entre les constituants très fins (argiles, oxydes et matières organiques) permettent d`assurer la stabilité physique du sol. Le labour se révèle alors une technique relativement dangereuse car il tend à rompre de façon durable la structure microagrégée des sols ; en revanche, la pratique du semis direct semble être une technique de conservation bien adaptée aux sols acides.
Lorsque le pH tend vers la neutralité comme à Palotina, l`absence de forces de cohésion entre les constituants (argiles, oxydes et matières organiques) ne contribue plus à assurer une certaine stabilité physique au sol. Les conclusions établies pour Cascavel ne paraissent plus appropriées pour Palotina car le sol présente, du fait de sa constitution et de son environnement géochimique, un comportement potentiellement instable. Il est conclu que la technique de semis direct est alors moins bien adaptée que le labour à la charrue au maintien d`un espace poral favorable au développement des plantes. Au total, il apparaît que dans les régions tropicales, la maîtrise des techniques culturales nécessite de connaître un ensemble de caractéristiques propres aux sols et une gestion adaptée à chaque type de milieu.

1998 - Volume 5 - Numéro 2

Caractérisation structurale de sols des Cerrados Brésiliens (Savanes) sous différents modes d`utilisation agricole | p 93-105
Auteurs :
P.L. de Freitas(1), Ph. Blancaneaux(2), R. Moreau(3)
Adresse :
(1) EMBRAPA / C N P S - Rua Jardim Botânico, 1024 ; 22460-000, Rio de Janeiro, Brésil.
(2) ORSTOM / EMBRAPA - C N P S - Rua Jardim Botânico, 1024 ; 22460-000, Rio de Janeiro, Brésil.
(3) ORSTOM - 911, av. Agropolis- B.P. 5045 ; 34032, Montpellier, France.
Résumé :
L`évaluation de systèmes de gestion pour la Région des Cerrados Brésiliens doit s`appuyer sur la mise en oeuvre d`approches méthodologiques comme l`analyse morpho-structurale permettant, en particulier, la caractérisation de l`état structural du sol, avec l`identification des différents horizons pédologiques et la caractérisation des unités pédologiques homogènes (UPH), qui résultent de l`activité anthropique et sont directement liées à l`action des outils agricoles. On y considère, sur un même type de sol ferrallitique, quatre situations comprenant une parcelle sous végétation naturelle anthropisée (CER), une parcelle sous pâturage cultivé de longue durée (PAL) et deux parcelles expérimentales sous irrigation (succession maïs/haricot), correspondant l`une à un système de gestion conventionnelle (CCL) et l`autre à un système de gestion par semis direct (PD).
La prise en compte de la différentiation morpho-structurale permet de comprendre et pronostiquer le comportement du sol évoluant sous différents modes d`utilisation agricole et conditions pédoclimatiques. S`agissant de l`espace poral, on constate une augmentation de la densité apparente dans les horizons les plus affectés par le travail du sol pour lesquels, toutefois, grâce aux caractéristiques de micro-agrégation des sols ferrallitiques, la porosité totale se maintient au-dessus de 49 %. C`est surtout la macroporosité grossière qui montre les variations les plus importantes en fonction du système cultural. Ces résultats sont confirmés et précisés par la porosimétrie à mercure.
On observe une correspondance nette entre les courbes de retrait et les caractères morphologiques décrits dans les divers horizons et UPH du sol existant sous différents systèmes. On constate, en effet, une cohésion d`assemblage et une cohésion interne des éléments structuraux très élevées en CCL, élevées en PAL ; par contre, si la cohésion interne reste appréciable en PD, la cohésion d`assemblage y est faible. Enfin, en comparant les situations CER et PAL avec les systèmes sous culture annuelle CCL et PD, on constate une stabilité plus faible des macro-agrégats (> 2 mm) dans le dernier cas. La diminution observée entre les deux cas de situation apparaît bien en rapport avec les caractéristiques morphologiques, physiques, chimiques et biologiques des différents systèmes considérés.

1998 - Volume 5 - Numéro 3

Communication présentée au symposium n° 42 du 16è Congrès Mondial de l`IUSS. Montpellier, 1998. Réflexions sur les classifications des sols | p 201-205
Auteurs :
Ph. Duchaufour
Adresse :
Académie d`Agriculture de France, 18, rue de Bellechasse, 75007 Paris
Résumé :
La classification des sols se heurte à deux difficultés majeures : (1) le sol n`est pas un objet défini ; il s`insère dans un ` continuum écologique `; (2) la hiérarchie des unités oblige à faire des choix difficiles entre les caractères de base et leur importance relative. Trois types de classification ont été passées en revue : (1) les classifications hiérarchisées, qui n`évitent pas ces deux difficultés ; (2) les référentiels classiques, qui ne les corrigent que partiellement ; (3) les référentiels de type ` fuzzy ` (flou), qui sont plus proches de la réalité, mais n`évitent pas le risque de confusion, car l`utilisateur doit faire certains choix. La World Reference Base paraît être un compromis satisfaisant, dans la mesure où elle est logique, flexible et facile à utiliser.

1997 - Volume 4 - Numéro 1

Variations de la densité des sols des hêtraies du nord-est de la France en relation avec leurs caractéristiques physico-chimiques | p 43-52
Auteurs :
J-L. Dupouey, Anne Thimonier et P. Behr
Adresse :
Unité d`Écophysiologie forestière, Équipe Phytoécologie, INRA - Nancy, 54280 Champenoux
Résumé :
Dans le cadre d`une étude de l`évolution des stocks de carbone et d`azote des sols de hêtraies du nord-est de la France, nous avons été amenés à mesurer puis modéliser la densité apparente de la terre fine de 93 horizons prélevés dans 37 sites. Le but de ce travail était d`étudier la possibilité de remplacer les mesures directes de densité dans ces milieux, longues et difficiles, en particulier en sols caillouteux, par les estimations obtenues à partir d`un modèle statistique utilisant des paramètres physico-chimiques du sol. La comparaison des méthodes de mesure de la densité au cylindre et à la paraffine indique une valeur systématiquement supérieure pour cette dernière (0,18 de plus), mais une répétabilité égale des deux méthodes (±0,07 à 5% d`erreur). Les modèles de densité obtenus font apparaître comme variables déterminantes le taux de carbone, la pierrosité, la profondeur et, de façon moins nette, l`état du complexe absorbant alors que la texture ne semble pas montrer d`effet significatif. Ils sont améliorés en séparant en 2 lots horizons superficiels et profonds. L`écart-type de l`erreur (0,12) et le pourcentage de variance expliquée (82%) permettent d`utiliser ces modèles en l`absence de mesures directes. Les écarts entre nos mesures de densité et les prévisions d`un autre modèle établi précédemment pour l`Angleterre sont faibles, du moins pour les horizons superficiels, ce qui renforce cette conclusion.

1997 - Volume 4 - Numéro 2

Rôle du sol sur la circulation et la qualité des eaux au sein de paysages présentant un domaine hydromorphe | p 95-114
Auteurs :
P. Curmi(1), J. Bidois(1), G. Bourrié(1,2), C. Cheverry(3, 1), P. Durand(1), C. Gascuel-Odoux(1), J.-C. Germon(4), V. Hallaire(1), C. Hénault(4), A. Jaffrezic(1), P. Mérot(1), F. Trolard(1), C. Walter(3, 1), et M. Zida(1)
Adresse :
(1) INRA, Unité de Science du Sol et de Bioclimatologie, 65 rue de Saint Brieuc, 35042 Rennes CEDEX.
(2) Université de Rennes 1 - Géosciences Rennes - UPR 4661 CNRS, Campus de Beaulieu, 35042 Rennes CEDEX.
(3) Laboratoire de Science du Sol, département DEERN, ENSAR, 65 rue de Saint Brieuc, 35042 Rennes CEDEX.
(4) INRA, CMSE, Laboratoire de Microbiologie des sols, 17 rue Sully, 21034 Dijon CEDEX.
Résumé :
La qualité des eaux de paysages présentant des sols hydromorphes dépend notamment des modes de circulation de l`eau à travers ces paysages et de l`extension spatiale et temporelle des zones humides en raison de leurs fonctionnements hydrologique et biogéochimique particuliers. L`incidence de ces cheminements sur la teneur en nitrate des eaux superficielles a été analysée par une approche pluridisciplinaire sur un bassin versant de 1200 ha (Coët Dan, Morbihan).
Le modèle d`organisation spatiale des sols correspond à un système pédologique associant un nombre limité d`horizons liés génétiquement. Le moteur de la différenciation pédologique étant l`hydromorphie, qui, sur ce bassin, est contrôlée principalement par la topographie, un modèle prédictif de la distribution des sols hydromorphes combinant deux indices topographiques a pu être établi. Les propriétés hydrodynamiques des horizons de ce système permettent de les regrouper en familles présentant un même comportement. En fonction de ces familles d`horizons et du modèle d`organisation des sols, le bassin versant peut être divisé en deux domaines : un domaine amont, homogène et très perméable où les transferts d`eau et de solutés sont principalement verticaux; et un domaine aval, multicouche, peu perméable présentant deux niveaux de nappes. Ce dernier domaine est le siège de transferts latéraux dans le sol et d`un ruissellement superficiel dont l`importance est fonction de l`extension spatiale et temporelle des surfaces saturées et de leur connectivité.
L`étude biogéochimique du domaine mal drainé montre l`importance des phénomènes de dénitrification dans la nappe perchée subsuperficielle et l`existence d`un composé du fer (rouille verte) qui peut à certains moments concurrencer la dénitrification. Au plan hydrologique, les variations de la qualité de l`eau au cours de la crue sont bien rendues par la décomposition de l`hydrogramme de crue à partir d`un modèle de mélange à 4 compartiments, cohérent avec le modèle de fonctionnement proposé. Ce modèle montre que l`eau venant de la zone dénitrifiée représente 15 à 30 % de l`écoulement de crue. A l`échelle annuelle, la concentration moyenne en nitrate de différents sous-bassins décroît lorsque la proportion de sols hydromorphes croît. Ces résultats montrent que les zones hydromorphes ont un effet sur les transferts de nitrate, mais que cet effet est limité par l`importance des chemins de l`eau court-circuitant les zones épuratrices. Un modèle conceptuel combinant les transferts d`eau et de nitrate à l`échelle du bassin versant est proposé qui prend en compte les principaux processus identifiés ici.

1997 - Volume 4 - Numéro 3

La prospection électrique : une méthode adaptée à la cartographie et à la reconnaissance de l`état hydrique des sols - Cas des sols de Lorraine | p 161-174
Auteurs :
F. Gras, A. Hesse, C. Tillier, D. Tessier et D. Zimmer
Résumé :
La prospection pédologique conventionnelle permet généralement de stratifier la couverture pédologique en un nombre plus ou moins important d`unités cartographiques à partir d`unités typologiques. Si cette approche est adaptée pour des échelles moyennes à grandes, une difficulté subsiste cependant pour délimiter des unités cartographiques à très grande échelle. Pour répondre à cet objectif, une méthode de prospection électrique basée sur la mesure des résistivités apparentes du sol, la méthode WENNER, a été utilisée suivant deux variantes, à savoir WENNER Normal et WENNER Dipôle-Bipôle. Elle a permis de réaliser des profils électriques et des cartes de résistivité sur un même site. La comparaison entre les dispositifs a montré que le dispositif WENNER Normal est adapté aux cartes de résistivité sur un même site. La comparaison entre les dispositifs a montré que le dispositif WENNER Normal est adapté aux unités de sol dont la dimension dépasse le décamètre. Le dispositif WENNER Dipôle-Dipôle apparaît plus approprié à l`étude de la couverture pédologique quand la variabilité spatiale est à l`échelle métrique. Les profils électriques contribuent à localiser rapidement les unités cartographiques telles qu`elles se succèdent le long d`une toposéquence. Les cartes de résistivité, de leur coté, confortent les informations précédentes et permettent de localiser à très grande échelle des unités cartographiques de faible dimension et des discontinuités pédologiques locales. Les auteurs montrent que la résistivité dépend étroitement de l`état hydrique du sol. Les cartes de résistivité permettent en particulier de localiser les nappes peu profondes.

1994 - Volume 1 - Numéro 1

Les banques régionales de données-sols - Exemple du Languedoc-Roussillon | p 67-82
Auteurs :
M. Bornand (1), J.-P Legros (1), C. Rouzet (2).
Adresse :
(1) INRA Science du Sol . Place Viala . 34060 Montpellier cedex 1
(2) GUTLAB . Domaine de Lavalelle. 34090 Montpellier
Résumé :
Les problèrnes d`envitonnement et de gestion de I`espace rural rendent urgent le besoin de disposer d`une bonne connaissance de l`organisation spatiale des sols. Un programme dit IGCS a été mis en place à la suite d`une collaboration MAF/DERF/INRA (le MAF est devenu depuìs MAP, Ministère de l`Agriculture et de la Pêche), Ce programme doit assurer la couverture des 22 régions françaises
dans l`optique d`une reconnaissance des sols au 1/250 000.
Le Languedoc-Roussillon est une des régions pilote qui a permis de préciser la méthodologie employée. Afin de faciliter l`accès aux données et à leur exploitation, des moyens modernes de traitement de l`information spatiale sont mis en ceuvre. L`objectif est d`aboutir à la création d`une banque de données sur les sols régionaux; on en présente ici les caractéristiques essentielles.
Un modèle d`organisation des données pédologiques a été conçu : la structure logique qui sert pour caractériser les unités cadographiques (DONESOL) complète celle déjà existante (STIPA) pour les données stationnelles (profils de sols). Ce système de gestion relationnelle gère les données sémantiques; il est utilisé en complémenlarité avec un Système d`lnformation Géographique qui gère
les aspects graphiques. Système d`aide à la cartographie des sols (répertoire des études pédologiques, référentiel de caractérisatlon des unités cartographiques), la banque constitue aussi un outil de thématisation grâce à ses possibilités de recherches et de croisement des données. Deux exemples illustrent son utilisation possible comme outil d`aide à la décìsion pour les gestionnaires de l`espace rural dans le domaine agricole (reconversion du vignoble languedocien) comme dans celui de l`environner¡ent (épandage des composts urba¡ns).

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