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Association Française pour l'Étude du Sol

Ardon, Orléans Cedex 2, France

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Revue “Étude et Gestion des Sols”

Étude et Gestion des Sols (EGS) publie des articles en français. Sa vocation première est d'être un lieu d'échange et de transfert en ce qui concerne la science du sol appliquée. Les articles sont soumis à une procédure de relecture critique par des pairs. EGS publie des résultats originaux, des synthèses et des revues bibliographiques, ainsi que des notes techniques et historiques. EGS publie également des numéros ou des dossiers thématiques.
EGS peut aussi publier des articles brefs d'opinion scientifique, contribuant à l'avancée des réflexions sur notre champ d'étude et de recherche.

EGS est désormais (depuis le 1er janvier 2013) entièrement électronique, avec accès libre et gratuit (accès en bas de cette page).
Les nouveaux articles sont publiés dès qu'acceptés et mis en forme, sous la forme de fichiers .pdf. Leur publication est annoncée au fur et à mesure sur notre "liste de diffusion".
Les autres articles antérieurs à 2013 sont également tous téléchargeables.


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Introduction à la revue EGS et comité éditorial

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Dominique Arrouays
RÉDACTEUR EN CHEF : Dominique Arrouays
RÉDACTEURS EN CHEF ADJOINTS : Denis Baize, Dominique Schwartz
SECRÉTARIAT DE RÉDACTION : Florence Héliès, Cédric Laveuf, Jean-Pierre Rossignol

Adresse :
AFES, INRA, Centre de recherches d'Orléans
2163, avenue de la Pomme de Pin, CS 40001, Ardon
F-45075 Orléans Cedex 02, France

Contact Donimique Arrouays

COMITÉ ÉDITORIAL :
D. Angers Agric. Agroalim. Canada, Sainte Foy, Canada
M. Badraoui I.A.V. Hassan II, Rabat, Maroc
W. Blum Univ. Vienne, Autriche
L. Bock Faculté Agronomique de Gembloux, Belgique
A. Bruand ISTO, Université d'Orléans
C. Cheverry ENSA, Rennes
J.L. Chotte IRD, Montpellier
S. Deckers Université de Leuven, Belgique
A. Delaunois Chambre d'Agriculture du Tarn, Albi
B. Delvaux Université de Louvain la Neuve, Belgique
C. Feller IRD, Montpellier
P. Faivre Université de Savoie, Chambéry
N. Filippi EC JRC Ispra, Italie
E. Frossard Institut Fédéral de Technologie, Zurich, Suisse
J.C. Germon INRA, Dijon
M.C. Girard Académie d'Agriculture, Paris
J.M. Gobat Université de Neuchâtel, Suisse
A. Halitim Université de Batna, Algérie
B. Jabiol ENGREF, Nancy
J.L. Julien Laboratoire Départemental de l'Aisne
J.P. Legros AFES, Montpellier
F.‑Macias Vasquez Univ. St-Jacques de Compostelle, Espagne
C. Mathieu Acad. des Sciences d'Outre-Mer, Paris
J.P. Montoroi I.R.D., Bondy
R. Moreau I.R.D., Montpellier
J.L. Morel ENSAIA, Nancy
S. Recous INRA, Laon
G. Richard INRA, Orléans
C. Schvartz ISA, Lille
T. Sterckeman INRA - ENSAIA, Nancy
E. Van Ranst Université de Gand, Belgique
C. Walter Agrocampus Ouest, Rennes

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EGS Instructions aux auteurs

1/ EGS est une revue de l'Association Française pour l'Étude du Sol.

2/ La publication est gratuite. Les articles ne devront, en règle générale, pas excéder 15 pages imprimées (résumés, figures, tableaux, bibliographie
compris). Une page pleine de la revue équivaut à environ 4 000 signes, espaces non compris. Pour certains articles, quelques pages supplémentaires
pourront être acceptées.

3/ Le manuscrit doit être saisi sous traitement de texte, sur format 21 x 29,7 cm. Le texte sera fourni sur support électronique (fichier attaché à un courrier électronique ou CD-Rom), de préférence format Word (DOC ou docx) en double interligne. Les lignes doivent être numérotées de 1 à n du début à la fin du document. Les figures en haute résolution (formats pict, eps, tif, png ou jpg en haute définition ou fichier Excel) et les tableaux originaux (de préférence accompagnés du fichier Excel) doivent être joints.

4/ Les textes sont publiés en français. Un 'résumé étendu' en anglais ('extended summary ') précède le texte avec quelques ' Key words '. Il renvoie aux principaux tableaux et figures. Un résumé en français (30 lignes maximum), et quelques mots clés, qui servent à l'indexation, accompagnent aussi le texte. Les résumés présentent clairement le problème étudié, les méthodes utilisées et les conclusions auxquelles on est arrivé. Key words et mots clés doivent être utilisables dans une interrogation de bases de données. Une traduction en espagnol du résumé français est souhaitée. Elle peut être prise en charge par le secrétariat de rédaction. Le secrétariat de rédaction peut également proposer des améliorations en ce qui concerne la rédaction en français.

5/ La page de garde comportera :
a* le titre de la communication ;
b* les noms et prénoms du ou des auteurs ;
c* l'institution à laquelle il(s) appartien(nen)t et les adresses complètes ;
d* l'adresse électronique de l'auteur à qui adresser les correspondances.

L'auteur donnera un titre courant de moins de quarante caractères, ainsi que le titre en anglais.

6/ Les figures et les tableaux seront réduits par les responsables de la revue à la dimension qu'ils estimeront souhaitable. Les titres des tableaux et figures partie entière des nombres sera séparée de la partie décimale par une virgule. Les photographies doivent être contrastées, une échelle donnée sur chaque document. Les illustrations en couleurs seront acceptées uniquement si elles sont indispensables.

7/ Les références bibliographiques citées dans l'article sont reprises en fin de texte, par ordre alphabétique. Les noms des auteurs cités dans le texte seront écrits en caractères minuscules : (Dupont, 2009 ; Dubois et Duchemin, 2009 ;Duchamp et al., 2009) .
La bibliographie sera présentée par ordre alphabétique sur le modèle suivant :

Joseph K.T., 1977 - Clamatrops - Proceedings of the conference on classification and management of tropical soils, Kuala Lumpur, Malaysia, 15to 20 August 1977.
Liang L., Hoffmann A. et Gu B., 2000 - Ligand-induced dissolution and releaseof ferrihydrite colloids. Geochim. Cosmochim. Acta, 64, 12, pp. 2027-2037.


8/ Les manuscrits doivent être envoyés par courriel à Dominique.Arrouays@orleans.inra.fr ou par courrier postal à Dominique Arrouays, AFES - INRA Orléans, Avenue de la Pomme de Pin, CS 40001, Ardon 45075 Orléans cedex 02, France. Les auteurs préciseront leur adresse électronique et leur numéro de téléphone.

9/ Les auteurs peuvent proposer une liste restreinte d'experts susceptibles de relire le manuscrit. Ils peuvent également, en cas de concurrence ou de conflit d'intérêt, signaler des experts qu'ils ne souhaitent pas. Chaque manuscrit est envoyé à deux lecteurs qui remplissent une fiche de lecture. Cette expertise est en principe anonyme, sauf lorsqu'un expert accepte de communiquer son nom aux auteurs. Les deux fiches de lecture et commentaires éventuels sont renvoyés à l'auteur avec une décision de la rédaction : article rejeté, à reécrire entièrement, à modifier en profondeur, à modifier légèrement, accepté.

10/ Lorsque l'article n'a pas été rejeté et que l'auteur a retourné son manuscrit corrigé en tenant compte des avis des lecteurs, le nouveau manuscrit est relu par ses lecteurs initiaux, ainsi que par les responsables de la rédaction qui peuvent proposer d'éventuelles modifications et une mise en forme améliorée des figures et tableaux.

11/ Lorsque l'auteur a donné son accord sur les modifications et effectué tous les travaux correspondants, le texte est accepté pour publication.

12/ Une épreuve du texte est ultérieurement envoyée à l'auteur qui a présenté le manuscrit. L'épreuve corrigée doit être retournée dans la semaine suivante, avec l'accord pour payer les pages supplémentaires si c'est le cas. Dès que sa mise en forme définitive est réalisée, l’article est immédiatement publié sous forme d’un fichier .pdf téléchargeable librement et gratuitement sur le site de l’AFES.

13/ Le Comité de rédaction de EGS se réserve le droit d'adapter ou de modifier la disposition du texte original et de prendre toutes les décisions non explicitement mentionnées dans ce règlement.

14/ Les articles proposés à EGS doivent être originaux ; tout manuscrit déjà publié en partie doit être explicitement signalé comme tel au début du processus de sélection. L'utilisation ultérieure des documents publiés dans EGS par d'autres que les auteurs est soumise à une autorisation écrite des auteurs et de la revue. Une référence claire devra toujours en mentionner la source.

15/ Les textes publiés dans EGS n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

16/ Toute correspondance doit être adressée au rédacteur en chef :
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INRA d'Orléans
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Articles de la revue choisie

2016 - Volume 23 - Numéro 1

Effets de la matière organique sur les propriétés physiques et chimiques des sols sableux de la région d’Ouargla (Algérie) | p 9-20
Auteurs :
N. Koull, M. Halilat
Adresse :
1 Université Kasdi Merbah. BP 511 Route Ghardaïa Ouargla. Algérie.
2 Laboratoire de Bioressources Sahariens Préservation et Valorisation Ouargla. Algérie.
Résumé :
Ce travail expérimental a pour but de savoir quel est l'effet de deux types de matières organiques, à savoir le fumier bovin et ovin à quatre niveaux de dose (0 t/h, 37.8 t/h, 75.6 t/h et 113.4 t/h) sur quelques propriétés physiques et chimiques des sols sableux. Le sol traité avec les matières organiques est mis dans des pots pendant trois mois en conditions climatiques sahariennes de la région d’Ouargla. Suite à nos résultats, nous avons constaté l'effet significatif de l’amendement organique sur la majorité des propriétés du sol à savoir le pH, la capacité de rétention en eau, la capacité d'échange cationique. Au terme de cette étude, il apparaît que les matières organiques ont amélioré les propriétés du sol avec une importance et une durabilité plus importantes pour le fumier ovin. Les meilleurs résultats sont obtenus avec le traitement n°3 (113.4 t/h). D’après les résultats enregistrés sur les paramètres étudiés, nous avons noté : une diminution du pH de 8,72 à 7 ,73 ; une augmentation de la conductivité électrique de 4,30 à 7,83 dS/m ; une augmentation de la capacité de rétention en eau de 29,96 à 39,45 % et une augmentation de la capacité d’échange cationique de 7,85 à 18,12 méq /100g du sol.
Analyse de la diversité des sols et des micro-organismes telluriques à l’échelle d'un paysage : approche par cartographie numérique | p 35-52
Auteurs :
C. Swiderski, N.P.A. Saby, C. Ratié, C. Jolivet, D. Arrouays, S. Dequiedt, P.-O. Redon
Résumé :
L’Observatoire pérenne de l’environnement (OPE) de l’ANDRA a mis en œuvre depuis 2007 un réseau d’inventaires et d’observations à long terme des différents milieux de l’environnement sur un territoire de 240 km2 dans les départements de la Meuse et de la Haute-Marne. Un réseau de suivi et d’observation de la qualité des sols a ainsi été mis en place selon un maillage systématique en suivant un protocole d’échantillonnage et d’analyse de type « RMQS » conduit à l’échelle du paysage sur une grille de 1,5 km x 1,5 km. Des prélèvements d’échantillons composites ont été effectués lors de 4 campagnes successives entre 2009 et 2012 sur un total de 127 sites, dont 57 disposaient en plus d’une fosse pédologique. Les propriétés physico-chimiques (texture, carbone, pH, calcaire, azote, CEC, phosphore assimilable, cations échangeables et éléments majeurs totaux) et microbiologiques (structure des communautés microbiennes) ont été analysées dans le but d’établir un état de référence des sols de la zone d’observation. Ces observations ont servi de base à une analyse statistique afin de comprendre la distribution spatiale de la diversité pédologique et des micro-organismes telluriques à l’échelle d’un paysage, et les facteurs qui la pilotent. Pour cela, nous avons eu recours aux techniques de cartographie numérique. Nous avons ainsi couplé des analyses en composantes principales (ACP) sous contraintes spatiales avec des outils de régression et de géostatistique (krigeage universel). Les ACP ont été réalisées sur trois matrices différentes regroupant respectivement les données des principales propriétés pédologiques, les communautés bactériennes et les communautés de champignons toutes deux caractérisées par les empreintes moléculaires issues des analyses de type ARISA. Nous avons ensuite tenté d’expliquer les trois premiers axes de chacune des ACP en les mettant en relation avec des covariables environnementales dont la couverture spatiale est exhaustive sur la zone d’étude. Deux algorithmes ont été testés : les arbres de régressions boostés implémentés dans la librairie « gbm » et dans la librairie Cubist du logiciel de statistique R. Les covariables environnementales retenues sont : (1) les dérivées morphométriques issues du MNA à la résolution de 25 mètres (15 variables), (2) l’occupation du sol, (3) le fond géologique (carte géologique à 1/50 000) et (4) les unités cartographiques du sol issues de la carte pédologique à 1/50 000. Enfin, les résidus des modèles de régression ont été interpolés par des techniques géostatiques. L’ensemble de la procédure a été validée par validation croisée.
Malgré une relative homogénéité, les propriétés physico-chimiques des sols se distribuent selon la nature géologique et pédologique de la zone ainsi que selon la géomorphologie du paysage (MNA et ses dérivées) et l’occupation du sol. La structure génétique des communautés bactériennes et fongiques présente des structures spatiales moyennement marquées à l’échelle du paysage. Les communautés bactériennes s’organisent selon la morphologie du relief (rugosité, orientation des pentes), les unités cartographiques des sols et les structures hydrologiques (distance au plus proche court d’eau). La distribution des communautés fongiques est impactée par la topographie, et les structures hydrographiques. La performance des 6 modèles construits mesurée par le R² varie de 0,13 à 0,94. Nos résultats confirment qu’il est possible d’identifier et de hiérarchiser les filtres environnementaux qui pilotent les diversités physico-chimiques et biologiques du sol à l’échelle d’un paysage.
Méthodologie pour l’informatisation et l’actualisation d’une carte pédologique ancienne publiée au 1/100 000 – exemple de la coupure d’Angoulême (France) | p 21-34
Auteurs :
F. Lelu, A. C. Richer-de-Forges, G. Girot, C. Perrier, E. Tientcheu, D. Arrouays
Résumé :
Le programme de cartographie des sols du territoire français à moyennes échelles (« Connaissance Pédologique de la France » : CPF) lancé en 1968, constitue un volet du programme Inventaire, Gestion et Conservation des Sols (IGCS) du Groupement d’Intérêt Scientifique Sol (GIS Sol). Il a permis de couvrir environ 24 % du territoire par la cartographie au 1/100 000 et environ 18 % au 1/50 000 (Richer-de-Forges et al., 2014). Cependant, depuis les années 90, la priorité financière du GIS Sol a été donnée au volet de cartographie de la France au 1/250 000 : le programme des Référentiels Régionaux Pédologiques (RRP). L’informatisation des cartes au 1/100 000 majoritairement levées dans la période 1970 – 2000 présente un enjeu important pour sauvegarder les données acquises et les rendre accessibles.
Cet article présente une méthode de numérisation des cartes pédologiques anciennes qui comprend : la numérisation des cartes pédologiques et la création d’une base de données sémantiques sous le modèle DoneSol. La mise en place de cette base de données a montré qu’il y a des difficultés à retranscrire les informations anciennes en raison de quantités et de qualités hétérogènes. Un retour sur le terrain s’est alors montré indispensable pour pallier ces problèmes. Doit-on alors actualiser les données anciennes avec ces informations récentes ou la mise en base de données doit-elle correspondre uniquement aux données obtenues au moment de la réalisation de la carte ? Les deux approches nous semblent souhaitables : 1) une archive qui donne un « instantané » d’un état passé, 2) une base actualisée qui rend compte de l’évolution de cet état.
Cartographie qualitative de la sensibilité du sol à l’érosion hydrique : cas du bassin versant oued Boukiou (nord ouest de l’Algérie) | p 91-100
Auteurs :
S. Bouguerra, A. Bouanani
Résumé :
L’étude porte sur une analyse des principaux facteurs naturels entrainant le phénomène de l’érosion hydrique des sols dans l’un des bassins versants de l’ouest algérien. La méthodologie se base sur la technique usuelle de cartographie numérique depuis l’acquisition et le traitement d’images satellitaires et des données de la télédétection jusqu’à leur croisement avec d’autres données géographiques dans l’outil SIG (système d’information géographique). Les paramètres à estimer sont liés aux conditions du milieu :sol, relief, occupation du sol. Ainsi, le croisement de ces facteurs selon des règles qualitatives choisies nous a permis d’élaborer une carte décrivant quatre classes de vulnérabilité multifactorielle des sols à l’érosion hydrique : faible (27%), moyenne (36%), forte (23%) et très forte (14%). Les zones très vulnérables à l’érosion se manifestent dans les sols et substrats fragiles à pente raide et/ou subissant une agriculture très extensive où le couvert végétal est peu protecteur. Les résultats de cette étude serviront à hiérarchiser et sélectionner des périmètres particulièrement sensibles à l’érosion des sols pour en décider des différents aménagements antiérosifs à prévoir.
Comportement physique et propriétés des Topovertisols de la région semi-aride de la Tunisie | p 65-76
Auteurs :
H. Ben Hassine, M. Bouraoui, M. Ben Youssef et C. Zidi
Résumé :
Afin d’approfondir les connaissances sur l’un des sols les plus aptes à la production de cultures annuelles pluviales en Tunisie et en vue d’étudier son comportement vis-à-vis de la rétention en eau, cinq vertisols topomorphes (Topovertisols) dont quatre sont situés dans la vallée de l’oued Miliane (Nord-Est de la Tunisie), ont été échantillonnés par tranches de 20 cm sur un mètre de profondeur. Des analyses physico-chimiques ont permis de caractériser la granulométrie, les teneurs en matières organiques et la capacité d’échange cationique. Des échantillons ont été soumis à une analyse du retrait afin de mieux connaître la répartition de l’eau en fonction des différentes composantes de la structure du sol.
Les résultats obtenus confirment l’abondance de la fraction argileuse, la réaction alcaline des solutions, la salinité négligeable et la plus forte richesse des horizons supérieurs en matière organique, malgré des teneurs relativement modestes dans l’ensemble. La capacité d’échange cationique dépasse souvent 30 cmol.kg-1. La caractérisation du retrait a été discutée sur la base de la connaissance des types d’eaux retenues dans les différents pores (vides) qui se répartissent en eau interpédique (inter-agrégats), structurale (intra-agrégats), plasmique (au sein de la masse d’argile) et résiduelle (adsorbée sur les surfaces des argiles). En premier lieu, la variation de volume des sols consécutive à l’humectation-dessiccation est importante et donc compatible avec les structures vertiques décrites in-situ. L’analyse de la courbe de retrait permet d’identifier des points singuliers spécifiques à différents types d’eau et d’organisation du sol. Des relations statistiques ont pu être établies entre la capacité d’échange et l’eau de la fraction argileuse au sens granulométrique. Cette dernière détermine largement les propriétés aux différents points singuliers de la courbe de retrait. On peut alors accéder à l’eau utile pour la végétation avec l’avantage d’être obtenue sur des échantillons macroscopiques et non sur de la terre tamisée. Ces vertisols confirment leur statut de réservoirs d’eau pour les cultures annuelles et leur richesse chimique par les fortes proportions de sites d’échange offerts par les colloïdes argileux. Leur faible teneur en matières organiques, qui devraient donner davantage de stabilité à la structure, constitue le point faible pour de tels types de sols. L’abondance des argiles et la présence de carbonates atténueraient cependant ce déficit et favoriseraient la stabilité des agrégats.

2015 - Volume 22 - Numéro 1

Estimation des incertitudes liées à la prédiction ponctuelle de variables pédologiques à partir de bases de données géographiques sur les sols. Exemple de l’utilisation des strates issues du programme français Inventaire, Gestion et Conservation des Sols (IGCS) | p 9-18
Auteurs :
V. Murciano, J.-B. Paroissien, N.P.A. Saby, A.C. Richer de Forges, M.P. Martin, R. Emilion, D. Arrouays
Résumé :
Le programme GlobalSoilMap a pour objectif de produire une base de données à haute résolution spatiale des propriétés des sols du monde, assorties de leurs incertitudes. Parmi les méthodes possibles pour atteindre cet objectif, l’une d’elles consiste en une prédiction de ces propriétés à partir de moyennes pondérées et d’estimations des intervalles de confiance issues de bases de données cartographiques (unités cartographiques et typologiques de sol). En France, ces bases décrivent en particulier les « strates », qui sont des horizons conceptuels caractérisés à partir des valeurs modales et extrêmes d’un certain nombre de propriétés. Cependant, dans de nombreux cas, ces valeurs extrêmes n’ont pas été renseignées dans les bases de données. Notre objectif est donc de tester la possibilité d’estimer ces valeurs extrêmes à partir des valeurs modales et d’autres variables environnementales en utilisant des techniques d’apprentissage automatique. Les données utilisées proviennent de l’extraction de DoneSol des strates contenant les valeurs modales et les valeurs extrêmes de certaines propriétés. Nous illustrons ici la démarche par des résultats primaires concernant 7 variables pédologiques requises pour les « produits » GlobalSoilMap (carbone organique, pHeau, teneurs en argile, limon, sable, éléments grossiers, et capacité d’échange cationique) puis nous détaillons deux exemples portant sur le carbone organique et le pH. Les qualités de prédiction les plus satisfaisantes concernent le carbone. L’intérêt principal de ce type d’approche est de pouvoir dériver des valeurs par défaut de ces indicateurs de dispersion lorsqu’elles sont manquantes dans les bases de données. On peut toutefois penser que les types de modèles que nous avons utilisés pourraient parfois conduire à un « sur-ajustement » qui donne une fausse idée de leur performance. Pour vérifier cela, il faudrait disposer d’une validation externe entièrement indépendante.
Prise en compte de la pierrosité dans les calculs de réserve utile et du besoin en eau pour une culture de maïs. Cas du Loiret | p 29-42
Auteurs :
M. Tetegan, A. C. Richer de Forges, B. Nicoullaud, C. Desbourdes, N. Schnebelen, A. Bouthier, D. Arrouays et I. Cousin
Résumé :
Lors de la caractérisation des propriétés de rétention en eau des sols caillouteux, les éléments grossiers sont souvent, soit totalement négligés, soit considérés comme ne participant pas à la réserve utile des sols. Pourtant l'estimation du fonctionnement hydrique des sols caillouteux nécessite la prise en compte des propriétés hydriques de chacune des phases constituant ce type de sol. Basée sur la carte des sols du Loiret, cette étude a pour objectif de proposer un calcul de la réserve utile des sols tenant compte des capacités de rétention en eau des éléments grossiers. La réserve utile des sols a été calculée via le couplage des classes de pédotransfert proposées par Bruand et al. (2004) pour la terre fine et Tetegan et al. (2011) pour les éléments grossiers. Les résultats obtenus ont démontré que la non prise en compte de la phase caillouteuse dans le calcul de la réserve utile de sols à pierrosités variables pouvait induire parfois près de 50% d’erreur. Pour une culture de maïs, le déficit hydrique moyen annuel évalué sur 21 ans par un modèle de bilan hydrique, est mal estimé sur 80 % de la surface étudiée. Les besoins en eau sont ainsi souvent surestimés, car les éléments grossiers peuvent servir d’apport hydrique non négligeable aux cultures. Ces travaux montrent que les pratiques d'irrigation à l'échelle régionale peuvent être améliorées pour optimiser l'efficacité de l’utilisation de l'eau.
Impact des caractéristiques physiques et hydrodynamiques des sols sur la mortalité de l’ananas (Ananas comosus) en culture intensive au Sud-Est de la Côte d’Ivoire | p 117-127
Auteurs :
F.Y. Kouassi, P.T.K. Angui, J.T. Ama, A. Yao-Kouamé
Résumé :
Il est, de plus en plus, observé une importante variabilité de la mortalité de l’ananas dans une exploitation d’ananas de la Société SCB, en Côte d’Ivoire. L’impact des caractéristiques physiques et hydrodynamiques des sols sur la mortalité de l’ananas a été évalué, afin de déterminer les causes de cette variabilité.
Les teneurs en éléments grossiers et l’humidité à la capacité au champ des sols ont été déterminées au laboratoire, respectivement, à partir du « refus » d’un tamis de maille de 2 mm et dans les couches 0-10, 10-20 et 20-30 cm. La mesure de l’infiltration a été faite par anneau unique. La mortalité de l’ananas a été déterminée de 1999 à 2007. Les résultats ont révélé des taux de mortalité plus élevés dans les sols argilo-limoneux à argileux. Ils ont diminué avec les teneurs en éléments grossiers et la perméabilité des sols, et augmenté avec l’humidité du sol à la capacité au champ.
Cette étude a révélé des corrélations entre les caractères physiques et hydrodynamiques des sols et la mortalité de l’ananas.

2014 - Volume 21 - Numéro 1

La cartographie des sols à moyennes échelles en France métropolitaine | p 25-36
Auteurs :
Richer de Forges A.C., Baffet M., Berger C., Coste S., Courbe C., Jalabert S., Lacassin J.-C., Maillant S., Michel F., Moulin J., Party J.-P., Renouard C., Sauter J., Scheurer O., Verbèque B., Desbourdes S., Héliès F., Lehmann S., Saby N.P.A., Tientcheu E., Jamagne M., Laroche B., Bardy M., Voltz M.
Résumé :
Le programme de cartographie des sols à moyennes échelles du territoire français ("Connaissance Pédologique de la France" : CPF) a débuté en 1968. Depuis, environ 24 % du territoire, soit environ 13 millions d’hectares, a ainsi été couvert par une cartographie des sols au 1/100 000 et environ 18 % au 1/50 000, soit plus de 9 millions d’hectares. Sur le plan national, la priorité financière a toutefois été donnée au programme de cartographie de la France au 1/250 000, en voie d’achèvement (King et al., 1999) afin d'aboutir le plus rapidement possible à une connaissance nationale des sols de France à une échelle inférieure au 1/1 000 000. Toutefois, le besoin de cartographie des sols à moyennes échelles est toujours présent et de nouvelles cartes sont publiées chaque année dans le cadre de ce programme. De même, les cartes publiées sont progressivement informatisées (couche graphique et base de données). Cette cartographie joue un rôle essentiel dans l'enrichissement de nos connaissances sur les sols et notamment de leurs lois de répartition dans le paysage. L'informatisation de ces données permet de disposer d'un outil puissant qui constitue un atout précieux pour mieux prendre en compte la nature des sols au niveau local dans différents domaines (agronomie, environnement, aménagement des territoire…) et ainsi mieux répondre à des enjeux de durabilité des activités agricoles, de gestion et d'aménagement des territoires, ou encore de préservation des ressources et des écosystèmes. Elle apporte également une aide non négligeable à la cartographie au 1/250 000 avec notamment une utilisation de ces cartes pour décrypter l’organisation des sols et comme zone d'apprentissage pour de la cartographie numérique.
Diagnostic in situ de la réduction du fer dans les sols par l'utilisation d'un test de terrain colorimétrique | p 51-59
Auteurs :
L. Berthier, V. Chaplot, G. Dutin, A. Jaffrezic, B. Lemercier, A. Racapé, C. Walter
Résumé :
L’hydromorphie des sols est l’expression d’un engorgement en eau plus ou moins prolongé et d’un déficit en oxygène agissant sur leurs propriétés et leurs fonctionnalités. Elle s’exprime en prenant la forme de traits morphologiques souvent persistants, résultant de la dynamique du fer et du manganèse. La profondeur d’apparition, le degré d’hydromorphie (présence/absence d’horizons rédoxiques et/ou horizons réductiques) et sa persistance en profondeur dans les sols sont les critères retenus dans le cadre réglementaire des délimitations de zones humides. Ainsi, les traits pédologiques liés à un engorgement prolongé en eau dans les sols, comme la présence de concrétions de fer et de manganèse, sont classiquement utilisés pour délimiter les zones humides.
La présence de traits d’hydromorphie anciens dans des sols actuellement bien drainés et une confusion avec des traits d’altération de la roche mère peuvent compromettre le diagnostic au cours des inventaires de terrain de zones humides. L’utilisation conjointe du diagnostic morphologique et du test au Fe(II) permet de caractériser le caractère rédoxique et/ou réductique d’un volume pédologique. L’utilisation du test à base de phénantroline mettant en évidence la présence de Fe(II) dans la solution du sol offre une information complémentaire à l’approche morphologique des traits réductiques. La réaction à ce test permet le développement d’une coloration rouge en présence de Fe(II). Outre des limites inhérentes au réactif et aux variations des conditions hydrologiques, ce test permet dans de nombreux cas de lever des indéterminations pédologiques. Le test est bon marché et facile à utiliser. Une aide à la détermination du caractère rédoxique et/ou réductique d’un volume pédologique, fondée sur l’utilisation conjointe du diagnostic morphologique et du test au Fe(II), est finalement proposée.
Classement des sols et classement des terres pour l'aménagement foncier : méthodes et adaptation en Alsace | p 61-76
Auteurs :
Party J.-P., Sauter J., Lux M., Muller N.
Résumé :
En France, les opérations d'aménagement foncier passent par un classement des terres traditionnellement réalisé par une Commission Communale d'Aménagement Foncier (CCAF) réunissant exploitants agricoles, propriétaires fonciers, conseillers municipaux, géomètres et agents du Département. En milieu agricole, la méthode utilisée est estimative et basée sur les rendements de plusieurs parcelles de référence vis-à-vis desquelles toutes les autres sont classées par comparaison.
En Alsace, depuis 2010, le Conseil Général du Haut-Rhin, du fait d'enjeux territoriaux importants susceptibles de biaiser les classements de terre, a exprimé la volonté d'acquisition d'une base plus objective. Ainsi, une méthode de classement des sols s'appuyant sur des études cartographiques à 1/5 000 - 1/10 000 sur assemblage cadastral a été mise au point à partir d'essais antérieurs et des pratiques actuelles de pays frontaliers (Belgique, Allemagne, Suisse). Nous en présentons 2 exemples de cas concrets, les atouts et les limites de cet apport complémentaire aux travaux plus classiques du géomètre, ainsi que les actions de formation et d'information qui en ont été dérivées ces 3 dernières années auprès d'agents de la fonction publique territoriale.
Plus généralement enfin, la méthode proposée pourrait s'inscrire dans une démarche appliquée à d'autres espaces du territoire français, notamment dans les espaces péri-urbains dans lesquels les enjeux de consommation d'espace deviennent cruciaux. Des réflexions sont d'ailleurs en cours à l'ADEME (programme GESSOL / UQUALISOL-ZU) et au sein du RMT Sols et Territoires (http://www.sols-et-territoires.org/) sur ce sujet d'actualité.
Reconnaître les sols de zones humides : Difficultés d'application des textes réglementaires | p 85-102
Auteurs :
Denis Baize, Christophe Ducommun
Résumé :
En France, la législation actuelle relative aux "zones humides" découle de la loi sur l'eau. Elle est composée d'un décret et de deux arrêtés, le deuxième (octobre 2009) venant modifier le contenu du premier (juin 2008). Ces textes ont été complétés par une circulaire.
Cet article s'adresse à tous ceux qui ont à appliquer ces textes sur le terrain et qui doivent décider objectivement si des sols sont des "sols de zones humides" ou non, sur la base d'observations faites le plus souvent grâce à des sondages à la tarière. Son principal objectif est d'attirer l'attention sur les difficultés qu'il y a à appliquer concrètement les directives contenues dans les deux arrêtés et, finalement, à définir les "sols de zones humides". En outre, les limites de ces deux arrêtés et de la circulaire vont être évoquées et des améliorations vont être suggérées.
Données de sols dans la forêt française : état sommaire de l'existant et intérêt de leur mobilisation | p 103-112
Auteurs :
Party J.-P., Granier A.
Résumé :
Compte tenu de leur accumulation au cours des 25 dernières années, la mobilisation des dizaines de milliers de données existantes sur les sols forestiers présente un intérêt certain quant à leur généralisation cartographique. En effet, des besoins forestiers, pour lesquels leur utilisation s'avère aujourd'hui essentielle, ont été bien identifiés par le RMT Aforce « Adaptation des forêts au changement climatique » notamment vis-à-vis des flux et bilans d'eau et de leurs variations dans les écosystèmes forestiers (journées REGEFOR 2013). Alors que la base nationale DONESOL (InfoSol-INRA Orléans) montre des profils forestiers sous-représentés (densité d'environ moitié moindre qu'en milieu agricole), d'autres sources ponctuelles peuvent être mobilisées telles que la base ECOPLANT (AgroParisTech Nancy) ou la base de données écologique de l'IGN-IFN. Ces données ponctuelles peuvent aujourd'hui être spatialisées selon des lois de répartition des sols décryptées pour les trois quarts du territoire français d'une part dans des cartes de référence à moyenne échelle informatisées (programme CPF-INRA) et d'autre part dans les catalogues de stations forestières. En assurant d'une part, une synergie entre toutes ces sources de données qui détiennent chacune une partie des données nécessaires et d'autre part avec un minimum de travail de terrain complémentaire essentiel à la qualité du résultat, une carte des sols à moyenne échelle (1/50 000-1/100 000) homogène et à usages multiples pour tout l'espace forestier français pourrait ainsi être établie à court ou moyen terme. Ceci permettrait d'apporter une réponse aux besoins en données de sols aujourd'hui nécessaires à cette échelle pour les forestiers.
Le programme Inventaire Gestion Conservation des Sols de France : volet Référentiel Régional Pédologique | p 125-140
Auteurs :
B. Laroche, A.C. Richer de Forges, S. Leménager, D. Arrouays, N. Schnebelen, M. Eimberck, B. Toutain, S. Lehmann, E. Tientcheu, F. Héliès, J-P. Chenu, S. Parot, S. Desbourdes, G. Girot, M. Voltz, M. Bardy
Résumé :
Cet article a pour objectif, un peu plus de dix ans après la mise en place du Groupement d’Intérêt Scientifique Sol, de faire un état de l’art sur l’avancement du volet RRP du programme national IGCS. Ce volet initié au début des années 90 vise à produire une cartographie des sols à 1/250 000 sur le territoire français. Bien que les débuts aient été difficiles, l’adhésion des différentes régions s’est faite progressivement, et il ne reste aujourd’hui que quelques départements à engager. Dans cet article, il s’agit en particulier de décrire et d’analyser les évolutions du cadre de collecte, du partenariat, de l’acquisition et de la vérification des données, ainsi que de la valorisation qui en est faite. Ces différents éléments permettent enfin de dégager des perspectives pour le programme.
Le programme Base de Données des Analyses de Terre (BDAT) : bilan de 20 ans de collecte de résultats d’analyses. | p 141-150
Auteurs :
Saby N.P.A., Lemercier B., Arrouays D., Leménager S., Louis B.P., Millet F., Paroissien J.-B., Schellenberger E., Squividant H., Swiderski C., Toutain B., Walter C., Bardy M.
Résumé :
Le programme Base de Données des Analyses de Terre (BDAT) regroupe depuis vingt ans les résultats d’analyses d’horizons de surface de sols cultivés, effectuées sur l’ensemble du territoire national, à la demande d’agriculteurs, par des laboratoires agréés par le Ministère en charge de l’agriculture. Cet article a pour objectif de présenter les derniers résultats produits par ce programme. Il aborde successivement la présentation de l’organisation du programme, des développements méthodologiques connexes et des principaux résultats sur le statut et l’évolution des propriétés des horizons de surface des sols cultivés. A ce jour, la BDAT recense 22 830 147 résultats analytiques provenant de 1 962 238 échantillons récoltés sur la période 1990-2009. L’analyse de ces données permet par exemple de mettre en évidence à l’échelle nationale une forte hétérogénéité spatiale de la richesse en phosphore assimilable, des baisses des teneurs en carbone des sols initialement les plus pourvus et d’une hausse généralisée des pH des sols non calcaires. Cependant, les biais statistiques inhérents à la stratégie d’échantillonnage adoptée peuvent être importants et difficilement quantifiables. Des précautions doivent être prises pour interpréter les résultats issus d’analyses d’une telle base de données. Cependant, le programme BDAT constitue une source d’informations importante sur la variabilité des propriétés des horizons de surface des sols cultivés et les résultats statistiques agrégés sont aujourd’hui librement disponibles sur internet (http://bdat.gissol.fr).
Les Pédo-paysages des plaines centrales de Midi-Pyrénées | p 77-84
Auteurs :
Guiresse M.,Cambou E., Collin Bellier C., Denjean A., Falba P., Guigues E., Mouclier M., Muller N., Nesling E., Party J.P., Rigou L., Schneider A., Toiser A., Vauthier Q., Yken E., Revel J.C.
Résumé :
Les sols des zones de plaines de la région Midi-Pyrénées montrent une grande diversité liée, notamment, au carrefour des influences climatiques passées et actuelles : glaciaire, méditerranéenne et atlantique. Le présent article illustre la distribution des principales Unités Typologiques de Sols parmi les Unités pédo-paysagères dans les zones de plaines depuis le nord du Lot jusqu'au piémont ariégeois. La couverture pédologique y est très marquée par la nature des grands ensembles sédimentaires, depuis les contreforts du Massif central, jusqu'à la Molasse argilo-calcaire très largement étendue dans le bassin toulousain.

2013 - Volume 20 - Numéro 1

Vers une cartographie numérique des propriétés des sols du monde : Le programme GlobalSoilMap | p 7-14
Auteurs :
J. W. Hempel, A. B. McBratney, N. J. McKenzie, A. E. Hartemink, R. McMillan,
P. Lagacherie, D. Arrouays
Résumé :
A l’heure où il est reconnu que la connaissance et la protection des sols sont des piliers majeurs pour répondre à de grands enjeux planétaires (sécurité alimentaire, changement climatique, accaparement des terres, urbanisation et artificialisation, gestion de l’eau…), il paraît plus que jamais indispensable de se doter d’outils permettant de prendre en compte les propriétés des sols à l’échelle mondiale. Face à ces constats, les initiatives internationales se multiplient. L’une d’elle, le projet GlobalSoilmap, vise à produire, à terme, une base de données digitale harmonisée et mondiale de quelques propriétés des sols. Il a été lancé en 2006 à l’initiative du Groupe de Travail « Digital Soil Mapping » de l’Union Internationale de Science du Sol (IUSS).
Il est porté par un consortium qui réunit des organismes leaders dans le domaine de la cartographie des sols. L’objectif du programme est de produire une base de données librement accessible de quelques propriétés des sols d’intérêt majeur, sous forme d’une grille raster au pas de 100 mètres, et ce, sur la totalité du Monde, surfaces artificialisées exclues. Il est prévu de délivrer ces propriétés sous la forme de valeurs moyennes assorties d’intervalles de confiance (ou fourchettes de valeurs les plus probables) de façon à rendre compte en même temps de l’incertitude associée. La prédiction de ces propriétés à des profondeurs standard est faite en utilisant la fonction « Spline » pour transformer des données recueillies par horizons ou par couches de profondeurs connues en un profil continu modélisant la distribution de la propriété en fonction de la profondeur. Une attention particulière est portée à l’estimation des incertitudes. Bien qu’aucun pays n’ait actuellement produit une couverture exhaustive de toutes les propriétés, un certain nombre de pays se sont lancés dans l’aventure, et disposent déjà, pour tout ou partie de leur territoire, de quelques produits conformes aux spécifications de GlobalSoilMap.
Potentiel de la spectrométrie gamma aéroportée pour la cartographie des sols et du régolithe : une mini-revue et des premiers exemples en régions Centre et Limousin | p 15-28
Auteurs :
B. Laroche, A. Richer de Forges, N. Saby, G. Martelet, B. Tourlière, J. DeParis, F. Messner, J. Wetterlind, J. Moulin, D. Froger, D. Arrouays
Résumé :
Cet article fait une première analyse du potentiel de la spectrométrie gamma aéroportée (SGA) pour la cartographie des sols et du régolithe. On présente tout d’abord le principe de cette méthode de mesure, sa couverture du territoire et une courte revue des applications qui ont été déjà réalisées en France et dans le monde en ce qui concerne la cartographie des sols et du régolithe. On présente ensuite trois essais méthodologiques qui ont été récemment menés en France, dans les régions Centre et Limousin. Ces applications
montrent le caractère prometteur de l’utilisation de cette technique pour la cartographie numérique. La mise en oeuvre de ces données dans divers contextes géologiques, géomorphologiques ou d’occupation du sol mérite d’être plus amplement évaluée, comme outil d’aide à la cartographie des sols.
Cartographie numérique d’une carte pédologique au 1/50 000 dans le Doubs, France | p 27-46
Auteurs :
S. Lehmann, M. Eimberck, M. P. Martin et D. Arrouays
Apport de la cartographie numérique des sols pour prédire l’hydromorphie et l’extension des zones humides potentielles à l’échelle régionale | p 47-66
Auteurs :
B. Lemercier, M. Lacoste, M. Loum, L. Berthier, A.L. Le Bris et C. Walter
Résumé :
Les outils de la Cartographie Numérique des Sols (CNS) permettent de prédire des propriétés pédologiques sur de vastes étendues à partir d’informations limitées sur les sols et de variables exhaustives traduisant les facteurs de formation des sols. L’objectif de cette étude était d’établir, à l’échelle de la région Bretagne, des cartes de prédiction de l’hydromorphie et des zones humides par apprentissage automatique, et de les valider avec des données indépendantes. La première étape a consisté à établir un modèle basé sur les relations
sol-environnement physique pour prédire l’hydromorphie selon 4 classes. La méthode appliquée est une classification supervisée par arbre stochastique optimisée (algorithme AdaBoost-SAMME implémenté dans la boîte à outil ‘adabag’ du logiciel R). Le modèle a été calibré à partir de 1652 points où l’hydromorphie était connue et de 14 variables environnementales exhaustives sur la région, puis extrapolé à l’ensemble de la zone d’étude (27 360 km²). Dans une seconde étape, l’extension des zones humides potentielles a été dérivée de celle de l’hydromorphie par reclassement des valeurs prédites selon les critères pédologiques de l’arrêté du 1er octobre 2009 relatif à l’identification et à la délimitation des zones humides. Les prédictions ont été validées à partir d’informations pédologiques (données ponctuelles, cartes pédologiques précises numérisées et référentiel régional pédologique de Bretagne à 1/250 000) et d’inventaires de zones humides considérés comme fiables disponibles dans le Finistère.
Les variables qui contribuent le plus au modèle de prédiction de l’hydromorphie sont l’occupation du sol, le matériau parental et la pluviométrie, suivies de la courbure verticale et de la dénivelée au cours d’eau. La précision interne du modèle est satisfaisante : le taux de prédictions correctes calculé à partir des données de calibration est de 77 %, l’indice de Kappa de 70 % et les 4 classes d’hydromorphie sont correctement prédites. La distribution spatiale des sols hydromorphes et des zones humides est très cohérente avec les connaissances préexistantes bien que l’hydromorphie et les zones humides semblent surestimées. Cette surestimation est confirmée par la validation des résultats du modèle par comparaison aux observations ponctuelles indépendantes (n =3 348) et aux cartes des sols précises : les taux de prédictions correctes sont de 55 et 36 % respectivement, et les sols non hydromorphes sont sous-estimés.
Cette étude a permis d’établir une procédure complète de prédiction de l’hydromorphie et de l’extension spatiale des zones humides potentielles à l’échelle d’une région, à une résolution fine et assortie une incertitude. La procédure est répétable et adaptable, ce qui permet d’envisager d’améliorer les performances du modèle, voire de la transposer à d’autres secteurs qui disposeraient de suffisamment de données pédologiques et de variables prédictives exhaustives.
Cartographie numérique des sols : principe, mise en œuvre et potentialités | p 83-98
Auteurs :
P. Lagacherie, D. Arrouays, C. Walter
Résumé :
La production de bases de données spatiales permettant d’appréhender les variations de nature et de propriétés des sols de l’échelle globale jusqu’aux échelles locales représente un préalable pour permettre une gestion raisonnée des territoires face aux grands enjeux actuels (sécurité alimentaire, gestion de la ressource en eau, maîtrise des rejets de CO2,…). Dans cette perspective, la cartographie numérique des sols (CNS) propose une démarche présentant des coûts de mise en œuvre acceptables pour pallier les fréquents manques en bases de données spatiales sur les sols constatés à l’échelle mondiale.
Nous présentons dans ce papier une synthèse des avancées en CNS réalisées au cours de ces vingt dernières années. Nous exposons successivement ses principes généraux - résumés dans l’équation conceptuelle s = f(s,c,o,r,p,a,n) + ℇ – ,les éléments importants de sa mise en œuvre – les fonctions de prédiction développées, les données spatiales sur les sols et les covariables de paysage utilisées, les méthodes d’estimation d’incertitude - , quelques résultats significatifs déjà obtenus et l’évocation des verrous et opportunités qui jalonnent son futur proche.
L’analyse sur quelques exemples d’application de CNS montre que, dans certains contextes pédologiques, des propriétés de sol ou classe de sols sont estimées avec des précisions acceptables validant ainsi, a minima, des principes et pratiques sur lesquels se fonde la CNS. Cette analyse révèle par contre les limites actuelles de la CNS à prédire certaines propriétés de sol dans certains contextes pédologiques. Des travaux scientifiques sont en cours pour lever certaines de ces limites.
Cartographie du risque d’érosion hydrique à l’échelle parcellaire en soutien à la politique agricole wallonne (Belgique). | p 67-82
Auteurs :
A. Maugnard, C.L. Bielders, L. Bock, G. Colinet, H. Cordonnier, A. Degre, P. Demarcin, A. Dewez, N. Feltz, X. Legrain, N. Pineux, A.I. Mokadem
Résumé :
L’érosion hydrique des sols pose le problème de la protection de la ressource « sol » mais également de la prévention des impacts environnementaux et sociétaux qui y sont associés tels que la dégradation de la qualité des eaux de surface, l’envasement des retenues d’eau et des bassins d’orage ou encore les inondations boueuses. Afin de cibler au mieux les mesures de lutte anti-érosives, il convient d’identifier les parcelles les plus à risque d’érosion. Mettant à profit la disponibilité d’importantes bases de données en matière de climat, sol, topographie, parcellaire et occupation du sol, une procédure automatisée de calcul de l’aléa érosion hydrique potentielle à l’échelle parcellaire, adaptée du modèle RUSLE, a été mise au point pour la Wallonie (Belgique). La carte de l’aléa érosion potentielle montre une sensibilité maximale à l’érosion hydrique en Ardenne et Haute-ardenne, en raison du relief accentué et d’une érosivité plus importante des pluies. Pour les principales zones agro-pédologiques de Wallonie, un suivi des principales cultures (céréales d’hiver, maïs, betterave, pomme de terre, colza, lin) a également été réalisé, permettant d’estimer le facteur cultural C des principales successions culturales et ainsi l’érosion effective. La prise en compte de l’occupation du sol fait cette fois ressortir un aléa maximal dans les Régions (sablo-)limoneuses et le Condroz, en raison des superficies importantes de grandes cultures industrielles. En Ardenne et Haute-Ardenne, l’aléa d’érosion effective est faible en raison d’une couverture végétale dominée par les prairies permanentes. Enfin, sur base de la carte numérique des sols de Wallonie, une classification de la vulnérabilité des sols à l’érosion a été établie à partir du volume de sol exploitable par les racines. La vulnérabilité des sols apparaît élevée sur une majorité du territoire wallon, à l’exception des Régions (sablo-)limoneuses et de la Région jurassique. Un indice d’érosion, calculé comme le rapport de l’érosion potentielle (aléa) sur l’érosion tolérable (vulnérabilité), permet de calculer le risque d’érosion hydrique et, par conséquent, de cibler au mieux les parcelles pour lesquelles l’érosion constitue une menace majeure pour leur valorisation durable. Une gestion appropriée de ces parcelles par un choix judicieux en termes d’occupation du sol (forêt, prairie, rotations culturales) et de pratiques culturales (p.ex., TCSL, inter-cultures) devrait permettre d’y réduire les risques de dégradation des sols par érosion hydrique.

2013 - Volume 20 - Numéro 2

Pédogenèse polyphasée et transferts de polluants métalliques contraints par des structures cryogéniques : Le cas des sols sous épandages massifs d’eaux usées dans la plaine agricole de Pierrelaye | p 7-26
Auteurs :
F. van Oort, M. Thiry, E. Foy, K. Fujisaki et B. Van Vliet-Lanoë
Résumé :
Des structures cryogéniques, organisées en réseaux polygonaux de 20 à 30 m, ont été mises en évidence dans les sols de la plaine de Pierrelaye-Bessancourt. La présence de ces structures cryogéniques millénaires interroge sur les conditions hydrologiques locales qu’elles engendrent et le rôle de celles-ci sur le transfert des polluants accumulés dans les sols de la plaine suite aux épandages massifs, pendant un siècle, d’eaux usées de l’agglomération parisienne. Des réponses ont été cherchées par la combinaison d’études géophysiques et pédologiques (résistivité électrique, examen pédologique de tranchées, minéralogie, analyses pédogéochimiques, micromorphologie, microfluorescence-X), menées à différentes échelles (parcelle, solum, constituants).
Les structures cryogéniques correspondent à des affaissements/déformations des horizons E et BT et sont séparées du substrat calcaire par une "stone-line" de fragments calcaires. La concordance géométrique des horizons et du substrat témoigne d’une pédogenèse ancienne intervenue avant la mise en place des cryoturbations lors de la dernière période périglaciaire. L’ancienneté de cette pédogenèse est aussi attestée par la fragmentation et la déformation, par cryogénie, des illuviations argilo-ferrugineuses dans ces horizons. Par ailleurs, des revêtements minces d’argile limpides dans la partie supérieure du BT ainsi que des accumulations calcaires disposées en larges bandes horizontales, donc non affectées par la cryoturbation, témoignent eux d’une pédogénèse plus récente, post-cryogénies. Ces illuviations limpides et ces accumulations calcaires sont corrélatives de la décarbonatation qui a conduit à la formation de Néoluvisols durant l’Holocène.
Sous épandages d’eaux usées, les sols présentent des traits pédologiques spécifiques qui n’apparaissent jamais dans les sols hors du périmètre d’épandage : la dégradation des revêtements d’argile, la formation de ferranes et manganes, et le blanchiment de l’horizon E. Ces traits pédologiques témoignent d’une évolution pédologique récente, liée aux grands volumes d’eaux usées (≈ 2 000 mm par an), qui ont traversé ces sols durant le XXe siècle. Les analyses pédologiques montrent une évolution minéralogique de la smectite en minéral de type intergrade, une diminution importante (jusqu’à 50 %) de la CEC et une augmentation de la proportion d’aluminium échangeable. Ces modifications minéralogiques et physicochimiques sont le résultat de la ferrolyse, un processus engendré par les alternances d’oxydo-réduction dues aux pratiques d’épandages massifs. Les manifestations de la dégradation des sols sont maximales au droit des invaginations, dans la partie supérieure de l’horizon BT. Les plus forts contrastes de couleur et de texture sont caractéristiques des Luvisols Typiques. A l’écart des structures invaginées, les sols sont peu épais et l’horizon de labour repose parfois directement sur le calcaire fragmenté.
La configuration des structures cryogéniques, avec d’épais niveaux argileux invaginés formant un réseau polygonal et des sols peu épais au centre des polygones, conduit à des conditions hydrodynamiques contrastées à l’échelle décamétrique. L’impact sur le transfert de métaux vers le substratum est attesté par des teneurs plus élevées en métaux dans la fraction réactive fine des substrats calcaires à l’écart des structures invaginées, notamment Zn et Cu, par rapport à celle des substrats à proximité de ces structures.
Enfin, les alternances des conditions redox induites par les irrigations ont des incidences sur la géochimie des polluants dans les sols, comme en témoignent la coprécipitation d’éléments majeurs (Fe, Mn) et de métaux (Zn, Cu, Pb) sous forme de ferranes et manganes dans les horizons profonds.
Rôle de la végétation sur l’évolution des caractéristiques physico-chimiques de la surface d’un bassin d’infiltration des eaux pluviales | p 27-38
Auteurs :
J.-P. Bedell, M. Saulais, C. Delolme
Résumé :
Les bassins d’infiltration sont des ouvrages de gestion des eaux pluviales. Une décantation, en surface des matières en suspension contenues dans les eaux pluviales, donne lieu à des dépôts contaminés. Une végétation spontanée peut coloniser spontanément le bassin et avoir un effet au cours de sa croissance sur l’évolution de la surface du sol. L’étude a pour but de caractériser les principales propriétés géochimiques de la surface contaminée d’un bassin d’infiltration végétalisé et leur évolution en fonction de la croissance des végétaux. Le bassin d’infiltration, d’une surface de 8000 m2 présente une végétation naturelle, répartie de manière hétérogène, avec une zone humide à l’entrée du bassin. Trois zones, colonisées respectivement par des peuplements monospécifiques de Typha latifolia, Phalaris arundinacea et Eleocharis palustris, ont été retenues. Des prélèvements du dépôt de surface de chaque zone ont été réalisés à trois stades de développement des plantes. La caractérisation des dépôts a porté sur des paramètres physiques (teneur en eau, granulométrie) et des paramètres chimiques (pH, CEC, perte au feu, teneurs en carbonates, ions nitrate et sulfate solubles, éléments traces…). L’analyse des paramètres physiques montre que, dans les trois zones colonisées, la teneur en eau dans le dépôt est élevée quelle que soit la saison, avec un minimum de 44% MS. Ces résultats vont dans le sens d’une arrivée régulière d’eaux pluviales dans ces zones, voire la stagnation de l’eau. La texture des dépôts évolue à la fois en fonction de la saison et de la zone. Leurs teneurs en métaux sont très élevées et restent relativement stables. Les dépôts sont fortement carbonatés, ce qui s’explique par le contexte géochimique, avec un substratum constitué de dépôts fluvioglaciaires très chargés en carbonates. Les teneurs en carbonates évoluent peu. De la même façon, les teneurs totales en éléments majeurs (K, Mg, Ca, Al, Fe), le pH, les teneurs totales en azote (N)et phosphore (P) sont très peu variables que ce soit en fonction du couvert végétal ou de la saison. Les paramètres caractéristiques de la matière organique (perte au feu et carbone organique) sont davantage variables, notamment en fonction de la saison. Enfin, les dépôts au droit des trois zones se différencient principalement par l’évolution saisonnière des teneurs en ions, en particulier des ions sulfates et nitrates. Ces paramètres sont particulièrement à prendre en compte dans le cadre des études sur la dynamique de la contamination des ouvrages végétalisés.
Effet de la température sur le devenir des pesticides dans les sols et conséquences pour l’évaluation des risques environnementaux : Cas du glyphosate et des herbicides sélectifs | p 39-54
Auteurs :
L. Mamy, E. Barriuso et B. Gabrielle
Résumé :
L’introduction de cultures génétiquement modifiées résistantes au glyphosate est supposée diminuer le nombre et les doses d’herbicides (le glyphosate ayant un large spectre d’action et une efficacité reconnue), donc réduire les risques de contamination de l’environnement. Cependant, les études qui comparent rigoureusement le devenir du glyphosate dans l’environnement à celui des herbicides utilisés avec les cultures non résistantes sont rares. Le devenir des herbicides dans le sol, compartiment clé de l’environnement, dépend de la structure chimique des composés, des caractéristiques des sols et des conditions climatiques, en particulier des paramètres température et humidité. Ainsi, l’objectif de ce travail est de comparer, à trois températures et dans trois sols différents (Rendzine superficielle, Cambisol calcaire, Cambisol désaturé), le devenir du glyphosate à celui de la trifluraline et du métazachlore (herbicides du colza), de la métamitrone (betterave) et de la sulcotrione (maïs). Des solutions aqueuses d’herbicides marqués au 14C ont été appliquées sur les trois sols à des doses agronomiques. Puis, les sols ont été incubés à l’obscurité à 28 °C, 18 °C ou 4 °C et à humidité constante pendant 5 mois. Les résultats ont montré que lorsque la température décroît, la proportion de résidus d’herbicides restant extractibles augmente parce que la dégradation des herbicides ralentit. Ainsi, la minéralisation diminue, de même que la quantité de résidus non extractibles, sauf dans les cas du glyphosate et de la métamitrone. La dégradation complète sous forme de 14CO2 (minéralisation) varie en fonction des caractéristiques des sols, pH et teneur en carbone organique en particulier, et de l’intensité de la rétention des herbicides la biodisponibilité des herbicides pour être biodégradés est réduite quand la rétention est élevée. A 4 °C, après cinq mois d’incubation, tous les herbicides, sauf la sulcotrione, sont encore détectés. En particulier, jusqu’à 18 % du glyphosate initialement apporté ont été extraits du Cambisol désaturé. Les herbicides sont donc susceptibles de persister longtemps dans les sols à basse température. De même, les quantités résiduelles des métabolites majeurs du glyphosate, de la sulcotrione et du métazachlore sont significatives au maximum, elles atteignent respectivement, en pourcentages des quantités initiales, 39,3 %, 68,5 % et 62,3 % à 4 °C. La disponibilité des herbicides et de leurs métabolites, estimée par les quantités extractibles, est directement reliée aux risques de lixiviation. Ainsi, ces 40 derniers augmentent à basse température. Comparé aux herbicides sélectifs, le glyphosate est rapidement minéralisé, même à faible température, et présente donc moins de risques pour l’environnement. Cependant, les bénéfices potentiels de l’implantation des cultures résistantes au glyphosate sont contrebalancés par la persistance dans les sols de son principal métabolite, qui est déjà fréquemment détecté dans les eaux, et par l’augmentation des résidus non extractibles à basses températures.
Caractérisation physique des sols par méthodes géophysiques et télédétection : bilan et perspectives | p 71-80
Auteurs :
G. Grandjean et R. Guérin
Résumé :
La caractérisation physique des sols à partir de mesures proximales - de type géophysiques - ou plus distales - à partir de plateformes aéroportées ou spatiales - a donné lieu récemment à des avancées technologiques et scientifiques notables. La compréhension des processus qui affectent les sols s’appuie de plus en plus sur des modèles numériques généralement couplés et nécessitant en entrée de multiples paramètres physiques. L’utilisation de tels modèles nécessite donc de compléter les descriptions pédologiques par des variables d’état pouvant être, sur des courtes échelles de temps, stationnaires ou transitoires. Bien sûr, les techniques géophysiques utilisées pour cartographier ces paramètres, à plus ou moins grande échelle, évoluent rapidement, au grès de l’innovation technologique et informatique. Ces méthodes offrent en effet un réel intérêt par rapport aux méthodes pédologiques classiques car elles s’appuient sur des mesures physiques objectives dont les incertitudes peuvent être estimées. Cette réflexion a pour objectif de dresser un bilan des avancées qui ont permis d’améliorer la caractérisation physique des sols et d’en montrer la plus-value. Cette étude ne se veut pas
exhaustive car le champ scientifique est très vaste et sortirai du cadre demandé. En revanche, nous utiliserons des travaux récents pour illustrer la nature de ces avancées et évaluer leur potentialité à venir dans l’amélioration des connaissances.
Effets du pH du sol sur le test de génotoxicité Vicia-micronoyaux | p 107-115
Auteurs :
A. Dhyèvre, A.-S. Foltête, D. Aran, S. Muller et S. Cotelle
Résumé :
Face à la multiplication des sites et sols contaminés, il est nécessaire d’apporter une solution technique pour évaluer le potentiel génotoxique des sols. En effet, il n’existe actuellement aucun test normalisé au niveau international pour mesurer la génotoxicité (toxicité vis-à-vis du matériel génétique) des matrices solides par exposition directe. La normalisation ISO du test Vicia-micronoyaux nous a amenés à travailler sur l’effet du pH sur la fréquence des micronoyaux ainsi que la gamme de pH dans laquelle le test est réalisable.
Deux approches ont été envisagées : la modification artificielle du pH d’un sol et l’exposition à des sols de pH naturellement différents. Les résultats montrent que le test peut être réalisé en respectant les critères de validité dans une gamme de pH allant de 3,1 à 9,0 sans observer d’augmentation de la fréquence des micronoyaux. Les tests réalisés avec les sols naturels de pH différents confirment ces résultats.
Cartographie du risque d’érosion hydrique à l’échelle parcellaire en soutien à la politique agricole wallonne (Belgique) | p 127-141
Auteurs :
A. Maugnard, C.L. Bielders, L. Bock, G. Colinet, H. Cordonnier, A. Degré, P. Demarcin, A. Dewez, N. Feltz, X. Legrain, N. Pineux et A.I. Mokadem
Résumé :
L’érosion hydrique des sols pose le problème de la protection de la ressource « sol » mais également de la prévention des impacts environnementaux et sociétaux qui y sont associés tels que la dégradation de la qualité des eaux de surface, l’envasement des retenues d’eau et des bassins d’orage ou encore les inondations boueuses. Afin de cibler au mieux les mesures de lutte anti-érosives, il convient d’identifier les parcelles agricoles les plus à risque d’érosion. Mettant à profit la disponibilité d’importantes bases de données en matière
de climat, sol, topographie, parcellaire et occupation du sol, une procédure automatisée de calcul de l’aléa érosion hydrique potentielle à l’échelle parcellaire, adaptée du modèle RUSLE, a été mise au point pour la Wallonie (Belgique). La carte de l’aléa érosion potentielle montre une sensibilité maximale à l’érosion hydrique en Ardenne et Haute-ardenne, en raison du relief accentué et d’une érosivité plus importante des pluies. Pour les principales zones agro-pédologiques de Wallonie, un suivi des principales cultures (céréales d’hiver,
maïs, betterave, pomme de terre, colza, lin) a également été réalisé, permettant d’estimer le facteur cultural C des principales successions culturales et ainsi l’érosion effective. La prise en compte de l’occupation du sol fait cette fois ressortir un aléa maximal dans les Régions (sablo-)limoneuses et le Condroz, en raison des superficies importantes de grandes cultures industrielles. En Ardenne et Haute-Ardenne, l’aléa d’érosion effective est faible en raison d’une couverture végétale dominée par les prairies permanentes. Enfin, sur base de la carte numérique des sols de Wallonie, une classification de la vulnérabilité des sols à l’érosion a été établie à partir du volume de sol exploitable par les racines. La vulnérabilité des sols apparaît élevée sur une majorité du territoire wallon, à l’exception des Régions (sablo-)limoneuses et de la Région jurassique. Un indice d’érosion, calculé comme le rapport de l’érosion potentielle (aléa) sur l’érosion tolérable (vulnérabilité), permet de calculer le risque d’érosion hydrique et, par conséquent, de cibler au mieux les parcelles pour lesquelles l’érosion constitue une menace majeure pour leur valorisation durable. Une gestion appropriée de ces parcelles par un choix judicieux en termes d’occupation du sol (forêt, prairie, rotations culturales) et de pratiques culturales (p.ex., TCSL, inter-cultures)
devrait permettre d’y réduire les risques de dégradation des sols par érosion hydrique.
Dégradation morphologique et agriculture : quantification des évolutions pédologiques à court terme sous contraintes anthropiques | p 137-149
Auteurs :
D. Montagne ; I. Cousin et S. Cornu
Résumé :
La gestion durable de la ressource sol, reconnue comme non renouvelable à l’échelle humaine, nécessite de connaître voire d’orienter les évolutions des sols en réponse aux activités anthropiques ou au changement climatique. Les dynamiques des principaux processus pédologiques, à des pas de temps de quelques dizaines à centaines d’années sont cependant largement méconnues. Trop souvent encore, les sols sont considérés comme stables pour de tels pas de temps. Dans ce contexte, nous synthétisons ici les avancées scientifiques de dix ans de recherches avec pour objectifs : i) de caractériser l’impact de perturbations anthropiques sur la nature des processus pédologiques actifs dans des LUVISOLS DÉGRADÉS; ii) de quantifier l’importance des évolutions récentes des sols par rapport aux processus de formation long-terme ; et iii) de préciser la dynamique des processus pédologiques pour des pas de temps de la dizaine à quelques centaines d’années. La démarche utilisée repose sur un échantillonnage en séquence orientée et une modélisation du phénomène de dégradation morphologique par bilans massiques. Deux perturbations ont été considérées : la mise en culture de sols forestiers depuis au moins 200 ans, d’une part, et le drainage agricole pendant 16 ans, d’autre part. Nos travaux montrent que la mise en culture ralentit le phénomène de dégradation morphologique sous l’effet des pratiques de chaulage, mais peut aussi localement conduire à son accélération sous l’effet de l’implantation d’un réseau de drainage. Dans ces deux situations, l’impact cumulé des pratiques agricoles sur des périodes aussi courtes que quelques dizaines à centaines d’années s’est révélé suffisant pour produire une différenciation des sols avec une amplitude comparable aux processus de formation à long terme des sols. L’existence de boucles de rétroactions positives entre structure du sol, intensité des flux d’eau et transferts de matières, couplée à des évolutions par seuil sont deux éléments clés contrôlant ces dynamiques particulièrement rapides d’évolution des sols.
Impact du Miscanthus sur la biodiversité végétale de sols contaminés par des éléments traces métalliques | p 151-161
Auteurs :
Hayet A., de Foucault B., Douay F., Deram A.
Résumé :
Dans le cadre du programme Phytener, une évaluation de l'influence de la production de Miscanthus giganteus sur la biodiversité végétale de parcelles cultivées a été réalisée afin d'apprécier la viabilité écologique de ce type de culture. Pour ce faire, la flore vasculaire de six parcelles expérimentales, toutes plantées en Miscanthus, a été analysée. Quatre de ces parcelles présentent des sols contaminés à des degrés divers par des éléments traces métalliques (ETM). Les concentrations en ETM des deux autres parcelles avoisinent celles des teneurs agricoles habituelles (TAH). Ces parcelles ont été considérées comme des références dans la démarche. Les résultats montrent que la flore adventice des cultures de Miscanthus se compose essentiellement d'espèces indigènes, communes et peu menacées (niveau de préoccupation mineure). Au niveau communautaire, deux grands types biologiques sont représentés : les annuelles (végétation thérophytique) et les vivaces. Ces communautés d'adventices témoignent des perturbations occasionnées par la plantation de Miscanthus et de l'hétérogénéité locale du milieu. Sur la base des résultats obtenus, la production de Miscanthus ne semble pas exercer d'influence néfaste sur les adventices de culture. En retour, les adventices ne semblent pas nuire au développement de Miscanthus, une fois la période d'implantation réussie. Dans notre contexte, la contamination des sols ne semble pas constituer un obstacle à la colonisation des cultures par les adventices. Les facteurs influant sur la colonisation des cultures par les adventices sont étroitement liés au contexte environnant et à la durée du cycle des cultures. En effet, une hétérogénéité spatiale des paysages à proximité des parcelles permet une meilleure diversité des adventices et un cycle de culture long est favorable à une reprise de la dynamique évolutive de la végétation.

2012 - Volume 19 - Numéro 1

Sol et phylloxéra | p 31-39
Auteurs :
J.-P. Legros

2012 - Volume 19 - Numéro 3

Les éléments en traces dans les sols agricoles du Nord-Pas-de-Calais | p 163-178
Auteurs :
T. Sterckeman, E. Villanneau, H. Bourennane, F. Douay, H. Ciesielski, D. King et D. Baize
Résumé :
La région Nord - Pas de Calais est une région très densément peuplée qui a été profondément affectée par des industries lourdes, l’exploitation minière du charbon dans le passé et une agriculture intensive, toujours active. Un jeu de données a été constitué en rassemblant des teneurs en éléments en traces mesurées dans le cadre de différentes études menées sur les sols agricoles de la région. Des facteurs d’enrichissements (FE) ont été calculés en chaque site pour 18 éléments en traces et 250 solums en utilisant l’aluminium comme élément géochimique de référence et un horizon profond ou le matériau parental supposé non contaminé par les activités humaines. L’analyse variographique a révélé que seulement huit métaux traces (Bi, Cd, Cu, In, Pb, Sn, Tl, Zn) sont spatialement corrélés, ce qui a permis d’utiliser la simulation séquentielle gaussienne pour la spatialisation de leurs FE. Le Cd montre un net enrichissement (FE le plus souvent compris entre 3 et 10, parfois plus) sur la quasi-totalité du territoire régional tandis que le Zn et le Pb montrent de forts enrichissements localement (FE de 3 à 30) à proximité immédiate d’usines de production de ces métaux (Auby, Noyelles-Godault, Mortagne-du-Nord) ou de grandes agglomérations (Dunkerque, Lille, Valenciennes, Est du bassin minier). Le Bi, le Cu et le Sn montrent des enrichissements modérés (de 1,5 à 3) sur la moitié du territoire régional, principalement autour des plus grandes villes et des usines de production de Pb et Zn. L’indium et le Tl présentent des FE de 1 à 1,5 sur l’ensemble du territoire avec des valeurs plus élevées en certaines zones urbanisées ou industrialisées. Les cartes de spatialisation des FE, rapprochées de celle de l’occupation du territoire par les activités humaines, montrent les origines principalement industrielle, urbaine et routière des enrichissements en Pb et Zn, de même que ceux, nettement plus faibles en Bi, In et Tl. Les enrichissements en Cu, Sn et Cd comporteraient quant à eux une origine agricole plus importante que ceux des précédents éléments. Certains éléments non spatialement corrélés présentent des FE nettement supérieurs à 1 en moyenne. C’est le cas de Hg, Mn, Mo, Sb et Se. Ces enrichissements ont probablement en partie une origine humaine mais l’impossibilité de modéliser leur distribution spatiale n’a pas permis de les relier aux activités anthropiques. Enfin, As, Co, Cr, Ni et V ne semblent pas avoir été apportés dans les sols par les activités humaines, puisqu’ils présentent des FE proches de 1 et, de plus, non reliés à l’occupation du territoire. Pour certains éléments, les quantités apportées par les activités humaines et stockées dans l’horizon de surface ont été estimées. Les plus importantes sont celles du Pb et du Zn, de l’ordre de 60 000 T. Viennent ensuite le Cu, avec environ 15 000 t, le Sn (environ 2 000 t) et le Cd (environ 1 100 t).
Evolution des teneurs en carbone organique dans l'horizon de surface des sols cultivés en Alsace : Analyse à partir de la Base de Données de Analyses de Terre | p 179-192
Auteurs :
C. Swiderski, N.P.A. Saby, J.P. Party, J. Sauter, R. Köller, P. Vandijk, B. Lemercier, D. Arrouays
Résumé :
La Base de Données des Analyses de Terre (BDAT) regroupe les résultats d’analyses d'horizons de surface des sols de parcelles agricoles effectuées à la demande des agriculteurs sur l’ensemble du territoire national par les laboratoires agréés par le Ministère en charge de l’agriculture. Les données sont identifiées par le lieu et la date de prélèvement. La base de données permet de suivre la variabilité des caractéristiques de l’horizon de surface des sols cultivés et leur évolution au cours du temps.
Les enjeux agronomiques et environnementaux concernant la matière organique sont majeurs, mais l’évolution de sa teneur dans les sols à l’échelle nationale ou régionale reste encore peu renseignée. L’objectif de ce travail est de mettre en évidence et de quantifier les évolutions temporelles des teneurs en carbone organique dans les sols à partir des 47794 données disponibles dans la BDAT, à l’échelle de la région Alsace, sur une période s’étalant de 1990 à 2009. Des synthèses cartographiques et des statistiques menées sur les données brutes et les données agrégées au niveau cantonal ont permis de mettre en évidence une évolution significative des teneurs en carbone organique pour 28% des cantons (dont 18,5% en diminution). Une procédure de ré-échantillonnage a été mise en place afin de réduire le biais inhérent à la méthode de collecte des analyses.
La BDAT est une source d’informations peu coûteuse et facilement mobilisable. La poursuite de la collecte permettra d’avoir plus de recul et de confirmer ou d’infirmer les tendances d’ores et déjà observées. Une piste d’amélioration consisterait en un géoréférencement plus précis des échantillons prélevés afin de pouvoir relier plus aisément les données de la BDAT avec d’autres données du dispositif du Gis Sol (RMQS, BDETM) ou des données sur les facteurs de la pédogenèse.
Evaluation de l'impact de la mycorhization arbusculaire sur la nutrition minérale des plantules de palmier dattier (Phoenix dactylifera L. var Deglet Nour) | p 193-202
Auteurs :
B. Zougari-Elwidi, M. Sanaa, S. Labidi et A. Lounès-Haj Sahraoui
Résumé :
Le palmier dattier (Phoenix dactilyphera L.) est une espèce indispensable dans les oasis du Djérid (sud ouest Tunisien). Une expérience a été menée pour étudier l’effet de l’inoculation mycorhizienne sur les plantules de palmier dattier. L’essai a été conduit en serre avec deux types d’inoculation (spores de Glomus et un sol mycorhizé) et le témoin. Les résultats indiquent, après deux ans de culture, que l’inoculation avec les champignons mycorhiziens augmente de manière significative la croissance des plantules de palmier dattier. Nous avons aussi noté que les biomasses racinaires et aériennes ont été nettement améliorées avec des valeurs atteignant parfois +45% par rapport aux plantes témoins. L’analyse minérale a montré des teneurs plus élevées en phosphore, azote, potassium, cuivre et zinc chez les plantules inoculées.

2012 - Volume 19 - Numéro 4

Les argiles et la santé humaine : D’hier à aujourd’hui | p 267-277
Auteurs :
N. Liewig, M. Rautureau et C. Gomes
Résumé :
La géophagie est une pratique universelle, humaine et animale. Elle est à l’origine de nombreux questionnements dans le domaine des sciences humaines et sociales tout comme dans celui des sciences fondamentales. Les produits contenus dans les sols, facilement accessibles, ont été utilisés en priorité et de ce fait, la pédologie a apporté une contribution active et importante pour tenter d’expliquer la motivation d’une consommation alimentaire pour le moins surprenante.
Des avancées sont peu à peu réalisées, elles sont le résultat de coopérations pluridisciplinaires exemplaires. Un matériau géologique particulier a une place fondamentale dans la pratique de la géophagie. Il s’agit de l’argile, une composante commune des sols qui justifie l’implication de pédologues dans les études sur la géophagie. Cette discipline et l’importante contribution que Georges Pédro y a apportée ont permis d’aborder le sujet sur des bases minéralogiques solides. Les retombées de ces connaissances s’étendent à d’autres domaines et permettent par exemple des interprétations cohérentes de textes très anciens grecs, arabes, chinois ou mayas.
L’importance du sujet traité ici touche directement l’impact socio-économique de la prise en charge médicale qui, à l’avenir, sera contrainte de prendre ces avancées en considération.

2011 - Volume 18 - Numéro 3

Dégradation physique des sols agricoles et forestiers liée au tassement : principaux résultats du projet GESSOL-ADD DST | p 187-199
Auteurs :
J. Roger-Estrade, V. Adamiade, D. Arrouays, E. Baranger, M. Bartoli, H. Boizard, A. Brêthes, N. Brisson, Y. Capowiez, A. Chanzy, V. Chaplain, I. Cousin, P. Cosenza, K. Cui, YJ. Cui, S. Debuisson, P. Défossez, F. Gérard, P.-A. Jayet, J. Labreuche, C. Le Bas, Y. Lefèvre, J. Léonard, E. Lévêque, F. Lévêque, B. Mary, M. Mumen, J. Ranger, A. Tabbagh, J. Tabbagh, A.-M. Tang, D. Tessier et G. Richard
Rôle des facteurs édaphiques et hydrométéorologiques dans la survie et le transfert de bactéries fécales bovines, à l’échelle bassin versant : cas de pâturages d’altitude | p 217-236
Auteurs :
J.-M. Dorioz, Ph. Quetin, C. Prigent-Combaret et D. Trevisan

2010 - Volume 17 - Numéro 3

Les éléments en traces dans les sols agricoles du Nord-Pas-de-Calais I. Étude et cartographie des teneurs des horizons de surface | p
Auteurs :
D. Baize, F. Douay, E. Villanneau, H. Bourennane, T. Sterckeman, H. Ciesielski et D. King

2009 - Volume 16 - Numéro 3

ECOMIC-RMQS : biogéographie microbienne à l`échelle de la France - Etat d`avancement et premiers résultats | p 219-232
Auteurs :
S. Dequiedt, M. Lelièvre, C. Jolivet, N.P.A. Saby, M. Martin, J. Thioulouse, P.A. Maron, C. Mougel, N. Chemidlin Prévost-Bouré, D. Arrouays, P. Lemanceau et L. Ranjard
Effet d`apports de composts sur la disponibilité de micropolluants métalliques et organiques dans un sol cultivé | p 255-274
Auteurs :
S. Houot, Ph. Cambier, P. Benoit, G. Bodineau, M. Deschamps, A. Jaulin, C. Lhoutellier et E. Barriuso
Résumé :
un erratum a été publié dans le volume 17-1 (2010) : un auteur a été omis, il s'agit de celui de G. Bodineau, apparaissant après P. Benoit.
Germination et fonctionnement du système photosynthétique des végétaux comme bioindicateurs de pollution des sols | p 349-358
Auteurs :
P. Vernay, A. Austruy, C. Gauthier-Moussard et A. Hitmi

2008 - Volume 15 - Numéro 1

Représentation cartographique nationale d`un Indice cantonal d`Acceptabilité des sols à l`Épandage agricole de boues de stations d`épuration calculé à partir de la Base de Données nationale d`Analyses de Terre | p 37-50
Auteurs :
Ch. Schvartz(1), J. Thorette(2) (3) et S. Follain(1) (4)
Adresse :
1) Institut Supérieur d`Agriculture, 48 boulevard Vauban, 59046 Lille cedex
2) INRA, US 1106, Unité Infosol, 2163 avenue de la Pomme de Pin - CS 40001 - Ardon, 45075 Orléans Cedex 2
3) Institut Français de l`Environnement, 5 route d`Olivet, BP 16105, 45061 Orléans cedex 2
4) INRA -ENSAM, UMR-LISAH - SupAgro, 2 place Viala, 34060 Montpellier cedex 1
Résumé :
L`augmentation prévisible de la production de boues de stations d`épuration pose de façon nouvelle la question de leur gestion. L`épandage agricole de ces boues est encadré par une réglementation précise et limité par les conditions techniques de sa faisabilité agronomique. A partir de ces contraintes, nous avons établi un indice visant à évaluer la faisabilité de cet épandage à l`échelle cantonale. Les informations relatives aux sols ont été tirées de la Base de Donnée nationale d`Analyses de Terre. Chaque indice étant relié à un canton, il a été possible de donner une représentation cartographique nationale de l`information obtenue.
Il apparaît que la restriction principale est induite par la réglementation qui interdit l`épandage lorsque le pH du sol est inférieur à 6. Dans le cas des boues chaulées, ce seuil est abaissé à 5 : le pH n`est alors plus un obstacle et les zone potentiellement favorables sont nettement augmentées. L`épandage des boues est alors directement concurrencé par celui des effluents d`élevage dans les régions où ils sont abondants. L`épandage agricole des boues de STEP est également compliqué par le fait que ces boues sont produites à proximité des zones urbaines et que leur transport vers des territoires plus agricoles est économiquement peu intéressant. Au bilan, il ressort que, si le chaulage est une solution nécessaire à l`établissement d`une filière solide pour la valorisation agricole des boues de STEP, il reste indispensable de mettre en place des filières alternatives complémentaires et d`envisager la gestion des déchets organiques de façon globale à l`échelle des territoires.
Cet indice doit toutefois être interprété relativement à son échelle et ne dispense pas d`une expertise à la parcelle préalable à l`épandage.
Numérisation d`études pédologiques à moyennes échelles : Méthodologie et estimation des coûts | p 51-68
Auteurs :
M. Eimberck et B. Joly
Adresse :
INRA 1106 - Unité INFOSOL, Avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, Ardon, 45166 Olivet cedex 6
Résumé :
Les connaissances acquises sur les sols depuis plus de 30 ans constituent un capital qu`il est indispensable de sauvegarder et d`organiser en bases de données plus aisément utilisables que les cartes traditionnelles. L`Unité INRA InfoSol a entrepris la numérisation des études à 1/100000 initiées jusqu`en 2001 par le Service d`Etudes des Sols et de la Carte Pédologique de France.
Ceci constitue l`un des axes majeurs du programme Connaissance Pédologique de la France, volet du programme national d`inventaire multi-échelles I.G.C.S.
La structuration des données est faite selon le Modèle d`Organisation des Sols DoneSol du programme I.G.C.S., afin d`assurer la cohérence et l`harmonisation de l`ensemble des données à toutes les échelles d`inventaire.
Un cadre méthodologique est proposé à partir de trois exemples de cartographies pédologiques différentes dans leurs concepts et leur échelle :
- les cartes à 1/100 000 de Brive la Gaillarde et Châteaudun (Carte Pédologique de France), synthétiques et de type morphogénétique
- une portion de la Carte des Sols de la région Centre à 1/50 000, de type analytique (type de sol associé à 9 critères).
Les différentes étapes de mise au format des données extraites des cartes et des notices sont présentées en distinguant les opérations automatiques (ou automatisables) et les phases d`expertise.
Une estimation du temps de travail et des coûts, nécessaire à la réalisation de telles opérations, est proposée.
Le sol, maillon-clé de la gestion écosystémique de la biosphère anthropisée | p 69-76
Auteurs :
G. Pédro
Adresse :
Secrétaire Perpétuel Honoraire de l`Académie d`Agriculture de France
Résumé :
Conférence présentée à Florence à l`occasion de la séance solennelle de l`` Accademia dei Georgofili ` le 27 avril 2007

2008 - Volume 15 - Numéro 3

Evolution du pH et de la CEC de sols du Nord de la France en fonction des doses de chaulage (CaCO3) - Influence du carbone organique | p 161-170
Auteurs :
H. Ciesielski(1), T. Sterckeman(2), J.-Y. Baliteau(3), G. Caria(1), V. Goutiers(1) et J.-P. Willery(1)
Adresse :
1) INRA Laboratoire d`Analyses des Sols, 273, rue de Cambrai, 62000 Arras
2) INPL (ENSAIA)/INRA Laboratoire Sols et Environnement, 2, avenue de la Forêt de Haye, 54505 Vandoeuvre-lès-Nancy
3) Laboratoire SADEF, rue de la station, 68700 Aspach-le- Bas.
Résumé :
L`évolution du statut acido-basique de 35 sols agricoles du Nord de la France consécutive à des apports de carbonate de calcium a été étudiée. Les données utilisées proviennent d`essais réalisés en laboratoire et de mesures effectuées après une période d`incubation de deux mois.
On montre que la détermination du carbone minéral solubilisé dans des extraits de sol en présence d`oxalate d`ammonium permet de détecter de faibles quantités de carbonate de calcium, inaccessibles aux méthodes de détermination volumétriques classiques à moins d`aménagements drastiques.
Tant que la phase calcaire n`est pas en excès, l`augmentation du pH est reliée aux quantités de carbonate de calcium apportées par une relation qui pour être applicable à l`ensemble des sols examinés, ne fait intervenir que leurs seules teneurs en carbone organique selon :
pH = pH0 + (10/[C]).[CaCO3]ajouté.
Une autre relation est mise en évidence pour décrire les variations de la capacité d`échange cationique (CEC) en fonction de celles du pH. Elle conduit à un modèle proche de celui proposé précédemment pour estimer les quantités de carbonate de calcium nécessaires pour amener le pH des types de sols étudiés à une valeur donnée.

2008 - Volume 15 - Numéro 4

Influence du pH des sols sur les fractions d`éléments traces extraites* ou diffusées** - (*) Par une solution de CaCl2 - (**) En présence de gels DGT (Diffusive Gradient in Thin films) | p 225-240
Auteurs :
H. Ciesielski(1), J.-C. Fischer(2), A. Guérin-Lebourg(1), N. Proix(1) et C. Gabelle(2)
Adresse :
1) INRA - Laboratoire d`Analyses des Sols, 273 rue de Cambrai, 62000 Arras, France
2) USTL - Laboratoire ` Processus et Bilans des Domaines Sédimentaires `, équipe de Chimie Analytique et Marine, UMR CNRS 8110, Université des Sciences et Technologies de Lille (Lille 1), 59655 Villeneuve d`Ascq Cedex, France
Résumé :
Les quantités d`éléments traces extraites dans les sols par des réactifs chimiques non tamponnés sont fortement influencées par le pH. Cette propriété est mise à profit dans ce travail pour comparer les quantités extraites par une solution de chlorure de calcium aux quantités diffusées au contact de gels DGT (Diffusive Gradient in Thin Films). Pour cela on utilise des sols pollués et non pollués, acides ou proches de la neutralité, ayant subi des apports croissants de carbonate de calcium. Les variations induites par le pH présentent de fortes similitudes pour les deux méthodes et peuvent se décrire à l`aide de relations de même nature. Pour l`ensemble des éléments traces étudiés (Cd, Cu, Ni, Pb, Zn) ainsi que pour le manganèse, on a pu améliorer les relations entre les quantités extraites et les quantités diffusées par la prise en compte du pH et de la teneur en carbone organique des sols considérés.
Estimation et signification de la capacité d`échange cationique des sols salés du Cheliff (Algérie) | p 241-254
Auteurs :
D. Saidi(1), Y. Le Bissonnais(2, 3), O. Duval(2), Y. Daoud(4) et D. Tessier(5)
Adresse :
1) Faculté des Sciences Agronomiques et des Sciences Biologiques, BP151, Chlef, Algérie
2) INRA d`Orléans, UR 0272 Science du Sol BP 20619, 45160 Olivet cedex, France
3) INRA Lisah, 2, Place Viala 34060 Montpellier cedex 02, France
4) INA, Département de Science du sol, El-Harrach, Alger, Algérie
5) INRA Versailles, unité de science du sol, Route de St-Cyr, 78026 Versailles cedex, France
Résumé :
Les mesures de la capacité d`échange cationique (CEC) renseignent sur d`importantes propriétés du sol, notamment son aptitude à retenir les cations et à raisonner leur mobilité dans le sol. Nous avons analysé treize échantillons de sols riches en électrolytes de la plaine du Cheliff (Algérie) en mesurant leur CEC et en établissant ses rapports éventuels avec la texture, la teneur en carbone organique et le pH des sols. Dans les sols calcaires, la valeur de la CEC du sol obtenue par la méthode au chlorure de cobaltihexammine est toujours supérieure à celle mesurée à pH = 7,0. Des équations de régression utilisant les teneurs en carbone organique et en argile comme variables indépendantes permettraient de justifier 90 % de la variabilité de la CEC mesurée dans l`acétate d`ammonium tamponnée à pH 7,0 et 89 % pour celle mesurée au pH proche de celui du sol. Ces rapports sont particulièrement utiles du fait qu`ils permettent d`estimer la CEC du sol en fonction des teneurs en carbone organique et en argile. Les essais de corrélation entre les indices de salinité, les paramètres de la phase saline et les propriétés physiques montrent que la méthode de mesure de la CEC au chlorure de cobaltihexammine permet de mieux caractériser les sols du Cheliff que la méthode Metson. Cette valeur de la CEC constitue un critère pour le suivi de la qualité chimique des sols. La mesure de la CEC à pH égal à 7 selon la méthode Metson permet de prévoir la teneur en eau au point de flétrissement permanent. Avec les hauts potentiels de l`eau, c`est la densité apparente qui en est la mieux corrélée.
Enfin, nous notons que la salinité rencontrée dans ces types de sols s`accompagne toujours d`une sodisation du complexe adsorbant, ce qui engendre par conséquent une diminution de la stabilité structurale et de l`infiltration.

2007 - Volume 14 - Numéro 1

Effets du pH sur l`extraction des éléments traces métalliques dans les sols | p 7-30
Auteurs :
H. Ciesielski, A. Guérin-Lebourg et N. Proix
Adresse :
INRA - Laboratoire d`Analyses des Sols
273 rue de Cambrai
62000 Arras
France
Résumé :
Il existe de nombreuses méthodes d`extraction pour caractériser le comportement des éléments traces métalliques (ETM) dans les sols. Si cette diversité atteste de la complexité des applications visées, nutrition des plantes ou pollution des sols, elle complique singulièrement le choix des utilisateurs. L`objet de ce travail est d`apporter des précisions sur le mode d`action de quelques réactifs courants pour en faciliter la sélection, tout en essayant de mieux cerner les mécanismes physico-chimiques mis en œuvre.
Pour cela, nous utilisons des échantillons de sols agricoles non pollués et pollués en Cd, Pb et Zn que nous avons préalablement traités avec des doses croissantes de carbonate de calcium. Cette façon de faire nous permet de mettre en évidence l`influence prépondérante sur les quantités extraites du pH du milieu considéré, la valeur de ce dernier résultant du pH initial des échantillons et de la compétition entre deux pouvoirs tampons, celui du sol et celui du réactif d`extraction. Cette observation s`applique à des réactifs aussi différents que des solutions de sels neutres (CaCl2, NH4NO3) ou des solutions complexantes à base de DTPA ou d`EDTA. Dans le premier cas, en provoquant une forte diminution des quantités extraites lorsqu`il augmente, le pH s`avère être un facteur parfois plus discriminant que les teneurs totales pour expliquer les différences observées entre sols pollués et non pollués. Dans le second, hormis certains cas qui pourraient s`expliquer par un effet de compétition entre cations métalliques : une stabilité du pH des extraits entraîne celle des fractions d`ETM mises en solution, une augmentation se traduit par leur diminution et inversement.
On note de fortes analogies de comportement entre le cadmium, le cuivre, le nickel, le plomb et le zinc vis à vis d`un même réactif et, malgré la diversité des protocoles d`extraction utilisés, vis à vis de réactifs différents. On met également en évidence de nombreuses relations entre les quantités extraites, le pH et la teneur en carbonate de calcium des échantillons. Dans ces conditions on peut envisager, au fur et à mesure que le pH évolue, et avant que n`interviennent d`éventuelles réactions de précipitation, des compétitions entre mécanismes de rétention communs à l`ensemble des éléments qui, en se superposant aux modifications éventuelles du statut des espèces minéralogiques présentes, vont déterminer les quantités solubilisées.
Au final ce travail précise et renforce les connaissances que nous avons sur le mode d`action des différents réactifs, ce qui devrait en assurer une utilisation plus pertinente, en sachant notamment, qu`ils peuvent parfois donner une image différente d`un même phénomène.
Abstraction faite des zones de précipitation que nos conditions expérimentales ne font qu`effleurer et au sein desquelles chaque élément va évoluer de façon spécifique, notre étude met en évidence de fortes similitudes de comportement avec pour conséquence, la possibilité de pouvoir envisager, à terme, une généralisation. Dans certains cas nous proposons de privilégier le rôle de la matière organique, la compétition avec les protons influençant à la fois la densité des sites d`échange et les réactions de complexation sur la phase solide.
La Terre écrite | p 81-90
Auteurs :
Suzanne Mériaux
Adresse :
Académie d`Agriculture de France
Section 17 - 18
rue de Bellechasse
75007 Paris
Résumé :
La Terre aux multiples visages – volume, surface, matière – est à la fois Terre-objet, lieu réel du quotidien et Terre mentale, lieu surréel de l`esprit.
La Terre est écrite par des formes, des géo-graphies qui traduisent l`action des hommes et la dynamique du milieu sur la surface du globe.
Elle est aussi écrite par les mots des hommes pour dire ce qu`elle a d`essentiel. C`est de cette écriture littéraire qu`il est traité.
Pour écrire la Terre ` habitée ` il faut se l`approprier, l`intérioriser à partir des images sensorielles données par la perception du lieu réel.
Les écrits sur les visages de la Terre remontent à la Genèse, traversent l`Antiquité pour arriver à nos contemporains romanciers, philo- sophes et surtout poètes.
Ces textes témoignent hautement de la richesse littéraire du patrimoine Terre. Ils représentent la voie sensible qui rejoint la voie rationnelle dans la recherche de l`unité de la Terre et du monde.

2007 - Volume 14 - Numéro 2

Distribution granulo-densimétrique de la matière organique dans un sol argileux sous semis direct avec couverture végétale des Hautes Terres malgaches | p 117-134
Auteurs :
I. Grandière(1), T. Razafimbelo(2), B. Barthès(1), E. Blanchart(1), J. Louri(1), H. Ferrer(1), C. Chenu(3), N. Wolf(4), A. Albrecht(1)(2) et Ch. Feller(5)
Adresse :
1 IRD - UR 179 SeqBio, ENSAM, 2 Place Viala, Bâtiment 12, 34060 Montpellier Cedex 1, France
2 Laboratoire des RadioIsotopes, Service de la Radioagronomie, BP 3383 Route d`Andraisoro, 101 Antananarivo, Madagascar
3 INAPG - INRA, Département AGER, Bâtiment EGER, 78850 Thiverval, Grignon, France
4 INRA Science du Sol, RD 10 Route de St Cyr, 78026 Versailles Cedex, France
5 IRD, Route d`Ambohipo, BP 434, 101 Antananarivo, Madagascar
Résumé :
Le semis direct, en particulier sous couvert végétal (SCV), permet de stocker de la matière organique (MO), donc du carbone (C) dans les sols tropicaux, d`où son intérêt agronomique (fertilité) et environnemental (atténuation du changement climatique). L`objectif du travail présenté est d`étudier l`effet de trois systèmes SCV sur le contenu en C du sol total et de ses fractions granulo-densimétriques, sur un dispositif agronomique de longue durée (11 ans) installé sur sol argileux à Antsirabe, Madagascar (16°C , 1300 mm an-1).
Les systèmes SCV testés comportent un traitement à couverture végétale morte [NT m/s, rotation maïs (Zea mays)/soja (Glycine max)] et deux traitements à couverture végétale vivante [NT m/m-d, rotation maïs/maïs avec une couverture végétale de Desmodium uncinatum ; et NT h/s-k, rotation haricot (Phaseolus vulgaris)/soja avec une couverture de Pennissetum clandestinum]. Ils sont comparés à un système avec travail conventionnel [CT m/s, rotation maïs/soja]. Par rapport au sol sous CT, les sols sous SCV présentent des teneurs en C significativement plus élevées à 0-5 cm (+13,3 mgC.g-1 sol en moyenne) et à 5-10 cm (+5,8 mgC.g-1 sol en moyenne) de profondeur. Dans les systèmes SCV, les plantes de couverture ne permettent pas d`augmenter significativement les teneurs en C du sol. La distribution de C dans les fractions granulo-densimétriques diffère selon les systèmes et selon la profondeur. A 0-5 cm, le C stocké sous NT est principalement localisé : (i) dans les MO particulaires internes aux agrégats (> 50 μm), où il est protégé physiquement , et (ii) dans la fraction fine du sol (< 50 μm), où il est protégé physico-chimiquement par adsorption sur les particules minérales. A 5-10 cm, le C stocké sous NT est localisé essentiellement dans la fraction fine du sol. Pour l`ensemble de l`horizon 0-10 cm, le stockage de C sous SCV est dû pour 17 à 27 % aux MO particulaires internes aux agrégats > 50 μm, et pour 46 à 60 % aux fractions fines < 50 μm.
Utilisation du logiciel CLAPAS pour l`aide à la délimitation de pédopaysages - Un test sur la carte des sols de Mirande (Gers, France) | p 135-152
Auteurs :
S. Lehmann(1), J.C. Bégon(2), M. Eimberck(1), J. Daroussin(2), R. Wynns(3) et D. Arrouays(1)
Adresse :
(1) INRA Orléans, Unité InfoSol, BP 20619, F-45166 Olivet cedex 06
(2) INRA Orléans, Unité de Science du Sol, BP 20619, F-45166 Olivet cedex 06
(3) BRGM, BP 6009, F-45060 ORLEANS Cedex 2
Résumé :
L`objectif de ce travail est de tester l`apport du logiciel Clapas (Robbez-Masson, 1994) pour l`aide à la cartographie des sols dans le cadre du programme IGCS. Notre secteur d`étude couvre une surface d`environ 50 000 ha localisée dans la région des coteaux de Gascogne (Gers) (figure 1). Nous rappelons les principes de Clapas (figure 2). A partir de deux secteurs d`apprentissage (figure 8), nous définissons les combinaisons de données numériques (issues de la carte géologique numérisée (figure 3) et des indices dérivés d`un MNT au pas de 50 m) les plus pertinentes pour discriminer des Unités Cartographiques (figures 5 et 6). Nous procédons d`abord à une validation interne de la méthode Clapas au sein des secteurs d`apprentissage. Nous analysons la qualité des résultats à l`aide de cartes de qualité des classements (figure 10), et d`une matrice de confusion avec les unités de la carte de validation (tableaux 3 et 4). Nous procédons à plusieurs itérations en regroupant successivement des unités sur la base de leur confusion (figure 4). Lorsqu`un résultat satisfaisant est atteint (fixé à 75 % de bonne prédiction), nous généralisons la classification à l`ensemble de la zone d`étude. Nous la validons en la comparant à une carte des sols du même secteur au moyen d`une nouvelle matrice de confusion (validation externe). Nous montrons que cette méthode apporte une aide pratique à la délimitation d`unités pédopaysagères à l`échelle du 1:250 000 (figure 12). Nous proposons ensuite quelques voies d`améliorations possibles de la méthode.

2007 - Volume 14 - Numéro 3

Modélisation de l’évolution des sols liée à des processus hydrologiques et géochimiques | p 195-204
Auteurs :
A. Samouëlian, S. Cornu, A. Bruand, G. Richard
Résumé :
Les sols représentent un compartiment clé des écosystèmes terrestres qui évoluent en permanence sous l’effet de forçages extérieurs (homme et changement global notamment). Pour pouvoir prédire ces évolutions il est nécessaire de mettre au point des outils de modélisation capable de prendre en compte les circulations de la solution du sol pour rendre compte de l’impact d’évènements climatiques extrêmes ou de pratiques culturales. Seules des modélisations couplant fonctionnement géochimique et transfert d’eau et de solutés répondent à cette exigence. Différents degrés de complexité existent au sein de ces modélisations. Nous avons distingué les approches empiriques des approches mécanistes et discuté les avantages et inconvénients des différentes approches. Parmi les différentes options de modélisation existant dans la littérature, les modèles mécanistes couplés géochimie-transfert d’eau et de solutés semblent être les plus à même de modéliser l’évolution des sols liée à des processus hydrologiques et géochimiques. Ils sont en effet les seuls, à notre connaissance, à pouvoir simultanément : 1) appréhender les différents mécanismes chimiques mis en jeu lors de l’évolution des sols, 2) s’adapter aux changements de conditions physico-chimiques du milieu et 3) fonctionner en conditions hydriques saturée et non saturée. Ils nécessitent néanmoins une adaptation à la problématique de la pédogenèse : 1) les bases de données du module de géochimie doivent être compatibles avec les minéraux des sols, 2) les interactions et rétroactions entre les phases solide et liquide doivent être intégrées, 3) l’organisation emboîtée des sols doit être prise en compte. Certains processus sont encore mal ou peu pris en compte, notamment le transfert de particules et les processus biologiques.

2007 - Volume 14 - Numéro 4

Effets des dispositifs enherbés sur les transferts diffus de phosphore dans les bassins versants agricoles - Analyse critique des données bibliographiques et conséquences opérationnelles | p 249-265
Auteurs :
J.M. Dorioz
Adresse :
INRA UMR CARRTEL, 75 avenue de Corzent, BP 511, 74203 Thonon les Bains, France
Résumé :
Face à la pollution diffuse agricole, la préconisation de dispositifs tampons de type bandes ou dispositifs enherbés (DE) se généralise, d`autant que ce type de mesure ne remet pas ou peu, en cause les modes de productions actuels. Cet engouement s`étendant désormais au problème de la maîtrise des transferts diffus de phosphore (P), il a semblé utile de faire un point bibliographique sur les acquis expérimentaux et les modèles scientifiques disponibles pour évaluer les performances des DE dans la rétention des composés du phosphore. L`analyse s`appuie sur une réflexion théorique préalable concernant la spécificité du comportement du phosphore et la nature des effets tampons dans le contexte de la pollution diffuse.
Une abondante littérature scientifique décrit le fonctionnement des DE lors des crues et la dynamique du P dans ce contexte. Ceci permet d`identifier les structures et les mécanismes impliqués dans l`effet tampon recherché. Les références disponibles en terme de performance de rétention des diverses formes de P, résultent d`expérimentations mises en place dans une large gamme de situations agro-pédologiques et climatiques. Malgré cette diversité, les résultats convergent : des DE de dimensions raisonnables divisent approximativement par 2 le P-total émis par des parcelles cultivées. Cet effet bénéfique est établi sur des expérimentations à pas de temps courts (année). Les performances à long terme (décennie) sont par contre peu documentées et plus discutables.
L`ensemble des connaissances est synthétisé sous forme d`un modèle conceptuel global intégrant les fonctionnements à court terme (crue), les dynamiques saisonnières et les risques associés aux accumulations sur de longues durées.
Une analyse des stratégies d`échantillonnage des réseaux de surveillance de la qualité des sols en Europe | p 317-326
Auteurs :
X. Morvan(1,2), A. Richer de Forges(1), D. Arrouays(1), C. Le Bas(1), N. Saby(1), R.J.A. Jones(3), F.G.A. Verheijen(3), P. Bellamy(3), M. Kibblewhite(3), M. Stephens(3), A. Freudenschuss(4), P. Strauss(5), H. Spiegel(6), A. Verdoodt(7), E. Goidts(8), G. Colinet(9), T. Sishkov(10), N. Kolev(10), V. Penizek(11), J. Kobza(11), T. Balström(12), P. Penu(13), T. Köster(14), C. Jolivet(1), R. Baritz(15), C. Kosmas(16), J. Berényi Üveges(17), G. Becher(18), J.P. Renaud(19), A.H. Arnoldussen(20), P. Pavlenda(21), P. Neville(22), P. Michopoulos(23), E. Herzberger(24), P. Simoncic(25), D. Fay(26), V.V. Buivydaite(27), A. Karklins(28), J. Kobza(29), S. Camilleri(30), S. Sammut(30), A. Higgins(31), C. Jordan(31), M. Rutgers(32), J. Niedzwiecki(33), T. Stuczynski(33), M. C. Goncalves (34), R. Dias Mano(35), C. Simota(36), A. Lilly(37), G. Hudson(37), M. Olsson(38), H. Lilja(39), I. Simo Josa(40), M. Zupan(41) et S. Sleutel(42)
Adresse :
(1) INRA, Unité Infosol, US1106, Centre de recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 OLIVET Cedex, France
(2) Université de Reims Champagne-Ardennes, Gegena, EA 3795, CREA, 51100 REIMS, France
(3) Cranfield University, Silsoe Bedfordshire, MK45 4DT UK, United Kingdom
(4) Umweltbundesamt GMBH, Spittelauer Lände 5, 1090 Wien, Austria
(5) Institute for Land and Water Management Research, Federal Agency for Water Management, Pollnbergstraße 1; A-3252 Petzenkirchen, Austria
(6) Austrian Agency for Health and Food Safety; Spargelfeldstraße 191, A-1226 Wien, Austria
(7) Ghent University, Laboratory of Soil Science, Krijgslaan 281 (S8), B-9000 Gent, Belgium
(8) Université Catholique de Louvain, Unité de Géographie, Bâtiment Mercator, Place Pasteur, 3, B-1348 Louvain-la-Neuve, Belgium
(9) Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques de Gembloux, Laboratoire de Géopédologie, Passage des déportés 2, B-5030 Gembloux, Belgique.
(10) Institute of Soil Science Nikola Poushkarov, 7 Shosse Bankya str., 1369, 1080 Sofia, Bulgaria
(11) University of Life Sciences Prague, Department of Soil Science and Geology, Kamycka 129, 165 21 Prague, Czech Republic.
(12) Institute of Geography & Geology, University of Copenhagen, Oster Voldgade 10, DK-1350 Copenhagen K, Denmark
(13) Agricultural Research Centre, Teaduse 4-6, Saku, 75501 Harjumaa, Estonia
(14) Estonian University of Life Sciences, Kreutzwaldi 1, 51014 Tartu, Estonia
(15) Bundesanstalt Fuer Geowissenschaffen Und Rohstoffe, Stilleweg, Hannover, 30655, Germany
(16) Agricultural University of Athens, Laboratory of Soils and Agricultural Chemistry, Iera Odos 75, Athens 11855, Greece
(17) Central Service for Plant Protection and Soil Conservation, H-1118 Budapest, Budaörsi út 141–145, Hungary
(18) Institute for World Forestry, Leuschnerstr. 91, 21031 Hamburg, Germany
(19) Inventaire forestier national, 45290 Nogent-sur-Vernisson, France
(20) Norwegian Forest and Landscape Institute, Raveien 9, N-1431 Aas, Norway
(21) National Forest Centre, T. G. Masaryka st. 22, SK-96092 Zvolen, Slovakia
(22) Coillte, The Irish Forestry Board, Newtownmountkennedy, Co. Wicklow, Ireland
(23) Forest Research Institute of Athens, Terma. Alkmanos, Athens 11528, Greece
(24) Federal Research and Training Centre for Forests, Natural Hazards and Landscape, Seckendorff-Gudent-Weg 8, A-1131 Vienna, Austria
(25) Slovenian Forestry Institute, Vecna pot 2 , SI 1000 Ljubljana, Slovenia
(26) Teagasc – The irish Agriculture and Food Development Authority, Oak Park, Carlow, Ireland
(27) Agronomy Faculty, Lithuanian University of Agriculture, Studentu St. 11, LT-53361, Akademija, Kaunas R., Lithuania
(28) Institute of Soil and Plant Sciences, Latvia University of Agriculture, Liela iela 2, Jelgava, LV 3001, Latvia
(29) Soil Fertility Research Institute, Gagarinova 10, SK-82713, Bratislava, Slovakia
(30) Ministry for Rural Affairs and the Environment, National Agricultural Research & Development Centre, Ghammieri, Marsa, Malta
(31) Agri-Food & Biosciences Institute, Newforge Lane, Belfast BT9 5PX, Northern Ireland, UK
(32) Laboratory for Ecological Risk Assessment, National Institute for Public Health and the Environment (RIVM), P.O. BOX 1, 3720 BA Bilthoven, The Netherlands
(33) Institute of Soil Science and Plant Cultivation – National Research Institute, ul. Czartoryskich 8, 24-100 Pulawy, Poland
(34) Estação Agronómica Nacional, Quinta do Marquês, 2784-505 Oeiras, Portugal
(35) INRB, Laboratory of Agricultural Chemistry Rebelo da Silva (LQARS), Tapada da Ajuda Apartado 3228, P-1301-903 Lisboa, Portugal
(36) Research Institute for Soil Science and Agrochemistry, Bd. Marasti, no. 61, 71331 Bucharest, Romania
(37) Macaulay Institute, Craigiebuckler, Aberdeen, AB15 8QJ, United Kingdom.
(38) Department of Forest Soils, Swedish University of Agricultural Sciences, Box 7001, SE 750 07 Uppsala, Sweden
(39) MTT, Plant Production Research, Soil and Plant Nutrition, 31600 Jokioinen, Finland
(40) Secció d`Avaluació de Recursos Agraris, Departament d`Agricultura, Ramaderia i Pesca, Generalitat de Catalunya, Av. Rovira Roure 191, 25198, Lleida, Spain
(41) University of Ljubljana, Biotechnical Faculty, Agronomy department, Jamnikarjeva 101, 1000 Ljubljana, Slovenia
(42) Ghent University, Department of Soil Management and Soil Care, Coupure Links 653, Gent, Belgium
Résumé :
Dans le cadre du projet ENVASSO (Environmental assessment of soil for monitoring), qui vise à proposer un cadre commun pour l`harmonisation de la surveillance des sols en Europe, nous avons réalisé une synthèse, la plus exhaustive jusqu`à maintenant à notre connaissance, des différentes stratégies d`échantillonnage utilisées par les différents réseaux de suivi de la qualité des sols en Europe. Des réseaux de mesure existent dans les 27 pays européens, la plupart membres de l`Union Européenne, leurs stratégies d`échantillonnage (sélection des sites de surveillance, surface des sites, nombre de sous-échantillons prélevés, pas de temps d`échantillonnage, stratégie d`échantillonnage du sol) sont toutefois très hétérogènes. L`harmonisation des stratégies des réseaux représente donc un problème délicat : en effet, la plupart des changements proposés entraînerait la quasi impossibilité de comparer les résultats avec ceux des campagnes de mesure précédentes. Il paraît cependant nécessaire d`harmoniser les réseaux de surveillance européens afin de pouvoir les comparer entre eux. Les propositions formulées vont dans ce sens. Nous estimons que plus de 4000 sites devraient être ajoutés aux sites existants pour obtenir une couverture satisfaisante des sols d`Europe. Nous recommandons que la taille minimale d`un site soit de 100 m², et n`excède en général pas plus de 1 ha. La recommandation faite afin d`harmoniser les réseaux de mesure européens est de prélever au moins 4 sous-échantillons, ce nombre étant à adapter en fonction de la surface du site de surveillance et/ou de la variabilité spatiale intra-site, si celle-ci est connue. Nous conseillons un pas de temps de l`ordre de 10 ans entre deux campagnes de prélèvement. Des recommandations sont également formulées quant à la stratégie verticale d`échantillonnage, la mesure des densités apparentes, la préparation et la conservation des échantillons. Il reste qu`une telle harmonisation demandera un effort considérable à de nombreux pays et il n`est pas certain qu`ils aient tous la capacité de respecter les propositions faites dans le cadre de cette étude. Quoi qu`il en soit, le projet ENVASSO permet d`asseoir une nouvelle base sur laquelle il sera possible de s`appuyer pour parvenir à cette harmonisation.

2006 - Volume 13 - Numéro 1

Caractérisation physico-chimique des sols à l`échelle d`une région naturelle à partir d`une compilation de données - Exemple des sols du massif forestier landais | p 7-22
Auteurs :
L. Augusto(1), V. Badeau(2), D. Arrouays(3), P. Trichet(4), J.L. Flot(5), C. Jolivet(3)L. Augusto(1), V. Badeau(2), D. Arrouays(3), P. Trichet(4), J.L. Flot(5), C. Jolivet(3) et D. Merzeau(6)
Adresse :
(1) I. N. R.A., UMR Transfert sol-plante et Cycle des éléments minéraux dans les écosystèmes cultivés. BP 81, 33883 Villenave d`Ornon Cedex, France.
(2) I. N. R.A., UMR Ecologie et Ecophysiologie Forestières. 54280 Champenoux Cedex, France.
(3) I. N. R.A., US InfoSol. Centre de Recherches d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex, France.
(4) I. N. R.A., UR Ecologie fonctionnelle et physique de l`environnement. 69, route d`Arcachon, 33612 Cestas Cedex, France.
(5) Département Santé des Forêts, Ministère Agriculture, DGFAR. 19 avenue du Maine, 75732 Paris Cedex 15, France.
(6) Institut pour le Développement Forestier - CPFA. Maison de la Forêt, 6 parvis des Chartrons, 33075 Bordeaux Cedex, France
Résumé :
Une compilation des données non publiées dans des revues à comité de lecture et concernant la physico-chimie des sols du massif forestier landais a été réalisée. Au total, ce sont des analyses provenant de 229 profils de sol qui ont été mises en base de données. Le traitement statistique de cette base a permis de mettre en évidence le rôle central de la teneur en carbone de ces sols sur leurs propriétés physico-chimiques (pH ; CEC ; stocks en nutriments). Ce comportement est principalement lié à la quasi absence de phase minérale réactive, ce qui confère alors aux matières organiques du sol l`essentiel des rôles d`échanges ioniques et de stockage de certains nutriments.
La composition des sols distingue assez nettement les régions forestières du massif (Dunes littorales ; Plateau Landais ; Bazadais). Au sein du plateau landais, il existe des différences dans la physico-chimie des sols en fonction de la typologie des stations, mais elles sont relativement peu marquées pour la majorité des variables (comme le C/N) par rapport aux résultats des études antérieures, géographiquement plus ponctuelles.
Ce travail met en évidence
i) la contribution potentiellement intéressante des données non publiées dans des revues à comité de lecture,
ii) la nécessité de vérifier et d`homogénéiser les données selon les différentes méthodologies employées.

2006 - Volume 13 - Numéro 2

Effet des substitutions d`essences forestières et des amendements sur les propriétés physiques d`un Alocrisol - site expérimental de la forêt de Breuil-Chenue, morvan, France | p 71-88
Auteurs :
G. Levrel et J. Ranger
Adresse :
INRA, Centre de Nancy
Biogéochimie des écosystèmes forestiers
54280 Champenoux
Résumé :
Nous avons étudié l`effet de différents peuplements forestiers sur les caractères physiques et hydriques d`un Alocrisol de la forêt de Breuil (Morvan). Des plantations de hêtre, de Douglas, d`épicéa, et de chêne, ont été substituées à un taillis sous futaie de hêtre et chêne qui constitue la référence `forêt native`. Les plantations sont âgées de 30 ans et seul le facteur espèce varie. De plus, le Douglas et l`épicéa ont reçu ou non une fertilisation/amendement en N, P, K et Ca.
Les sols sous chaque parcelle sont analysés par niveaux de profondeur, tous les 5 cm jusqu`à 15 cm puis tous les 10 cm (jusqu`à 25 cm) et tous les 15 cm (jusqu`à 70 cm).
Deux indicateurs physiques ont été observés en fonction des essences et des traitements :
- la stabilité structurale des sols : les tests ont porté sur leur capacité à résister à l`éclatement par immersion rapide à l`eau, leur résistance à la réhumectation lente, et leur résistance à la déstructuration mécanique.
- la réserve utile (RU) et sa répartition porale. Des échantillons des différents horizons de sol de chaque essence ont été placés dans des extracteurs à plaques, et ont été soumis à des pressions croissantes [pF 2,5 (0,33 bar), pF 3 (1 bar), pF 3,5 (3,3 bars), pF 4,0 (10 bars), et pF 4,2 (15 bars)], ce qui permet d`estimer une répartition de la réserve utile dans des porosités équivalentes.
Les résultats montrent qu`il existe des changements significatifs à la fois sur la stabilité structurale et sur la réserve en eau et sa répartition dans les classes porales. L`effet des couverts forestiers se fait ressentir en surface pour ces deux critères. Le classement des couverts est différent pour les deux propriétés, la stabilité structurale croît du chêne au Douglas en passant par le hêtre, le taillis sous futaie, et l`épicéa. En revanche, les sols sous chêne présentent la RU la plus forte, ceux sous Douglas la plus faible avec une conservation de l`ordonnancement pour les espèces intermédiaires. L`amendement a un effet positif significatif sur les propriétés physiques du sol.
Ces changements occasionnés par les essences et l`amendement du sol, sont liés à des modifications de la qualité des matières organiques des sols et probablement à un changement de nature et d`activité du cortège de micro-organismes. Ceci pourrait expliquer la relation inverse observée entre réserve utile et stabilité structurale pour l`horizon de surface.
Etude pétrologique d`une formation latéritique sur granite en milieu tropical forestier sud-camerounais (Afrique centrale) - mise en évidence de son caractère polyphasé | p 89-102
Auteurs :
J.-P. Nguetnkam(1), R. Yongue Fouateu(2), D. Bitom(2), P. Bilong(2) et B. Volkoff(3)
Adresse :
(1) Département des Sciences de la Terre, Faculté des Sciences, Université de Ngaoundéré, B.P. 454 Ngaoundéré, Cameroun
(2) Département des Sciences de la Terre, Faculté des Sciences, Université de Yaoundé1, B.P. 812 Yaoundé, Cameroun
(3) IRD, 2 Avenue Henri-Varagnat, 93143 Bondy Cedex, France
Résumé :
Dans la région de Mvangan au Sud Cameroun, l`analyse pétrologique d`une formation latéritique développée sur granite montre qu`elle est constituée de trois grands ensembles d`horizons, qui sont, de bas en haut :
- un ensemble inférieur à kaolinite majoritaire, associée à l`halloysite et à la gibbsite, subdivisée en une allotérite à structure du granite partiellement conservée, surmontée par un horizon argileux bariolé dans lequel cette structure s`effondre progressivement vers le haut ;
- un ensemble médian représenté par une dalle isaltéritique dure et continue, sauf à l`aval où elle est fragmentée. Cette dalle est caractérisée par la parfaite conservation de la texture du granite et par la présence quasi exclusive de gibbsite ;
- un ensemble supérieur à kaolinite, regroupant des horizons glébulaires ferrugineux et des horizons argileux meubles dont aucune de leurs organisations, ni leur composition géochimique, ne rappelle la dalle isaltéritique sous jacente.
Ces trois ensembles sont en discontinuité génétique et résultent de trois phases d`altération et de pédogenèse différentes : une phase monosiallitisante couplée à un cuirassement ferrugineux pour l`ensemble supérieur, une phase allitisante pour l`ensemble médian, et une phase essentiellement monosiallitisante pour l`ensemble inférieur. Seule la phase monosiallitisante du niveau inférieur reste fonctionnelle et assure l`enfoncement vertical du profil dans les conditions pédoclimatiques actuelles. A l`inverse, les deux premières phases ne sont plus fonctionnelles, et les niveaux supérieur et médian sont en déséquilibre et ne se renouvellent plus, mais se transforment.
La couverture pédologique étudiée, constituée de strates superposées formées dans des conditions pédoclimatiques différentes, est donc polyphasée.
Effet de différents systèmes de culture à couverture végétale sur le stockage du carbone dans un sol argileux des Hautes Terres de madagascar | p 113-128
Auteurs :
T.M. Razafimbelo(1), A. Albrecht(1), I. Basile(2), D. Borschneck(2), G. Bourgeon(3), C. Feller(4), H. Ferrer(1), R. Michellon(5),(6), N. Moussa(6), B. Muller(3), R. Oliver(3), C. Razanamparany(6), L. Seguy(3) et M. Swarc(7)
Adresse :
(1) IRD - UR 179 SeqBio, BP 64501, 34394 Montpellier Cedex 5, France
(2) CEREGE-CNRS-Université Paul Cezanne-Aix-Marseille III, Europôle Méditerranéen de l`Arbois, B.P. 80, 13545 Aix-en-Provence Cedex 4, France
(3) CIRAD - UPR Recyclage et risque, TA 40/01, Avenue Agropolis, 34398 Montpellier cedex 5, France
(4) IRD, Ambatoroka, BP 434, 101 Antananarivo, Madagascar
(5) CIRAD, Ampandrianomby, BP 853, 101 Antananarivo, Madagascar
(6) ONG TAFA, BP 266, 110 Antsirabe, Madagascar
(7) CIRAD - Laboratoire d`analyse, TA 40/01, Avenue Agropolis, 34398 Montpellier cedex 5, France
Résumé :
Stocker du carbone dans le sol permet d`améliorer ses propriétés physico-chimiques et de réduire les émissions de dioxyde de carbone vers l`atmosphère. L`effet des systèmes en semis direct avec couverture végétale (SCV) sur le stockage de C dans le sol est étudié sur un dispositif agronomique de longue durée (11 ans) à Antsirabe, Madagascar (16 °C, 1 300 mm). Quatre systèmes sont étudiés : un système en labour conventionnel avec exportation des résidus de récolte [CT m/s, rotation maïs (Zea mays L.)-soja (Glycine max. L.)], et trois systèmes en SCV sans travail du sol, et avec restitution des résidus de récolte [NT m/s, rotation maïs-soja ; NT m/m-d, rotation maïs-maïs avec une couverture végétale de Desmodium uncinatum ; et NT h/s-k, rotation haricot (Phaseolus vulgaris)-soja avec une couverture végétale de Pennissetum clandestinum]. Le sol est très argileux, à faible capacité d`échange cationique mais possédant des propriétés andiques pouvant influencer les potentialités de stockage du C du sol. A 0-5 cm, les teneurs en C sont plus élevées sous SCV (NT m/s, NT m/m-d et NT h/s) que sous labour (CT m/s), et à 5-10 cm, elles sont plus élevées sous NT m/m-d et NT m/s que sous NT h/s-k et CT m/s. Le stockage annuel de C, à masse de sol équivalente, est de 0,69 et 1,01 mg C.ha-1.an-1, sous NT m/s et NT m/m-d pour l`horizon équivalent à 0-20 cm, alors qu`il n`y a pas d`effet SCV observé pour l`horizon équivalent à 0-40 cm. Ceci peut être dû à la fois à l`absence réelle de stockage comme à une variabilité initiale des teneurs en C dans les horizons de profondeurs, car le labour n`est effectué que jusqu`à 20 cm de profondeur. Les différences de stockage de C entre NT et CT dans la couche 0-20 cm sont essentiellement attribuées aux quantités beaucoup plus importantes de résidus organiques restituées par les systèmes NT par rapport au système labouré CT, mais on peut aussi envisager qu`une partie de cette différence soit le fait d`une perte de C par érosion sous labour. Les teneurs en macroagrégats stables (MA, 200-2 000 μm) sont plus élevées sous NT m/s, NT h/s-k et NT m/m-d que sous CT m/s à 0-5 cm et à 5-10 cm. Cette teneur en MA est corrélée positivement (R = 0,408, p < 0,05, n = 24) avec la teneur en C du sol, ce qui pourrait induire (i) une amélioration de l`agrégation en fonction de l`augmentation de la teneur en C du sol et (ii) une protection du C se trouvant à l`intérieur de ces agrégats contre la minéralisation microbienne. Toutefois, la respirométrie ne montre pas une protection physique de C dans les sites de protection supérieurs à 200 μm pour NT m/s et CT m/s. Dans cette étude, le C stocké dans le sol pourrait alors être protégé contre la minéralisation par d`autres processus comme l`adsorption sur les colloïdes du sol ou la récalcitrance biochimique de la matière organique du sol.
Histoire de la fertilisation phosphatée 1762-1914 | p 129-137
Auteurs :
Jean Boulaine - Membre émérite de l`Académie d`Agriculture de France
Adresse :
18, rue Tournefort
75005 Paris
Résumé :
Dès 1762, avant même la connaissance du phosphore Duhamel du Monceau signale par empirisme que les débris d`os et d`ivoire améliorent les sols. C`est au XIXe siècle que les chimistes et les agronomes ont précisé cette action et que l`industrie a fabriqué les superphosphates nécessaires dans les sols neutres et basiques. L`adjonction d`acide sulfurique aux matières premières, os et minerais divers, est pratiquée dès 1817 et devient commune à partir de 1840 (Liebig). Seuls Jean-Baptiste Dumas et Jean-Baptiste Boussingault s`obstineront à prôner la pulvérisation, en se moquant des industriels. À partir de 1880, l`emploi puis l`industrie des superphosphates se répandent rapidement et la France récupère son retard, ce qui ne sera vraiment effectué qu`après la Première Guerre mondiale.

2006 - Volume 13 - Numéro 3

Le Réseau de mesures de la Qualité des sols de France (RmQs) - Etat d`avancement et premiers résultats | p 149-164
Auteurs :
C. Jolivet, D. Arrouays, L. Boulonne, C. Ratié et N. Saby Avec la collaboration technique de Philippe Berché, Didier Laloua, Sébastien Lehmann, Eugénie Tientcheu et Gérald Yart
Adresse :
INRA, Unité Infosol
2163, Avenue de la Pomme de Pin
BP 20619 - ARDON
45166 Olivet Cedex 2
Résumé :
Le Réseau de Mesures de la Qualité des sols est en cours d`installation sur le territoire français. Plus de la moitié des 1 650 sites que comptera ce réseau ont été mis en place et la première campagne de mesures devrait être achevée à la fin de l`année 2008. Les premiers examens des données collectées montrent une représentativité nationale satisfaisante en terme d`occupation des sols et vis-à-vis de quelques variables (textures de surface et teneurs en carbone organique) en comparaison avec les données issues de la Base de Données d`Analyses de Terres. L`analyse des premiers résultats du RMQS montre que ce réseau permet de mettre en évidence des gradients de contamination diffuse en éléments traces métalliques, notamment autour des grandes agglomérations et des pôles industriels. L`analyse et l`interprétation des données qui n`en sont qu`à leurs prémices nécessiteront un fort investissement scientifique, mais d`ores et déjà, la qualité des données collectées laisse présager de grandes potentialités pour le RMQS.
Suivi des teneurs en carbone organique et en phosphore extractible dans les sols agricoles de trois régions françaises - Analyse à partir de la Base de Données des Analyses de Terre | p 165-180
Auteurs :
B. Lemercier(1), C. Walter(1), C. Schvartz(2) , N. Saby(3), D. Arrouays(3) et S. Follain(2)
Adresse :
(1) UMR INRA / Agrocampus Rennes Sol, Agronomie et Spatialisation - 65 rue de Saint-Brieuc, CS 84215, 35042 Rennes
(2) ISA, Laboratoire Sols et Environnement - 48 boulevard Vauban, 59046 Lille Cedex
(3) INRA CR d`Orléans, Unité INFOSOL - Avenue de la Pomme de Pin, BP 20619 Ardon, 45166 Olivet Cedex 2
Résumé :
La Base de Données des Analyses de Terre (BDAT) regroupe les résultats d`analyses effectuées sur l`ensemble du territoire national par des laboratoires agréés par le Ministère de l`agriculture, à la demande d`agriculteurs. Les analyses disponibles et validées sont réparties en deux ensembles, selon leur date de réalisation : de 1990 à 1994 et de 1995 à 1999. Une base de données similaire a été constituée en Bretagne à partir d`analyses de terre réalisées entre 1980 et 1985. Ces bases de données constituent une source d`information importante sur la variabilité des caractéristiques des horizons de surface des sols cultivés.
Les enjeux agronomiques et environnementaux autour du carbone organique et du phosphore extractible sont majeurs, mais l`évolution de leurs teneurs dans les sols aux niveaux national ou régional est très peu documentée. L`objectif de ce travail était d`étudier la possibilité de déceler et quantifier des variations temporelles des teneurs en ces deux éléments à partir de la BDAT, dans des contextes pédoclimatiques variés. Cette étude a été menée sur les régions Bretagne, Limousin et Nord-Pas-de-Calais. Des traitements statistiques sur les données brutes et sur les données agrégées au niveau cantonal, complétés par des représentations cartographiques, ont permis de mettre en évidence des évolutions significatives des teneurs en carbone organique en Bretagne (diminution), et en phosphore extractible en Bretagne (augmentation) et en Nord-Pas-de-Calais (diminution).
Cependant, les biais statistiques inhérents à la stratégie d`échantillonnage adoptée sont importants et des précautions doivent être prises pour interpréter les résultats d`évolution des caractéristiques chimiques des sols. La mise en place d`une procédure de rééchantillonnage et les effectifs d`analyses très élevés limitent ces biais.
Puisqu`elle est une source d`information relativement peu coûteuse et simple à mobiliser, la BDAT est un outil clé du dispositif national de connaissance et de surveillance des sols, et le seul actuellement opérationnel pour le suivi des caractéristiques chimiques des horizons de surface des sols agricoles à petite échelle. A terme, le géoréférencement précis des prélèvements de terre permettra de relier les données de la BDAT à d`autres sources d`information sur les sols et leur occupation. La BDAT est complémentaire des autres programmes du GIS Sol (cartographie exhaustive des sols à différentes échelles) et de démarches expérimentales dans lesquels les sols sont décrits précisément et dans leur ensemble.
Modélisation de l`aléa érosif des sols en contexte méditerranéen à l`aide d`un Référentiel Régional Pédologique au 1/250 000 et confrontation aux enjeux locaux | p 201-222
Auteurs :
V. Antoni(1), Y. Le Bissonnais(2), J. Thorette(1), N. Zaidi(3), B. Laroche(3), S. Barthès(4), J. Daroussin(5) et D. Arrouays(3)
Adresse :
(1) IFEN, 5 route d`Olivet - BP 16105 - 45061 Orléans Cedex 2
(2) INRA, LISAH Campus AGRO - 2 place Viala - 34060 Montpellier Cedex 1
(3) INRA, Unité INFOSOL, 2163 Avenue de la Pomme de Pin - BP 20619 Ardon - 45166 Olivet Cedex
(4) Chambre Régionale d`Agriculture du Languedoc-Roussillon, Mas de Saporta, CS 30012, 34875 Lattes
(5) INRA, Unité de Science du Sol, 2163 Avenue de la Pomme de Pin - BP 20619 Ardon - 45166 Olivet Cedex
Résumé :
L`érosion est un des processus majeurs de la dégradation des sols. Il est donc primordial d`appréhender l`aléa érosif pour protéger la ressource sol. Nous avons appliqué un modèle hiérarchique, à l`aide d`un Système d`Information Géographique, pour cartographier l`aléa érosif des sols. Il combine différents paramètres, par ordre d`importance : occupation du sol, battance, pente, érodibilité, hauteur et intensité des pluies. Les facteurs de battance et d`érodibilité sont établis à partir de paramètres issus des bases de données pédologiques par des règles de pédo-transfert. L`étude a porté sur la région du Languedoc-Roussillon, d`une part parce qu`elle est couverte par une base de données pédologiques (BDSol-250) à l`échelle de 1/250 000 et d`autre part parce que la modélisation de l`aléa érosif à l`échelle régionale n`a pas encore fait l`objet d`une étude en milieu méditerranéen. Développée originellement pour d`autres études, cette modélisation a nécessité la définition de nouvelles règles de pédo-transfert appliquées à la BDSol-250 pour tenir compte des spécificités du milieu méditerranéen. Ces règles s`appuient sur le taux de pierrosité, la texture, ainsi que la teneur en matières organiques et en fer des horizons de surface des sols. La modélisation permet de cartographier les zones d`aléa érosif fort qui sont ensuite confrontées aux enjeux urbains, environnementaux (enjeu de qualité de l`eau) et économiques (enjeu viticole) identifiés en région Languedoc-Roussillon.
Quatre indicateurs sont ainsi proposés : l`indicateur ` coulées boueuses ` (spatialisation du nombre de coulées boueuses par communes), l`indicateur ` enjeu urbain ` (combinaison de la densité de population, de l`évolution de la population et de l`artificialisation), l`indicateur de qualité de l`eau (teneurs en Matières en Suspension - MES - dans les eaux de surface), l`enjeu viticole enfin (spatialisation des zonages d`aptitude AOC). La confrontation des zones d`aléa et des zones d`enjeux montre l`intérêt de poursuivre ces investigations pour intégrer le risque érosif dans les politiques de prévention.
Utilisation des données sols d`I.G.C.s. en France - Etat des lieux en 2006 | p 237-246
Auteurs :
C. Le Bas et N. Schnebelen
Adresse :
INRA, unité de service InfoSol
Centre de Recherche d`Orléans
BP20619, Olivet cedex
France
Résumé :
Pour favoriser l`utilisation des données d`I.G.C.S., il faut être en mesure d`identifier les utilisateurs, de connaître leurs besoins, de susciter leur intérêt pour les données sols. Un premier état des lieux de l`utilisation des données I.G.C.S. en France avait été réalisé en 2004 sur 92 études. Un deuxième inventaire réalisé en 2006 a permis de recenser 250 études.
L`analyse de ce deuxième inventaire a montré que les maîtres d`ouvrage régionaux doivent faire face à une demande accrue en données sols. Le domaine agricole reste prépondérant mais celui de l`agri-environnement est en augmentation. Cependant, les données sols restent sous-utilisées dans certains domaines tels que l`aménagement du territoire, même si l`on y note une certaine progression. Les principaux utilisateurs des données sols restent les organismes de la profession agricole et les organismes de recherche et d`enseignement, mais leurs parts sont en diminution au profit des administrations et des collectivités territoriales. Les études de plus en plus externes aux maîtres d`ouvrage I.G.C.S. montrent une plus grande demande d`accès direct aux données sols et une moindre utilisation de la modélisation.
La très grande majorité des données sols utilisées sont à moyenne ou à petite échelle, ce qui correspond aussi à la disponibilité des données. L`analyse a également porté sur les études ayant utilisé la base de données géographique des sols de France au millionième.
Si cette base de données a été essentiellement utilisée pour des études trans-régionales ou nationales, elle a également été utilisée dans des études régionales en raison de l`absence de données plus précises. Cela démontre donc le besoin d`avoir des données au 1/250 000 sur l`ensemble des régions françaises.

2006 - Volume 13 - Numéro 4

Cartographie des sols à grande échelle : Intégration explicite d`une mesure de résistivité apparente spatialisée à l`expertise pédologique | p 269-288
Auteurs :
J. Moeys(1)(2), B. Nicoullaud(1)*, A. Dorigny(1), Y. Coquet(2) et I. Cousin(1)
Adresse :
(1) INRA, UR0272, Science du Sol, Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, F-45166 Olivet Cedex
(2) U.M.R. Environnement et Grandes Cultures INRA / INA-PG - Equipe ` Sol `. BP 01, 78850 Thiverval-Grignon
* Auteur correspondant : bernard.nicoullaud@orleans.inra.fr
Résumé :
La cartographie des sols est une étape incontournable pour de nombreux travaux d`évaluation agronomique et environnementale. Les méthodes de prospection, qui reposent en grande partie sur l`expertise de terrain des pédologues, sont aujourd`hui très proches des travaux formalisés il y a plus de 30 ans. De nouveaux outils sont venus récemment renforcer la ` panoplie ` du pédologue. Nous avons testé l`un d`eux, la mesure de la résistivité électrique apparente du sol par l`outil MUCEP, sur une parcelle de 22 ha en Beauce chartraine. Cet appareil tracté permet une mesure quasi-simultanée pour des écartements inter-électrodes de 50, 100 et 200 cm.
Nous avons intégré cette mesure géophysique au travail de cartographie des sols de la parcelle. Cette intégration s`est déroulée en plusieurs étapes. Après avoir utilisé les contrastes révélés par la mesure de résistivité pour orienter la prospection pédologique, nous avons procédé à une analyse statistique des corrélations entre les variables pédologiques et la résistivité électrique apparente. Le paramètre utilisé est le coefficient de corrélation bisériale. Ce dernier nous a permis de comparer simultanément l`effet des variables pédologiques quantitatives et qualitatives sur la résistivité. Il en ressort que la mesure de la résistivité électrique apparente est liée à de nombreuses propriétés du sol. Alors que la résistivité des écartements 50 cm et 100 cm est surtout sensible à la pierrosité de surface et à la profondeur d`apparition du calcaire, la résistivité de l`écartement 200 cm est d`abord sensible à la profondeur d`apparition du niveau argileux. Le résultat de cette analyse statistique a été exploité lors du tracé des limites entre les unités cartographiques de sol, en suivant un schéma de décision explicite. Ce dernier permet d`adapter localement, et au cas par cas, l`utilisation de la mesure de résistivité combinée au jugement d`expert.
Cette étude montre que la mesure de résistivité électrique apparente MUCEP, complétée par une analyse statistique simple, peut apporter un gain de précision au travail de cartographie des sols. Ce constat est d`autant plus intéressant que le contexte géo-pédologique de cette étude est peu favorable au pédologue comme au géophysicien.

2005 - Volume 12 - Numéro 1

Estimation des apports agricoles et des retombées atmosphériques en éléments en traces et majeurs grâce à un essai de longue durée (dispositif Dehérain à Grignon). | p 9-24
Auteurs :
D. Baize(1) et S. Bourgeois(2)
Adresse :
(1) INRA - Orléans - Science du Sol - BP 20619. 45166 Olivet Cedex
(2) INA Paris-Grignon - Agronomie et Environnement. 78850 Thiverval - Grignon
Résumé :
Des échantillons de sols prélevés depuis 1938 sur le dispositif Dehérain à Grignon ont été analysés. Les teneurs en 13 éléments en traces ou majeurs ont été déterminées pour quatre dates différentes et trois traitements distincts. L`objectif était d`estimer les flux d`apports correspondant à une agriculture normale et les retombées atmosphériques sur 61 ans. Les labours ayant été approfondis deux fois, des raisonnements en stocks s`imposent mais se heurtent aux incertitudes sur les masses volumiques apparentes des prélèvements du passé. Les stocks calculés pour le mercure sont déjà extrêmement élevés en 1938, puis croissent et ensuite décroissent fortement. L`origine du mercure demeure mystérieuse. Les seules certitudes concernent le flux de phosphore apporté par la fertilisation (+ 167 g.m-2 en 61 ans) et les quantités de cadmium, de zinc et de plomb des retombées atmosphériques qui ont pu être estimées respectivement à 0,049 - 1,54 et 4,0 g.m-2 sur 61 ans. Ces valeurs sont compatibles avec les résultats d`autres études similaires.

2005 - Volume 12 - Numéro 2

Quand l`humus est à l`origine de la pédologie - 1. Les travaux du forestier danois P.E. Müller(1840- 1926) | p 101-122
Auteurs :
C. Feller(1), E. Blanchart(1), B. Jabiol(2) et M. H. Greve(3)
Adresse :
(1) IRD, BP 434, 101 Antananarivo, Madagascar
(2) UMR ENGREF-INRA ` Ressources Forêt-Bois `, Ecole Nationale du Génie Rural, des Eaux et des Forêts, 14 rue Girardet, CS 4216, 54042 Nancy Cedex.
(3) Danish Institute of Agricultural Sciences, Departments of Agroecology and Crop Physiology and Soil Science, Research Centre Foulum, P.O. Box 50, 8830 Tjele, Danemark.
Résumé :
Lorsqu`on pense à la fondation de la pédologie, on cite systématiquement V. Dokuchaev (1883) pour son ouvrage sur le Tchernozem. Curieusement, l`ouvrage du forestier danois P.E. Müller ` Les formes naturelles de l`humus ` est peu connu alors qu`il a été traduit en français en 1889. Cet ouvrage montre que, dès 1879, Müller avait une approche totalement pédogénétique de la formation des sols et des relations sol-végétation.
Les observations de terrain et la réflexion de Müller concernent essentiellement les sols sous végétations naturelles du Danemark. C`est pratiquement un ouvrage sur les grands processus tels que la brunification, le lessivage et la podzolisation, avec une approche dynamique (passage d`une forme à une autre – figure 14 et tentative de datation à l`aide de sites archéologiques). Toute la démarche est basée sur la nature des humus avec un accent particulier sur leur morphologie, les activités biologiques (faune et champignons) qui les caractérisent, le tout complété par des analyses chimiques (quand nécessaire). Müller nous présente un très grand nombre de profil pédologiques, l`ensemble étant résumé dans l`extraordinaire ` Tableau ` III. Un ouvrage presque d`actualité! Nous défendons l`idée que Müller est le plus important des précurseurs et qu`il devrait même être considéré comme un des co-fondateurs de la pédologie.
Cet article propose de longs extraits de l`ouvrage, suivis de l`histoire des humus jusqu`à nos jours, ainsi qu`une biographie personnelle et scientifique de Müller et les reproductions d`un tableau et d`un dessin le représentant.
Du développement en France des Stations agronomiques à la mise en place du Département de Science du Sol à l`INRA. Rôle pionnier du ` Laboratoire des Sols ` de Versailles sous l`impulsion de A. Demolon et S. Hénin. | p 135-144
Auteurs :
G. Pédro
Adresse :
Académie d`Agriculture de France
18 rue de Bellechasse
75007 Paris
Résumé :
Cette présentation retrace brièvement les principales étapes qui ont marqué en France les études sur les sols en relation avec l`Agronomie et l`Environnement depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Elle met en exergue plus spécialement le rôle déterminant qu`a joué, à propos des recherches dans ce secteur, le ` Laboratoire des Sols ` de Versailles (1934-1974) sous l`impulsion de Albert Demolon, puis de Stéphane Hénin.
Les Américanistes du Languedoc 1868-1893 | p 165-186
Auteurs :
Jean-Paul Legros
Adresse :
Unité LISAH, INRA-ENSAM
2, place Pierre Viala
34060 Montpellier cedex 1
Résumé :
L`article relate d`abord la découverte du phylloxera en France en 1868. Il résume ensuite les grandes lignes de l`histoire de ce parasite de la vigne. Le décor étant planté, on s`attache alors à décrire l`action des américanistes languedociens, ainsi appelés car ils sont partisans de l`utilisation des vignes d`origine américaine pour sauver le vignoble. On montre que la reconstitution sur pieds américains, la seule solution convenable, a été une entreprise difficile qui s`est heurtée à différents obstacles économiques, scientifiques, psychologiques et même pédologiques. Les tâtonnements ont conduit à mettre en oeuvre successivement plusieurs modes opératoires ayant temporairement la faveur des populations : valorisation directe des américaines comme producteurs de raisins (1877-1881), introduction des riparia et rupestris comme porte-greffes (1881-1887), utilisation du berlandieri pour sauver les vignes des régions calcaires (après 1887). Cette période de crise a été favorable à l`émergence de quelques grandes figures dont l`action est évoquée au fil du texte : Bazille (photo 1), Planchon (photo 1), Foëx, Ravaz (photo 4), Viala (photo 4). En conclusion, on montre que la viticulture actuelle est dépendante de ce parasite.
Dans le texte ou en annexe, des tableaux de synthèse donnent la liste des premiers américanistes de l`Hérault (tableau 1), la liste de leurs ouvrages (tableau 2), les dates des phases successives de la reconstitution sur pieds américains (figure 3), les dates saillantes de l`histoire du phylloxera (annexe 1).
Les aspects entomologiques, bien que très intéressants, ne sont pas traités (action des Balbiani, Cornu, Delamotte, Lichtenstein, Signoret, etc.). il en va de même des aspects économiques et sociaux.

2005 - Volume 12 - Numéro 3

Valorisation muséographique des sols tunisiens | p 245-258
Auteurs :
I. Dridi et T. Gallali
Adresse :
Laboratoire de pédologie, département de Géologie
Faculté des Sciences de Tunis, Campus universitaire
2092 Tunis
Tunisie
Résumé :
Les monolithes de sol sont considérés comme des outils pour observer, comprendre et enseigner l`évolution de différents types de sol. Ils sont également des outils valables quand il est difficile d`observer le sol sur le terrain. Notre but est de caractériser, sur le plan morphologique et muséographique, quelques sols méditerranéens représentatifs et le prélèvement de profils grandeur nature, en vue d`alimenter une pédothèque. Les sites de description et de prélèvement des monolithes sont localisés en Tunisie septentrionale, suivant une direction Est-Ouest (Mjez El Bab - Oued Zarga - Béja). Cette région est couverte par des bioclimats méditerranéens allant du sub-humide au semi-aride. Cinq monolithes ont été réalisés, marquant les principaux traits de la pédogenèse méditerranéenne. Il s`agit d`un sol fersiallitique (Fersialsol), un sol à profil calcaire différencié, un Vertisol, un sol brun calcaire (Calcosol) à caractère vertique et un sol peu évolué (Fluviosol). Une bonne mais simple caractérisation morphologique et analytique a été nécessaire, puisque ces monolithes sont dédiés au public. Par conséquent, certaines caractéristiques morphologiques (couleur, structure, texture) et paramètres physiques et chimiques (pH, la granulométrie, Carbone Organique Total, Azote Total (NT), et C/N) ont été déterminés. Les sols collectés ont été conservés dans des supports de 10 cm d`épaisseur. Les analyses correspondantes ont été attribuées à chaque type de sol en vue de permettre aux visiteurs de mieux observer et comparer les profils pédologiques. Ces supports ont été exposés à la Cité des Sciences à Tunis et ils ont connu un intérêt et un succès auprès du grand public.

2005 - Volume 12 - Numéro 4

Effets de la nappe phréatique sur la salinisation des sols de cinq périmètres irrigués en Tunisie | p 281-300
Auteurs :
H. Ben Hassine
Adresse :
Direction des sols
ministère de l`agriculture et des ressources hydrauliques
2080 Ariana
Tunisie
Résumé :
Dans les périmètres irrigués, la salinisation secondaire a une double origine : l`eau d`irrigation et les remontées des plans d`eau souterrains. Dans cinq périmètres irrigués répartis sur le Nord, le centre et le Sud-Ouest de la Tunisie, la salinisation à partir des eaux souterraines a été étudiée par des tests de corrélation simple entre la profondeur du plan d`eau et sa salinité d`une part et la conductivité électrique de trois horizons du sol d`autre part. Les résultats se sont avérés peu significatifs dans la majorité des cas. Les tests de corrélation les plus significatifs sont apparus dans les sols du centre et du Sud-Ouest du pays. Cependant, les valeurs des coefficients de corrélation et de détermination sont, pour plusieurs campagnes de mesure, proches des valeurs significatives ce qui témoigne de l`existence de liens entre les deux paramètres concernés et de la participation de la nappe à la salinisation des horizons supérieurs du sol. Les périmètres de la basse vallée de la Mejerda semblent les moins touchés par cette origine de salinisation malgré leur texture fine et la présence de la nappe à des profondeurs assez faibles.
Les profondeurs critiques sont assez importantes pour les sols de texture fine et varient entre 1,6 et 2,0 m selon les périmètres et les campagnes de mesure. Elles le sont moins pour la texture sableuse et varient entre 1,3 et 1,5 m.
Etude de sols ferrallitiques à caractères andiques sur trachytes en zone de montagne humide tropicale (Mont Bambouto - Ouest Cameroun) | p 313-326
Auteurs :
O. Leumbe Leumbe(1), D. Bitom(2), P. Tematio(3), E. Temgoua(4) et Y. Lucas(5)
Adresse :
(1) Institut National de Cartographie (INC). BP. 157 Yaoundé, Cameroun.
(2) Université de Yaoundé I, Département des Sciences de la Terre. BP. 812 Yaoundé, Cameroun.
(3) Université de Dschang, Département des Sciences de la Terre. BP. 67 Dschang, Cameroun.
(4) Université de Dschang, Faculté d`Agronomie et des Sciences Agricoles. BP. 222 Dschang, Cameroun.
(5) Université de Toulon et du Var. BP. 20132 - 83957 La Garde Cedex, France.
Résumé :
Des Sols Serrallitiques à caractères andiques développés sur trachytes alcalins dans le massif des Bambouto (Ouest-Cameroun) ont été étudiés sur le plan morphologique, minéralogique et géochimique. Ces sols, localisés dans la partie médiane du massif, couvrent 20 à 25 % de la superficie totale de celui-ci. Ce sont des sols rouges, épais (12 m) et comportant deux principaux ensembles d`horizons, un ensemble d`altération (ou altérites), à structures lithologiques conservées uniquement à sa base, et un ensemble pédoturbé, ou sol au sens strict, à forte différenciation structurale, d`où se démarque un horizon humifère brun sombre et très poreux, à caractères andosoliques. On note un rapport d`épaisseur sol/altérites d`environ 1/5. Sur le plan microstructural, ces sols, partout totalement dépourvus de séparations plasmiques, sont caractérisés par des plasmas cristiques gibbsitiques notamment dans l`ensemble pédoturbé. Sur le plan minéralogique, la gibbsite domine largement ; elle est associée à un peu d`oxydes de fer (hématite et goethite) et à de très petites quantités de kaolinite, d`halloysite et d`allophane, ce dernier minéral n`étant détecté que dans l`horizon humifère. Sur le plan géochimique, l`aluminium est l`élément le plus abondant, avec la silice et le fer, et sa teneur augmente fortement de la base au sommet des profils aux dépens principalement de la silice. Parmi les autres spécificités des sols étudiés, on note leur très faible densité apparente (0,7 à 1) et leur texture variable, mais partout bien pourvue en limons, ces derniers étant associés tantôt aux sables au sommet et à la base des profils, tantôt aux argiles dans les parties médianes. Par ailleurs, sur un plan plus général, les sols étudiés apparaissent se distinguer par l`association en leur sein, à la fois de caractères ferrallitiques et de caractères andosoliques.

2004 - Volume 11 - Numéro 1

Etude de l`effet à moyen et long terme des systèmes de culture sur la structure d`un sol limoneux-argileux du Nord du Bassin Parisien - Les enseignements de l`essai de longue durée d`Estrées-Mons (80) | p 11-20
Auteurs :
H. Boizard(1), G. Richard(2), P. Defossez(2), J. Roger Estrade(3) et J. Boiffin(2)
Adresse :
(1) INRA, Unité d`Agronomie de Laon-Reims-Mons, Estrées-Mons, B.P. 136, 80203 Péronne cedex, France
(2) INRA, Unité d`Agronomie de Laon-Reims-Mons, 02007 Laon Cedex, France
(3) INA P-G, UMR d`Agronomie INRA-INAPG, BP 01, 78850 Thiverval-Grignon, France.
Résumé :
L`étude de l`évolution à moyen et long terme de la structure des sols préoccupe les agriculteurs du Nord du Bassin Parisien. En effet la fréquence parfois élevée des cultures de printemps (betterave, maïs, pomme de terre) dans la succession implique souvent des conditions d`intervention au semis ou à la récolte en conditions humides avec du matériel lourd et puissant. Un essai au champ de longue durée a été mis en place en 1989 à Mons en Chaussée en Picardie pour étudier l`évolution de la structure du sol sous l`effet de systèmes de culture représentatifs de cette région et se caractérisant par des risques de compactage très contrastés. Les trois systèmes de culture comparés comportent un labour annuel. Ils se différencient par la nature de la succession (pois/blé d`hiver/colza/blé d`hiver ou betterave/blé d`hiver/maïs/blé d`hiver) et par les règles de décision concernant les dates d`intervention lors des semis et des récoltes. Le suivi de la structure de la couche labourée est basé sur une approche morphologique permettant de décrire la structure de l`horizon labouré tous les ans après implantation de chaque culture de la rotation. Cette description est complétée par une évaluation quantitative de la proportion, dans la couche labourée, d`éléments structuraux dont la porosité structurale est très faible à nulle (état interne ∆). Les résultats présentés dans cet article montrent que cet indicateur est sensible, variant fortement d`une année à l`autre et entre les trois systèmes de culture. Ils suggèrent également que les évolutions observées sont réversibles. Concernant la partie du sol située sous le fond du labour, des observations complémentaires, menées dans le cadre de cet essai, ont montré que le passage répété d`engins de récolte en conditions humides provoquait un tassement de la couche de sol sous-jacente à l`horizon labouré sur une dizaine de centimètres d`épaisseur.
Influence de la structure du sol à différentes échelles sur les transferts d`eau - Conséquences d`une réduction du travail du sol | p 69-80
Auteurs :
I. Cousin(1), H.-J. Vogel(2) et B. Nicoullaud(1)
Adresse :
(1) INRA, Unité de Science du Sol, Avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Ardon, France
(2) Institut für Umweltphysik, Universität Heidelberg, Im Neuenheimer Feld 229, D-69120 Heidelberg, Allemagne
Résumé :
L`étude présentée ici a pour objectif de discuter de l`effet d`une réduction du travail du sol sur la structure et les propriétés hydrodynamiques de la couche cultivée d`un sol argilo-limoneux dans une région de grande culture. Une étude à double échelle a été entreprise : une expérience d`infiltration d`un colorant (Brilliant Blue FCF), suivie d`une prospection tridimensionnelle sur la base de coupes sériées à l`échelle de 1 m3, a permis de mettre en évidence des chemins préférentiels qui permettent un transfert rapide de l`eau et des solutés vers la profondeur. Nous avons également montré que l`ancien horizon de labour présentait, après 5 ans, une différenciation verticale marquée par une structure grumeleuse très poreuse, très connectée, et très filtrante sur les 10 premiers cm et une structure polyédrique, moins poreuse et moins connectée que la partie sus-jacente mais plus filtrante qu`un horizon de surface de même nature traité en labour conventionnel, sur les 20 cm suivants. Les propriétés hydrodynamiques mesurées au laboratoire et une analyse par tomographie aux rayons X a permis de confirmer ces résultats et de proposer des hypothèses d`évolution de la structure de l`ancien horizon labouré.

2004 - Volume 11 - Numéro 2

Effet du sodium échangeable et de la concentration saline sur les propriétés physiques des sols de la plaine du Cheliff (Algérie) | p
Auteurs :
D. Saidi(1), Y. Le Bissonnais(2), O. Duval(3), Y. Daoud(4) et A. Halitim(5)
Adresse :
(1) Faculté des Sciences de la Terre et des Sciences Agronomique, UHBC, BP151, Chlef, Algérie
(2)(3) Centre INRA d`Orléans, Unité de Science du Sol, 45160 Olivet cedex, France
(4) INA, Département de Science du Sol, El-Harrach, Alger, Algérie
(5) Université de Batna, Institut d`Agronomie, Batna, Algérie
Résumé :
La stabilité structurale des sols affectés par les sels solubles et le sodium échangeable est un facteur déterminant de leur évolution structurale superficielle sous l`action des pluies et des irrigations. Ce travail étudie les propriétés physiques des sols et met en oeuvre une méthode de caractérisation de la stabilité structurale par l`utilisation d`un granulométre à diffraction laser avec trois traitements correspondant à des états hydriques initiaux et des niveaux d`énergie appliquée différents. La méthode est appliquée sur des échantillons d`horizons de surface des sols affectés par les sels solubles et le sodium échangeable du Cheliff. Les résultats des tests de stabilité structurale sont repré-
sentés par des courbes quasi-continues des diamètres des particules agglomérées, rencontré, et qui décrivent la désagrégation sur une très large gamme granulométrique allant jusqu`à un diamètre de 0,05 µm dans le cas des sols affectés par le processus de dispersion physico-chimique. Les effets du rapport d`adsorption du sodium [SAR = Na / ((Ca + Mg)/2) 0,5] dans lesquelles les concentrations sont
exprimées en meql-1] et de la concentration saline sur la rétention en eau, la stabilité structurale et l`infiltration sont quantifiées. Tous les échantillons étudiés manifestent un comportement structural à risque lorsque le rapport d`adsorption du sodium (SAR) de la solution du sol dépasse un certain seuil. Ainsi la désagrégation augmente à mesure que la concentration du sodium et et la concentration électrolytique augmentent. ; le taux d`infiltration diminue aussi au fur et à mesure que le SAR et la concentration saline augmentent.
Les résultats de la matrice de corrélation linéaire amènent à conclure que la salinité des sols de la plaine du Chéliff s`accompagne toujours d`une sodisation du complexe absorbant. Les valeurs seuils acceptables de SAR et de ESP nécessaires pour conserver une structure stable se situent respectivement à 2 et 5 %. La dispersibilité apparaît très sensible, principalement au sodium échangeable et secondairement à la conductivité électrique qui traduit globalement la salinité du sol.

2004 - Volume 11 - Numéro 3

Le programme Inventaire Gestion et Conservation des Sols de France | p 187-198
Auteurs :
D. Arrouays(1), R. Hardy(1), N. Schnebelen(1), C. Le Bas(1), M. Eimberck(1), J. Roque(1), E. Grolleau(1), A. Pelletier(1), J. Doux(1), S. Lehmann(1), N. Saby(1), D. King(2), M. Jamagne(2), D. Rat(3) et P. Stengel(4)
Adresse :
(1) INRA, Unité Infosol, Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex
(2) INRA, Unité de Science du Sol, Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex
(3) Ministère de l`Agriculture, de l`Alimentation, de la Pêche et des Affaires Rurales. DGFAR, 78 rue de Varennes, 75007 Paris
(4) INRA, Direction Scientifique EONAT, 147 rue de l`Université, 75007 Paris
Résumé :
Cet article présente l`historique, la méthode et l`état d`avancement des actions de cartographie systématique des sols de France. Les levés cartographiques, programmés à l`origine par coupure cartographique IGN à 1/100 000, sont maintenant structurés selon un programme multi-échelle permettant l`organisation, le stockage et le transfert de l`information, depuis des échelles parcellaires jusqu`aux échelles régionales. La constitution de bases de données géographiques régionales de précision compatible avec une restitution cartographique à l`échelle du 1/ 250000 est le programme prioritaire. Bien qu`encore en retard par rapport à un certain nombre de ses voisins européens, l`inventaire cartographique des sols de France a connu ces dernières années une progression importante dans le cadre du programme IGCS. De nouvelles régions adhèrent progressivement au programme, ce qui laisse espérer que l`objectif de la couverture exhaustive du territoire pourra être atteint en 2010.
Sensibilité d`un modèle agro-hydrologique à la cartographie des sols : Test d`une méthode basée sur l`indice topographique et la lithologie | p 199-218
Auteurs :
F. Laurent(1) et J.-P. Rossignol(2)
Adresse :
(1) UMR Espaces Géographiques et Sociétés, Université du Maine, avenue Olivier Messiaen 72085 Le Mans Cedex 9
(2) UMR SAGAH (Sciences Agronomiques appliquées à l`Horticulture), Institut National d`Horticulture, 2 rue Le Nôtre 49045 Angers cedex 01
Résumé :
Les sols ont un rôle déterminant dans les flux de polluants. Leur prise en compte s`avère indispensable pour l`évaluation des risques de pollution, mais les cartes de sols manquent à des échelles adaptées et sur des surfaces étendues, ce qui constitue un frein majeur à cette intégration. Nous présentons une méthode de cartographie des propriétés des sols à partir de variables prédictives facilement accessibles et d`observations de terrain. Les propriétés étudiées sont : la teneur en argile et en limons, la profondeur du sol, la réserve utile et la perméabilité moyenne du profil. En mobilisant les données topographiques et géologiques, cette approche permet de réduire les temps d`acquisition en appuyant la spatialisation des propriétés du sol sur ces variables. La méthode est appliquée à deux bassins versants de l`ouest de la France. Une analyse de la variance démontre la pertinence des classes réalisées. La cartographie des propriétés des sols obtenue est ensuite introduite dans le modèle agro-hydrologique SWAT. La comparaison des résultats des simulations entre l`emploi de la méthode proposée et l`emploi d`une carte des sols montre que la première permet de simuler correctement les phénomènes d`émission et de transfert des nitrates des zones cultivées vers les cours d`eau. Enfin, sur la zone d`étude, le modèle est peu sensible à la densité de points de sondage utilisés pour le calage de la méthode de cartographie.
Classification des bassins versants alsaciens en fonction de leur sensibilité aux produits phytosanitaires | p 219-234
Auteurs :
R. Koller(1), J. Sauter(1), S. Pierrillas(1) et M. Virot(2)
Adresse :
(1) ARAA, Association pour la Relance Agronomique en Alsace, 2 rue de Rome, BP 30022 Schiltigheim, 67013 Strasbourg Cedex
(2) APRONA, Association pour la protection de la nappe phréatique de la plaine d`Alsace, 140 rue du Logelbach, 68000 Colmar
Résumé :
Une classification des bassins versants en fonction de leur sensibilité aux produits phytosanitaires a été réalisée en 2002 pour les 8300 km du territoire alsacien. Son objectif était de hiérarchiser les zones prioritaires pour optimiser le plan de surveillance de la qualité des eaux et la mise en place de programmes d`actions visant à réduire les pollutions des eaux superficielles et souterraines.
L`étude est inspirée en partie de la méthodologie de diagnostic régional proposée par le CORPEN (Comité d`Orientation pour des Pratiques agricoles Respectueuses de l`ENvironnement). Elle repose sur l`élaboration d`un modèle spécifique d`organisation des connaissances concernant la circulation de l`eau et le transfert des produits phytosanitaires, fondé sur l`identification et la compréhension des facteurs qui les commandent. Ce modèle prend en compte des processus jugés pertinents dans le contexte régional. Le travail a porté sur l`analyse de la sensibilité des eaux de surfaces et des eaux souterraines par bassin versant, déterminée à partir de la vulnérabilité (prise au sens d`une aptitude d`une ressource en eau à être atteinte par une pollution) modulée par les phénomènes de dilution potentielle de la pollution par les masses d`eau.
L`analyse s`est appuyée sur l`utilisation d`un système d`information géographique et a été rendue possible grâce à l`existence des différentes couches de données spatialisées descriptives du milieu, en particulier la base de données régionale sur les sols d`Alsace constituée dans le cadre du programme national Inventaire Gestion et Conservation des Sols (IGCS) piloté par le Ministère de l`agriculture et l`INRA. Pour la mise en oeuvre de cette méthode, la principale limite rencontrée a néanmoins été la disponibilité des données nécessaires à l`analyse.
L`analyse a permis la classification des bassins versants. La validation des résultats obtenus est partielle, et la démarche reste soumise à une analyse critique. Ce travail constitue la première étape d`une analyse du risque potentiel de contamination des eaux, qui nécessiterait de disposer d`une connaissance des pratiques relatives à l`usage des produits phytosanitaires. Elle constitue néanmoins d`ores et déjà une incitation à l`action aux échelles locales.
Base de Données des Analyses de Terre : Procédure de collecte et résultats de la campagne 1995-2000 | p 235-254
Auteurs :
N. Saby(1), C. Schvartz(2), C. Walter(3), D. Arrouays(1), B. Lemercier(3), N. Roland(2) et H. Squividant(3)
Adresse :
(1) INRA CR d`Orléans, Unité INFOSOL, Avenue de la Pomme de Pin, BP 20619 Ardon - 45166 Olivet Cedex
(2) ISA, Laboratoire Sols et Environnement, 41, rue du Port - 59046 Lille Cedex
(3) UMR ENSA-INRA SAS, 65, rue de Saint-Brieuc CS 84215 - 35042 Rennes
Résumé :
A partir d`informations transmises par les laboratoires d`analyses de terre agréés par le Ministère en charge de l`Agriculture, une base de données des résultats d`analyses de terre a été constituée. Cette base de données concerne les analyses effectuées sur des échantillons de terre prélevés sur l`ensemble du territoire national entre 1995 et 2000. De telles bases ont déjà été constituées au niveau régional depuis les années 80 et au niveau national sur la période 1990-1994.
Dans un premier temps, nous exposons la démarche de la collecte qui s`articule autour d`étapes aujourd`hui clairement définies, avec notamment l`explicitation des procédures de validation des résultats d`analyses avant leur intégration à la base de données (validation informatique, analytique et géographique). Plus de 490 000 résultats d`analyses ont ainsi été rassemblés correspondant à plus de 4700 000 déterminations. A partir de cet ensemble, une base de données cantonale a été construite par traitement statistique où la distribution de plusieurs déterminations agronomiques est décrite pour environ 2 800 cantons suffisamment renseignés parmi les 3511 existants.
Dans un deuxième temps, les données sont décrites à la fois au niveau national et au niveau cantonal. La représentation cartographique à partir de critères statistiques montre des structures spatiales sur des grandes distances, y compris pour les propriétés à forte variabilité locale. Ces résultats confirment les acquis de la précédente campagne tout en permettant une caractérisation quantitative de ces structures. De plus, cette nouvelle campagne permet d`obtenir une cartographie plus exhaustive du territoire.
Cette démarche consiste, par voie d`enquête et à moindres frais, à compiler de nombreux résultats, qui permettent d`obtenir une vision globale de l`ensemble d`un territoire et de dégager des tendances. Elle vient en complément de démarches expérimentales ou de programmes de cartographie et de surveillance du GIS Sol, mieux à même de caractériser les sols dans leur globalité et de déceler leur évolution.
Le système d`information national sur les sols : DONESOL et les outils associés | p 255-270
Auteurs :
E. Grolleau(1), L. Bargeot(2), A. Chafchafi(3), R. Hardy(1), J. Doux (1), A. Beaudou(4), H. Le Martret(4), J-Cl. Lacassin(5), J-L. Fort(6), P. Falipou(7), D. Arrouays(1)
Adresse :
(1) INRA CR d`Orléans, Unité Infosol,avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Olivet Cedex
(2) CNERTA-ENESAD, 4 rue Champs-Prevois, batiment Grand-Champs, 21000 Dijon
(3) Sol Info Rhône-Alpes, 5, rue Hermann Frenkel, 69364 Lyon Cedex 07.
(4) IRD Montpellier, S018 VALPEDO, BP 64501, 34394 Montpellier
(5) Société du Canal de Provence, Le Tholonet, BP 100 13603, Aix-en-Provence Cedex 1
(6) Chambre Régionale d`Agriculture Poitou, Charentes, 86550 Mignaloux-Beauvoir
(7) INRA, UMR1221 Études des interactions entre sols, agrosystèmes et hydrosystèmes, LISAH, 2, place Viala, 34060 Montpellier Cedex 1
Résumé :
Ces dernières années le modèle de données « DONESOL » s`est imposé, au niveau national comme en région, pour le stockage des données pédologiques spatialisées. Parallèlement, de nombreux outils ont été conçus autour de ce modèle. Cet article a pour but de dresser un premier bilan de ces développements.
Dans un souci de clarté de l`exposé, nous avons classé les outils suivant quatre fonctionnalités : (1) les outils d`aide à la saisie, qui peuvent être fixes ou portables sur le terrain tels que ceux développés à Montpellier ou à Dijon ; (2) les outils de validation des données, essentiellement conçus à l`INRA d`Orléans, ils permettent la validation, par le ministère en charge de l`agriculture, d`un niveau de qualité donné pour une étude du programme Référentiel Régional Pédologique ; (3) les outils de consultation des données qui vont de la simple mise en ligne d`un dictionnaire de méta-données à la création de sites Internet interactifs autorisant des requêtes cartographiques ou sémantiques (Rhône-Alpes et Bourgogne) ; (4) et les outils d`échange de données conçus pour le transfert de données pédologiques entre DONESOL et d`autres systèmes d`information tels que VALSOL, développé à l`IRD de Montpellier. Il convient de garder à l`esprit que cette classification est conceptuelle et que bien souvent une application informatique se situera à l`interface de plusieurs fonctionnalités.
Aujourd`hui de nombreux outils réalisés en régions ont atteint un stade de maturité suffisant pour que l`on puisse largement envisager une véritable mutualisation des développements. Pour mener à bien cette mission, les membres du programme Inventaire Gestion et Conservation des Sols ont décidé de mettre en place un groupe de réflexion sur la coordination trans-régionale et la diffusion des différentes applications informatiques.
MIRURAM/VALSOL: Un système d`information et une base de données pour représenter les sols tropicaux et leurs environnements | p 271-284
Auteurs :
A. Beaudou(1) et H. Le Martret(2)
Adresse :
(1) IRD, Unité de Service « Valpédo », 32, avenue Varagnat, 93143 Bondy Cedex
(2) IRD, Unité de Service « Valpédo », 911, avenue Agropolis, BP 64501, 34394 Montpellier Cedex 5
Résumé :
Les données pédologiques, qui représentent un capital très important pour tous les pays de la zone intertropicale, sont le plus souvent difficiles d`accès et peu pratiques à utiliser mais surtout risquent de disparaître.
Pour répondre à la demande actuelle de nos partenaires et également aux préoccupations internationales concernant le devenir de la planète et la gestion durable des ressources, la connaissance des sols et des milieux semble un point de passage obligé.
Deux étapes ont donc été envisagées : 1) la mise en place d`outils permettant de rassembler et transcoder les informations existantes afin de répondre à une première nécessité de sauvegarde d`un patrimoine scientifique, 2) l`actualisation et la valorisation de toutes ces données afin de répondre aux préoccupations majeures de gestion durable des milieux.
Afin de satisfaire ces demandes nous avons donc mis en place un système d`information comprenant trois volets principaux :
1) une base de données sols et environnement VALSOL permettant de rassembler par pays, sous une forme accessible, les données existantes. Pour réaliser VALSOL nous avons, dans un premier temps bénéficié de l`expérience de l`INRA dans le domaine des bases de données (DONESOL). Toutefois l`analyse préalable s`appuyant sur les travaux de cartographie réalisés par l`ORSTOM nous a conduit à une approche conceptuelle tenant compte du découpage spatial et de la spécificité des données des milieux intertropicaux. VALSOL se caractérise par des interfaces WEB d`intégration, de modifications et de gestion de la base pour faciliter son utilisation et s`appuie sur des logiciels du domaine public afin d`être largement diffusée. Dans le but de rassembler un maximum de données pédologiques de façon automatique des programmes de transfert des données ont été mis en place ou sont en cours de réalisation (STIPA vers VALSOL, DONESOL vers VALSOL et réciproquement). Plus qu`un simple outil de stockage, la base de données est également le moyen de valoriser les données analytiques anciennes : carbone, phosphore, éléments traces métalliques…
2) Des Systèmes d`Information Géographique qui offrent la possibilité, en transformant les cartes existantes, de rattacher chaque unité spatiale aux informations présentes dans les bases de données.
3) Une base de connaissances « MIRURAM-VALPEDO ». La base de connaissance est l`ensemble des pages Web de présentation de l`information pédologique s`appuyant sur des accès à la base de données VALSOL. Les documents cartographiques sont interactifs (zoom, sélection, requête…) et permettent d`afficher les données de la base VALSOL par une entrée spatiale.
Utilisation des données sols d`I.G.C.S. en France : Un état des lieux | p 299-306
Auteurs :
C. Le Bas(1), S. Barthès(2), I. Boutefoy(3), JL. Fort(4), O. Scheurer(5), S. Darracq(6), JC. Lacassin(7), J. Sauter(8) et C. Schvartz(9)
Adresse :
(1) INRA, CR d`Orléans, Unité INFOSOL, avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Olivet
(2) Chambre Régionale Languedoc-Roussillon, Maison des agriculteurs, A CS 30012, Mas de Saporta, 34875 Lattes
(3) CRA Rhônes-Alpes, SIRA, 5 rue H. Frenkel 69364 Lyon Cedex 07
(4) Chambre Régionale Poitou-Charentes (Poitiers, France)
(5) Institut Supérieur d`Agriculture, BP 30313, rue Pierre Waguet, 60026 Beauvais
(6) ENESAD CNERTA (Dijon, France)
(7) Société du Canal de Provence, Le Tholonet, BP 100, 13603 Aix-en-Provence
(8) Association pour la Relance Agronomique en Alsace, 2 rue de Rome, 67309 Schiltigheim
(9) Institut Supérieur d`Agriculture, 41 rue du Port, 59046 Lille
Résumé :
Pour favoriser l`utilisation des données d`I.G.C.S., il faut être en mesure d`identifier les utilisateurs, de connaître leurs besoins, de susciter leur intérêt pour les données sols. Un état des lieux de l`utilisation des données I.G.C.S. en France a donc été réalisé par un groupe de travail et une base de données a été développée pour stocker l`information recueillie.
92 demandes ont ainsi été recensées. Leur analyse a montré que les maîtres d`ouvrage régionaux doivent faire face à une demande accrue en données sols, essentiellement pour le domaine de l`agriculture et de l`agri-environnement. On voit apparaître une augmentation et une diversification des demandes externes. Cependant, les données sols restent sous-utilisées dans certains domaines tels que l`aménagement du territoire. Nous avons surtout recensé des demandes portant sur des zones assez vastes avec utilisation de données à moyenne ou à petite échelle. Une constante reste l`implication forte du maître d`ouvrage régional qui dans 80 % des cas, a dû fournir une donnée élaborée, le demandeur n`étant souvent pas en mesure de traiter les données sols lui-même.
Modélisation et cartographie de l`aléa d`érosion des sols à l`échelle régionale - Exemple du département de l`Aisne | p 307-322
Auteurs :
Y. Le Bissonnais(1), N. Dubreuil(1), J. Daroussin(1) et M. Gorce(3)
Adresse :
(1) INRA CR d`Orléans, UR Science du Sol, avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45160 Olivet, France.
(2) INRA, CR d`Orléans, Unité INFOSOL, avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Olivet
(3) Chambre d`Agriculture de l`Aisne, 02000 Laon, France.
Résumé :
L`érosion des sols représente un risque important pour les espaces agricoles et les zones situées à l`aval : pertes en terre, coulées de boue, turbidité et pollution des eaux. Au delà de l`érosion bien connue qui existe en montagne et dans les vignobles de coteaux, différents types de phénomènes érosifs ont été mis en évidence plus récemment dans les régions de grande culture : érosion diffuse et érosion de thalweg par concentration du ruissellement produit par de vastes parcelles agricoles imperméabilisées par la battance et le tassement des sols, érosion en rigoles sur des coteaux en culture de printemps. Ces phénomènes d`érosion des sols résultent de l`interaction entre de nombreux paramètres, dont certains sont permanents comme ceux relatifs au sol ou à la topographie, alors que d`autres évoluent dans le temps, comme l`occupation du sol, ou présentent un caractère aléatoire comme les précipitations. Un modèle, de type système expert, a été élaboré pour combiner dans un Système d`Information Géographique les principaux paramètres explicatifs de l`érosion des sols et pour cartographier les risques d`érosion en chaque saison à l`échelle de la France. Un exemple d`application de ce modèle au département de l`Aisne est présenté.
Le résultat cartographique permet de faire un état des lieux de l`aléa érosion sur le département ; il pourrait aussi constituer le point de départ à la mise en oeuvre d`une gestion coordonnée des actions de lutte contre l`érosion des sols. Une réactualisation sera possible, après mise à jour des données CORINE land Cover (2004) ou du RGA. On pourra ainsi comparer l`évolution des surfaces sensibles à l`érosion, et mesurer l`impact potentiel de la modification des paysages.
Les résultats de ce modèle peuvent aussi servir à hiérarchiser et sélectionner des bassins versants particulièrement sensibles à l`érosion des sols qui pourraient servir de références pour simuler, à l`aide de modèles plus fins, différents scénarios d`aménagements et d`événements climatiques extrêmes. Il s`agit donc d`un outil de gestion pour la protection des sols et de l`environnement. Ce type d`application pourrait être envisagé dans l`ensemble des régions dans lesquelles les données cartographiques sur les sols sont disponibles.
La réalisation de la base de données géographique des sols d`Italie à l`échelle de 1/250 000 | p 335-348
Auteurs :
N. Filippi
Adresse :
CE Centre Commun de Recherches, IES, Unité sols et déchets, TP 280, 21020 Ispra (VA), Italia
Résumé :
Après la Carte de Sols au 1/1 000 000 (1966), une quantité considérable d`études pédologiques locales a été réalisée en Italie de façon dispersée et non harmonisée. Toutefois, une bonne part de l`information disponible sur les sols se caractérise par une cohérence conceptuelle, du fait de liens plus ou moins étroits existant entre les différentes équipes locales et l`école de pédologie de l`Université de Florence (Mr. Principi et par la suite Mr. Mancini).
En 1998-1999 trois programmes à vocation nationale, pour la réalisation des bases de données pédologiques à 1/250 000, ont été mis en oeuvre:
- «Méthodologies pédologiques» pour la «Carte des sols d`Italie»;
- «Carte écopédologique»;
- «Carte des sols d`Italie».
Par manque d`une structure administrative ayant en charge la coordination des différents programmes au niveau national, plusieurs institutions impliquées ont signé des contrats de collaboration pour réduire la dispersion des efforts et aider à la cohérence de l`ensemble.
L`un des cadres de référence commun a été le Manuel des procédures pour la base de données géoréférencée des sols de l`Europe. Ce Manuel a été produit par un groupe de travail international, mis en place par le réseau du Bureau Européen des Sols, afin de favoriser l`harmonisation des bases de données géoréférencées sur les sols en Europe.
Quelques exemples sont présentés pour illustrer la méthode de travail et les résultats acquis par les trois programmes.
Quelques données sur les activités du Service d`Etude des Sols et de la Carte Pédologique de France | p 353-369
Auteurs :
M. Jamagne(1) et J. Boulaine(2)
Adresse :
(1) INRA, Unité Infosol, Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex
(2) Académie d`Agriculture de France, 18 rue de Bellechasse, 75007 Paris
Résumé :
Cette note retrace brièvement les principales étapes dans les activités du Service d`Etude des Sols et de la Carte Pédologique de France depuis sa création en 1968 jusqu`à la fin des années 90 lorsque les programmes IGCS: Inventaire, Gestion et Conservation des Sols et CPF: Connaissance Pédologique de la France ont pris le relais dans le cadre de la nouvelle unité INFOSOL.
Les différentes périodes d`évolution intervenues y sont décrites : approches cartographiques, stockage et transmission des informations, élaboration des cartes de sols, valorisation des données acquises.
Les recherches associées à ces travaux d`inventaire y sont rappelées, tant dans le domaine fondamental que dans ceux des progrès méthodologiques et des actions plus appliquées.
La participation du Service aux principaux programmes européens, en tant que plate-forme de référence au plan national et international, y est également mentionnée.

2004 - Volume 11 - Numéro 4

Action combinée des pratiques culturales et des lombriciens sur le sol - Morphologie porale, conductivité hydraulique et communautés lombriciennes suivant trois systèmes de culture | p 393-402
Auteurs :
M. Lamandé(1), G. Pérès(3), V. Hallaire*(1), P. Curmi(1)(2) et D. Cluzeau(3)
Adresse :
(1) INRA, Unité Sol et Agronomie Rennes Quimper, 65, route de Saint-Brieuc, 35042 Rennes
(2) ENESAD, Département Agronomie et Environnement, Équipe Milieu Physique et Environnement,
26, bd Dr Petitjean, BP 87999, 21036 Dijon Cedex
(3) CNRS, UMR 6553 `Ecobio` - Laboratoire d`Ecologie du Sol et de Biologie des Populations, Station Biologique,
35380 Paimpont
* Auteur correspondant : hallaire@roazhon.inra.fr
Résumé :
L`activité des lombriciens et les pratiques culturales entraînent des modifications de la porosité à différents niveaux d`analyse, notamment celui de la mésoporosité (pores de diamètre équivalent compris entre 30 et 1 000 μm), où l`eau peut être faiblement retenue ou s`écouler lentement. L`évolution de la structure des sols en zone tempérée, est peu décrite à ce niveau d`analyse. L`objectif de cette étude est de comprendre, à travers la comparaison de trois systèmes de culture, les effets de communautés lombriciennes naturellement présentes et des pratiques culturales sur les relations entre la morphologie de la mésoporosité et le comportement hydrodynamique de l`horizon de surface d`un sol.
Le dispositif expérimental est composé d`une monoculture de maïs fertilisée au lisier, d`une rotation maïs/raygrass (1 an / 3 ans) en phase prairie également fertilisée au lisier et d`une prairie ancienne pâturée (association raygrass - trèfle blanc). L`horizon 0-10 cm du sol a fait l`objet d`une caractérisation morphologique de la mésoporosité par analyse d`images 2D de résolution spatiale 40 μm.pixel-1 et de mesures de la porosité totale. Les courbes de conductivité hydraulique en fonction du potentiel matriciel ont été calculées à partir de mesures d`infiltration à quatre potentiels (-0,05 ; -0,2 ; -0,6 ; et -1,5 kPa) réalisées à la surface du sol à l`aide d`infiltromètres à disque. L`utilisation d`eau teintée au bleu de méthylène a permis d`identifier la porosité fonctionnelle. Les communautés lombriciennes, extraites au terrain, ont été caractérisées par le nombre d`individus, les espèces présentes et la structure écologique fonctionnelle (catégorie écologique couplée au stade de développement).
Les pratiques culturales influencent significativement les communautés lombriciennes en termes d`abondance des individus et de diversité fonctionnelle. Dans le maïs, le petit nombre de pores tubulaires est lié à la faible abondance de vers, en particulier des anéciques, et de racines. Dans la prairie pâturée, le tassement par piétinement de bovins affecte les pores d`assemblage d`agrégats. La forte conductivité hydraulique dans la prairie de rotation est due à une diversité lombricienne plus grande que dans le maïs et à l`absence de piétinement par rapport à la prairie pâturée. L`analyse morphologique de la mésoporosité a permi d`expliquer les différences de fonctionnement hydrodynamique mesurées entre les trois parcelles. Des relations entre communautés lombriciennes et propriétés physiques ont été analysées grâce à une méthodologie originale qui prend en compte la diversité des espèces, ainsi que des paramètres morphologiques et physiques correspondant à un niveau d`analyse peu exploré.
Evolution sur 12 ans de la solubilité, mobilité et lixiviation du phosphate dans un sol ayant massivement reçu du lisier | p 403-418
Auteurs :
C. Morel(1), C. Cachot(2), J. Martinez(2), P. Peu(2), F. Elsass(3), M. Robert(3) et J.-Cl. Fardeau(3)
Adresse :
(1) UMR-TCEM INRA-ENITA, BP 81, 33883 Villenave d`Ornon Cedex
(2) CEMAGREF, Unité de Recherche ` Gestion des Effluents d`Elevage et des déchets Municipaux `
CS 64427, 17 avenue de Cucillé, 35044 Rennes Cedex
(3) INRA, Science du sol, Route de St Cyr, 78000 Versailles
Résumé :
La solubilité et la mobilité du phosphore (P) ont été déterminées dans des échantillons de terre prélevés en 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1999 et 2002 dans les horizons 0-20 cm, 20-40 cm et 40-60 cm d`un dispositif expérimental comprenant une parcelle témoin ne recevant ni lisier ni phosphore et quatre parcelles ayant reçu les mêmes quantités massives de lisier de porc entre mars 1991 et octobre 1995 puis plus rien. Le dispositif a été cultivé en permanence avec du ray-grass. La solubilité du phosphore a été évaluée par un dosage colorimétrique de la concentration (Cp) des ions phosphate (Cp, mg P l-1) dans la solution filtrée (0,2 μm) d`une suspension de terre de 1 g et 10 ml à l`état stationnaire. Dans cette même suspension, la mobilité du phosphore a été quantifiée par le transfert (Pr) d`ions phosphate à l`interface solide-solution en utilisant le traçage isotopique au phosphore 32 (32PO4) et en analysant la dilution isotopique (32PO4/31PO4) des ions phosphate en solution. La quantité de P drainé à 80 cm a été déterminée tous les ans en multipliant le volume d`eau drainée par leur concentration en P total. Près de 4 900 m3 ha-1 de lisier ont été apportés au total ce qui représente 7 964 kg P ha-1. La valeur de Cp passe de 0,06 en 1991 à 12,0 mg P l-1 dans la couche 0-20 cm de sol, de 0,02 à 3,8 mg P l-1 dans la couche 20-40 cm et de < 0,01 à 0,18 mg P L-1 dans la couche 40-60 cm. Dès l`arrêt des épandages, Cp diminue notablement dans la couche 0-20 cm mais continue d`augmenter très significativement dans les couches 20-40 cm et 40-60 cm sans se stabiliser. Pour l `ensemble de la période étudiée, la dynamique de la mobilité du P est très précisément décrite par la cinétique de Freundlich suivante : Pr = 28,1Cp0,41 t0,28, 24 obs. (r2 = 0,99). Après 12 années de suivi, le P drainé à 80 cm (en moyenne 331 mm d`eau drainée) reste faible (<0,1 kg P ha-1) et invariant dans le temps. Le P du lisier n`a toujours pas atteint la profondeur de 80 cm. La forte réactivité des constituants de ce sol vis-à-vis des ions phosphate retarde sa migration en profondeur. Cependant cette migration reste une réalité et le transfert de phosphore dans les eaux de drainage pourrait prochainement augmenter significativement pour durer de nombreuses années.

2003 - Volume 10 - Numéro 1

Un zonage viticole appliqué, basé sur la méthode des secteurs de référence, en vignoble de Cognac (France) | p 35-42
Auteurs :
C. Cam(1), P. Vital(2), J.-L. Fort(1), Ph. Lagacherie(3) et R. Morlat(4)
Adresse :
(1) Chambre Régionale d`Agriculture Poitou-Charentes
(2) Coopérative Agricole Syntéane, Saintes
(3) UMR ENSAM-INRA Sols et Environnement, Montpellier
(4) Unité expérimentale Vigne et Vin, Centre INRA Angers
Résumé :
Dans les Charentes, en réponse à une crise de production du vignoble destiné à la production de Cognac, un plan de diversification viticole pour des vins de pays de qualité est mis en place. Il nécessite une connaissance des sols et de leurs caractéristiques viticoles pour orienter le choix des types de vins et adapter l`itinéraire technique de production.
Afin de permettre une caractérisation rapide de l`ensemble du vignoble avec des coûts d`investigations limités, des secteurs de références (aires-échantillon d`extension limitée mais représentatives) ont été choisis à l`aide des cartes pédologiques à 1/250000, et précisés par des visites de terrain. Ces secteurs de référence ont fait l`objet d`une cartographie pédologique fine qui a permis de définir les différents types de sol et leur mode d`organisation spatiale. A partir d`observations détaillées et d`analyses effectuées sur des profils représentatifs de chaque type de sol, les potentialités et les contraintes agro-viticoles sont analysées selon une démarche collective associant chargés d`études pédologiques, techniciens locaux, viticulteurs et experts viti-vinicoles. Cette analyse débouche sur des recommandations relatives au choix de cépage, de porte-greffe, de pratiques viticoles susceptibles d`exploiter au mieux la potentialité de chaque type de sol, considéré ici comme unité de terroir. L`extension des résultats à l`ensemble du vignoble est réalisée au moyen de cartes d`extrapolation
associées à des clefs de détermination qui permettent en priorité au technicien viticole mais aussi au viticulteur d`identifier l`unité de sol de chaque parcelle et d`utiliser les recommandations relatives à celle-ci. L`ensemble des résultats obtenus est par ailleurs largement diffusé auprès de tous les acteurs de la filière selon des médias adaptés.
Après trois ans de travail sur cinq secteurs de référence, les résultats sont positifs et la méthode a fait les preuves de son efficacité. Cette approche de la notion de terroir est un élément fédérateur de tous les acteurs viticoles et un élément structurant permettant d`organiser l`acquisition progressive de références propres au vignoble concerné. Dans cette perspective, des réseaux de suivi s`installent. Par ailleurs, la caractérisation des terroirs sera complétée par des études climatiques.
Comparaison de la synthèse de cartes de sol et de la segmentation d`images satellitales pour l`élaboration d`une carte des sols au 1 :250 000 - Application à une zone de la Lorraine | p 43-60
Auteurs :
M-C. Girard(1), M. Gury(2) et L. Florentin(3)
Adresse :
(1) INA PG, UFR Dynamique des milieux et organisations spatiales. BP1 78850 Grignon
(2) Faculté des Sciences, Laboratoire de Science du Sol, BP 239, 54506 Vandoeuvre les Nancy cedex
(3) INP-ENSAIA, Sol et environnement. BP 172 - 54505 Vandoeuvre-Les-Nancy
Résumé :
Dans le cadre de l`élaboration de la couverture complète de la France en carte au 1/250 000, deux approches sont comparées : une méthode dite par synthèse et une méthode dite par segmentation. Un auteur a interprété les images SPOT et les cartes disponibles ; il en a tiré une représentation des pédopaysages par méthode par segmentation, et ce, sans utiliser les cartes pédologiques ; puis la carte a été mise sous SIG. Les autres auteurs ont interprété leurs cartes pédologiques au 1/100000 pour constituer une carte de pédopaysages au 1/250000 qui a été mise sous SIG.
La ressemblance globale des deux cartes issues des deux approches est estimée à 88,8 % par la méthode des possibilités. Il en ressort que la méthode par synthèse est la moins onéreuse sur un territoire où l`on dispose déjà des informations pédologiques nécessaires et que, sur un territoire où l`information disponible est insuffisante, la démarche par segmentation est la plus rapide et économiquement la seule acceptable.

2003 - Volume 10 - Numéro 2

Comportement et organisation de sols de Boulbène dans le Tarn - Quelques éléments sur le passage d`une structure prismatique à une structure vertique dans les horizons enrichis en argile | p 71-80
Auteurs :
J.C. Michel(1), D. Tessier(2) et J.C. Favrot(3)
Adresse :
(1) UMR A-462 SAGAH INRA/INH/Université d`Angers, Sciences AGronomiques Appliquées à l`Horticulture,
42, rue Georges Morel, 49071 Beaucouzé
(2) INRA, Science du Sol, route de Saint-Cyr, 78026 Versailles
(3) INRA-ENSA, Place Viala, 34060 Montpellier
Résumé :
Dans la région Sud-Ouest de la France, les sols développés sur les alluvions anciennes de la vallée du Tarn (appelés encore boulbène)
présentent, malgré une évolution pédologique comparable, des horizons B argilliques à structures très différentes (prismatique ou vertique)
en fonction de leur position topographique.
Les données classiques montrent que les teneurs en argile des horizons argilliques oscillent entre 36 et 55 % dans les faciès prismatique à vertique. Leur nature minéralogique est sensiblement comparable (illites-smectites), avec cependant un caractère smectitique plus marqué dans le faciès vertique. Les cations échangeables sont essentiellement Ca, Mg, Na et K, avec un rapport Ca/Mg respectivement voisin de 2 et 3 pour les faciès prismatique et vertique (tableau 1).
En fonction du type de structure, les courbes de dessiccation/humectation présentent des comportements macroscopiques extrêmes. Le gonflement atteint respectivement 3 et 25 % dans les faciès prismatique et vertique et semble avant tout à relier à l`aptitude de l`argile à devenir plus dense par dessiccation, et non à l`obtention d`une teneur en eau supérieure aux hauts états d`hydratation.
La présence d`une structure prismatique est associée à : (1) un faible gonflement et une légère déformation horizontale, (2) la présence d`oxydes de fer cimentant les cristallites d`argiles et (3) une orientation isotrope des particules argileuses. Cette organisation engendre une structure rigide avec une très faible variation de volume. En revanche, la structure vertique est caractérisée par (1) un matériau partiellement déferrifié, (2) un fort gonflement et, (3) une importante déformation quasi isotrope.
Cette évolution d`une structure prismatique à vertique peut être corrélée aux ondulations du micro-relief. Des conditions d`hydromorphie temporaire apparaissent principalement dans de légères dépressions, entraînant la dissolution des oxydes de fer. Il en résulte une aptitude du matériau argileux à se compacter en conditions sèches mais aussi de retenir plus d`eau et de gonfler plus largement en conditions humides. Le gonflement du sol devient alors suffisant pour provoquer sa rupture par cisaillement et la formation de plans de glissement caractéristiques de ce type de faciès et, in fine, entraîner une micro-division des particules argileuses. Ainsi, le passage d`une structure prismatique à une structure vertique et leurs propriétés hydrauliques respectives sont donc principalement à relier à l`évolution de la taille, de l`arrangement et du degré de cimentation des particules argileuses plutôt qu`à un changement d`ordre minéralogique.
Utilisation d`un secteur de référence pour désagréger les unités cartographiques complexes d`un référentiel régional pédologique - Un premier essai en plaine viticole héraultaise | p 81-94
Auteurs :
J. Oballos(1) et P. Lagacherie(2)
Adresse :
(1) Universidad de Los Andes, Merida, Venezuela
(2) Laboratoire sur les Interactions Sols, Agrosystèmes et Hydrosystèmes (UMR INRA-ENSAM-IRD LISAH)
2, place Viala, 24060 Montpellier cedex 1
Résumé :
Compte tenu de la complexité des couvertures pédologiques étudiées, les référentiels régionaux pédologiques réalisés en France au 1/250000 délimitent des unités de paysage regroupant plusieurs unités typologiques de sol (UTS). Les propriétés des sols intéressant les utilisateurs étant décrites au niveau de ces UTS, leur non-délimitation des UCS est un frein important à l`utilisation effective des référentiels pédologiques régionaux. Pour surmonter cette difficulté, nous proposons de délimiter les UTS en utilisant des lois ` sols-paysages ` préalablement établies à partir d`une cartographie pédologique détaillée d`un secteur de référence représentatif. Les lois ` sols-paysages ` sont formalisées à partir des données du secteur de référence par construction interactive d`un arbre de classification utilisant une interface informatique aisément utilisable par un pédologue cartographe. Cette démarche a été testée en plaine viticole Héraultaise sur une UCS majeure du référentiel pédologique régional du Languedoc-Roussillon. L`arbre de classification obtenu utilise des variables aisément disponibles sur l`ensemble de l`UCS (distance aux UCS voisines, altitude relative et pente) et permet d`isoler avec une probabilité satisfaisante deux des quatre UTS majeures décrites dans l`UCS étudiée, les deux UTS restantes ne pouvant être localisées qu`en association avec une seconde. Les prédictions obtenues s`avèrent cohérentes avec les superficies respectives des UTS données par le référentiel régional pédologique.
Les sons de la houe dans la caractérisation des sols - L`exemple des paysans du Nord-Cameroun | p 121-128
Auteurs :
Ch. Seignobos
Adresse :
IRD – US Jachère
2051, av. Du Val de Montferrand
B.P. 5045 - 34032 Montpellier cedex
Résumé :
Dans le nord du Cameroun, certaines ethnies caractérisent leurs sols en fonction des bruits produits par la houe qui les travaille.
Ces sons, désignés par des idéophones, ne sont pas des onomatopées même si quelques-uns semblent s`en être inspirés. Ils appartiendraient plutôt à un sous-système lexicalisé. Ils peuvent s`entendre dans quelques cercles de villages ou être, au contraire, trans-ethniques. Ces idéophones permettent d`entrer dans la nuance des sols intergrades non référencés. Toutefois, ils connotent moins les qualités agronomiques des sols que la facilité ou la pénibilité de leur mise en culture.
Depuis plusieurs décennies, ces connaissances régressent chez les jeunes adultes, en grande partie en raison du développement de la culture mécanisée.

2003 - Volume 10 - Numéro 3

Cartographie des propriétés hydriques des sols à partir de la lithologie et des pentes. Application au bassin versant de la Moine (Maine-et-Loire, France) | p 155-170
Auteurs :
F. Laurent(1) et J.-P. Rossignol(2)
Adresse :
(1) UMR Espaces Géographiques et Sociétés, Université du Maine, avenue Olivier Messiaen, 72085 Le Mans cedex 9
(2) UMR SAGAH (Sciences Agronomiques appliquées à l`Horticulture), Institut National d`Horticulture,
2 rue Le Nôtre, 49045 Angers cedex 01
Résumé :
L`identification des caractéristiques hydriques des sols est nécessaire à l`évaluation des risques de pollution diffuse. Or, ces propriétés des sols sont rarement cartographiées sur des étendues suffisantes pour pouvoir être intégrées dans les outils de diagnostic.
Nous proposons une méthode d`estimation des propriétés hydriques des sols s`appuyant sur des données géologiques et topographiques, aisément accessibles au 1/50 000, sur des sondages à la tarière et sur un traitement au moyen d`un Système d`Information Géographique. La méthode est appliquée à un territoire de 382 km2 du Maine-et-Loire, le bassin versant de la Moine. Les propriétés estimées par des fonctions de pédotransfert (Réserve Utile, profondeur du sol et épaisseur affectée par l`hydromorphie) suivent une loi d`organisation spatiale assez manifeste selon la pente et la lithologie du matériau, comme le confirme une analyse de la variance. L`identification de ces liens sur 753 sondages à la tarière nous conduit à construire des cartes de propriétés des sols. Ces cartes permettent de déterminer des entrées essentielles pour la modélisation de la pollution diffuse.
Fonctionnement hydrodynamique et différenciation pédologique d`une couverture de sol limoneux hydromorphe en Bassin Parisien | p 173-190
Auteurs :
J. Nicole(1, 2), Y. Coquet(1), P. Vachier(1), J. Michelin(1), L. Dever(2)
Adresse :
(1) UMR Environnement et Grandes Cultures, INRA/INAPG, BP 01, 78850 Thiverval-Grignon
(2) Laboratoire d`Hydrologie et de Géochimie Isotopique, Bâtiment 504 - Université Paris-Sud, 91405 Orsay Cedex
Résumé :
La stratification des matériaux géologiques du plateau des Alluets-Le-Roi (Yvelines) est classique d`un bon nombre de plateaux de la région parisienne : un placage de limons d`une épaisseur de deux mètres repose sur une formation d`argile à meulières de Montmorency qui couronne les sables et grès de Fontainebleau. La formation d`argile à meulières constitue un imperméable discontinu sur lequel peut se former une nappe perchée temporaire. L`objectif de cette étude est de caractériser le fonctionnement hydrodynamique d`une parcelle du plateau et sa relation avec l`évolution pédogénétique du limon carbonaté originel.
La localisation dans l`espace et le suivi de la nappe temporaire nous ont permis de comprendre le fonctionnement hydrodynamique du système sol/sous-sol. Une partie importante des précipitations ruisselle et se concentre pour s`infiltrer préférentiellement dans les dépressions topographiques. Au droit de celles-ci se forment les dômes piézométriques de la nappe. Celle-ci s`écoule latéralement vers des exutoires constitués par des chenaux ou fenêtres drainantes au sein de l`argile à meulières, pour aller recharger la nappe sous-jacente des sables de Fontainebleau. L`extension locale de la nappe temporaire est faible : on compte 40 m de distance entre la zone de recharge et l`exutoire. En relation avec les zones d`écoulement préférentiel de l`eau au sein de la couverture pédologique, une différenciation latérale des sols est mise en évidence. Nous observons au niveau des dômes topographiques, la présence d`un LUVISOL dans lequel l`engorgement temporaire laisse des traces d`oxydo-réduction sous forme de taches et de concrétions ferro-manganiques. Par contre, au niveau des dépressions topographiques, correspondant aux zones d`infiltration préférentielle de l`eau, l`évolution pédogénétique est telle que l`on rencontre un LUVISOL-RÉDOXISOL DÉGRADÉ plus ou moins glossique. L`étude géophysique de la parcelle par la méthode électrique (Wenner standard) a permis d`obtenir une image quasi-continue de la répartition de la résistivité dans le sol. On constate une bonne analogie entre la résistivité apparente et l`organisation de la couverture pédologique. Ainsi, il est possible de suivre la limite marquée par le contraste de résistivité existant entre l`horizon E éluvié et l`horizon BT illuvié, cette limite étant plus profonde dans les LUVSOLS-RÉDOXISOLS DÉGRADÉS glossiques.

2003 - Volume 10 - Numéro 4

La qualité des sols forestiers français | p 263-286
Auteurs :
J. Ranger et Cl. Nys
Adresse :
INRA Centre de Nancy
Unité Biogéochimie des Ecosystèmes Forestiers
54280 Champenoux
Résumé :
La qualité des sols forestiers est abordée en identifiant les contraintes liées à leur spécificité d`une part, et au traitement des forêts d`autre part.
L`intensification de la sylviculture se traduit par une demande accrue à l`écosystème, dans un contexte général d`essences frugales en apparence seulement, de sols aux réserves limitées, et de restitutions rarement pratiquées.
Cet article passe en revue les contraintes physiques et chimiques liées aux aménagements sylvicoles. Les contraintes pour la biologie du sol ne sont pas abordées ici.
La stratégie des aménagements doit donc éviter au maximum les dégradations dans un contexte socio-économique où la remédiation est difficile, coûteuse et non souhaitée.
La notion d`indicateur de la qualité des sols forestiers est abordée : elle passe nécessairement par un approfondissement des connaissances sur leur fonctionnement et leur dynamique. L`association des sites-ateliers de recherche, où sont acquises ces données sur les mécanismes à partir desquelles s`élaborent des modèles à base mécaniste, et les observatoires de type réseau.Renécofor et réseau européen, doit conduire à la définition de critères opérationnels de qualité des sols. Il faut noter le caractère évolutif de cette notion en relation avec les fonctions à privilégier : ce domaine est actuellement en pleine redéfinition, puisque la fonction de production n`est plus nécessairement prédominante.
Rôle des propriétés physiques des sols et de leur variabilité spatiale sur les flux d`eau | p 287-298
Auteurs :
D. King(1), A. Bruand(2), I. Cousin(1) et J. Hollis(3)
Adresse :
(1) INRA, Centre de recherche d`Orléans. Unité de Science du Sol, BP 20619, 45166 Olivet, France
(2) ISTO, Institut des Sciences de la Terre d`Orléans, Université d`Orléans, Géosciences, BP 6759,
45067 Orléans Cedex, France
(3) NSRI, Cranfield University, Silsoe College, Bedfordshire, MK45 4DT Silsoe, UK
Résumé :
Les sols ont un rôle régulateur évident sur les flux d`eau au travers de leurs propriétés hydrodynamiques qui agissent sur les processus d`infiltration, de stockage et de ruissellement. Ces propriétés influencent également la qualité de l`eau puisque les échanges aux interfaces sont conditionnés par les temps de transfert. La gestion de l`eau dans les sols a longtemps été la préoccupation de la production agricole tant pour limiter les excès d`eau (drainage) que pour palier les insuffisances climatiques (irrigation). Les nouveaux objectifs environnementaux impliquent une réactualisation des connaissances sur les propriétés physiques des sols, notamment avec la prise en compte de leur variabilité spatiale aux différentes échelles.
Le présent article se focalise sur les verrous actuels et propose plusieurs champs d`étude en relation avec les nouveaux moyens de mesure désormais à notre disposition. Aux échelles détaillées, il est nécessaire de développer une approche tridimensionnelle de la porosité et des flux hydriques ainsi qu`une meilleure connaissance de l`influence de la nature et de l`histoire des matériaux sur les propriétés physiques. Aux plus larges échelles, la question demeure celle de la généralisation spatiale de mesures ponctuelles et coûteuses. Différentes pistes sont examinées : les méthodes géophysiques non destructives, les fonctions de pédotransfert établies sur des bases déterministes et les nouvelles méthodes de spatialisation numérique combinant des données ponctuelles avec des mesures spatiales et exhaustives.
Enfin, une gestion des risques de dégradation est proposée face aux menaces qui pèsent sur les propriétés physiques des sols: tout d`abord, par une intégration du suivi de ces propriétés dans les systèmes de surveillance des sols à long terme ; ensuite, par une utilisation accrue des outils de gestion de la politique agricole commune pour orienter les pratiques agricoles ; enfin, par le développement d`une modélisation capable d`intégrer des connaissances ` incertaines ` et peu nombreuses dans la gestion des flux d`eau aux différentes échelles d`espace et de temps. Ces orientations devraient apporter une aide aux acteurs et gestionnaires des territoires qui se trouvent confrontés à la complexité de la diversité et de la variabilité spatiale des sols.
Les émissions de protoxyde d`azote (N2O) d`origine agricole. Évaluation au niveau du territoire français | p 315-330
Auteurs :
J.-Cl. Germon(1), C. Hénault(1), P. Cellier(2), D. Chèneby(1), O. Duval(3), B. Gabrielle(2), P. Laville(2), B. Nicoullaud(3) et L. Philippot(1)
Adresse :
(1) INRA / Université de Bourgogne, UMR Microbiologie et Géochimie des Sols, 17 rue Sully, BP 86 510, 21065 Dijon Cedex
(2) INRA / INAPG, UMR Environnement et Grandes Cultures, 78850 Thiverval Grignon, France
(3) INRA Unité de Science du Sol, BP 20619, Ardon, 45166 Olivet Cedex – France
Résumé :
L`évaluation des émissions de N2O au niveau du territoire français au titre de la Convention des Nations Unies sur le Changement Climatique est réalisée actuellement à l`aide de la méthodologie proposée par l`IPCC ; les émissions comptabilisées ne prennent en compte que celles découlant des activités humaines et sont estimées à 259 103 t/an dont 176 103 t, soit 68 %, sont issues des activités agricoles. Au niveau du territoire français, N2O est considéré responsable de 15 % de la contribution à l`accentuation de l`effet de serre, et vient ainsi en second après CO2 (68 %) et devant CH4 (14 %). Cette évaluation découle d`une approche globale qui demande à être affinée pour mieux analyser l`origine des émissions et dégager des méthodes permettant de les réduire. Il est rappelé l`importante incertitude sur les évaluations définies par cette méthode. Les mesures actuellement disponibles à partir du territoire français laissent penser que les émissions directes à partir des apports de fertilisants sont vraisemblablement surestimées et qu`il convient d`acquérir des données complémentaires pour proposer une évaluation alternative à celle définie par la méthodologie IPCC. La comparaison des contributions respectives au potentiel de réchauffement global des émissions de N2O d`une part, et des capacités de déstockage et de restockage de carbone d`autre part, souligne la place déterminante de N2O dans la contribution des sols à l`effet de serre et l`impérative nécessité de s`intéresser à la maîtrise des émissions de ce gaz dans la définition de stratégies visant à limiter la contribution de l`agriculture au réchauffement climatique.

2002 - Volume 9 - Numéro 2

Mise en valeur des Ferralsols de la région du Cerrado (Brésil) et évolution de leurs propriétés physiques : une étude bibliographique | p 83-104
Auteurs :
L.C. Balbino(1)(2), M. Brossard(3), J-C Leprun(4) et A. Bruand(5)
Adresse :
(1) INRA, Unité de Science du Sol. Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex, France
(2) EMBRAPA Arroz e Feijão, BP 179, 75375-000 Santo Antônio de Goiás, GO, Brésil
(3) IRD/EMBRAPA Cerrados, BP 7091, 71619-970 Brasília, DF, Brésil
(4) IRD, BP 5045, 34032 Montpellier Cedex, France
(5) Institut des Sciences de la Terre d`Orléans (ISTO), Université d`Orléans, BP 6759, 45067 Orléans Cedex 2, France
Résumé :
Le Cerrado recouvre 206 millions d`hectares et représente environ un quart du territoire Brésilien. Cette région correspond originellement à des écosystèmes de type savane tropicale. Le développement de l`agriculture n`y débute réellement qu`à la fin du XIXème siècle, s`accélère au XXème siècle durant les années trente et atteint son maximum entre les années 60 et 80. Aujourd`hui, cette région, où les surfaces affectées à l`activité agricole n`augmentent plus que très lentement, voit sa structure foncière évoluer avec le développement des grandes exploitations et le potentiel agricole de ses sols de plus en plus fréquemment dégradé par des pratiques agricoles extractivistes.
Dans ce contexte, les Ferralsols qui couvrent environ la moitié de la surface du Cerrado constituent un modèle très sensible, leurs propriétés chimiques et physiques pouvant être rapidement affectées par les pratiques agricoles. S`il est bien établi que la fertilité chimique est rapidement affectée par la mise en culture, cela apparaît être nettement moins bien établi pour la fertilité physique. En effet, l`analyse détaillée de la littérature montre que si la gestion de la fertilité chimique des Ferralsols pour de nombreuses cultures repose aujourd`hui sur de nombreux travaux, la gestion de la fertilité physique est en revanche moins bien établie. Les études révèlent que la mise en culture s`accompagne d`une importante et rapide évolution de la porosité en surface qui se traduit fréquemment par une augmentation de la masse volumique alors que celle-ci est faible sous végétation naturelle, en particulier dans les Ferralsols argileux. On observe alors une diminution de la stabilité structurale, un accroissement de la proportion d`argile dispersable dans l`eau, une augmentation de la résistance à la pénétration et une plus faible conductivité hydraulique.
Enfin, si un certain nombre d`études ont bien montré comment évoluaient les propriétés physiques en fonction de l`usage des Ferralsols, il n`en reste pas moins que la qualité des résultats obtenus est encore très inégale et que les études sont très partielles. Il en résulte que ces résultats sont difficilement généralisables à l`ensemble des Ferralsols du Cerrado. Par conséquent, le rôle de l`évolution des propriétés physiques dans celle de l`évolution globale de la fertilité de Ferralsols lorsqu`ils sont mis en culture reste difficile à cerner.
Inventaire et surveillance des sols en Europe | p 137-149
Auteurs :
D. King(1) et L. Montanarella(2)
Adresse :
(1) INRA, Centre de Recherche d`Orléans, Unité de Science du Sol, BP 20619, 45166 Olivet Cedex, France
(2) COMMISSION EUROPEENNE, Centre Commun de Recherche, 21020 Ispra (VA), Italie
Résumé :
Une revue des programmes d`inventaire et de surveillance des sols en Europe montre qu`il existe de très fortes disparités entre les pays. Cela peut être attribué à des raisons historiques, sociales ou politiques. Des inventaires ont été lancés depuis longtemps dans presque tous les pays d`Europe mais peu ont actuellement abouti à une couverture complète des territoires. Seuls les pays de l`Europe centrale et orientale ont achevé des programmes d`inventaire à des échelles parfois très détaillées. Dans le domaine de la surveillance, les programmes sont encore plus limités malgré une demande pressante de connaissances sur la dégradation des sols à long terme.
Au travers du Bureau Européen des Sols et de l`Agence Européenne de l`Environnement, des actions internationales ont été entreprises. L`une d`entre elles a permis d`établir une base de données géographique des sols à l`échelle du 1/1 000 000 qui sert d`ores et déjà dans plusieurs programmes appliqués. La surveillance des sols a également fait l`objet d`un programme international mais qui s`est limité aux sols forestiers. Le suivi de la qualité des sols agricoles représente pourtant un enjeu essentiel dans les années à venir.
Grâce à ces différentes actions, les scientifiques et producteurs de données ont progressé dans l`harmonisation et l`échange de leurs bases de données. Par contre, la coordination des différentes demandes d`utilisation des informations sur les sols reste à développer au sein même de la Commission Européenne. Cet objectif sera difficile à atteindre tant qu`aucune législation communautaire ne sera mise en place.

2002 - Volume 9 - Numéro 3

La pratique du chaulage - De la construction du référentiel régional à la démarche de conseil en exploitation | p 213-229
Auteurs :
B. Fabre(1) et F. Kockmann(2)
Adresse :
(1) ISARA, 31 place Bellecour, 69288 LYON, bernard.fabre@isara.fr
(2) Chambre d`Agriculture de Saône-et-Loire, 59 rue du 19 mars 1962, BP 522, 71010, MACONCEDEX
Résumé :
Le chaulage, pratique très ancienne, joue sur de très nombreuses composantes du sol. En cela, il contribue au maintien de la fertilité globale du milieu. A l`inverse des apports de fertilisants, le chaulage joue en interaction avec de nombreux facteurs et conditions de rendement. De ce fait, il modifie l`effet des facteurs de production employés. Il doit être envisagé dans la durée. Le raisonnement des pratiques culturales, n`est plus aujourd`hui une simple application de techniques jugées indépendantes, mais un réel pilotage de la culture, fonction d`objectif de rendement. Ceci implique une connaissance précise des modifications des comportements du sol induites par le chaulage et des interactions sol-plante. Comprendre les effets de l`apport d`un amendement basique calcique permet de préciser les avantages à retirer du chaulage, et de construire le référentiel régional, base des prescriptions. Cette construction de références régionales, nécessite donc une mobilisation d`éléments de la théorie agronomique, tant conceptuelle que méthodologique, mais encore partielle, pour prendre en compte et comprendre ces multiples interactions. De plus certains effets positifs devraient être testés et mesurés à des échelles différentes de la parcelle (érosion, transferts vers l`eau…).
Influence de matières fertilisantes sur les propriétés des sols - Cas des 42 parcelles de l`INRA à Versailles | p 177-186
Auteurs :
A. Pernes-Debuyser et D. Tessier
Adresse :
INRA Science du Sol, Route de St Cyr, 78026 Versailles Cedex
Résumé :
Les pratiques de fertilisation et d`amendement contribuent à modifier les propriétés des sols. Sur le dispositif des 42 parcelles de l`INRA à Versailles, des variations physico-chimiques considérables sont observées. Les engrais ammoniacaux conduisent à des parcelles très acides, à faible capacité d`échange en cations (CECsol) laquelle est essentiellement saturée en aluminium échangeable. Au contraire, dans les parcelles recevant des traitements basiques, le pH est supérieur à 8,0 et la CEC du sol, saturée par du calcium échangeable, a une valeur double de celle des parcelles acides. Ces différents états physico-chimiques se répercutent sur les propriétés physiques des sols notamment celles liées à son affinité pour l`eau telle que les états de surface des parcelles, la cohésion des agrégats ou la circulation de l`eau. Ceci montre qu`il est indispensable de prendre en compte les constituants du sol mais aussi leur environnement physico-chimique pour discuter des propriétés physiques des sols. La capacité d`échange en cations ainsi que la nature des cations échangeables, mesurés au pH du sol, se révèlent des outils précieux de suivi de l`évolution actuelle de la qualité des sols.

2002 - Volume 9 - Numéro 4

Capacités de stockage et d`épuration des sols de dispositifs enherbés vis-à-vis des produits phytosanitaires Première partie : Dissipation des produits phytosanitaires à travers un dispositif enherbé ; mise en évidence des processus mis en jeu par simulation de ruissellement et infiltrométrie | p 269-286
Auteurs :
C. Souiller(1), Y. Coquet(2), V. Pot(2), P. Benoit(2), B. Réal(3), C. Margoum(1), B. Laillet(1), C. Labat(2), P. Vachier(2) et A. Dutertre(3)
Adresse :
(1) Cemagref, Groupement de Lyon, Unité de Recherche « Qualité des Eaux et Prévention des Pollutions », 3 bis Quai Chauveau, 69009 LYON
(2) UMR INRA/INAPG Environnement et Grandes Cultures, 78850 THIVERVAL-GRIGNON
(3) ITCF (Institut Technique des Céréales et des Fourrages) - Services Techniques de Production, Domaine de Brunehaut, 80200 ESTREES-MONS - Ferme expérimentale de la Jaillère, 44 370 LA CHAPELLE SAINT SAUVEUR
Résumé :
Des expériences menées depuis le début des années 90 ont montré que des bandes enherbées peuvent retenir jusqu`à 90 voire 99 % de la quantité totale de produits phytosanitaires qui quitte une parcelle agricole via le ruissellement. Néanmoins, afin d`édicter des règles précises en matière d`installation et de dimensionnement de ces structures, il est indispensable de mieux comprendre leur fonctionnement. Pour cela, un dispositif de simulation de ruissellement a été mis au point qui permet d`identifier les paramètres impliqués dans la dissipation des produits phytosanitaires à travers une bande d`herbe de 3 m sur 1 m. Ces travaux, complétés par des expériences d`infiltrométrie, mettent en évidence le rôle prépondérant de l`infiltration favorisée par la traversée d`un sol enherbé. Par ailleurs, l`adsorption des produits phytosanitaires à la surface du dispositif peut, elle aussi, jouer un rôle non négligeable dans la réduction des concentrations aval. En revanche, ce processus est très dépendant des propriétés physico-chimiques des substances utilisées et de la saison. En conditions expérimentales, les molécules dont le coefficient Koc est relativement important, sont beaucoup mieux retenues que les autres. Cette rétention est en outre plus importante en période estivale qu`hivernale.
Capacités de stockage et d`épuration des sols de dispositifs enherbés vis-à-vis des produits phytosanitaires Deuxième partie : Propriétés de rétention de deux herbicides, l`isoproturon et le diflufénicanil dans différents sols de bandes enherbées | p 287-302
Auteurs :
I. Madrigal(1), P. Benoit(1), E. Barriuso(1), V. Etiévant(1), C. Souiller(2), B. Réal(3) et A. Dutertre(3)
Adresse :
(1) INRA, UMR INRA/INAPG Environnement et Grandes Cultures, BP 01, 78850 Thiverval-Grignon
(2) Cemagref, Unité de Recherche Qualité de l`Eau et Prévention des Pollutions, Groupement de Lyon,
34 Bis, Quai Chauveau, 69336 Lyon Cédex 09
(3) ITCF, Service Techniques de Production, 80200 Estrées-Mons / Ferme expérimentale de la Jaillère,
44370 La Chapelle Saint-Sauveur
Résumé :
Les dispositifs enherbés peuvent réduire de façon efficace les pertes en pesticides par ruissellement et érosion hors des parcelles agricoles. Un premier article (Souiller et al., 2002) fait état des résultats acquis sur le fonctionnement hydrologique et les bilans de transfert de pesticides lors d`expérimentations de simulation de ruissellement sur un dispositif enherbé installé sur le site ITCF de La Jaillière. Dans ce second article, nous présentons des expérimentations en laboratoire visant à décrire et à caractériser la rétention de deux herbicides, l`isoproturon et le diflufénicanil, dans trois dispositifs enherbés implantés par l`ITCF. Le dispositif de La Jaillière est comparé à deux autres dispositifs enherbés, différant par leurs caractéristiques pédologiques et par l`âge de l`enherbement. Quel que soit le contexte pédologique considéré (Brunisols et Calcisols), nous mettons en évidence que l`implantation d`un dispositif enherbé conduit systématiquement à accroître les capacités de rétention des herbicides en particulier dans les premiers centimètres du sol. Ceci est expliqué par l`accroissement des teneurs en matières organiques, la forme et la plus grande accessibilité de ces matières organiques dans les horizons superficiels des sols enherbés. Cet effet de l`enherbement est observé quel que soit l`âge des dispositifs considérés.

2001 - Volume 8 - Numéro 1

Intérêt d`une compartimentation morphologique du profil cultural pour l`étude de l`infiltration de l`eau dans les couches de sol travaillées Premiers résultats | p 19-31
Auteurs :
Y. Coquet*(1), J. Roger-Estrade(2), A. Boucher(3), C. Labat(1) et P. Vachier(1)
Adresse :
(1) Unité Mixte de Recherche ` Environnement et Grandes Cultures `, INRA-INAPG, B.P. 01, F-78850 Thiverval-Grignon
(2) Unité Mixte de Recherche ` Agronomie `, INRA-INAPG, B.P. 01, F-78850 Thiverval-Grignon
(3) Laboratoire d`hydrologie et de géochimie isotopique, Université de Paris-Sud, F-91405 Orsay Cedex
* Auteur correspondant : coquet@grignon.inra.fr
Résumé :
Si l`on cherche à comprendre l`impact environnemental des pratiques agricoles, l`étude des propriétés hydrodynamiques de la couche de sol travaillée des parcelles cultivées revêt un intérêt particulier. En effet, ce sont ces propriétés qui vont, d`une part, déterminer le partage entre infiltration et ruissellement de l`eau à la surface du sol, et d`autre part, contrôler l`infiltration et la redistribution de l`eau dans la couche travaillée et donc l`importance des échanges physico-chimiques et biologiques qui pourront s`y réaliser. Les couches de sol travaillées ont une structure hétérogène dans l`espace. Cette hétérogénéité peut être décrite comme la coexistence, au sein de ces couches, de volumes de sol aux caractéristiques porales et structurales différentes : lit de semence, parties du profil cultural situées sous les passages de roues des engins agricoles, ou, au contraire, hors passages de roues. Cet article présente une caractérisation de la conductivité hydraulique de ces différents volumes de sol à l`aide de l`infiltromètre à disques, dans une parcelle agricole du centre expérimental de Grignon (Yvelines) dont le sol est un néoluvisol argilo-limoneux.
L`analyse des cinétiques d`infiltration de l`eau à différents potentiels hydriques montre que l`hétérogénéité de la conductivité hydraulique K(h) au sein de la couche de sol travaillée n`est mise en évidence que pour des potentiels supérieurs à - 8 cm (- 0,8 kPa). Dans le cas d`étude que nous présentons, les opérations culturales, en particulier la préparation du lit de semence (fragmentation du sol sur 8/10 cm de profondeur, compaction par les roues du tracteur tirant la herse rotative), n`ont affecté que la fraction de la porosité de rayon équivalent supérieur ou égal à 0,25 mm, donc visible à l`oeil nu. Ce résultat justifie a posteriori la pertinence d`une description morphologique de la structure de la couche de sol travaillée, telle que celle proposée par Manichon (1987). D`autre part, nos observations suggèrent que le climat peut entraîner des modifications importantes de la conductivité hydraulique, notamment par le développement de fissures liées à la dessiccation dans les volumes de sol compactés. Enfin, ces observations montrent également que la conductivité hydraulique au sein du compartiment de la couche travaillée, situé sous le lit de semence et hors des passage des roues de reprise, est variable, en relation avec l`hétérogénéité de la structure observée dans ce compartiment. L`incidence de telles hétérogénéités de conductivité hydraulique sur les transferts au sein des couches travaillées mériterait d`être étudiée dans le cadre d`une modélisation des transferts d`eau dans les sols cultivés.
Estimation des quantités de matière organique exogène nécessaires pour restaurer et entretenir les sols limoneux français à un niveau organique donné | p 47-63
Auteurs :
M. Le Villio(1), D. Arrouays(2), W. Deslais(2), J. Daroussin(3), Y. Le Bissonnais(3) et D. Clergeot(1)
Adresse :
(1) CReeD, Zone Portuaire de Limay, 291 Avenue Dreyfous Ducas, 78520 Limay
(2) Unité Infosol, INRA Orléans, 45160 Ardon
(3) Unité de Science du Sol, INRA Orléans, 45160 Ardon
Résumé :
Les phénomènes de dégradation physique des sols que sont la battance et l`érosion diffuse se multiplient en France. Pour les sols de texture limoneuse, la diminution du taux de matière organique à des teneurs inférieures à 2 ou 3 %, souvent observée dans les sols cultivés au cours des dernières décennies est un des paramètres déterminants de cette dégradation.
Face à ce constat, nous avons cherché à chiffrer les quantités de matière organique exogène qu`il serait nécessaire d`apporter pour relever, à un niveau donné, les taux de matière organique des sols sensibles aux phénomènes de battance et d`érosion.
Nous avons réalisé cette estimation pour différents seuils de teneurs en carbone compris entre 1 et 1,5 % et comparé localement, les quantités calculées aux quantités de matière organique exogène disponibles. Parmi celles-ci, les fumiers et les composts d`origine urbaine représentent les sources les plus importantes.
Les premiers résultats font apparaître des déficits de l`offre locale en matière organique exogène, notamment en Picardie, Aquitaine, Ile-de-France, Nord-Pas-De-Calais et Midi-Pyrénées.
Les tests réalisés montrent par ailleurs que les prédictions sont très sensibles, d`une part aux seuils visés et d`autre part à la calibration du modèle (valeurs des coefficients de minéralisation K2).

2001 - Volume 8 - Numéro 3

Cartographie du mercure dans l`horizon de surface des sols agricoles dans le centre du Bassin parisien Détection, localisation et origine des contaminations | p 167-180
Auteurs :
Baize D.(1), Deslais W.(1), Bourennane H.(1) et Lestel L.(2)
Adresse :
(1) INRA - Science du Sol - Orléans - B.P. 20619 45166 Olivet Cedex - France
(2) CNAM - Centre d`Histoire des Techniques - 5, rue du vertbois 75003 Paris
Résumé :
Cette étude porte sur les teneurs en mercure dans les horizons de surface des sols agricoles (terrains maraîchers exclus) dans le centre du Bassin parisien. Plus de 2000 analyses étaient disponibles sur 13 départements, mais irrégulièrement réparties dans l`espace. C`est pourquoi un échantillonnage complémentaire de 58 échantillons a été réalisé spécialement. Toutes les analyses proviennent d`un seul laboratoire, celui de l`INRA à Arras, ce qui nous autorise à les comparer.
Des estimations spatiales des teneurs en mercure ont été tentées sur le territoire étudié selon deux méthodes de cartographie par interpolation : inverse de la distance et simulation conditionnelle. Elles fournissent des cartes qui montrent les gradients majeurs mais qui ont le défaut de trop « lisser » la forte variabilité spatiale locale des concentrations mesurées, variabilité d`échelle kilométrique voire hectométrique.
La teneur en mercure dans les horizons de surface est complètement indépendante du type de sol et de la roche sous-jacente car les mêmes valeurs très faibles sont observées dans des régions naturelles très différentes géologiquement et pédologiquement. Pour la population étudiée, la médiane et le mode s`établissent à 0,05 mg/kg. Sur 2 149 disponibles seules 28 valeurs excèdent 0,40 mg/kg. Toutes les valeurs supérieures à 0,10 mg/kg semblent déjà correspondre à une contamination, plus ou moins importante. En effet, même si la quasi-totalité des prélèvements correspond à des terrains agricoles ordinaires avant épandages de boues d`épuration, certaines parcelles échantillonnées ont certainement reçu des épandages de « gadoues » dans les années soixante voire des boues d`épuration bien avant l`apparition des réglementations. Ailleurs, les retombées atmosphériques en provenance de l`agglomération parisienne sont certainement la source principale de mercure. Cette agglomération constitue une source majeure diffuse depuis plusieurs siècles (chauffages) mais on peut également envisager des sources ponctuelles plus récentes telles que les usines d`incinération d`ordures ménagères, les centrales thermiques et certains établissements industriels.
Ces résultats permettent de faire deux constatations inédites. D`une part on est surpris par les très faibles teneurs en mercure mesurées dans les sols agricoles, même dans ceux situés non loin de Paris : s`agit-il là de l`indice de très faibles retombées atmosphériques générales ou bien cela résulte-t-il d`un relargage du mercure par volatilisation ? D`autre part on décèle des anomalies anthropiques, plus ou moins importantes, localisées en quelques secteurs comme en Seine-et-Marne occidentale ou sur la commune du Perray-en-Yvelines. Une étude plus approfondie est en cours pour situer l`origine de ces contaminations locales et pour identifier les sources ponctuelles associées.

2001 - Volume 8 - Numéro 4

Érosion hydrique des sols dans les milieux méditerranéens : une revue bibliographique | p 231-245
Auteurs :
R. Bou Kheir(1), M.CI. Girard(2), M. Khawlie(1) et C. Abadallah(1)
Adresse :
(1) Centre National de Télédétection / Conseil National de la Recherche Scientifique, B. P. 11?8281, Beyrouth, Liban.
(2) Institut National Agronomique Paris Grignon, UFR Dynamique des Milieux et Organisations spatiales, 78850 Grignon
Résumé :
Cet article examine l`érosion hydrique des sols, processus majeur de dégradation des terrains en zone méditerranéenne, qui constitue une des clés de la désertification (UNEP,1994). II analyse les différents facteurs influençant l`érosion hydrique des sols dans la zone méditerranéenne et montre la nécessité de prendre en compte des variables telles que la pierrosité, les formes karstiques et les divers impacts de l`homme sur le milieu (carrières, serres, urbanisation, etc.).Les modèles d`érosion hydrique les plus utilisés dans la région méditerranéenne font appel à de nombreuses variables qu`il est difficile d`obtenir quand on s`intéresse à un espace de type régional dépassant de loin l`échelon parcellaire. On présente des critères observés sur le terrain (pédicules, buttes de sol résiduel, etc ...) qui peuvent servir d`indicateurs de divers degrés d`érosion, du ruissellement, des rigoles et des mouvements en masse pour les modèles spatialisés.Enfin, on indique les possibilités d`utilisation de la télédétection pour une connaissance spatialisée des facteurs de différenciation de l`érosion: occupation du sol, couvert végétal, pente, matériaux et sol, et pour un suivi diachronique de l`érosion sur de grands champs spatiaux. Cependant, pour valider les modèles, il faut adjoindre à la télédétection des études de terrain.Pour répondre aux questions des décideurs, les modèles doivent se contenter principalement des données existantes et être susceptibles de fournir des résultats spatialisés. L`intérêt de l`utilisation des SIG et de la télédétection tient aux possibilités de sortie des cartes et de mise à jour des données concernant l`érosion hydrique.

2000 - Volume 7 - Numéro 1

Approche géomorpho-pédologique et système d`information géographique (s¡g) pour la gestion des terres au Maroc | p 37-52
Auteurs :
M. Loukili(1), L. Bock(2), P. Engels(2) et L. Mathieu(2)
Adresse :
(1) Ecole Nat¡onale d`Agricu¡ture, Département des Sciences du Sol. BP S/40 Meknès, MAROC.
(2) Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, Unité de Géopédologie, 27 Avenue Maréchal Juin, 5030 Gembloux. Belgique.
Résumé :
Un SIG est un outil informatique qui permet la saisie, le traitement et I`analyse d`informations diverses spatialement référencées. ll offre des poss¡bilités d`analyse dynamique (confrontation et suivi) de ces informations. C`est pour cela qu`un SIG peut être m¡s en oeuvre comme outil d`aide à la décision dans le cadre de la gest¡on durable des ressources naturelles. En fonction de cet object¡f, un système de référence a été constitué à I`aide du logiciel ILWIS, en utilisant les données relatives aux sols d`un périmètre cartographié selon une approche à caractère géomorpho-pédologique et s¡tué dans la plaine du Tadla (Maroc central). Le croisement entre les données physico-ch¡miques des terres et les unités de sols délimitées sur la carte, support fondamental du système de référence ainsi construit, démontre l`importance de ce dernier dans l`analyse des relations spatiales entre les différentes caractéristiques édaphiques. ll permet en outre la réalisation à la demande, des cartes thématiques. Ces dernières sont utiles pour la gestion et l`aménagement des terres, notamment en ce qui concerne l`évaluation de leurs aptitudes, l`améliorat¡on et la gestion de leur fertilité et leur affectation en fonct¡on de celle-ci.
Evolution du raisonnement de la fertilisation phosphatée des grandes cultures - Etude par simulation de l`évolution des préconisations de fumure sur un échantillon test représentatif des sols et des successions de culture du Nord du Bassin Parisien | p 53-71
Auteurs :
F. Pellerin(1), S. Pellerin(1), C. Vilette(2) et J. Boiffin(3)
Adresse :
(1) INRA, unité d`Agronomie, 71, avenue Edouard-Bourleaux, B.P. 81, 33883 Villenave d`Ornon Cedex, France.
(2) Station Agronomique de l`Aisne, 02007 Laon, France.
(3) INRA, unité d`Agronomie, 02007 Laon, France.
Résumé :
Jusqu`à un passé récent, le ra¡sonnement de la fert¡lisation phosphatée a été basé sur les notions de fumure d`entretien et de correction. L`object¡f de la fertilisat¡on était d`amener puis de maintenir le sol à la teneur en P extractible jugée souhaitable pour être non lim¡tante du rendement. Le progrès des connaissances, et l`évolution du contexte de l`agriculture, ont amené les agronomes à faire évoluer ce mode de raisonnement. L`objectif de la fertilisation dev¡ent davantage de fertiliser la culture à ven¡r, plutôt que d`amener le sol à un niveau de fertilité donné. L`objectif de ce travail est d`évaluer, grâce à des sìmulat¡ons, les conséquences de cette évolution conceptuelle sur les préconisat¡ons de fumure en utilisant deux logiciels (CEBES et REGIFEBT) correspondant à l`ancien et au nouveau mode de raisonnement. Les simulat¡ons ont été faites pour 4 successions de culture, 9 types de sol et une gamme réaliste de teneurs en p extractible, ce qui a conduit au total à 1 152 préconisations de fumure élémentaires. Nous avons vérifié que d`éventuelles différences `entre les bases de données des deux logiciels n`éta¡ent pas susceptibles de biaiser les comparaisons. Les s¡mulations font apparaître une certaine cohérence entre les deux démarches; les préconisations d`impasse sous REGIFERT correspondent en majorité à des préconisations de correct¡on négative sous CERES et, à l`¡nverse, les préconisations d`apport d`une fumure dite de complément de l`offre du sol sous REGIFERT correspondent en majorité à des préconisat¡ons de correction posìtive sous CERES. Cependant les préconisations de fumure REGIFERT sont en moyenne générale inférieures de moitié à celles de CERES. Ces écarts ont deux or¡gines majeures: (i) l`abandon dans le nouveau mode de raisonnement de l`objectif de redressement des sols. Sous CERES cet objectif de redressement conduit à préconiser une correction positive dans 50 % des cas. Du fa¡t du mode de calcul des fumures associé à cet objectif, les fumures préconisées par CERES sont alors très supérieures aux fumures préconisées par REGIFERT dans ces situations; (ii) la possibil¡té qu`introduit le nouveau mode de raisonnement de préconiser des impasses, en les faisant porter en pr¡orité sur les cultures sur lesquelles le r¡sque de perte de rendement est minimal (espèces peu exigeantes). Dans la major¡té des situations correspondantes CERES préconise une correction négative, mais les marges de sécurité associées à ce type de préconisation font que les fumures préconisées ne sont que légèrement inférieures à l`entretien. A l`échelle de la succession, les bilans [apports recommandés mo¡ns exportations] sont toujours positifs sous CERES, même lorsque le sol est bien pourvu, alors qu`ils sont négatifs, équilibrés ou positifs sous REGIFERT, en adéquation avec le diagnostic porté sur l`offre du sol.

2000 - Volume 7 - Numéro 2

Typologie des formes d`humus peu actives - Validation par des critères macro- et micromorphologiques, biologiques et chimiques | p 133-154
Auteurs :
B. Jabiol(1), A. Höltermann(2), J.-C. Gégou(4), J.-F. Ponge(3) et A. Brêthes(4)
Adresse :
(1) Ecole Nat¡onale du Génie Rural des Eaux et des Forêts, CS 4216, F , 54042 Nancy Cédex
(2) Institut für Forstökonomie, Tennenbacherstr. 4 - Unìvers¡tät Albert Ludwi,- 79106 Freiburg im Breisga
(3) Muséum Nat¡onal d`Histo¡re Naturelle, Laboratoire d`Ecologie, 4, avenue du Petit Château, 91800 Brunoy
(4) Off¡ce National des Forêts, Sect¡on Technique lnterrégionale Ouest, BP 23, 45760 Boigny-Sur-Bionne
Résumé :
L`object¡f de ce travail est d`étudier la morphologie et le fonctionnement biologique de formes d`humus peu actives à horizon OH afin d`en préciser la typologie.
Sur 30 placettes situées sur des matériaux acides en Région Centre (France), nous avons décrit précisément les horizons O et A et prélevé des échantillons pour lames minces et analyses chimiques.
Après une analyse en composantes principales faite sur les variables macromorphologjques seules, l`ensemble des données a été utilisé pour interpréter les résultats.
ll a été montré que parmi ces humus peu actifs il existait encore des différences morphologiques notables liées à l`act¡v¡té de groupes animaux différents. Ceci nous a permis de préciser les critères distinctifs des groupes typologiques utilisés depuis quelques années: i)dysmulls à activ¡té encore notable de vers anéciques, à horizon A grumeleux, horizon OH possible mais peu épais et très discont¡nu; ii)hémimoders et moders à forte activité de vers épigés, de diplopodes et d`isopodes, à A très Iocalement encore grumeleux et OH peu épais; iii) dysmoders à forte activité de diplopodes ou d`isopodes, A nettement massif ou particuìaire et OH épais; iv) hémimors à activité exclus¡ve d`enchytréides, à transition OH/A brutale, OF épais mais OH d`épaisseur varìable; aucun mor sans act¡vité animale n`a été rencontré dans l`échantillon.

2000 - Volume 7 - Numéro 3

lnfluence de la phase caillouteuse sur la réserve en eau des sols - Cas des sols de Petite Beauce du Loiret | p 191-205
Auteurs :
C. Coutadeur(1,2), I. Cousin(2), et B. Nicoullaud(1)
Adresse :
(1) INRA - Unité de Science du Sol, Avenue de la Pomme de Pin, BP 20619, 45166 Ardon Cedex
(2) INRA-INAPG -Unité Mixte de Recherche ` Env¡ronnement et Grandes Cultures `, BP 01, 78850 Th¡verval-Grignon
Résumé :
Les sols cail¡outeux représentent 39 % de la surface des sols français. Leurs propriétés sont généralement déterminées sans la prise en compte explic¡te de la phase caillouteuse. Sur des Calcosols caillouteux de Pet¡te Beauce (France), nous avons montré que la non pr¡se en compte de la phase caillouteuse conduisait à des surestimations de la réserve en eau utile (RU) de 22 à 39 % mais que sa prise en compte comme une phase inerte (on t¡ent compte du volume des ca¡lloux mais pas de leur propriétés de rétention) conduisait à une sous-estimation de 8 à 34 % de la BU. Cette étude a donc mis en évidence que la phase ca¡llouteuse participe au maintien d`une réserve en eau dans le sol accessible aux plantes : en présence d`une culture en période de forte croissance, la dess¡ccation des cailloux est plus rapide que celle de la terre fine car des racines sont présentes directement à la surface des cailloux. En revanche, en l`absence de culture, la dessiccation de la terre f¡ne est plus rapide, que ce soit en profondeur dans le profil ou en surface sous l`effet de l`évaporation. En phase d`humectation, la teneur en eau de la terre fine croît plus vite que celle des cailloux.
Une typologie hydrologique des petites zones humides ripariennes | p 207-218
Auteurs :
P Durand(1), C. Gascuel-Odoux(1), C. Kao(2), et P. Merot(1)
Adresse :
(1) INRA, UMR Sol et Agronomie de Rennes et Quimper, 65 Route de Saint-Br¡euc, 35042 Rennes CEDEX
(2)CEMAGREF, Unité de Recherche DEAN ` Ouvrages pour le Drainage et l`Etanchéité `, Parc de Tourvoie, BP 44, 92163 Antony CEDEX
Résumé :
En conditions climatiques tempérées, dans des contextes géomorphologiques avec substrat à faible profondeur et faible perméabilité, à pentes modérées, la nappe est généralement proche de la surface du sol en bas de versant. Ces cond¡tions conduisent de façon saisonnière à la présence de pet¡tes zones humides ripariennes de quelques hectares au plus. Ces zones sont insérées et dispersées au sein de paysages agricoles. Elles sont souvent oubliées des inventaires des zones humides bien qu`elles jouent un rôle ¡mportant dans le contrôle de l`hydrologie et de la qualité des eaux des bassins versants. Une typologie hydrologique de ces petites zones humides est proposée ici pour accompagner la réflexion sur leur gestion raisonnée, confrontée à des objectifs parfois antagonistes de maintien de biod¡versité et de lutte contre la pollution.
Cette typologie met en avant les notions de zone humide potentiellìe, effective et efficace. La zone hum¡de polentielle est définie par des critères topographiques et pédo-climat¡ques utilisant notamment des indices topographiques. Ces ind¡ces sont facilement dér¡vés des bases de données topographiques et pédo-climatiques. La zone humide effective esl défin¡e par l`évaluation réelle des conditions hydriques, basées sur des obseruations, soit d`une hum¡dité saisonnière moyenne, soit d`une analyse fréquentielle de la saturation des sols, soit idéalement d`une analyse des variations spatio-temporelles de la saturation des sols. L`efficacité hydrologique des zones humides peut être déf¡nie selon l`importance des fonctions de stockage de l`eau qu`elles exercent, en d¡stinguant le stockage latéral et longitudinal. Les zones humides ont également une fonction de transfert qui fait intervenir la connect¡vité et les interactions entre le versant et la rivière. L`importance de ces différentes fonctions ne peut souvent être définie que par des mesures détaillées, relayées par des approches de modél¡sation. Quelques résultats obtenus sur de pet¡ts bassins versants ruraux sont présentés. lls permettent de donner des ordres de grandeurs des flux. En dernière approche, un croisement entre cette typologie hydrologique et les fonctions épuratrices des zones humides souvent mises en avant est proposée.

2000 - Volume 7 - Numéro 4

Recherche de méthodes de gestion des peuplements de nématodes phytoparasites par les facteurs du sol en zone soudano sahélienne au Sénégal | p 261-270
Auteurs :
P. Cadet, J.-F. Bois, J.-L. Chotte, R. Duponnois, ND. N`Diaye-Faye, Ch. Floret, S. Fould, R. Manlay, D. Masse, T. Mateille, Ph. Normand, E. Pate, Ch. Plenchette, J. Thioulouse, C. Villenave et J. Fardoux
Impact des nématodes phytoparasites de la zone soudano-sahélienne du Sénégal sur la croissance du mil en conditions contrôlées | p 271-278
Auteurs :
J.-F. Bois, P. Cadet, Ch. Plenchette et R. Duponnois
Détection de Pasteuria penetrans sensu lato, bactérie parasite des nématodes telluriques, dans les jachères en zone sahélienne | p 279-286
Auteurs :
S. Fould, Nd. Ndiaye-Faye, Ph. Normand et Th. Mateille

1999 - Volume 6 - Numéro 1

Influence d`amendements organiques et d`apport de boues sur les propriétés d`un sol cultivé | p 7-14
Auteurs :
B. Dridi et C. Toumi
Adresse :
Institut National Agronomique, El Harrach, Alger
Résumé :
Les auteurs ont étudié l`influence d`un fumier d`ovins, d`une fumure minérale et de deux boues de stations d`épuration urbaines sur les propriétés d`un sol cultivé. L`expérimentation a été menée sur un sol de texture limono-argileuse portant une culture de vesce-avoine. Les mesures ont porté sur les paramètres physiques, notamment la porosité et sa distribution, les capacités en eau, la conductivité hydraulique et sur les rendements de la culture.
Comparés entre eux, les résultats des divers traitements ont confirmé le rôle prépondérant du fumier tant sur le sol que sur la culture. L`emploi des boues d`épuration a par ailleurs mis en évidence leur intérêt agronomique car il a eu des effets plus favorables que la fumure minérale. Le témoin a donné les résultats les moins intéressants.
Influence du travail du sol sur l`évolution physique d`un sol forestier ferrallitique après défrichement motorisé - Conséquence sur l`enracinement du maïs | p 27-39
Auteurs :
A. Tamia (1), R. Moreau (1), M. Fortier (2) et G. Yoro (3)
Adresse :
(1) Laboratoire d`Étude du Comportement des Sols Cultivés (LCSC), ORSTOM, B.P. 5045 - 911, Avenue Agropolis 34032 Montpellier CEDEX 01
(2) Laboratoire d`agrologie UR-FCM CIRAD-CA, Avenue du Val de Montferrand - B.P. 5035 - 34032 Montpellier CEDEX 01.
(3) IDEFOR- DCC, 01 B.P. 1827 Abidjan 01 République de Côte d`Ivoire
Résumé :
L`analyse du profil cultural, la résistance à la pénétration et la porosimétrie à mercure ont été utilisées pour préciser les modifications physiques d`un sol ferrallitique forestier de Basse Côte d`Ivoire, après un défrichement motorisé suivi d`une mise en culture avec ou sans travail du sol. Les conséquences sur l`enracinement du maïs ont été appréciées par le comptage et la cartographie des impacts racinaires.
La dégradation structurale avec la réduction de la porosité grossière (pores de diamètre équivalent > 6 μm) et l`augmentation de la résistance à la pénétration, qui affectent le sol cultivé sans labour, sont associées à un faible développement racinaire du maïs. Le travail du sol assure le maintien des caractères physiques favorables à l`enracinement, bien que des volumes compacts massifs liés à des phénomènes de tassement soient présents dans la couche labourée. Une corrélation significative entre les valeurs de résistance à la pénétration et de densité racinaire a pu être établie.
Comparaison de différentes méthodes d`estimation de la réserve en eau utile des sols (R.U.) dans le périmètre de l`O.G.A.F. - Environnement de la zone de Migennes (Yonne) | p 41-54
Auteurs :
G. Trouche (1) et P. Morlon (2)
Adresse :
(1) ENESAD, Sciences et Techniques Agronomiques - INRA, Systèmes Agraires et Développement
(2) INRA, Systèmes Agraires et Développement, 26 Bd Dr Petitjean, BP 1607, 21036 Dijon cedex
Résumé :
La pollution diffuse des nappes phréatiques par les nitrates d`origine agricole dépend des propriétés hydriques des sols. Les sols à faible réserve en eau cumulent une fréquente surfertilisation par les agriculteurs à cause de l`irrégularité des rendements et une lixiviation hivernale plus précoce et complète. Dans l`étude pour l`OGAF-environnement (Opération Groupée d`Aménagement Foncier) dans la région de Migennes (Yonne), nous avons cartographié la réserve en eau utile des sols (RU) dans un S.I.G. Mais, ne disposant pas directement des valeurs de RU dans les deux études pédologiques déjà existantes sur la zone, nous avons utilisé pour l`estimer des Fonctions de pédotransfert (FPT) basées sur des équations de régression (Gras, Osty) ou sur les classes texturales (Station de l`Aisne, Station de Rothamsted). Par comparaison avec les fourchettes indiquées dans l`une des études pédologiques, les valeurs de R.U. obtenues sont globalement surestimées, surtout avec la première méthode citée. Des valeurs issues de mesures, pour un échantillon de sols, montrent que le remaniement des échantillons conduit également à la surestimation de la R.U. Par contre l`estimation de la densité apparente, utilisée pour passer de l`humidité massique à l`humidité volumique, intervient peu dans cette estimation, lorsque l`on considère la R.U. de l`ensemble du profil.

1999 - Volume 6 - Numéro 2

Influence du chaulage sur la biodisponibilité des éléments métalliques en trace incorporés au sol lors de l`épandage de boues de stations d`épuration - Revue bibliographique | p 105-114
Auteurs :
Sylvie Dousset *(1)(2), J.L. Morel (1), J. Wiart (3)
Adresse :
(1) ENSAIA - INRA - Laboratoire Sols et Environnement - 2, avenue de la forêt de Haye, BP 172, 54505 Vandoeuvre Cedex
(2) Adresse perm. : Université de Bourgogne - Centre des Sciences de la Terre, Equipe GéoSol 6, boulevard Gabriel, 21000 Dijon
(3) ADEME - Direction de l`Agriculture et des Bioénergies - 2, square Lafayette, BP 406, 49004 Angers Cedex 01
Résumé :
L`utilisation des boues en agriculture peut être un moyen de recycler des éléments nutritifs pour les cultures, mais ces boues contiennent des éléments métalliques en trace. A forte dose, ces métaux peuvent entraîner des risques de phytotoxicité ou de contamination de la chaîne alimentaire. Le chaulage des boues pourrait réduire la mobilité et la biodisponibilité des métaux vers les cultures. Afin de vérifier cette hypothèse, une synthèse bibliographique concernant la mobilité et la biodisponibilité des métaux dans des sols ayant reçu des boues chaulées ou non chaulées -dans le cas de sols préalablement chaulés- a été réalisée. De cette étude, il ressort qu`utilisées à des doses compatibles avec la réglementation, les boues chaulées épandues en agriculture n`entraînent pas d`augmentation de mobilité des métaux dans les sols, ni d`augmentation de la teneur des métaux dans la plante.

1999 - Volume 6 - Numéro 3

Paramétrisation du potentiel de ruissellement des bassins versants au moyen de la Télédétection et des Systèmes d`Informations Géographiques - Application à des bassins versants du Pays de Caux | p 181-199
Auteurs :
E. Blanchard (1), C. King (1), Y. Le Bissonnais (2), A. Bourguignon (1), V. Souchère (3), J-F. Desprats (1) et P. Maurizot (1)
Adresse :
(1) BRGM, Service Aménagement et Risques Naturels, 3 avenue C. Guillemin, BP 6009, 45060 Orléans CEDEX 2, France
(2) INRA, Unité de Science du Sol, SESCPF, BP 20619, Ardon 45166 Olivet CEDEX, France
(3) INRA, SAD Ile de France, RD 10 (Route de St Cyr), 78026 Versailles CEDEX, France
Résumé :
Des dégâts croissants liés au ruissellement excessif en Pays de Caux préoccupent les instances régionales qui sont en charge de l`aménagement du territoire. Nous proposons une méthodologie qui vise à estimer des paramètres du ruissellement au moyen de la télédétection et des SIG. Elle permet de proposer une comparaison objective des contraintes intrinsèques et anthropiques de chaque bassin versant cultivé de 1 000 à 5 000 ha.
Les caractéristiques de ruissellement potentiel sont analysées à partir des composantes de l`occupation du sol aggravant ou freinant le ruissellement et de leur distribution sur trois espaces fonctionnels différents en terme de ruissellement. Les paramètres retenus sont : la proportion et la compacité des surfaces contributives au ruissellement sur la partie amont des versants, la proportion des axes de concentration des eaux de surface non couverts par des prairies et enfin, la proportion de fortes pentes non occupées par des prairies ou des forêts.
L`analyse de l`évolution temporelle de ces indices et la comparaison entre bassins montrent l`importance des changements favorables au ruissellement qui ont pu intervenir entre 1990 et 1997.
La connaissance de ces changements est une information importante pour les acteurs régionaux. L`intérêt de ces paramètres réside dans leur utilisation pour identifier les zones sensibles au ruissellement. Ils peuvent donc servir d`outils d`aide à la décision dans le cadre d`une politique d`aménagement des bassins versants visant à réduire le ruissellement. La perspective d`une généralisation de ces indices pour une étude de sensibilité régionale est envisagée.

1999 - Volume 6 - Numéro 4

Le maintien de la fertilité des sols forestiers landais dans le cadre de la sylviculture intensive du pin maritime - Revue bibliographique et identification des pistes de recherches | p 197-216
Auteurs :
P. Trichet(1), Cl. Jolivet(2), D. Arrouays(2), D. Loustau(1), D Bert(3) et J. Ranger(4)
Adresse :
(1) INRA, Laboratoire d`Ecophysiologie et Nutrition, Domaine de l`Hermitage, 33610 Cestas.
(2) INRA, Unité de Science du Sol, SESCPF, Av de la Pomme de Pin, 45160 Ardon.
(3) INRA, Laboratoire de Croissance et Production, Domaine de l`Hermitage, 33610 Cestas.
(4) INRA, Equipe Cycles Biogéochimiques, Centre de Recherches de Nancy, 54280 Champenoux.
Résumé :
Les sols du massif forestier des Landes de Gascogne sont des sols sableux podzolisés caractérisés par une forte acidité, une pauvreté en ressources minérales assimilables, fortement liée à la faible capacité de rétention de leur complexe adsorbant, la présence d`un alios plus ou moins induré et superficiel et d`une nappe phréatique atteignant la surface en hiver en lande humide. La végétation, le développement du profil et les stocks de matière organique dépendent étroitement du niveau de la nappe phréatique dont l`amplitude de battement varie en fonction du micro-relief. Le manque de connaissances sur la matière organique du sol, qui est une clef de compréhension de l`évolution de la fertilité, rend difficile l`établissement d`un diagnostic fiable sur le maintien de la fertilité azotée des sols landais. De plus, le non renouvellement de la ressource azotée par fertilisation, laisse entrevoir un appauvrissement progressif des réserves à chaque rotation. Pour le phosphore, la fertilisation des peuplements à chaque rotation maintient en équilibre la faible fertilité phosphatée des sols landais. Le potassium, et le magnésium, ne sont pas apportés par fertilisation. Le calcium est apporté à des niveaux variables comme élément constitutif des engrais phosphatés. Le faible niveau de connaissances sur leur cycle biogéochimique ne permet pas de conclure sur le caractère durable de la disponibilité de ces éléments dans les sols landais. De toutes les modifications probables de l`itinéraire technique sylvicole du Pin maritime, le raccourcissement des révolutions est sans doute le point le plus délicat à prendre en compte dans le raisonnement du maintien de la fertilité des sols landais, en raison de l`augmentation de la fréquence des prélèvements minéraux et organiques et des perturbations du sol occasionnées à chaque coupe rase.
Note de synthèse - Inventaire cartographique et surveillance des sols en France page - Etat d`avancement et exemples d`utilisation | p
Auteurs :
D. King, M. Jamagne, D. Arrouays, M. Bornand, J.C. Favrot, R. Hardy, C. Le Bas, P. Stengel

1998 - Volume 5 - Numéro 1

Estimation des propriétés de rétention en eau des sols à l`aide de fonctions de pédotransfert (FPT) - Une analyse bibliographique | p 7-28
Auteurs :
G. Bastet, A. Bruand, P. Quétin et I. Cousin
Adresse :
INRA, Unité de Science du Sol - SESCPF. Centre de Recherche d`Orléans, Domaine de Limère, F 45160 Ardon.
Résumé :
L`étude des flux d`eau et de solutés dans les sols à l`échelle d`unité de paysage se heurte à de nombreuses difficultés dont celles relatives à une connaissance insuffisante des propriétés de rétention en eau des sols. Des outils d`estimation de ces propriétés ont par conséquent été développés. Cette analyse bibliographique présente les études ayant porté sur l`estimation des propriétés de rétention en eau à l`aide de fonctions de pédotransfert (FPT). Celles-ci ont la forme de relations mathématiques entre une propriété ou un comportement du sol et des caractéristiques de constitution de ce sol. Les travaux ayant concerné les fonctions de pédotransfert peuvent être regroupés en deux grands ensembles selon que l`on estime de façon ponctuelle ou continue les quantités d`eau retenues en fonction du potentiel matriciel. Dans le premier ensemble, les FPT permettent d`estimer la teneur en eau à des valeurs particulières de potentiel matriciel (h), en fonction de caractéristiques des sols. Des FPT ont été développées pour un nombre variable de valeurs de h pouvant aller jusqu`à 12 et variant dans ce cas de -40 à - 15 000 hPa. Dans le second ensemble de travaux, des modèles que l`on peut regrouper en deux sous-ensembles sont utilisés pour décrire l`évolution continue de h en fonction de la teneur en eau (θ). Le premier sous-ensemble est constitué par des modèles utilisant une ou plusieurs relations mathématiques paramétrées, lesquelles permettent de décrire mathématiquement au mieux l`évolution conjointe de h et de θ. Dans ce cas les FPT permettent d`estimer les paramètres de ces relations. Les modèles du second sousensemble sont en revanche basés sur des hypothèses reliant la distribution de taille et l`arrangement des particules élémentaires à la géométrie des pores. Dans ce cas, les modèles peuvent le plus souvent être assimilés à des FPT puisqu`ils intègrent dans leur expression mathématique des caractéristiques de la constitution du sol.
Suivant les études, les FPT ont nécessité, pour leur établissement, un nombre d`horizons très variable, mais aussi d`origine et de nature très différentes. De telles différences ont des conséquences importantes sur le mode d`utilisation et sur la qualité des estimations que l`on obtient avec les FPT. Plusieurs auteurs ont d`ailleurs cherché ces dernières années à évaluer l`efficacité d`un certain nombre de FPT en les utilisant pour des sols provenant des Etats-Unis ou d`Allemagne. Les résultats montrent de grandes disparités dans la qualité des estimations. Enfin, face à la complexité sans cesse croissante des FPT, cette analyse bibliographique montre qu`il est possible d`améliorer et de simplifier l`estimation des propriétés de rétention en eau en faisant appel à des critères pédologiques pour établir des règles de stratification préalablement à l`établissement de FPT.
Le terroir, une réalité géographique mise en évidence par des critères édaphiques | p 43-60
Auteurs :
J.-Cl. Monnet et M. Gaiffe
Adresse :
Laboratoire de Sciences Végétales-Pédologie, Université de Franche-Comté, Place Leclerc, F-25030 Besançon Cedex
Résumé :
La variabilité du goût du fromage de Comté est-elle seulement due aux changements saisonniers dans l`alimentation des vaches laitières (alternance herbe-fourrage) ou à des composantes pérennes du milieu naturel ? Existe-t-il des ` terroirs ` de fromage ? Une cartographie des unités agro-pédologiques (combinaison du système hydrique sol-roche et du volume de sol prospectable par les racines), effectuée sur 20 bassins laitiers, a permis une comparaison statistique faisant apparaître des ` secteurs édaphiques ` différenciés. Une analyse sensorielle de 106 fromages issus de ces 20 fromageries (fromages d`été ou d`hiver, affinés 3 ou 6 mois) a mis en évidence des ` crus de Comté `, qui correspondent – à plus de 80 % – aux secteurs édaphiques. Ces derniers ont donc valeur de terroirs, entités naturelles exprimées de façon synthétique par le sol et révélées par la végétation qui donne ses saveurs au lait puis au fromage.
Influence des pratiques culturales sur le comportement et les propriétés de sols du Paraná (Brésil) | p 61-71
Auteurs :
J. Tavares-Filho(1) et D. Tessier(2)
Adresse :
(1) UEL, Département d`Agronomie, BP 6001, 86051-970 Londrina, Brésil
(2) INRA, Science du Sol, route de Saint Cyr, 78026 Versailles
Résumé :
Dans l`Etat du Paraná, des ` Latossolos Roxo ` (Oxisols) ont été mis en culture depuis environ 35 ans. Ces sols présentent actuellement des problèmes de dégradation principalement liés à leur tassement et à la disparition d`une partie de leur macroporosité. L`objectif de cet article est de discuter de l`évolution des sols sous l`influence de pratiques culturales, dans une perspective de gestion à long terme de leur fertilité. Une étude de longue durée a été menée à l`OCEPAR (Organisation des Coopératives du Paraná) sur l`évolution simultanée des sols et des rendements des cultures. Des profils culturaux ont été effectués et des échantillons non remaniés prélevés après semis direct et labour à la charrue à soc. Une comparaison a été faite entre les propriétés physiques (rétention d`eau, gonflement-retrait) et physico- chimiques des sols sous forêt et cultivés. Les sols sous forêt présentent une structure microagrégée typique des sols ferrallitiques (latosols) développés sur basaltes (>70 % d`argile). Dans ce type de sol, le degré d`altération des constituants minéraux et leur environnement géochimique sont des éléments fondamentaux à prendre en compte pour comprendre et prévoir leur stabilité physique.
Lorsque le pH est acide (Cascavel) et le complexe d`échange largement désaturé, les forces de cohésion entre les constituants très fins (argiles, oxydes et matières organiques) permettent d`assurer la stabilité physique du sol. Le labour se révèle alors une technique relativement dangereuse car il tend à rompre de façon durable la structure microagrégée des sols ; en revanche, la pratique du semis direct semble être une technique de conservation bien adaptée aux sols acides.
Lorsque le pH tend vers la neutralité comme à Palotina, l`absence de forces de cohésion entre les constituants (argiles, oxydes et matières organiques) ne contribue plus à assurer une certaine stabilité physique au sol. Les conclusions établies pour Cascavel ne paraissent plus appropriées pour Palotina car le sol présente, du fait de sa constitution et de son environnement géochimique, un comportement potentiellement instable. Il est conclu que la technique de semis direct est alors moins bien adaptée que le labour à la charrue au maintien d`un espace poral favorable au développement des plantes. Au total, il apparaît que dans les régions tropicales, la maîtrise des techniques culturales nécessite de connaître un ensemble de caractéristiques propres aux sols et une gestion adaptée à chaque type de milieu.

1998 - Volume 5 - Numéro 2

Caractérisation structurale de sols des Cerrados Brésiliens (Savanes) sous différents modes d`utilisation agricole | p 93-105
Auteurs :
P.L. de Freitas(1), Ph. Blancaneaux(2), R. Moreau(3)
Adresse :
(1) EMBRAPA / C N P S - Rua Jardim Botânico, 1024 ; 22460-000, Rio de Janeiro, Brésil.
(2) ORSTOM / EMBRAPA - C N P S - Rua Jardim Botânico, 1024 ; 22460-000, Rio de Janeiro, Brésil.
(3) ORSTOM - 911, av. Agropolis- B.P. 5045 ; 34032, Montpellier, France.
Résumé :
L`évaluation de systèmes de gestion pour la Région des Cerrados Brésiliens doit s`appuyer sur la mise en oeuvre d`approches méthodologiques comme l`analyse morpho-structurale permettant, en particulier, la caractérisation de l`état structural du sol, avec l`identification des différents horizons pédologiques et la caractérisation des unités pédologiques homogènes (UPH), qui résultent de l`activité anthropique et sont directement liées à l`action des outils agricoles. On y considère, sur un même type de sol ferrallitique, quatre situations comprenant une parcelle sous végétation naturelle anthropisée (CER), une parcelle sous pâturage cultivé de longue durée (PAL) et deux parcelles expérimentales sous irrigation (succession maïs/haricot), correspondant l`une à un système de gestion conventionnelle (CCL) et l`autre à un système de gestion par semis direct (PD).
La prise en compte de la différentiation morpho-structurale permet de comprendre et pronostiquer le comportement du sol évoluant sous différents modes d`utilisation agricole et conditions pédoclimatiques. S`agissant de l`espace poral, on constate une augmentation de la densité apparente dans les horizons les plus affectés par le travail du sol pour lesquels, toutefois, grâce aux caractéristiques de micro-agrégation des sols ferrallitiques, la porosité totale se maintient au-dessus de 49 %. C`est surtout la macroporosité grossière qui montre les variations les plus importantes en fonction du système cultural. Ces résultats sont confirmés et précisés par la porosimétrie à mercure.
On observe une correspondance nette entre les courbes de retrait et les caractères morphologiques décrits dans les divers horizons et UPH du sol existant sous différents systèmes. On constate, en effet, une cohésion d`assemblage et une cohésion interne des éléments structuraux très élevées en CCL, élevées en PAL ; par contre, si la cohésion interne reste appréciable en PD, la cohésion d`assemblage y est faible. Enfin, en comparant les situations CER et PAL avec les systèmes sous culture annuelle CCL et PD, on constate une stabilité plus faible des macro-agrégats (> 2 mm) dans le dernier cas. La diminution observée entre les deux cas de situation apparaît bien en rapport avec les caractéristiques morphologiques, physiques, chimiques et biologiques des différents systèmes considérés.

1998 - Volume 5 - Numéro 3

Spatialisation et cartographie des risques érosifs à l`échelle d`un bassin versant agricole par un radio-isotope (137Cs) | p 171-180
Auteurs :
L. Mabit (1), Cl. Bernard (2), M.R. Laverdière (3) et S. Wicherek (1)
Adresse :
(1) Centre de Biogéographie-Ecologie, UMR180 CNRS, ENS Fontenay-Saint-Cloud - Le Parc, 92211 Saint-Cloud, France
(2) MAPAQ, Centre de recherche et d`expérimentation en sols - 2700 rue Einstein, Sainte-Foy (QC), Canada, G1P 3W8
(3) Université Laval, Département des Sols, Sainte-Foy (QC), Canada, G1K 7P4
Résumé :
L`érosion des sols et la qualité de l`eau sont deux problématiques imbriquées et indissociables. Outre les pollutions urbaines et industrielles, les pollutions diffuses agricoles contribuent à une dégradation des hydrosystèmes, ce qui entraîne une limitation coûteuse de leurs divers usages originels. La mesure de l`érosion hydrique des sols par des radio-traceurs a été initiée au début des années 1970. En raison de ses prédispositions (propriétés physico-chimiques, comportement environnemental) et de sa diffusion mondiale, le césium-137 (137Cs) fut l`un des plus usités pour inventorier l`état de dégradation des sols. Les auteurs ont utilisé cette méthode d`investigation sur un bassin versant agricole en France, dans le Soissonnais (Vierzy). Un bilan érosif interne et externe a été établi. L`importance des processus érosifs a été estimée, spatialisée, et cartographiée. La réalisation d`une telle cartographie des zones à risques des agrosystèmes peut aider à la conservation et à la gestion des ressources couplées eau/sol.
Communication présentée au symposium n° 42 du 16è Congrès Mondial de l`IUSS. Montpellier, 1998. Réflexions sur les classifications des sols | p 201-205
Auteurs :
Ph. Duchaufour
Adresse :
Académie d`Agriculture de France, 18, rue de Bellechasse, 75007 Paris
Résumé :
La classification des sols se heurte à deux difficultés majeures : (1) le sol n`est pas un objet défini ; il s`insère dans un ` continuum écologique `; (2) la hiérarchie des unités oblige à faire des choix difficiles entre les caractères de base et leur importance relative. Trois types de classification ont été passées en revue : (1) les classifications hiérarchisées, qui n`évitent pas ces deux difficultés ; (2) les référentiels classiques, qui ne les corrigent que partiellement ; (3) les référentiels de type ` fuzzy ` (flou), qui sont plus proches de la réalité, mais n`évitent pas le risque de confusion, car l`utilisateur doit faire certains choix. La World Reference Base paraît être un compromis satisfaisant, dans la mesure où elle est logique, flexible et facile à utiliser.

1997 - Volume 4 - Numéro 1

Etat structural d`horizons superficiels sableux sous culture ou jachère herbacée en Afrique de l`Ouest (Burkina Faso) | p 17-26
Auteurs :
Ph. de Blic(1) et N. A. Some(2)
Adresse :
(1) ORSTOM B.P. 182 Ouagadougou Burkina Faso
(2) Institut de Recherche en Biologie et Ecologie tropicale B.P. 7047 Ouagadougou Burkina Faso
Résumé :
Le raccourcissement significatif des temps de jachère a entraîné, notamment en Afrique de l`Ouest, une détérioration importante de l`état structural des sols ferrugineux tropicaux lessivés, très caractéristiques de cette région. La restauration de cet état est déterminante pour le retour de meilleures conditions édaphiques et apparaît étroitement liée aux stades de reconstitution de la jachère définis en particulier par l`apparition et la succession de Andropogon spp. La caractérisation de l`état structural de l`horizon superficiel sous divers stades de jachère à Andropogon spp. fournit, par référence à l`état observé sous culture, des éléments d`appréciation de la restauration de meilleures conditions culturales. Les résultats suggèrent que les andropogonées vivaces jouent, dès leur apparition en touffes isolées dans les jachères de 6 à 8 ans, un rôle positif vis-à-vis de la structure et de la porosité de l`horizon superficiel. Cela confirme l`intérêt que présentent des modes de gestion favorisant l`implantation précoce de ces andropogonées.
Caractérisation des sols et paysages des garrigues méditerranéennes | p 27-42
Auteurs :
M. Bornand(1), J.M. Robbez-Masson(1), A. Donnet(1) et B. Lacaze(2)
Adresse :
(1) ENSA. M-INRA. - U.F.R.Science du Sol - Place Viala - 34060 Montpellier Cedex 01
(2) CEFE-CNRS -1919 route de Mende - BP 50551 - 34033 Montpellier Cedex 01
Résumé :
Les garrigues calcaires méditerranéennes sont des milieux présentant une grande hétérogénéité dans les caractéristiques des sols et une extrême variabilité dans leur distribution spatiale. Une typologie des sols et des paysages est établie dans des écosystèmes ; elle met particulièrement l`accent sur les relations pouvant exister entre les couvertures pédologiques et végétales. Sur cette base, une cartographie détaillée des sols et des paysages est réalisée au sein d`aires d`extension limitée représentatives de la diversité de ces espaces naturels : elle sert de référence locale de terrain pour réaliser une extrapolation spatiale des données à de vastes territoires. Pour ce faire, une procédure de traitements et d`analyse d`images satellitaires a été utilisée, basée sur le principe d`une classification tenant compte du voisinage spatial. Une confrontation est alors réalisée entre l`image classique obtenue et les cartes découlant de la prospection directe de terrain. Celle-ci permet d`évaluer la pertinence et les insuffisances des hypothèses émises au départ sur les relations sol-végétation. Des améliorations de la démarche sont alors proposées pour une meilleure discrimination des unités.
Variations de la densité des sols des hêtraies du nord-est de la France en relation avec leurs caractéristiques physico-chimiques | p 43-52
Auteurs :
J-L. Dupouey, Anne Thimonier et P. Behr
Adresse :
Unité d`Écophysiologie forestière, Équipe Phytoécologie, INRA - Nancy, 54280 Champenoux
Résumé :
Dans le cadre d`une étude de l`évolution des stocks de carbone et d`azote des sols de hêtraies du nord-est de la France, nous avons été amenés à mesurer puis modéliser la densité apparente de la terre fine de 93 horizons prélevés dans 37 sites. Le but de ce travail était d`étudier la possibilité de remplacer les mesures directes de densité dans ces milieux, longues et difficiles, en particulier en sols caillouteux, par les estimations obtenues à partir d`un modèle statistique utilisant des paramètres physico-chimiques du sol. La comparaison des méthodes de mesure de la densité au cylindre et à la paraffine indique une valeur systématiquement supérieure pour cette dernière (0,18 de plus), mais une répétabilité égale des deux méthodes (±0,07 à 5% d`erreur). Les modèles de densité obtenus font apparaître comme variables déterminantes le taux de carbone, la pierrosité, la profondeur et, de façon moins nette, l`état du complexe absorbant alors que la texture ne semble pas montrer d`effet significatif. Ils sont améliorés en séparant en 2 lots horizons superficiels et profonds. L`écart-type de l`erreur (0,12) et le pourcentage de variance expliquée (82%) permettent d`utiliser ces modèles en l`absence de mesures directes. Les écarts entre nos mesures de densité et les prévisions d`un autre modèle établi précédemment pour l`Angleterre sont faibles, du moins pour les horizons superficiels, ce qui renforce cette conclusion.
Variabilité et répartition de l`argile et de la salinité dans le périmètre de Kalaât Landelous (Tunisie) - Application à l`évaluation des risques de salinisation | p 53-66
Auteurs :
M. Hachicha(1), A. M`Hiri(2), F. Bouksila(2) et I. Bach Hamba(2)
Adresse :
(1) Ministère de l`Agriculture-Direction des Sols 17, rue Hédi Karray 2080 Ariana - Tunisie
(2) Laboratoire de Science du Sol - Institut National Agronomique de Tunisie, 43, Avenue Charles Nicolle 1082 Tunis - Tunisie
Résumé :
Dans le grand système hydro-pédologique de la Mejerda, l`hydromorphie et l`halomorphie affectent à des degrés divers les sols peu évolués d`apport alluvial. En particulier, les formations alluvionnaires de la Basse Vallée de la Mejerda, en bordure de mer, évoluent sous l`effet d`une nappe phréatique salée proche de la surface du sol. Ces terres étaient initialement exploitées extensivement par des cultures céréalières et fourragères et comme parcours. Elles ont fait l`objet d`une mise en valeur, pour le développement de cultures maraichères et fourragères irriguées d`été, par l`installation d`un réseau d`assainissement et de drainage, d`une station de pompage et d`un réseau d`irrigation. L`étude géostatistique des principales propriétés physico-chimiques a permis d`analyser leur structure et leur variabilité spatiale. Les paramètres hydro-pédologiques analysés à différentes échelles et à des pas de mesures de plus en plus petits ne montrent pas une réduction significative de la variabilité. Pour les paramètres physiques, la variabilité est plus forte en surface. Pour les paramètres chimiques, la variabilité est plus faible en profondeur et en surface mais plus forte aux niveaux intermédiaires soumis à la fois aux effets des précipitations et à celle de la nappe. Les profils salins sont descendants ou à ventre salin. A proximité de la nappe, le sol s`enrichit en chlorure et en sodium. Néanmoins, les solutions possèdent une réserve en gypse leur évitant la sodisation.
Les risques de salinisation sont manifestes. Les secteurs situés au nord-est, au sud et à l`est du périmètre présentent des risques de salinisation élevés. Ils seront les plus à contrôler.

1997 - Volume 4 - Numéro 2

Rôle du sol sur la circulation et la qualité des eaux au sein de paysages présentant un domaine hydromorphe | p 95-114
Auteurs :
P. Curmi(1), J. Bidois(1), G. Bourrié(1,2), C. Cheverry(3, 1), P. Durand(1), C. Gascuel-Odoux(1), J.-C. Germon(4), V. Hallaire(1), C. Hénault(4), A. Jaffrezic(1), P. Mérot(1), F. Trolard(1), C. Walter(3, 1), et M. Zida(1)
Adresse :
(1) INRA, Unité de Science du Sol et de Bioclimatologie, 65 rue de Saint Brieuc, 35042 Rennes CEDEX.
(2) Université de Rennes 1 - Géosciences Rennes - UPR 4661 CNRS, Campus de Beaulieu, 35042 Rennes CEDEX.
(3) Laboratoire de Science du Sol, département DEERN, ENSAR, 65 rue de Saint Brieuc, 35042 Rennes CEDEX.
(4) INRA, CMSE, Laboratoire de Microbiologie des sols, 17 rue Sully, 21034 Dijon CEDEX.
Résumé :
La qualité des eaux de paysages présentant des sols hydromorphes dépend notamment des modes de circulation de l`eau à travers ces paysages et de l`extension spatiale et temporelle des zones humides en raison de leurs fonctionnements hydrologique et biogéochimique particuliers. L`incidence de ces cheminements sur la teneur en nitrate des eaux superficielles a été analysée par une approche pluridisciplinaire sur un bassin versant de 1200 ha (Coët Dan, Morbihan).
Le modèle d`organisation spatiale des sols correspond à un système pédologique associant un nombre limité d`horizons liés génétiquement. Le moteur de la différenciation pédologique étant l`hydromorphie, qui, sur ce bassin, est contrôlée principalement par la topographie, un modèle prédictif de la distribution des sols hydromorphes combinant deux indices topographiques a pu être établi. Les propriétés hydrodynamiques des horizons de ce système permettent de les regrouper en familles présentant un même comportement. En fonction de ces familles d`horizons et du modèle d`organisation des sols, le bassin versant peut être divisé en deux domaines : un domaine amont, homogène et très perméable où les transferts d`eau et de solutés sont principalement verticaux; et un domaine aval, multicouche, peu perméable présentant deux niveaux de nappes. Ce dernier domaine est le siège de transferts latéraux dans le sol et d`un ruissellement superficiel dont l`importance est fonction de l`extension spatiale et temporelle des surfaces saturées et de leur connectivité.
L`étude biogéochimique du domaine mal drainé montre l`importance des phénomènes de dénitrification dans la nappe perchée subsuperficielle et l`existence d`un composé du fer (rouille verte) qui peut à certains moments concurrencer la dénitrification. Au plan hydrologique, les variations de la qualité de l`eau au cours de la crue sont bien rendues par la décomposition de l`hydrogramme de crue à partir d`un modèle de mélange à 4 compartiments, cohérent avec le modèle de fonctionnement proposé. Ce modèle montre que l`eau venant de la zone dénitrifiée représente 15 à 30 % de l`écoulement de crue. A l`échelle annuelle, la concentration moyenne en nitrate de différents sous-bassins décroît lorsque la proportion de sols hydromorphes croît. Ces résultats montrent que les zones hydromorphes ont un effet sur les transferts de nitrate, mais que cet effet est limité par l`importance des chemins de l`eau court-circuitant les zones épuratrices. Un modèle conceptuel combinant les transferts d`eau et de nitrate à l`échelle du bassin versant est proposé qui prend en compte les principaux processus identifiés ici.
Morphologie de la porosité et circulations préférentielles en saturé - Cas des horizons d`un système pédologique armoricain | p 115-126
Auteurs :
V. Hallaire(1), P. Curmi(1) et Widiatmaka(2)
Adresse :
(1) INRA, Unité de Science du Sol et de Bioclimatologie, 65 rue de Saint-Brieuc, F 35042 Rennes CEDEX
(2) Bogor Agriculture University, Dept of Soil Science, Pajajaran Str., Bogor 16144, Indonesia
Résumé :
La macroporosité a été analysée sur neuf horizons types du bassin versant du Coët Dan (Morbihan), en vue d`une détermination des pores efficaces aux transferts hydriques en conditions saturées. Les voies de circulation préférentielle ont été marquées, puis identifiées par analyse d`images. Une paramétrisation morphologique des pores fonctionnels est proposée à partir de quatre critères : la porosité surfacique, la taille des pores, leur forme, et leur connectivité. Ces paramètres porosimétriques ont été croisés à un paramètre hydrodynamique, la conductivité hydraulique à saturation des horizons. On met en évidence une relation entre la porosité fonctionnelle et la perméabilité, malgré une grande variabilité au sein de chaque horizon. L`analyse morphologique des pores permet de classer les horizons en quatre types, en fonction de la classe principale des macropores. Cette classification montre que la connectivité est fortement liée au Ksat. Une approche morphologique de la porosité, tenant compte de la forme des pores (pores tubulaires, pores fissuraux, pores d`assemblage), de leur taille et de leurs connexions apparaît ainsi nécessaire pour expliquer les transferts hydriques en saturé.
Modification au cours de la révolution forestière des caractères physiques de sols sous plantation de Douglas (Pseudotsuga menziesii Franco) | p 127-140
Auteurs :
J. Chrétien(1), J. Ranger(2) et S. Villette(3), avec la collaboration technique de D. Meunier(1), O. Munier(1) et D. Gelhaye(2)
Adresse :
(1) INRA - Unité de Science du Sol - SESCPF - Antenne de Dijon, 17, rue Sully - 21034 Dijon cedex
(2) INRA - Centre de Nancy, Équipe `Cycles biogéochimiques` - 54280 Champenoux
(3) LEGTA - 58000 Challuy
Résumé :
Cette étude de trois sols forestiers sous plantation de Douglas de 20, 40 et 60 ans a pour but de mettre en évidence l`effet du vieillissement de l`écosystème sur les caractères morphologiques et physico-hydriques des solums de type ALOCRISOLS (RP 95). On observe ainsi une modification de nature et une diminution importante d`épaisseur des horizons organo-minéraux qui évoluent d`un mull acide épais à 20 ans vers un moder plus compact et réduit en épaisseur dès 40 ans sans changement notable des teneurs en matière organique. Corrélativement, on constate une diminution de la porosité totale in situ de ces horizons ainsi que de leurs composantes `pédologiques`, porosités structurale et de retrait déduites de mesures effectuées sur mottes naturelles (ou peds) à l`humidité du prélèvement ou après séchage à l`air. Enfin, le comportement physico-hydrique des matériaux constitutifs des horizons analysé à partir des courbes d`humidité et de gonflement (entre pF 4,2 et pF 1) indique une perte d`aptitude au gonflement accompagnée d`une diminution progressive de la porosité ouverte à l`air pouvant conduire dans le peuplement de 60 ans à une phase d`anaérobiose en période humide.
L`ensemble de ces constatations conduit à admettre l`existence d`un tassement progressif et généralisé des horizons organominéraux. Celui-ci peut être attribué à des contraintes mécaniques de gestion forestière (poids du sol, poids du peuplement, passage d`engins d`exploitation...) mais également, sans doute, à une évolution des types d`humus. Si des réserves peuvent être formulées sur les conditions de représentativité d`une telle chronoséquence forestière, il n`en reste pas moins vrai que les résultats obtenus conduisent à proposer une tendance évolutive en relation avec l`âge des peuplements qui semble bien s`intégrer au contexte pédogénétique de l`écosystème étudié.

1997 - Volume 4 - Numéro 3

La prospection électrique : une méthode adaptée à la cartographie et à la reconnaissance de l`état hydrique des sols - Cas des sols de Lorraine | p 161-174
Auteurs :
F. Gras, A. Hesse, C. Tillier, D. Tessier et D. Zimmer
Résumé :
La prospection pédologique conventionnelle permet généralement de stratifier la couverture pédologique en un nombre plus ou moins important d`unités cartographiques à partir d`unités typologiques. Si cette approche est adaptée pour des échelles moyennes à grandes, une difficulté subsiste cependant pour délimiter des unités cartographiques à très grande échelle. Pour répondre à cet objectif, une méthode de prospection électrique basée sur la mesure des résistivités apparentes du sol, la méthode WENNER, a été utilisée suivant deux variantes, à savoir WENNER Normal et WENNER Dipôle-Bipôle. Elle a permis de réaliser des profils électriques et des cartes de résistivité sur un même site. La comparaison entre les dispositifs a montré que le dispositif WENNER Normal est adapté aux cartes de résistivité sur un même site. La comparaison entre les dispositifs a montré que le dispositif WENNER Normal est adapté aux unités de sol dont la dimension dépasse le décamètre. Le dispositif WENNER Dipôle-Dipôle apparaît plus approprié à l`étude de la couverture pédologique quand la variabilité spatiale est à l`échelle métrique. Les profils électriques contribuent à localiser rapidement les unités cartographiques telles qu`elles se succèdent le long d`une toposéquence. Les cartes de résistivité, de leur coté, confortent les informations précédentes et permettent de localiser à très grande échelle des unités cartographiques de faible dimension et des discontinuités pédologiques locales. Les auteurs montrent que la résistivité dépend étroitement de l`état hydrique du sol. Les cartes de résistivité permettent en particulier de localiser les nappes peu profondes.
Zonage prédictif des terroirs viticoles à partir de secteurs pris comme référence | p 175-190
Auteurs :
S. Salvador(1)*, P. Lagacherie(1) et R. Morlat(2)
Adresse :
(1) : INRA - Centre de recherches de Montpellier - Laboratoire de science du sol - 2, place P. Viala, 34060 Montpellier CEDEX 1.
(2) INRA - Centre de recherches d`Angers - Unité de Recherches sur la Vigne et le Vin - 49, rue G. Morel, BP 57, 49071 Beaucouzé CEDEX.
*: adresse actuelle : INRA - Centre de recherches d`Orléans - SESCPF - Ardon - 45160 Olivet
Résumé :
Dans un contexte concurrentiel croissant sur le marché des vins, de nombreuses méthodes de caractérisation des terroirs viticoles ont été développées. Parmi celles-ci, une méthode synthétique, prenant en compte plusieurs caractéristiques du milieu, est actuellement testée dans l`Anjou. Cependant, la phase de cartographie est relativement lourde et est un frein à sa généralisation. Une méthode d`automatisation et d`allégement de la cartographie des terroirs viticoles, basée sur les corrélations spatiales entre ces derniers, est proposée dans cet article. Cette méthode consiste en l`apprentissage des lois de répartition des terroirs sur un secteur déjà cartographié, puis en l`application de celles-ci sur des zones non prospectées, afin de prédire l`extension spatiale des unités de terroir. Quatre grands ensembles de terroirs, de complexité différente, sont testés indépendamment. La prédiction obtenue peut prendre deux formes : établissement d`une carte des terroirs viticoles, ou bien prédiction des terroirs à l`échelle parcellaire. Les résultats obtenus montrent que la qualité de la prédiction et l`allégement éventuel sont fortement corrélés à la complexité du milieu étudié. Une automatisation et un allégement conséquent de la cartographie des terroirs sont manifestes dans le cas de milieux de complexité relativement faible, c`est-à-dire dont la taille moyenne de la plage cartographique est de l`ordre d`une dizaine d`hectares.
Synthèse nationale des analyses de terre réalisées entre 1990 et 1994 | p 191-204
Auteurs :
Ch. Schvartz(1), Ch. Walter(2), Brigitte Claudot(1), Th. Bouédo(3) et P. Aurousseau(3)
Adresse :
(1) ISA, Laboratoire Sols et Environnement - 41, rue du Port - 59046 Lille
(2) ENSA Rennes, Laboratoire de Science du Sol - 35042 Rennes
(3) ENSA Rennes, Laboratoire de Spatialisation Numérique - 35042 Rennes
Résumé :
A partir d`informations transmises par des laboratoires d`analyses de terre, une banque de données d`analyses de terre a été constituée, concernant tout le territoire national.
Dans un premier temps, la faisabilité d`une telle banque de données est analysée. Celle-ci repose d`abord sur l`agrément des différents laboratoires par le Ministère de l`Agriculture, qui implique qu`ils utilisent les mêmes méthodes analytiques. Elle est également basée sur une validation concernant le mode d`expression des résultats et la localisation des lieux de prélèvement des échantillons, identifiée par la commune. Après élimination des données douteuses, nous avons conservé près de 300 000 analyses réalisées entre 1990 et 1994, correspondant à plus de 3 000 000 déterminations.
La pertinence d`un traitement d`ensemble de ces informations, recueillies selon une procédure s`apparentant plus à une enquête sans stratification préalable de la population qu`à une prospection pédologique systématique, est ensuite discutée. Ces données présentent l`intérêt, par leur grand nombre, de permettre des approches statistiques, globales ou spatialisées, complémentaires des approches pédologiques habituelles.
Dans un second temps, nous montrons que le canton est l`entité spatiale élémentaire la plus pertinente pour agréger les analyses dans le cadre d`une synthèse nationale. Chaque canton est alors décrit à partir de descripteurs statistiques robustes (médianes et quartiles), conduisant à la création d`une banque de données cantonale qui est brièvement décrite.
Synthèse nationale des analyses de terre réalisées entre 1990 et 1994 : II. descriptions statistique et cartographique de la variabilité des horizons de surface des sols cultivés | p 205-219
Auteurs :
C. Walter (1), C. Schvartz (2), Brigitte Claudot (2), T. Bouedo (3) et P. Aurousseau (3)
Adresse :
(1) ENSA-INRA Rennes, Laboratoire de Science du Sol, 35042 Rennes, France
(2) ISA Lille, 41 rue du Port, 41000 Lille
(3) ENSA Rennes, Laboratoire de Spatialisation Numérique, 35042 Rennes, France
Résumé :
Une base de données cantonale a été construite par traitement statistique des résultats analytiques portant sur 297 000 échantillons d`horizons de surface de sols cultivés, prélevés en France entre 1990 et 1994. Plusieurs déterminations agronomiques usuelles (granulométrie, pH, matière organique, calcaire, CEC, cations échangeables, phosphore extractible, oligo-éléments) sont prises en compte. Leur distribution est décrite pour environ 2 000 cantons suffisamment renseignés parmi les 3 511 existants.
Les données sont d`abord décrites conjointement aux niveaux national et cantonal pour comparer leur variabilité à ces deux échelles : référée à la variabilité générale, la variabilité intra-cantonale apparaît plus importante pour les propriétés influencées par l`activité humaine que pour les autres. La représentation cartographique à partir de critères statistiques montre néanmoins des structures spatiales de grande portée, y compris pour les propriétés à forte variabilité locale. Ces structures apparaissent liées, selon les propriétés et les régions, à des variations géologiques et/ou pédologiques, à des gradients climatiques, ou encore aux systèmes de production agricole.
L`approche par enquête, fondée sur la collecte et l`analyse de données existantes, donne ainsi des indications sur la variabilité de propriétés du sol au sein de vastes territoires ; elle permet également l`étude de son évolution éventuelle par la comparaison de jeux de données acquis à des dates différentes. Il s`agit donc d`un outil de connaissance sur les sols complémentaire des approches expérimentales ou de cartographie pédologique.

1996 - Volume 3 - Numéro 1

Télédétection des ressources en sols des zones arides - Une méthode d`inventaire adaptée au travail sur le terrain, expérimentée dans la région de Djelfa (Algérie) | p 7-26
Auteurs :
N. Boulahouat et B. Naert
Adresse :
Institut National de la Recherche Agronomique, Maison de la Télédétection, 500 rue J.F. Breton 34093 Montpellier Cedex 5
Résumé :
Afin d`évaluer l`apport de la télédétection pour l`agent de développement qui travaille en milieu aride, les méthodes classiques de traitement de l`image, supervisées et non supervisées, ont été appliquées sur deux images Thematic Mapper et une image SPOT prises dans la région de Djelfa (Algérie).
L`étude des résultats a permis de constater que, même dans une région steppique, la relation directe entre les classifications pédologiques et radiométriques était délicate à établir, mais que certains éléments de surface, secondaires pour la caractérisation des sols, étaient très influents dans l`image. Ils sont identifiés indépendamment des unités pédologiques auxquelles ils appartiennent, dans toutes les classifications des données de l`image.
Une méthode, économe en moyens et en temps, utilisant ces éléments prééminents comme identifiants de l`aptitude des sols à produire une phytomasse, a pu être proposée comme alternative, puis comme préalable à l`approche exclusivement pédogénétique.
États de surface, structure hydrographique et érosion en rigole de bassins versants cultivés du Nord de la France | p 53-70
Auteurs :
B. Ludwig(1), A.V. Auzet(2), J. Boiffin(1), F. Papy(3), D. King(4) et J. Chadoeuf(5)
Adresse :
(1) INRA - Unité d`Agronomie de Laon Péronne, rue Fernand Christ, F 02007 LAON cedex
(2) CEREG - URA 95 CNRS, 3 rue de l`Argonne, F 67083 STRASBOURG cedex
(3) INRA - SAD, F-78850 THIVERNAL-GRIGNON
(4) INRA - Unité de Science du Sol, S.E.S.C.P.F., Avenue de la Pomme de Pin, F 45160 ARDON
(5) INRA - Unité de Biométrie d`Avignon, Domaine St Paul, Site Agroparc, F 84914 AVIGNON Cedex 9
Résumé :
La variabilité de l`érosion en rigole issue d`un ruissellement concentré a été analysée en fonction des caractéristiques topographiques, pédologiques et agraires de 33 bassins versants élémentaires cultivés (BVE). D`une superficie comprise entre 3 et 95 ha, ces BVE ont été sélectionnés dans le Nord de la France et étudiés au cours de quatre périodes hivernales (de 1988/89 à 1991/92). La variation des taux d`érosion, c`est-à-dire du volume des rigoles rapporté à la surface du BVE, est forte (0 à 11.7 m3/ha) et est corrélée à l`aire des zones présentant un état structural superficiel propice au ruissellement. Ces zones sont identifiées d`après le stade d`évolution des croûtes de battance, l`importance des traces de roue et la rugosité. Les coefficients de ruissellement mesurés à l`exutoire de trois bassins versants sont également corrélés à la proportion du BVE occupée par ces zones.
Pour une meilleure compréhension de l`érosion en rigole, une analyse de la structure hydrographique des BVE a été réalisée. Cette structure hydrographique se compose d`un réseau de collecteurs du ruissellement qui est constitué par des motifs linéaires topographiques ou agraires. Ce réseau est découpé en segments, caractérisés par leur longueur, leur pente, la sensibilité du sol à l`incision et l`aire contributive au ruissellement connectée au segment. La fréquence de présence d`une incision le long d`un segment est fortement corrélée à la pente et à l`aire contributive au ruissellement. Pour les segments présentant une incision, la section incisée de la rigole est corrélée à l`aire contributive au ruissellement, à la pente et à la sensibilité du sol à l`incision. Le taux d`érosion en rigole estimé au niveau du BVE, en tenant compte de cette structure hydrographique, est étroitement corrélé avec les taux d`érosion mesurés. On montre ainsi que la position spatiale relative des aires contributives au ruissellement et du réseau des collecteurs est déterminante vis à vis des risques d`érosion en rigole. La modélisation de ce type d`érosion devrait intégrer un sous-modèle décrivant cette structure hydrographique, ainsi que son évolution au cours du temps sous l`effet du climat et des pratiques agricoles.

1996 - Volume 3 - Numéro 2

Représentation cartographique de la sensibilité des sols à l`infiltration hydrique verticale - Carte thématique à l`infiltration verticale | p 97-112
Auteurs :
Catherine Cam(1), D. Froger(2), J. Moulin(3), J. Rassineux(1) et J. Servant(4)
Adresse :
(1) Chambre d`Agriculture de la Vienne - B.P. 129 86004 Poitiers Cedex
(2) Chambre d`Agriculture de l`Indre et Loire - B.P. 139 37171 Chambray Les Tours Cedex
(3) Chambre d`Agriculture de l`Indre - 24, Rue des Ingrains 36022 Chateauroux Cedex
(4) Chambre d`Agriculture du Cher - 3, Rue Volta 18023 Bourges Cedex
Résumé :
Les Chambres d`Agriculture du Cher, de l`Indre et Loire, de l`Indre et de la Vienne ont entrepris, au début des années 1980, la réalisation d`une cartographie systématique des sols de ces départements à l`échelle du 1/50.000. Le processus d`édition automatique de ces cartes comporte la création d`un fichier de données sémantiques et géographiques pour chaque feuille, et permet d`effectuer des traitements informatiques pouvant déboucher sur l`édition de cartes thématiques dérivées du fichier de base. Les feuilles déjà éditées sont ainsi accompagnées de quatre cartons thématiques à 1/100.000 (texture superficielle et hydromorphie par extraction directe d`une donnée ; réserve utile et aptitudes agricoles par croisement de plusieurs paramètres). Dans le cadre d`une prise en compte croissante des préoccupations d`ordre environnemental, l`accent a été mis davantage sur les relations sol-eau. Le nouveau type de carte thématique proposé tente ainsi d`apprécier et de spatialiser la sensibilité des différents types de sols à l`infiltration hydrique au niveau de la petite région naturelle. Cette carte thématique est établie à partir de six paramètres ; chacun est un caractère intrinsèque du sol correspondant à une composante de l`infiltration hydrique verticale. Ils sont obtenus à partir des onze données contenues dans le fichier informatique de la carte des sols ; trois de ces paramètres (texture superficielle, présence d`un plancher imperméable et épaisseur du sol) sont connus ou mesurés et sont directement issus des données de base ; un paramètre (réserve utile en eau) est calculé à partir de ces données ; les deux autres (perméabilité du profil, vitesse de percolation), sont interprétés à partir de la connaissance régionale des sols et obtenus par combinaison des données de base. Ces paramètres sont quantifiés et la somme de leur valeur aboutit à la définition de sept classes de sensibilité. Ce classement des sols est à moduler en fonction du contexte géographique, géologique et climatique régional. Ce système de thématisation a été testé sur plusieurs coupures existantes de la carte des sols ; il paraît valide pour les secteurs étudiés. L`exemple présenté est celui de la feuille de Sancerre (Cher). A ce jour, douze feuilles de la carte des sols sont accompagnées de leur carte thématique `sensibilité à l`infiltration`, éditée à 1/100 000.
Délimitation d`unités de paysage sur des photographies aériennes - Eléments de réflexion pour la définition d`une méthode de tracé | p 113-124
Auteurs :
J.-P. Legros (1), O. Kolbl (2) et P. Falipou (3)
Adresse :
(1) Directeur de Recherche. INRA, place Viala, 34060 Montpellier, cedex 01 France
(2) Professeur de Photogrammétrie. EPFL, 1015 Lausanne, Suisse
(3) Assistant Ingénieur. INRA, place Viala, 34060 Montpellier, cedex 01 France
Résumé :
Cet article a pour objet de discuter la `reproductibilité` de zonages faits par photo-interprétation et visant à délimiter des unités de paysage. Il s`agit très précisément d`une étude de `fidélité` au sens statistique du terme : les zonages proposés par différentes personnes sont-ils identiques ? Pour répondre, on se base sur la superposition de 20 zonages réalisés sur le même cliché par 20 binômes d`étudiants travaillant séparément. Certaines limites naturelles qui s`inscrivent à la fois dans le relief et dans la végétation sont perçues par tous les observateurs. D`autres, au contraire, sont plus ou moins bien reconnues ce qui conduit à des tracés qui ne coïncident pas. On s`efforce d`analyser les raisons des désaccords. En conclusion, on propose quelques règles visant, sinon à supprimer, du moins à limiter la part de subjectivité liée à ce genre d`exercice qui est très pratiqué dans le cadre de cartographies réalisées à moyenne ou petite échelle (délimitation des pédopaysages).

1995 - Volume 2 - Numéro 1

Les couvertures pédologiques de la plate-forme sinémurienne en Bourgogne - Particularités morphologiques et pédo-géochimiques | p 7-28
Auteurs :
D. Baize et J. Chrétien
Adresse :
Service d`étude des Sols et de la Carte Pédologique de France, INRA, 45160 Ardon - France
Évolution des stocks de carbone des sols après déforestation : Analyse spatio-temporelle à l`échelle d`un paysage pédologique | p 29-38
Auteurs :
D. Arrouays(1), J.L. Kicin(2), Ph. Pélissier(3), I. Vion(4)
Apport de l`interprétation visuelle des images satellitaires pour l`analyse spatiale des sols. Un exemple dans la région de Lodève | p 7-24
Auteurs :
M.-C. Girard
Adresse :
Institut National Agronomique Paris-Grignon - UER Dynamique des Milieux et Organisations spatiales - 78 850 Grignon
Résumé :
L`objectif de cette étude est de présenter une méthode d`utilisation de la télédétection dans la cartographie des sols. L`interprétation des données de télédétection en vue de l`étude des sols se fait de deux manières : a) directe à partir des valeurs des réflectances, ce qui permet de détecter la rugosité, la couleur, des classes de matière organique, de calcaire etc., b) indirecte en définissant des lois chorologiques (lois d`organisation de la distribution des sols) dans les pédopaysages(ensembles des horizons pédologiques et des éléments paysagiques qui y sont liés).
La méthode employée est fondée sur une interprétation visuelle des images satellitaires Infra-Rouge Couleur (fig. 1) - qui se fait en fonction du comportement spectral des sols (fig. 3), de manière systématique en se basant sur une fiche de description des plages (fig. 2). Ensuite une classification des 635 plages décrites sur près de 2 5OO km2 est effectuée en utilisant une méthode statistique supervisée : DIMITRI (fig. 4). Une première carte a été construite avec 9 unités cartographiques (hors texte 1, et tab. 1 et 2) en utilisant 9 variables relatives à l`occupation du sol et aux états de surface des sols, une seconde avec 17 unités se basant sur 29 variables comportant, en plus, des variables relatives à la morphologie (hors texte 2).
On a comparé alors cette seconde carte avec une carte de pédopaysages. Celle-ci a été établie à partir de nombreuses cartes pédologiques d`échelles diverses, pour une synthèse au 1/250.000 dans le cadre du programme français «Inventaire Gestion et Conservation des Sols». La comparaison, faite par une grille de points kilométriques (tab. 3), fait apparaître un accord de 53,7 % quand on prend toutes les régions y compris celles qui sont sous forêt. Cet accord est de 73,8 % pour les régions où la surface du sol est directement perceptible sur image satellitaire.
Une analyse des contours des plages cartographiques obtenues par télédétection satellitaire montre que, si on diminue l`information sémantique de 82 % , on ne perd que : moins de 8 % des unités cartographiques par rapport à la carte établie par synthèse du terrain (tab. 4), et que : moins de 18 % des limites des plages (tab. 5 et fig. 5 et 6). L`opération est donc significativement avantageuse pour établir une segmentation pédologique de la zone à étudier.

1995 - Volume 2 - Numéro 3

Quatre siècles de fertilisation - Première partie | p 201-211
Auteurs :
J. Boulaine - Membre de l`Académie d`Agriculture.
Résumé :
Entre 1600 et 1840 de grands savants ont exploré les problèmes de la fertilisation. Leurs successeurs ont construit un des chapitres les plus efficaces de l`Agronomie. L`histoire permet une hiérarchisation des problèmes qui leur avait souvent échappé.
Les terres de France étaient épuisées à la fin du XVIII ème siècle, par une très longue exploitation par une population très supérieure en nombre à celles des pays voisins. La dégradation de l`humus, le blocage du phosphore et du potassium, ainsi que les pertes d`azote, en étaient les manifestations majeures.
La Révolution de 1789 a supprimé de nombreusescontraintes : elle a permis la culture des légumineuses fourragères et des plantes sarclées qui ont stoppé la baisse des rendements et entraîné quelques progrès très limités durant le XIX ème siècle lequel a connu par ailleurs une quête effrénée de fertilisants, sans résultats appréciables au niveau national. Localement, des succès remarquables ont pu être enregistrés.
L`apport du phosphore, grâce à des ressources minérales extérieures, a permis de surmonter cette contrainte majeure. Les rendements moyens en blé sont passés de 10 à 20 quintaux/ ha. Mais alors, la contrainte de `l`azote minéral` s`est manifestée car en année moyenne, la minéralisation de l`azote organique plafonne à ce niveau. A partir de 1945 les engrais azotés ont, à leur tour, provoqué l`essor prodigieux des rendements : celui du blé d`hiver a triplé en trente ans.
D`autres éléments, au premier rang desquels le potassium, interviennent pour nuancer ce schéma simplifié. La nature très variée des terres, les disparités climatiques, les niveaux de formation des hommes interviennent eux aussi dans l`histoire complexe de la fertilisation, en France, depuis quatre siècles.
La base de données géographique des sols de France | p 153-172
Auteurs :
M. Jamagne(1), R. Hardy(1), D. King(1) et M. Bornand(2)
Adresse :
(1) Institut National de la Recherche Agronomique. Service d`Etude des Sols et de la Carte Pédologique de France. Centre de Recherche d`Orléans. F45160 Olivet.
(2) Institut National de la Recherche Agronomique. Unité de Science du Sol. Place Viala. F34060 Montpellier.
Résumé :
L`objectif de cette note est de montrer le type d`information disponible sur l`ensemble des sols du territoire français à partir d`une base de données géographique des sols de France mise en place récemment à l`Unité de Science du Sol de l`INRA d`Orléans, et issue d`une collaboration entre de nombreux pédologues français.
Une première partie se rapporte à l`historique des données et décrit tout d`abord brièvement la base de données géographique des sols de France issue des travaux de coordination effectués au niveau européen. Les informations principales ayant servi à l`élaboration de la base de données sont alors abordées : réalisation d`inventaires cartographiques et programmes de recherches ayant servi de support à l`élaboration d`une synthèse au millionième.
La deuxième partie concerne la structure de la base de données. Les principaux ensembles de gestion informatique sont évoqués : - métadonnées, correspondant aux données acquises et aux connaissances générales ; - données descriptives des objets géographiques : horizons, Unités Typologiques de Sols (UTS), Unités Cartographiques de Sols (UCS), Unités de Fonctionnement de Sols, Modèles d`Organisation Spatiale,... ; - données ponctuelles correspondant aux profils pédologiques représentatifs. L`état d`avancement des travaux aux plans national et européen est évoqué.
La troisième partie se rapporte aux possibilités d`extraction et de traitement des données. Sont abordés successivement les méthodes d`extraction, les règles de pédotransfert et le croisement de données spatialisées.
La quatrième partie concerne la restitution des données, comprenant les possibilités de sorties cartographiques informatiques, ainsi que la fiabilité de ces représentations incluant les notions de pureté et de niveau de confiance.
Une dernière partie traite enfin des orientations et perspectives, et met en évidence tout l`intérêt de la démarche : structuration rationnelle des connaissances, absence de pertes d`information, possibilités d`intégration des éléments antérieurement acquis, mise à disposition rapide des données aux utilisateurs,...et ceci tant au plan national qu`européen.
Il s`agit en fait d`une base de données emboîtée selon plusieurs niveaux d`échelle qui s`élabore progressivement, en vue de proposer les informations nécessaires aux différents gestionnaires de l`espace rural.
Contrôle du ruissellement, de l`érosion et des pertes de phosphore par les résidus de culture, sous pluie simulée | p 173-182
Auteurs :
N. Koro(1), C. Bernard(2) et M. R. Laverdière(3)
Adresse :
(1) Direction des Forêts et de la Protection de l`environnement, Service du Reboisement et de la Conservation des sols, B.P. 447, N`Djamena, Tchad
(2) Ministère de l`Agriculture, des Pêcheries et de l`Alimentation du Québec, Service des Sols, 2700 rue Einstein, Sainte-Foy (QC), Canada, G1P 3W8
(3) Université Laval, Département des Sols Sainte-Foy (QC), Canada, G1K 7P4
Résumé :
Cette étude visait à évaluer, pour deux sols à texture contrastée, l`effet de quatre niveaux de résidus de culture (0, 500, 1 000 et 2 000 kg ha-1) sur le ruissellement, l`érosion et la perte de phosphore par ruissellement superficiel. Trois pluies artificielles, de même intensité, ont été appliquées aux 24 unités expérimentales, permettant de réaliser les mesures sous trois niveaux croissants d`humidité initiale du sol. Le volume d`eau ruisselée et les pertes de sol ont augmenté avec la séquence des pluies, mais diminué avec l`augmentation de la quantité de résidus laissés à la surface. La présence de quantités croissantes de résidus s`est traduite par une réduction des pertes de phosphore total, mais aussi par une augmentation des pertes de phosphore dissous, si bien que la réduction des pertes de phosphore biodisponible n`a atteint que 60 à 70% de celles de phosphore total. Cette étude tend donc à démontrer que le maintien de résidus à la surface du sol est très efficace pour le contrôle de l`érosion. Le gain environnemental escomptable de cette pratique, en termes de réduction des pertes de phosphore total et biodisponible, est réel mais moins important que la réduction de la perte de sol.

1994 - Volume 1 - Numéro 1

Analyses de sols et gestion de l`espace - Plaidoyer pour leur cadrage géomorphopédologique dans les projets, expertises et services de conseil | p 23-33
Auteurs :
L. Bock
Adresse :
UER des Sciences du Sol et de la Ter¡e . Faculté des Sciences Agronomiques . 5030 Gembloux . Belgique
Résumé :
Partant du constat d`une pad, qu`il règne une cetaine confusion sur ce qu`on peut attendre d`une analyse de sol (au sens typologique comme au sens agronomique) et d`autre part, qu`il est fod peu fait appel, dans ce domaine, aux acquis de la pédologie et des cartes de sols, la présente contribution veut, dans une première partie, poser les choix sur le terraln, attacher toute ì`attention nécessaire à l`échantillonnage, lnsister sur la valeur explicative des paramètres, souligner l`importance d`adapter les menus d`analyses aux objectifs et aux contextes rencontrés, discuier pour l`essentiel des modes opératoires les plus couramment admis, suggérer une présentation structurée des résultats.
Dans une seconde parlie, quelques exemples sont tirés d`études qui toutes tentent de mettre en relation les apports de l`analyse avec les données de la pédologie et de l`occupaton des terres que ce soit sur la base de la Carte des Sols de Belgique ou d`une expérience de projet au Fouta Djalon (Guinée).
Les conclusions font notamment appel aux réseaux, aux systèmes de référence et à la pr¡se en compte de fonctions de production ou d`impact.
Effets de la mise en valeur sur la dégradation physique des sols | p 45-65
Auteurs :
J.-Cl. Leprun
Adresse :
Direcleur de Recherches ORSTOM
CNPS/EMBBAPA. Mission ORSTON. C.P 4010 Boa Viagem .51020 Recife (PE) BRESIL
Résumé :
Les mesures de pertes en eau et en terre effectuées à différentes échelles : m du simulateur de pluie, 100 m des parcelles expérimentales, hectare et kilomètre carré des bassins hydrographiques et provenant de grands écosystèmes naturels et d`agrosystèmes brésiliens sont comparées et discutées, Les grands écosystèmes naturels analysés sont la `caatinga`, semi-ar¡de, la forêt amazonienne équatoriale, le `cerrado`, ou savane tropicale et les forêts tropicales humides de la `Mata Atlântica`, littorale et intérieure. Cette analyse permet de dresser un bilan global de la dégradation physique des sols après leur mise en valeur. Des études de cas plus détaillées, fondées sur la mod¡fication de l`espace poral, rendent possible un examen des différents facteurs de dégradat¡on mis en jeu et une ¡nterprétation du comportement des sols. Des recommandations concernant la mise en valeur des sols de chacun des écosvstèmes sont émises.
Les banques régionales de données-sols - Exemple du Languedoc-Roussillon | p 67-82
Auteurs :
M. Bornand (1), J.-P Legros (1), C. Rouzet (2).
Adresse :
(1) INRA Science du Sol . Place Viala . 34060 Montpellier cedex 1
(2) GUTLAB . Domaine de Lavalelle. 34090 Montpellier
Résumé :
Les problèrnes d`envitonnement et de gestion de I`espace rural rendent urgent le besoin de disposer d`une bonne connaissance de l`organisation spatiale des sols. Un programme dit IGCS a été mis en place à la suite d`une collaboration MAF/DERF/INRA (le MAF est devenu depuìs MAP, Ministère de l`Agriculture et de la Pêche), Ce programme doit assurer la couverture des 22 régions françaises
dans l`optique d`une reconnaissance des sols au 1/250 000.
Le Languedoc-Roussillon est une des régions pilote qui a permis de préciser la méthodologie employée. Afin de faciliter l`accès aux données et à leur exploitation, des moyens modernes de traitement de l`information spatiale sont mis en ceuvre. L`objectif est d`aboutir à la création d`une banque de données sur les sols régionaux; on en présente ici les caractéristiques essentielles.
Un modèle d`organisation des données pédologiques a été conçu : la structure logique qui sert pour caractériser les unités cadographiques (DONESOL) complète celle déjà existante (STIPA) pour les données stationnelles (profils de sols). Ce système de gestion relationnelle gère les données sémantiques; il est utilisé en complémenlarité avec un Système d`lnformation Géographique qui gère
les aspects graphiques. Système d`aide à la cartographie des sols (répertoire des études pédologiques, référentiel de caractérisatlon des unités cartographiques), la banque constitue aussi un outil de thématisation grâce à ses possibilités de recherches et de croisement des données. Deux exemples illustrent son utilisation possible comme outil d`aide à la décìsion pour les gestionnaires de l`espace rural dans le domaine agricole (reconversion du vignoble languedocien) comme dans celui de l`environner¡ent (épandage des composts urba¡ns).

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