Login

Association Française pour l'Étude du Sol

Ardon, Orléans Cedex 2, France

1x2 gaming slots for free https://onlineslots.money/games/1x2-gaming/

Revue “Étude et Gestion des Sols”

Étude et Gestion des Sols (EGS) publie des articles en français. Sa vocation première est d'être un lieu d'échange et de transfert en ce qui concerne la science du sol appliquée. Les articles sont soumis à une procédure de relecture critique par des pairs. EGS publie des résultats originaux, des synthèses et des revues bibliographiques, ainsi que des notes techniques et historiques. EGS publie également des numéros ou des dossiers thématiques.
EGS peut aussi publier des articles brefs d'opinion scientifique, contribuant à l'avancée des réflexions sur notre champ d'étude et de recherche.

EGS est désormais (depuis le 1er janvier 2013) entièrement électronique, avec accès libre et gratuit (accès en bas de cette page).
Les nouveaux articles sont publiés dès qu'acceptés et mis en forme, sous la forme de fichiers .pdf. Leur publication est annoncée au fur et à mesure sur notre "liste de diffusion".
Les autres articles antérieurs à 2013 sont également tous téléchargeables.


Télécharger les instructions aux auteurs


NB: Lorsque vous faites une recherche dans les archives d'EGS (ci-dessous), les résultats sont affichés par volumes (il faut donc cliquer sur chaque volume pour y accéder).

Introduction à la revue EGS et comité éditorial

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Dominique Arrouays
RÉDACTEUR EN CHEF : Dominique Arrouays
RÉDACTEURS EN CHEF ADJOINTS : Denis Baize, Dominique Schwartz
SECRÉTARIAT DE RÉDACTION : Florence Héliès, Cédric Laveuf, Jean-Pierre Rossignol

Adresse :
AFES, INRA, Centre de recherches d'Orléans
2163, avenue de la Pomme de Pin, CS 40001, Ardon
F-45075 Orléans Cedex 02, France

Contact Donimique Arrouays

COMITÉ ÉDITORIAL :
D. Angers Agric. Agroalim. Canada, Sainte Foy, Canada
M. Badraoui I.A.V. Hassan II, Rabat, Maroc
W. Blum Univ. Vienne, Autriche
L. Bock Faculté Agronomique de Gembloux, Belgique
A. Bruand ISTO, Université d'Orléans
C. Cheverry ENSA, Rennes
J.L. Chotte IRD, Montpellier
S. Deckers Université de Leuven, Belgique
A. Delaunois Chambre d'Agriculture du Tarn, Albi
B. Delvaux Université de Louvain la Neuve, Belgique
C. Feller IRD, Montpellier
P. Faivre Université de Savoie, Chambéry
N. Filippi EC JRC Ispra, Italie
E. Frossard Institut Fédéral de Technologie, Zurich, Suisse
J.C. Germon INRA, Dijon
M.C. Girard Académie d'Agriculture, Paris
J.M. Gobat Université de Neuchâtel, Suisse
A. Halitim Université de Batna, Algérie
B. Jabiol ENGREF, Nancy
J.L. Julien Laboratoire Départemental de l'Aisne
J.P. Legros AFES, Montpellier
F.‑Macias Vasquez Univ. St-Jacques de Compostelle, Espagne
C. Mathieu Acad. des Sciences d'Outre-Mer, Paris
J.P. Montoroi I.R.D., Bondy
R. Moreau I.R.D., Montpellier
J.L. Morel ENSAIA, Nancy
S. Recous INRA, Laon
G. Richard INRA, Orléans
C. Schvartz ISA, Lille
T. Sterckeman INRA - ENSAIA, Nancy
E. Van Ranst Université de Gand, Belgique
C. Walter Agrocampus Ouest, Rennes

...

EGS Instructions aux auteurs

1/ EGS est une revue de l'Association Française pour l'Étude du Sol.

2/ La publication est gratuite. Les articles ne devront, en règle générale, pas excéder 15 pages imprimées (résumés, figures, tableaux, bibliographie
compris). Une page pleine de la revue équivaut à environ 4 000 signes, espaces non compris. Pour certains articles, quelques pages supplémentaires
pourront être acceptées.

3/ Le manuscrit doit être saisi sous traitement de texte, sur format 21 x 29,7 cm. Le texte sera fourni sur support électronique (fichier attaché à un courrier électronique ou CD-Rom), de préférence format Word (DOC ou docx) en double interligne. Les lignes doivent être numérotées de 1 à n du début à la fin du document. Les figures en haute résolution (formats pict, eps, tif, png ou jpg en haute définition ou fichier Excel) et les tableaux originaux (de préférence accompagnés du fichier Excel) doivent être joints.

4/ Les textes sont publiés en français. Un 'résumé étendu' en anglais ('extended summary ') précède le texte avec quelques ' Key words '. Il renvoie aux principaux tableaux et figures. Un résumé en français (30 lignes maximum), et quelques mots clés, qui servent à l'indexation, accompagnent aussi le texte. Les résumés présentent clairement le problème étudié, les méthodes utilisées et les conclusions auxquelles on est arrivé. Key words et mots clés doivent être utilisables dans une interrogation de bases de données. Une traduction en espagnol du résumé français est souhaitée. Elle peut être prise en charge par le secrétariat de rédaction. Le secrétariat de rédaction peut également proposer des améliorations en ce qui concerne la rédaction en français.

5/ La page de garde comportera :
a* le titre de la communication ;
b* les noms et prénoms du ou des auteurs ;
c* l'institution à laquelle il(s) appartien(nen)t et les adresses complètes ;
d* l'adresse électronique de l'auteur à qui adresser les correspondances.

L'auteur donnera un titre courant de moins de quarante caractères, ainsi que le titre en anglais.

6/ Les figures et les tableaux seront réduits par les responsables de la revue à la dimension qu'ils estimeront souhaitable. Les titres des tableaux et figures partie entière des nombres sera séparée de la partie décimale par une virgule. Les photographies doivent être contrastées, une échelle donnée sur chaque document. Les illustrations en couleurs seront acceptées uniquement si elles sont indispensables.

7/ Les références bibliographiques citées dans l'article sont reprises en fin de texte, par ordre alphabétique. Les noms des auteurs cités dans le texte seront écrits en caractères minuscules : (Dupont, 2009 ; Dubois et Duchemin, 2009 ;Duchamp et al., 2009) .
La bibliographie sera présentée par ordre alphabétique sur le modèle suivant :

Joseph K.T., 1977 - Clamatrops - Proceedings of the conference on classification and management of tropical soils, Kuala Lumpur, Malaysia, 15to 20 August 1977.
Liang L., Hoffmann A. et Gu B., 2000 - Ligand-induced dissolution and releaseof ferrihydrite colloids. Geochim. Cosmochim. Acta, 64, 12, pp. 2027-2037.


8/ Les manuscrits doivent être envoyés par courriel à Dominique.Arrouays@orleans.inra.fr ou par courrier postal à Dominique Arrouays, AFES - INRA Orléans, Avenue de la Pomme de Pin, CS 40001, Ardon 45075 Orléans cedex 02, France. Les auteurs préciseront leur adresse électronique et leur numéro de téléphone.

9/ Les auteurs peuvent proposer une liste restreinte d'experts susceptibles de relire le manuscrit. Ils peuvent également, en cas de concurrence ou de conflit d'intérêt, signaler des experts qu'ils ne souhaitent pas. Chaque manuscrit est envoyé à deux lecteurs qui remplissent une fiche de lecture. Cette expertise est en principe anonyme, sauf lorsqu'un expert accepte de communiquer son nom aux auteurs. Les deux fiches de lecture et commentaires éventuels sont renvoyés à l'auteur avec une décision de la rédaction : article rejeté, à reécrire entièrement, à modifier en profondeur, à modifier légèrement, accepté.

10/ Lorsque l'article n'a pas été rejeté et que l'auteur a retourné son manuscrit corrigé en tenant compte des avis des lecteurs, le nouveau manuscrit est relu par ses lecteurs initiaux, ainsi que par les responsables de la rédaction qui peuvent proposer d'éventuelles modifications et une mise en forme améliorée des figures et tableaux.

11/ Lorsque l'auteur a donné son accord sur les modifications et effectué tous les travaux correspondants, le texte est accepté pour publication.

12/ Une épreuve du texte est ultérieurement envoyée à l'auteur qui a présenté le manuscrit. L'épreuve corrigée doit être retournée dans la semaine suivante, avec l'accord pour payer les pages supplémentaires si c'est le cas. Dès que sa mise en forme définitive est réalisée, l’article est immédiatement publié sous forme d’un fichier .pdf téléchargeable librement et gratuitement sur le site de l’AFES.

13/ Le Comité de rédaction de EGS se réserve le droit d'adapter ou de modifier la disposition du texte original et de prendre toutes les décisions non explicitement mentionnées dans ce règlement.

14/ Les articles proposés à EGS doivent être originaux ; tout manuscrit déjà publié en partie doit être explicitement signalé comme tel au début du processus de sélection. L'utilisation ultérieure des documents publiés dans EGS par d'autres que les auteurs est soumise à une autorisation écrite des auteurs et de la revue. Une référence claire devra toujours en mentionner la source.

15/ Les textes publiés dans EGS n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

16/ Toute correspondance doit être adressée au rédacteur en chef :
D.Arrouays, AFES,
INRA d'Orléans
2163 avenue de la Pomme de Pin
CS 40001, Ardon, 45075 Orléans Cedex 02 France
Contact Donimique Arrouays
sup
Recherche : 31 articles sur 26 numéros
Articles de la revue choisie

2016 - Volume 23 - Numéro 1

Dernières nouvelles de 42 vieilles parcelles. Indicateurs d’évolutions pédologiques infra-centenaires en NÉOLUVISOL de lœss nu, sous contrainte d’applications continues de matières fertilisantes | p 143-162
Auteurs :
F. van Oort, N. Proix, R. Paradelo, G. Delarue, S. Breuil, D. Baize, A. Richard
Résumé :
Ce travail présente un bilan des impacts de 85 ans d’apports d’engrais chimiques N, P, K, d’amendements basiques et organiques sur la composition et les propriétés d’un NÉOLUVISOL de lœss, en comparaison à des situations témoins sans apport. Cette expérimentation de longue durée est menée depuis 1928 en sol nu dans le dispositif des 42 parcelles à l’Inra de Versailles. Le bilan repose sur les résultats analytiques d’échantillons collectés en 2014 dans l’ensemble des horizons de surface. Les résultats sont confrontés à des données disponibles du sol initial de 1928. L’objectif est de préciser la nature et l’ampleur des évolutions physicochimiques, induites en moins d’un siècle, et d’identifier les processus pédologiques qui en sont à l’origine.
En absence d’entrée de matières organiques (MO), de forts contrastes s’observent en fonction de la nature des apports minéraux, mais aussi dans les parcelles témoins: en 2014, d’une parcelle à une autre, l’écart maximal de pH est de 5,3 unités (3,5-8,8) et la CEC varie de 5,2 à 14,4 cmol+/kg. La garniture cationique varie de plus de 98% de Ca échangeable dans les sols chaulés, à plus de 96% d’Al échangeable dans les sols acides. Le carbone organique a perdu 50 à 75% de la valeur initiale en 1928, et les teneurs en argile s’étendent entre 13 et 20%. Des teneurs significatives de Mnéch s’observent dans les sols denses, alors que Feéch est détectable prioritairement dans les sols acides. Par contre, sous amendement de fumier, l’ambiance physicochimique est très différente, notamment par l’abondance de C organique (43-50 g/kg) et une forte valeur de la CEC, supérieure à 22 cmol+/kg.
La nature, l’ampleur et la diversité des propriétés physicochimiques enregistrés dans les horizons de surface des sols des 42 parcelles en 2014 témoignent de différents processus pédologiques en jeu, actuels ou dans le passé. Dans les sols témoins, sous la seule contrainte de la minéralisation progressive des MO et des conditions atmosphériques, les propriétés et la composition ont considérablement changé : une acidification de 1-1,5 unités de pH, la lixiviation d’une proportion notable de cations bivalents et l’apparition de quantités significatives d’Al échangeable sur le complexe d’échange, une baisse de la CEC et une perte d’argile de 2 à 3%. La migration d’argile, l’argilluviation, processus caractéristique dans les luvisols, apparaît amplifiée sous traitements ‘monovalents’, notamment sous apport de Na où la perte d’argile par lessivage peut atteindre jusqu’à 5 à 6%. Sous apport de K, la perte d’argile est moindre, liée à un processus d’illitisation des particules de smectite par rétrogradation du K. De plus, les apports de phosphate naturel ou de superphosphate semblent également favoriser la migration d’argile, alors que les amendements basiques et de fumier limitent, voire stoppent le processus. Dans les traitements ‘acides’, sous apports d’engrais ammoniacaux ou de sang desséché, les cations échangeables initiaux (Ca, Mg, K, Na) ont été quasi-totalement lixiviés, et remplacés par l’Al. La forte aluminisation du milieu implique un processus de dissolution minérale, affectant en premier lieu les argiles fines (smectites). Les faibles valeurs de la CEC illustrent la perte notable de charges fixes liée à la dissolution partielle des smectites. Néanmoins, l’impact de l’altération en milieu acide sur la granulométrie apparait négligeable, car la teneur en argile dans les sols acides reste inchangée par rapport à 1929. Deux pistes sont envisagées pour expliquer ce constat : un processus de microdivision par l’altération de minéraux phyllosilicatés de taille limoneuse fine et leur transformation en particules argileuses, ou alors un processus de néoformation de phases secondaires à partir de Si, Al et/ou Fe libérés par dissolution d’argiles fines en milieu acide. Enfin, un processus d’agrégation à l’échelle des particules d’argile par le développement de liaisons fortes entre les particules d’argile et des phosphates-Al (ou –Fe) formés en milieu très acide est suspecté dans les sols sous phosphate d’ammoniaque conduisant à la sous-estimation de la fraction < 2 µm lors d’analyses granulométriques courantes.
La palette très étendue de propriétés physicochimiques des horizons de surface dans les 42 parcelles souligne un laps de temps court en pédologie pour leurs changements, d’ordre infra-centenaire. Pour assimiler ces changements opérés en surface au développement de processus pédologiques, il est nécessaire à la fois de suivre l’ampleur et la chronologie des évolutions par l’analyse d’échantillons de la collection historique et d’étendre l’étude des impacts aux horizons E, BT, et C profonds. Ces travaux sont actuellement en cours.

2015 - Volume 22 - Numéro 1

Sols et histoire récente de l’agriculture sur le Plateau de Valensole. Constats et perspectives. | p
Auteurs :
M. Bornand et M. Dosso
Résumé :
La carte pédologique de Digne au 1/100 000ème, de Bornand, Fléché et Guyon (2001), inclut tout le Plateau de Valensole (plus de 100 000 ha) (figure 1). Cet article présente les sols du Plateau, vaste surface très incisée par les ruisseaux et les ravins locaux (figure 4). La séquence de sols observée est en liaison avec la topographie et la composition des roches associées (figure 5). Le sol typique des replats est décrit (figure 6) ; de par sa nature et sa position topographique, il représente la richesse de l’agriculture locale ; cependant, il subit une érosion régressive sur plus de 50% de la surface du Plateau. On explicite les contraintes de ces différents sols pour leur mise en culture. Puis, sur la base du travail de Lang et Ramseyer (2011), on analyse l’évolution des modes de mise en valeur agricole du Plateau et de ses vallons de 1945 à nos jours. Autrefois, les têtes de ravins étaient souvent aménagées et correspondaient aux lieux de vie des nombreux agriculteurs (lieux d’implantation des fermes), mais, elles sont aujourd’hui abandonnées et rendues à la forêt. Le Plateau, entièrement défriché, est cultivé à l’échelle de vastes parcelles de plus de 100 hectares (photo 1). Cette évolution est liée à la révolution agricole qui, dans les années 50, a permis de passer du cheval au tracteur motorisé. L’incidence de ces bouleversements s’observe aujourd’hui sur les sols (photos 2, 3, 4) et les eaux (figure 7) et conduit à leur dégradation progressive. Au total, on montre qu’à la dégradation anthropique des sols qui s’est exercée depuis le néolithique vient s’adjoindre depuis une trentaine d’années seulement une dégradation rapide et profonde, inquiétante pour l’avenir. De nouvelles orientations sont à prendre pour l’agriculture dominante : si les pratiques de gestion du sol ne le préservent pas mieux, alors l’agriculture ne sera pas durable.
L’évolution des sciences du sol face à l’émergence de la notion de service écosystémique. Résultats d’une étude lexicométrique. | p 101-116
Auteurs :
Hellec F., Brives H.,Blanchart E., Deverre C., Garnier P., Payet V., Peigné J., Recous S., de Tourdonet S., Vian J.-F.
Résumé :
Depuis la publication du rapport du Millenium Ecosystem Assessment (2005), on observe une utilisation croissante de la notion de service écosystémique (SE) par les chercheurs des sciences de la nature. Or cette notion, qui est généralement associée à une évaluation économique des services rendus à la nature par l’homme, renouvelle les relations entre science et politique. Elle réinterroge la nature des connaissances scientifiques, celles-ci devant contribuer plus directement à la définition des politiques de protection de l’environnement. Dans cet article, nous nous sommes plus particulièrement intéressés aux sols agricoles, pour étudier en quoi l’approche par service écosystémique conduit à modifier la production scientifique sur cet objet. Pour ce faire, nous avons réalisé une étude bibliographique approfondie à l’aide du logiciel de lexicométrie Iramuteq. Nous avons analysé plusieurs corpus d’articles scientifiques de sciences du sol publiés entre 1992 et 2012 et sélectionnés sous la base de données Web of Science, puis nous avons comparé les résultats de ces analyses. Nous avons ainsi mis en évidence une évolution forte des thématiques et des relations entre disciplines au sein des sciences du sol depuis les années 1990, avec principalement une montée des approches écologiques dans l’étude des sols agricoles. Nous avons également montré que les articles qui font référence à la notion de SE présentent des spécificités : (i) la modélisation n’apparaît pas comme une méthode centrale d’étude ; (ii) les pratiques agricoles sont appréhendées sous l’angle de la préservation des sols plutôt que de leur exploitation à des fins de production ; (iii) les approches biologiques et écologiques sont diversifiées et centrées davantage sur les communautés et les activités des organismes vivants. Par ailleurs, dans la littérature scientifique analysée, l’étude de processus écologiques et biogéochimiques donnés qui prennent place dans les sols agricoles est privilégiée mais elle n’est pas reliée de manière précise aux services qu’ils sont susceptibles de fournir. Par conséquent, pour l’heure, l’utilisation par les chercheurs en sciences du sol de la notion de SE n’entraîne pas de changements majeurs concernant la nature des connaissances qu’ils produisent sur les sols utilisés par l’agriculture.

2013 - Volume 20 - Numéro 2

Rôle de la végétation sur l’évolution des caractéristiques physico-chimiques de la surface d’un bassin d’infiltration des eaux pluviales | p 27-38
Auteurs :
J.-P. Bedell, M. Saulais, C. Delolme
Résumé :
Les bassins d’infiltration sont des ouvrages de gestion des eaux pluviales. Une décantation, en surface des matières en suspension contenues dans les eaux pluviales, donne lieu à des dépôts contaminés. Une végétation spontanée peut coloniser spontanément le bassin et avoir un effet au cours de sa croissance sur l’évolution de la surface du sol. L’étude a pour but de caractériser les principales propriétés géochimiques de la surface contaminée d’un bassin d’infiltration végétalisé et leur évolution en fonction de la croissance des végétaux. Le bassin d’infiltration, d’une surface de 8000 m2 présente une végétation naturelle, répartie de manière hétérogène, avec une zone humide à l’entrée du bassin. Trois zones, colonisées respectivement par des peuplements monospécifiques de Typha latifolia, Phalaris arundinacea et Eleocharis palustris, ont été retenues. Des prélèvements du dépôt de surface de chaque zone ont été réalisés à trois stades de développement des plantes. La caractérisation des dépôts a porté sur des paramètres physiques (teneur en eau, granulométrie) et des paramètres chimiques (pH, CEC, perte au feu, teneurs en carbonates, ions nitrate et sulfate solubles, éléments traces…). L’analyse des paramètres physiques montre que, dans les trois zones colonisées, la teneur en eau dans le dépôt est élevée quelle que soit la saison, avec un minimum de 44% MS. Ces résultats vont dans le sens d’une arrivée régulière d’eaux pluviales dans ces zones, voire la stagnation de l’eau. La texture des dépôts évolue à la fois en fonction de la saison et de la zone. Leurs teneurs en métaux sont très élevées et restent relativement stables. Les dépôts sont fortement carbonatés, ce qui s’explique par le contexte géochimique, avec un substratum constitué de dépôts fluvioglaciaires très chargés en carbonates. Les teneurs en carbonates évoluent peu. De la même façon, les teneurs totales en éléments majeurs (K, Mg, Ca, Al, Fe), le pH, les teneurs totales en azote (N)et phosphore (P) sont très peu variables que ce soit en fonction du couvert végétal ou de la saison. Les paramètres caractéristiques de la matière organique (perte au feu et carbone organique) sont davantage variables, notamment en fonction de la saison. Enfin, les dépôts au droit des trois zones se différencient principalement par l’évolution saisonnière des teneurs en ions, en particulier des ions sulfates et nitrates. Ces paramètres sont particulièrement à prendre en compte dans le cadre des études sur la dynamique de la contamination des ouvrages végétalisés.
Dégradation morphologique et agriculture : quantification des évolutions pédologiques à court terme sous contraintes anthropiques | p 137-149
Auteurs :
D. Montagne ; I. Cousin et S. Cornu
Résumé :
La gestion durable de la ressource sol, reconnue comme non renouvelable à l’échelle humaine, nécessite de connaître voire d’orienter les évolutions des sols en réponse aux activités anthropiques ou au changement climatique. Les dynamiques des principaux processus pédologiques, à des pas de temps de quelques dizaines à centaines d’années sont cependant largement méconnues. Trop souvent encore, les sols sont considérés comme stables pour de tels pas de temps. Dans ce contexte, nous synthétisons ici les avancées scientifiques de dix ans de recherches avec pour objectifs : i) de caractériser l’impact de perturbations anthropiques sur la nature des processus pédologiques actifs dans des LUVISOLS DÉGRADÉS; ii) de quantifier l’importance des évolutions récentes des sols par rapport aux processus de formation long-terme ; et iii) de préciser la dynamique des processus pédologiques pour des pas de temps de la dizaine à quelques centaines d’années. La démarche utilisée repose sur un échantillonnage en séquence orientée et une modélisation du phénomène de dégradation morphologique par bilans massiques. Deux perturbations ont été considérées : la mise en culture de sols forestiers depuis au moins 200 ans, d’une part, et le drainage agricole pendant 16 ans, d’autre part. Nos travaux montrent que la mise en culture ralentit le phénomène de dégradation morphologique sous l’effet des pratiques de chaulage, mais peut aussi localement conduire à son accélération sous l’effet de l’implantation d’un réseau de drainage. Dans ces deux situations, l’impact cumulé des pratiques agricoles sur des périodes aussi courtes que quelques dizaines à centaines d’années s’est révélé suffisant pour produire une différenciation des sols avec une amplitude comparable aux processus de formation à long terme des sols. L’existence de boucles de rétroactions positives entre structure du sol, intensité des flux d’eau et transferts de matières, couplée à des évolutions par seuil sont deux éléments clés contrôlant ces dynamiques particulièrement rapides d’évolution des sols.

2012 - Volume 19 - Numéro 3

Evolution des teneurs en carbone organique dans l'horizon de surface des sols cultivés en Alsace : Analyse à partir de la Base de Données de Analyses de Terre | p 179-192
Auteurs :
C. Swiderski, N.P.A. Saby, J.P. Party, J. Sauter, R. Köller, P. Vandijk, B. Lemercier, D. Arrouays
Résumé :
La Base de Données des Analyses de Terre (BDAT) regroupe les résultats d’analyses d'horizons de surface des sols de parcelles agricoles effectuées à la demande des agriculteurs sur l’ensemble du territoire national par les laboratoires agréés par le Ministère en charge de l’agriculture. Les données sont identifiées par le lieu et la date de prélèvement. La base de données permet de suivre la variabilité des caractéristiques de l’horizon de surface des sols cultivés et leur évolution au cours du temps.
Les enjeux agronomiques et environnementaux concernant la matière organique sont majeurs, mais l’évolution de sa teneur dans les sols à l’échelle nationale ou régionale reste encore peu renseignée. L’objectif de ce travail est de mettre en évidence et de quantifier les évolutions temporelles des teneurs en carbone organique dans les sols à partir des 47794 données disponibles dans la BDAT, à l’échelle de la région Alsace, sur une période s’étalant de 1990 à 2009. Des synthèses cartographiques et des statistiques menées sur les données brutes et les données agrégées au niveau cantonal ont permis de mettre en évidence une évolution significative des teneurs en carbone organique pour 28% des cantons (dont 18,5% en diminution). Une procédure de ré-échantillonnage a été mise en place afin de réduire le biais inhérent à la méthode de collecte des analyses.
La BDAT est une source d’informations peu coûteuse et facilement mobilisable. La poursuite de la collecte permettra d’avoir plus de recul et de confirmer ou d’infirmer les tendances d’ores et déjà observées. Une piste d’amélioration consisterait en un géoréférencement plus précis des échantillons prélevés afin de pouvoir relier plus aisément les données de la BDAT avec d’autres données du dispositif du Gis Sol (RMQS, BDETM) ou des données sur les facteurs de la pédogenèse.

2011 - Volume 18 - Numéro 3

Mise au point d'outils de prévision de l’évolution de la stabilité de la structure de sols sous l'effet de la gestion organique des sols | p 161-174
Auteurs :
C. Chenu, S. Abiven, M. Annabi, S. Barray, M. Bertrand, F. Bureau, D. Cosentino, F. Darboux, O. Duval, L. Fourrié, C. Francou, S. Houot, C. Jolivet, K. Laval, Y. Le Bissonnais, L. Lemée, S. Menasseri, J.-P. Pétraud et B. Verbèque

2008 - Volume 15 - Numéro 3

Evolution du pH et de la CEC de sols du Nord de la France en fonction des doses de chaulage (CaCO3) - Influence du carbone organique | p 161-170
Auteurs :
H. Ciesielski(1), T. Sterckeman(2), J.-Y. Baliteau(3), G. Caria(1), V. Goutiers(1) et J.-P. Willery(1)
Adresse :
1) INRA Laboratoire d`Analyses des Sols, 273, rue de Cambrai, 62000 Arras
2) INPL (ENSAIA)/INRA Laboratoire Sols et Environnement, 2, avenue de la Forêt de Haye, 54505 Vandoeuvre-lès-Nancy
3) Laboratoire SADEF, rue de la station, 68700 Aspach-le- Bas.
Résumé :
L`évolution du statut acido-basique de 35 sols agricoles du Nord de la France consécutive à des apports de carbonate de calcium a été étudiée. Les données utilisées proviennent d`essais réalisés en laboratoire et de mesures effectuées après une période d`incubation de deux mois.
On montre que la détermination du carbone minéral solubilisé dans des extraits de sol en présence d`oxalate d`ammonium permet de détecter de faibles quantités de carbonate de calcium, inaccessibles aux méthodes de détermination volumétriques classiques à moins d`aménagements drastiques.
Tant que la phase calcaire n`est pas en excès, l`augmentation du pH est reliée aux quantités de carbonate de calcium apportées par une relation qui pour être applicable à l`ensemble des sols examinés, ne fait intervenir que leurs seules teneurs en carbone organique selon :
pH = pH0 + (10/[C]).[CaCO3]ajouté.
Une autre relation est mise en évidence pour décrire les variations de la capacité d`échange cationique (CEC) en fonction de celles du pH. Elle conduit à un modèle proche de celui proposé précédemment pour estimer les quantités de carbonate de calcium nécessaires pour amener le pH des types de sols étudiés à une valeur donnée.

2007 - Volume 14 - Numéro 3

Modélisation de l’évolution des sols liée à des processus hydrologiques et géochimiques | p 195-204
Auteurs :
A. Samouëlian, S. Cornu, A. Bruand, G. Richard
Résumé :
Les sols représentent un compartiment clé des écosystèmes terrestres qui évoluent en permanence sous l’effet de forçages extérieurs (homme et changement global notamment). Pour pouvoir prédire ces évolutions il est nécessaire de mettre au point des outils de modélisation capable de prendre en compte les circulations de la solution du sol pour rendre compte de l’impact d’évènements climatiques extrêmes ou de pratiques culturales. Seules des modélisations couplant fonctionnement géochimique et transfert d’eau et de solutés répondent à cette exigence. Différents degrés de complexité existent au sein de ces modélisations. Nous avons distingué les approches empiriques des approches mécanistes et discuté les avantages et inconvénients des différentes approches. Parmi les différentes options de modélisation existant dans la littérature, les modèles mécanistes couplés géochimie-transfert d’eau et de solutés semblent être les plus à même de modéliser l’évolution des sols liée à des processus hydrologiques et géochimiques. Ils sont en effet les seuls, à notre connaissance, à pouvoir simultanément : 1) appréhender les différents mécanismes chimiques mis en jeu lors de l’évolution des sols, 2) s’adapter aux changements de conditions physico-chimiques du milieu et 3) fonctionner en conditions hydriques saturée et non saturée. Ils nécessitent néanmoins une adaptation à la problématique de la pédogenèse : 1) les bases de données du module de géochimie doivent être compatibles avec les minéraux des sols, 2) les interactions et rétroactions entre les phases solide et liquide doivent être intégrées, 3) l’organisation emboîtée des sols doit être prise en compte. Certains processus sont encore mal ou peu pris en compte, notamment le transfert de particules et les processus biologiques.

2005 - Volume 12 - Numéro 2

Quand l`humus est à l`origine de la pédologie - 2. Avant et après P.E. Müller : évolution des conceptions sur la description et la typologie ` des humus ` | p 123-134
Auteurs :
B. Jabiol(1), Ch. Feller(2) et M. H. Grève(3)
Adresse :
(1) UMR ENGREF-INRA ` Ressources Forêt-Bois `, Ecole Nationale du Génie Rural, des Eaux et des Forêts, 14 rue Girardet, CS 4216, 54042 Nancy Cedex.
(2) UR179 SeqBio, IRD, Laboratoire MOST, BP 64501, 34394 Montpellier cedex 5, France.
(3) Danish Institute of Agricultural Sciences, Departments of Agroecology and Crop Physiology and Soil Science, Research Centre Foulum, P.O. Box 50, 8830 Tjele, Danemark.
Résumé :
Avant P.E. Müller la notion d`humus ` couche de sol ` ne fait qu`émerger. Et même si Müller la précise, quasiment même jusqu`à parler d`une succession de couches, et malgré la formalisation et l`interprétation biologique de ces principales couches (L, F, H) par Hesselman en 1926, la première moitié du XXe siècle ne verra guère émerger de typologie claire des formes d`humus au-delà de ce qu`avaient décrit ces précurseurs. Il faudra attendre Kubiena (1953) pour voir établies les bases solides d`une typologie plus complète. Ses travaux sous-tendront ensuite les investigations plus fouillées des équipes, principalement européennes ou canadiennes, qui se sont attachées et s`attachent à caractériser, tant biologiquement que morphologiquement, les formes d`humus, dans la voie tracée par Müller. Le diagnostic et la caractérisation des écosystèmes à l`aide des formes d`humus est un enjeu dont l`actualité dépasse actuellement le simple diagnostic des potentialités forestières, et s`inscrit dans le besoin d`une prédiction de l`évolution de ces écosystèmes. Des typologies harmonisées sont des outils indispensables à ces travaux.

2005 - Volume 12 - Numéro 3

Etude de l`évolution des effets azote de fumiers apportés annuellement pendant six ans dans une rotation mais fourrage-blé tendre d`hiver ou sur un ray-grass anglais fauché | p 209-213
Auteurs :
J. M. Bodet(1), R. Trochard(1), M. Corgnet(1), P. Castillon(2) et F. Laurent(3)
Adresse :
(1) Service Technique de Production, ARVALIS - Institut du Végétal, Station de La Jaillière, 44370 La Chapelle Saint Sauveur,
(2) Service Technique de Production, ARVALIS - Institut du Végétal, Station Inter-Instituts, 6, chemin de la Côte Vieille, 31450 Baziège
(3) Service Technique de Production, ARVALIS - Institut du Végétal, Station Expérimentale, 91720 Boigneville
Résumé :
En 1996 et en 1997, deux essais de longue durée sur l`évolution des effets azote de fumiers apportés annuellement ont été installés dans la région des Pays de la Loire à la Station Expérimentale ARVALIS - Institut du Végétal de La Jaillière (44). Les sols sont des sols bruns lessivés hydromorphes ( Néoluvisols rédoxiques) reposant sur altérite de schiste. Ils ont été drainés en 1981. L`un des essais est conduit en ray-grass anglais fauché, l`autre en rotation maïs fourrage irrigué-blé tendre d`hiver pailles enlevées.
Les traitements ont permis de comparer chaque année quatre types de fumiers (fumiers bruts et compostés de bovins, fumiers bruts et compostés de volailles), à des doses croissantes de fertilisation azotée minérale (0, X/4, X/2, 3X/4 et X, avec X = dose optimale d`azote). Ces fumiers ont toujours été appliqués sur les mêmes parcelles à des doses correspondant à 100 kg de N total ha-1 (maïs) ou 200 kg de N total ha-1 (blé tendre d`hiver, ray-grass anglais).
L`examen de l`évolution des coefficients apparents d`utilisation de l`azote des fumiers par le ray-grass anglais, le blé tendre d`hiver ou le maïs fourrage montre qu`il n`y a pas eu d`augmentation significative de ces derniers entre 1996 et 2004. De même, les minéralisations nettes cumulées de l`azote organique des fumiers entre 1996 et 2001 ont été des fonctions linéaires du temps exprimé en jours normalisés pour la minéralisation à 15 °C.
Dans la situation culturale considérée, les effets azote des fumiers appliqués tous les ans à doses modérées résultent principalement de l`azote minéral apporté avec ces fumiers et de l`azote issu de leur fraction organique rapidement minéralisable.

2004 - Volume 11 - Numéro 1

SISOL : Un modèle d`évolution de l`état structural des couches de sol cultivées | p 33-46
Auteurs :
J. Roger-Estrade(1), G. Richard(2), H. Boizard(3), P. Défossez(2), H. Manichon(4) et J. Caneill(5)
Adresse :
(1) INA P-G, UMR d`Agronomie INRA-INA P-G, BP 01, F-78850 Thiverval-Grignon
(2) INRA, Unité d`Agronomie de Laon-Reims-Mons, rue F. Christ, F-02007 Laon Cedex
(3) INRA, Unité d`Agronomie de Laon-Reims-Mons, F-80200 Estrées-Mons
(4) CIRAD, av. Agropolis, F-34398 Montpellier cedex 05
(5) ENESAD, Département Agronomie-Environnement, 26 boulevard Docteur Petitjean, BP 87999
21079 Dijon cedex.
Résumé :
La mise au point de règles d`aide à la décision en matière de travail du sol ou l`évaluation de l`effet des systèmes de culture sur l`évolution de la composante physique de la fertilité des sols requièrent des modèles permettant d`évaluer l`effet des outils, de la circulation des engins et des agents naturels sur la structure du sol. L`objet de cet article est la présentation d`un tel modèle qui permet de simuler sur un pas de temps qui est celui de l`opération culturale, l`évolution d`un indicateur de l`effet des systèmes de culture sur la structure du sol :
la proportion de volume de sol fortement compacté (d`état interne ∆) dans la couche labourée. Ce modèle, baptisé SISOL, repose sur des hypothèses d`évolution de la proportion de zones tassées dans les couches de sol travaillées sous l`effet combiné du retournement par la charrue, du tassement par les roues des engins et de la fragmentation par les outils de reprise du labour et le climat. Son évaluation sur un essai de longue durée a montré que si les courbes d`évolution de la teneur en ∆ étaient correctement prédites (sur une période de simulation de sept ans), le modèle pouvait être amélioré en prenant mieux en compte la disparition des zones ∆ sous l`effet du climat et de la faune du sol. Même si son extension à d`autres types de sol que les limons argileux du Bassin Parisien est souhaitable, ce modèle peut, en l`état, être utilisé pour comparer l`effet sur l`évolution de la structure du sol de différents choix techniques (dates d`interventions, types d`équipement, modalités de travail du sol, successions de cultures...).

2004 - Volume 11 - Numéro 4

Evolution sur 12 ans de la solubilité, mobilité et lixiviation du phosphate dans un sol ayant massivement reçu du lisier | p 403-418
Auteurs :
C. Morel(1), C. Cachot(2), J. Martinez(2), P. Peu(2), F. Elsass(3), M. Robert(3) et J.-Cl. Fardeau(3)
Adresse :
(1) UMR-TCEM INRA-ENITA, BP 81, 33883 Villenave d`Ornon Cedex
(2) CEMAGREF, Unité de Recherche ` Gestion des Effluents d`Elevage et des déchets Municipaux `
CS 64427, 17 avenue de Cucillé, 35044 Rennes Cedex
(3) INRA, Science du sol, Route de St Cyr, 78000 Versailles
Résumé :
La solubilité et la mobilité du phosphore (P) ont été déterminées dans des échantillons de terre prélevés en 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1999 et 2002 dans les horizons 0-20 cm, 20-40 cm et 40-60 cm d`un dispositif expérimental comprenant une parcelle témoin ne recevant ni lisier ni phosphore et quatre parcelles ayant reçu les mêmes quantités massives de lisier de porc entre mars 1991 et octobre 1995 puis plus rien. Le dispositif a été cultivé en permanence avec du ray-grass. La solubilité du phosphore a été évaluée par un dosage colorimétrique de la concentration (Cp) des ions phosphate (Cp, mg P l-1) dans la solution filtrée (0,2 μm) d`une suspension de terre de 1 g et 10 ml à l`état stationnaire. Dans cette même suspension, la mobilité du phosphore a été quantifiée par le transfert (Pr) d`ions phosphate à l`interface solide-solution en utilisant le traçage isotopique au phosphore 32 (32PO4) et en analysant la dilution isotopique (32PO4/31PO4) des ions phosphate en solution. La quantité de P drainé à 80 cm a été déterminée tous les ans en multipliant le volume d`eau drainée par leur concentration en P total. Près de 4 900 m3 ha-1 de lisier ont été apportés au total ce qui représente 7 964 kg P ha-1. La valeur de Cp passe de 0,06 en 1991 à 12,0 mg P l-1 dans la couche 0-20 cm de sol, de 0,02 à 3,8 mg P l-1 dans la couche 20-40 cm et de < 0,01 à 0,18 mg P L-1 dans la couche 40-60 cm. Dès l`arrêt des épandages, Cp diminue notablement dans la couche 0-20 cm mais continue d`augmenter très significativement dans les couches 20-40 cm et 40-60 cm sans se stabiliser. Pour l `ensemble de la période étudiée, la dynamique de la mobilité du P est très précisément décrite par la cinétique de Freundlich suivante : Pr = 28,1Cp0,41 t0,28, 24 obs. (r2 = 0,99). Après 12 années de suivi, le P drainé à 80 cm (en moyenne 331 mm d`eau drainée) reste faible (<0,1 kg P ha-1) et invariant dans le temps. Le P du lisier n`a toujours pas atteint la profondeur de 80 cm. La forte réactivité des constituants de ce sol vis-à-vis des ions phosphate retarde sa migration en profondeur. Cependant cette migration reste une réalité et le transfert de phosphore dans les eaux de drainage pourrait prochainement augmenter significativement pour durer de nombreuses années.

2003 - Volume 10 - Numéro 1

Réserve utile des sols du Nord-Ouest tunisien - Evolution sous culture | p 19-34
Auteurs :
H. Ben Hassine(1), M. Ben Salem(2), G. Bonin(3), E. Braudeau(4) et C. Zidi(1)
Adresse :
(1) Direction des Sols, Ministère de l`Agriculture, Tunisie
(2) Institut National de la Recherche Agronomique de Tunisie (INRAT)
(3) Université de Provence (L.B.E.M./I.M.E.P.), Aix-Marseille 1, France
(4) Institut de Recherche pour le Développement (IRD), Montpellier, France
Résumé :
Quatre types de sols céréaliers du Nord-Ouest tunisien, caractérisés d`une manière descriptive et analytique, ont été suivis au cours de deux campagnes agricoles pour étudier l`évolution de l`humidité de leurs horizons superficiels. Comparée aux limites inférieure et supérieure de la réserve utile, cette humidité reflète très nettement l`effet du climat et de la nature du matériau pédologique. Les sols du milieu bioclimatique subhumide, évoluant sur un matériau d`origine marneuse, gardent l`humidité sur un plus grand nombre de mois dans l`année. Ceux du milieu semi-aride sont moins argileux et à réserves utiles plus faibles qui n`atteignent presque jamais l`état de saturation des pores capillaires représenté dans cette étude par le point de gonflement maximum des agrégats primaires (WD). Le lien entre l`humidité et le rendement des cultures est évident. Plus les teneurs en eau sont élevées et la période d`humectation du sol est longue, meilleur est le rendement.
Les teneurs en eau des sols ont été corrélées à la capacité d`échange de cations (CEC) et à la densité apparente. Les résultats ont montré un lien entre point de flétrissement permanent (WB) et CEC pour les Vertisols et les sols à caractère vertique d`une part et entre capacité au champ (WD) et densité apparente pour les sols les moins argileux du milieu semi-aride d`autre part.

2002 - Volume 9 - Numéro 1

Azote minéral résiduel et son évolution pendant l`été en fonction du précédent cultural en climat méditérranéen | p 7-24
Auteurs :
H. Berdai(1), N. Aghzar(2), F. Z. Cherkaoui(3) et B. Soudi(4)
Adresse :
(1) Service des Expérimentations, des Essais et de la Normalisation (SEEN) de l`Administration du Génie Rural.
Laboratoire de Conservation des Eaux et des Sols. 461, Avenue Hassan II, Akkari, Rabat, Maroc.
(2) Université Mohamed V, Faculté des Sciences, Département de Biologie - Rabat, Maroc.
(3) Office de Mise en Valeur Agricole du Tadla
(4) Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat, Maroc.
Résumé :
Dans les zones d`intensification agricole des pays méditerranéens, l`azote minéral résiduel après récolte constitue une source majeure de nitrate pouvant être lixivié au delà de la zone racinaire au cours d`une campagne agricole.
La présente étude a été conduite dans le périmètre irrigué du Tadla (Maroc). La fertilisation azotée abusive adoptée par les agriculteurs pour les principales cultures d`une part et le fort pouvoir de minéralisation des sols d`autre part, laissent un reliquat important d`azote minéral dans le sol. Ce reliquat, dont près de la moitié sous forme nitrique, est évalué en moyenne sur la profondeur 0-100 cm à 430, 247, 235, 208 et 162 kg/ha respectivement pour les précédents culturaux : maraîchage, betterave à sucre, jachère, céréales et luzerne. Le suivi de l`azote minéral du sol pendant la période estivale a été réalisé dans les mêmes parcelles non cultivées après récolte. Ce suivi a montré que, en dépit des faibles humidités, l`ammonification persiste et génère une augmentation de la teneur en ammonium dans le sol. Après le retour des premières pluies automnales, des quantités appréciables d`azote minéral variant de 5 à 20 mg/kg dans la couche 0 - 100 cm du sol, de prédominance nitrique, sont libérées dans le sol pour tous les précédents culturaux sauf pour le précédent céréales où se produit une organisation de l`azote. Le taux d`accroissement de N minéral dans la couche 0-100 cm, entre la fin de l`été et les premières pluies, est de 89, 47, 51 et 17 % respectivement pour les précédents luzerne, cultures maraîchères, betterave à sucre et jachère. Il diminue de 21 % pour les céréales. Le rapport Naut/Ntotal est assez variable (entre 0,60 et 2,94) suggérant que la minéralisation provient d`un effet ` flush ` et de la minéralisation de la matière organique du sol, des résidus de récolte et du fumier de ferme. L`importance du stock d`azote minéral dans le sol, en début de période drainante, lié à l`azote minéral résiduel à la récolte et à son évolution pendant l`été constitue un risque de pollution de la nappe par les nitrates. Ce risque dépend de la nature du précédent cultural. Les résultats de cette étude ont permis d`émettre quelques recommandations : la fertilisation nécessite d`être rationalisée en vue d`améliorer l`efficience d`utilisation de l`azote et de réduire l`azote minéral résiduel à un niveau acceptable pour prévenir la lixiviation des nitrates tout en maintenant un niveau de production satisfaisant et économiquement rentable. Pour cela, des essais de démonstration ayant pour objectif la réduction des doses d`engrais azotés apportées, similaires à ceux conduits pour le blé et la betterave à sucre nécessitent d`être généralisés pour l`ensemble des cultures.

2002 - Volume 9 - Numéro 2

Mise en valeur des Ferralsols de la région du Cerrado (Brésil) et évolution de leurs propriétés physiques : une étude bibliographique | p 83-104
Auteurs :
L.C. Balbino(1)(2), M. Brossard(3), J-C Leprun(4) et A. Bruand(5)
Adresse :
(1) INRA, Unité de Science du Sol. Centre de Recherche d`Orléans, BP 20619, 45166 Olivet Cedex, France
(2) EMBRAPA Arroz e Feijão, BP 179, 75375-000 Santo Antônio de Goiás, GO, Brésil
(3) IRD/EMBRAPA Cerrados, BP 7091, 71619-970 Brasília, DF, Brésil
(4) IRD, BP 5045, 34032 Montpellier Cedex, France
(5) Institut des Sciences de la Terre d`Orléans (ISTO), Université d`Orléans, BP 6759, 45067 Orléans Cedex 2, France
Résumé :
Le Cerrado recouvre 206 millions d`hectares et représente environ un quart du territoire Brésilien. Cette région correspond originellement à des écosystèmes de type savane tropicale. Le développement de l`agriculture n`y débute réellement qu`à la fin du XIXème siècle, s`accélère au XXème siècle durant les années trente et atteint son maximum entre les années 60 et 80. Aujourd`hui, cette région, où les surfaces affectées à l`activité agricole n`augmentent plus que très lentement, voit sa structure foncière évoluer avec le développement des grandes exploitations et le potentiel agricole de ses sols de plus en plus fréquemment dégradé par des pratiques agricoles extractivistes.
Dans ce contexte, les Ferralsols qui couvrent environ la moitié de la surface du Cerrado constituent un modèle très sensible, leurs propriétés chimiques et physiques pouvant être rapidement affectées par les pratiques agricoles. S`il est bien établi que la fertilité chimique est rapidement affectée par la mise en culture, cela apparaît être nettement moins bien établi pour la fertilité physique. En effet, l`analyse détaillée de la littérature montre que si la gestion de la fertilité chimique des Ferralsols pour de nombreuses cultures repose aujourd`hui sur de nombreux travaux, la gestion de la fertilité physique est en revanche moins bien établie. Les études révèlent que la mise en culture s`accompagne d`une importante et rapide évolution de la porosité en surface qui se traduit fréquemment par une augmentation de la masse volumique alors que celle-ci est faible sous végétation naturelle, en particulier dans les Ferralsols argileux. On observe alors une diminution de la stabilité structurale, un accroissement de la proportion d`argile dispersable dans l`eau, une augmentation de la résistance à la pénétration et une plus faible conductivité hydraulique.
Enfin, si un certain nombre d`études ont bien montré comment évoluaient les propriétés physiques en fonction de l`usage des Ferralsols, il n`en reste pas moins que la qualité des résultats obtenus est encore très inégale et que les études sont très partielles. Il en résulte que ces résultats sont difficilement généralisables à l`ensemble des Ferralsols du Cerrado. Par conséquent, le rôle de l`évolution des propriétés physiques dans celle de l`évolution globale de la fertilité de Ferralsols lorsqu`ils sont mis en culture reste difficile à cerner.

2002 - Volume 9 - Numéro 4

Evolution structurale de la surface d`un sol tunisien sous différents modes d`irrigation | p 239-250
Auteurs :
M. Hachicha(1) et V. Hallaire(2)
Adresse :
(1) INRGREF, 17 rue Hédi Karray BP n° 10, 2080 Ariana, Tunisie
(2) INRA, 65 rue de Saint-Brieuc, F35042 Rennes Cedex, France
Résumé :
La pérennité des périmètres irrigués en Tunisie est tributaire de la disponibilité et de la qualité des ressources en eau et en sol. Celles-ci, souvent rares et affectées par le sel, sont essentiellement exploitées à des fins de production agricole. Leur gestion constitue un défi important pour le développement de l`agriculture et la préservation de l`environnement. Les conséquences de l`irrigation sur la structure du sol sont étudiées sur un sol limono-argileux tunisien, dans un contexte salin. Trois modalités d`irrigation (submersion, aspersion et goutte à goutte) ont été comparées à la situation initiale et à un témoin non irrigué. La structure a été quantifiée par analyse d`image afin de décrire la morphologie des vides (taille et forme des pores) et de la phase solide (taille des agrégats). Les résultats montrent un accroissement de macroporosité sous irrigation, mais la taille et la forme des pores affectés par ces changements, ainsi que la taille des agrégats, varient d`un mode d`irrigation à l`autre. Les modifications les plus importantes sont obtenues avec l`irrigation au goutte à goutte, qui provoque une augmentation de la porosité d`assemblage et un émiettement des agrégats dans les 5 premiers centimètres. L`irrigation par aspersion crée une croûte sur le premier centimètre qui permet le développement d`une activité biologique importante entre 2 et 10 cm. Sous irrigation par submersion les modifications sont du même type mais moins prononcées. Le développement de cette macroporosité apparaît comme un élément favorable pour éviter la salinisation et la dégradation physique du sol.

2001 - Volume 8 - Numéro 2

Évolution des stocks de carbone et de la disponibilité de l`azote lors de la dynamique de recolonisation des prairies abandonnées du Jura | p
Auteurs :
C. Moares Domínguez, D. Sciama, E. Dambrine, J.-L. Dupouey, J.-C. Gégout et C. Brechet

2000 - Volume 7 - Numéro 1

Evolution du raisonnement de la fertilisation phosphatée des grandes cultures - Etude par simulation de l`évolution des préconisations de fumure sur un échantillon test représentatif des sols et des successions de culture du Nord du Bassin Parisien | p 53-71
Auteurs :
F. Pellerin(1), S. Pellerin(1), C. Vilette(2) et J. Boiffin(3)
Adresse :
(1) INRA, unité d`Agronomie, 71, avenue Edouard-Bourleaux, B.P. 81, 33883 Villenave d`Ornon Cedex, France.
(2) Station Agronomique de l`Aisne, 02007 Laon, France.
(3) INRA, unité d`Agronomie, 02007 Laon, France.
Résumé :
Jusqu`à un passé récent, le ra¡sonnement de la fert¡lisation phosphatée a été basé sur les notions de fumure d`entretien et de correction. L`object¡f de la fertilisat¡on était d`amener puis de maintenir le sol à la teneur en P extractible jugée souhaitable pour être non lim¡tante du rendement. Le progrès des connaissances, et l`évolution du contexte de l`agriculture, ont amené les agronomes à faire évoluer ce mode de raisonnement. L`objectif de la fertilisation dev¡ent davantage de fertiliser la culture à ven¡r, plutôt que d`amener le sol à un niveau de fertilité donné. L`objectif de ce travail est d`évaluer, grâce à des sìmulat¡ons, les conséquences de cette évolution conceptuelle sur les préconisat¡ons de fumure en utilisant deux logiciels (CEBES et REGIFEBT) correspondant à l`ancien et au nouveau mode de raisonnement. Les simulat¡ons ont été faites pour 4 successions de culture, 9 types de sol et une gamme réaliste de teneurs en p extractible, ce qui a conduit au total à 1 152 préconisations de fumure élémentaires. Nous avons vérifié que d`éventuelles différences `entre les bases de données des deux logiciels n`éta¡ent pas susceptibles de biaiser les comparaisons. Les s¡mulations font apparaître une certaine cohérence entre les deux démarches; les préconisations d`impasse sous REGIFERT correspondent en majorité à des préconisations de correct¡on négative sous CERES et, à l`¡nverse, les préconisations d`apport d`une fumure dite de complément de l`offre du sol sous REGIFERT correspondent en majorité à des préconisat¡ons de correction posìtive sous CERES. Cependant les préconisations de fumure REGIFERT sont en moyenne générale inférieures de moitié à celles de CERES. Ces écarts ont deux or¡gines majeures: (i) l`abandon dans le nouveau mode de raisonnement de l`objectif de redressement des sols. Sous CERES cet objectif de redressement conduit à préconiser une correction positive dans 50 % des cas. Du fa¡t du mode de calcul des fumures associé à cet objectif, les fumures préconisées par CERES sont alors très supérieures aux fumures préconisées par REGIFERT dans ces situations; (ii) la possibil¡té qu`introduit le nouveau mode de raisonnement de préconiser des impasses, en les faisant porter en pr¡orité sur les cultures sur lesquelles le r¡sque de perte de rendement est minimal (espèces peu exigeantes). Dans la major¡té des situations correspondantes CERES préconise une correction négative, mais les marges de sécurité associées à ce type de préconisation font que les fumures préconisées ne sont que légèrement inférieures à l`entretien. A l`échelle de la succession, les bilans [apports recommandés mo¡ns exportations] sont toujours positifs sous CERES, même lorsque le sol est bien pourvu, alors qu`ils sont négatifs, équilibrés ou positifs sous REGIFERT, en adéquation avec le diagnostic porté sur l`offre du sol.

2000 - Volume 7 - Numéro 2

Evolution d`un sol forestier acide des Vosges sur une période de 10 ans - Observatoire de la Qualité des Sols du DONON | p 99-117
Auteurs :
M. Bonneau, S. Belkacem, C. Nys, J. Ranger, D. Gelhaye, Y Lefèvre et D. Humbert
Adresse :
INRA, Centre de Nancy, Cycle biogéochimiques - Champenoux 54280
Résumé :
Un sol très acide des Basses Vosges, sous peuplement d`épicéa de 80 ans environ, dont 25 profils avaient été soumis à des analyses déta¡llées en 1986, a été à nouveau prélevé en 1996 et 14 profi¡s, formant deux blocs homogènes de 7, ont été analysés. Les masses des couches holorganiques et la masse de terre f¡ne à l`hectare ont été déterminées. Les pr¡ncipales évolut¡ons sont: une baisse de masse de OH; une diminution notable de la somme des éléments totaux des couches holorganiques et des éléments échangeables de 0 à 35 cm, particulièrement sensible pour le magnésium mais notab¡e aussi pour le calcium; une augmentation de la concentration de P total en OH. Cette augmentation est vraisemblablement liée à une minéralisation active de OH au cours de certaines années chaudes, mais les teneurs en Ca, Mg et K totaux évoluent peu, ce qui tend à indiquer une mauvaise rétention de ces cations par les colloïdes organiques. Les masses totales de calcium et magnésium ont fortement diminué en OH, en liaison avec la d¡minution de masse du matériel organique. Le plomb total a fortement diminué en OL et le cadmium total en OL et OF, résultat probable des mesures de dépollution. La concentration en K échangeable a augmenté de 0 à 5 cm. En résumé on peut d¡re que la fertilité chimique des horizons minéraux, si ce n`est une diminution du pH KCI de 0 à 5 cm, n`a pas var¡é. Par contre, si la fertilité à court terme paraît stable, on peut concevoir des inquiétudes pour l`avenir du fait des diminutions constatées de la somme du magnésium et du calcium totaux dans l`ensemble des couches holorganiques et échangeables dans les niveaux organo`minéraux. Cette diminution paraît liée essent¡ellement à la fluctuation de masse des couches holorganiques et à la forte aluminisation des horizons minéraux qu¡, de ce fait, selon Hildebrand (1986), sont incapables de retenir les cations libérés par la minéralisation de OH, tout particulièrement le magnésium. L`acidification nature¡le ou anthropique agit donc plus par son cumul au cours des précédentes décennies que par son action actuelle.
Elle tend à s`opposer à la recharge du complexe adsorbant qui pourrait se produire chaque fois que la couche OH se minéralise plus activement par effet climatique annuel, ou en fin de révolution lorsque la minéralisat¡on de OH l`emporte sur le prélèvement nécessaire à la production de bois et de nouvelles aiguilles, prélèvement qui diminue du fait du vieillissement du peuplement.

1999 - Volume 6 - Numéro 1

Influence du travail du sol sur l`évolution physique d`un sol forestier ferrallitique après défrichement motorisé - Conséquence sur l`enracinement du maïs | p 27-39
Auteurs :
A. Tamia (1), R. Moreau (1), M. Fortier (2) et G. Yoro (3)
Adresse :
(1) Laboratoire d`Étude du Comportement des Sols Cultivés (LCSC), ORSTOM, B.P. 5045 - 911, Avenue Agropolis 34032 Montpellier CEDEX 01
(2) Laboratoire d`agrologie UR-FCM CIRAD-CA, Avenue du Val de Montferrand - B.P. 5035 - 34032 Montpellier CEDEX 01.
(3) IDEFOR- DCC, 01 B.P. 1827 Abidjan 01 République de Côte d`Ivoire
Résumé :
L`analyse du profil cultural, la résistance à la pénétration et la porosimétrie à mercure ont été utilisées pour préciser les modifications physiques d`un sol ferrallitique forestier de Basse Côte d`Ivoire, après un défrichement motorisé suivi d`une mise en culture avec ou sans travail du sol. Les conséquences sur l`enracinement du maïs ont été appréciées par le comptage et la cartographie des impacts racinaires.
La dégradation structurale avec la réduction de la porosité grossière (pores de diamètre équivalent > 6 μm) et l`augmentation de la résistance à la pénétration, qui affectent le sol cultivé sans labour, sont associées à un faible développement racinaire du maïs. Le travail du sol assure le maintien des caractères physiques favorables à l`enracinement, bien que des volumes compacts massifs liés à des phénomènes de tassement soient présents dans la couche labourée. Une corrélation significative entre les valeurs de résistance à la pénétration et de densité racinaire a pu être établie.

1998 - Volume 5 - Numéro 2

Évolution structurale d`un horizon de surface argileux sous irrigation (Kalaât Landelous, Tunisie) - Caractérisation de la macroporosité par analyse d`images | p 107-116
Auteurs :
V. Hallaire(1), M. Hachicha(2) et C. Cheverry(1)
Adresse :
(1) INRA-ENSA, Unité de Science du Sol et de Bioclimatologie, 65 rue de Saint-Brieuc, 35042 RENNES Cedex, France
(2) INRGREF, BP 10, 2080 ARIANA TUNIS, Tunisie
Résumé :
L`extension de l`irrigation en Tunisie est limitée par la quantité et la qualité des eaux, la présence d`une nappe phréatique peu profonde et salée, et la nature des sols : ces facteurs augmentent les risques de dégradation des sols dans les périmètres irrigués. L`objectif de ce travail est d`estimer les modifications structurales subies par un horizon de surface soumis à une irrigation par aspersion par des eaux salées. L`étude a été réalisée sur un sol argilo-limoneux du périmètre de Kalaât Landelous, au nord du pays. Elle a permis de caractériser la macroporosité sur les quinze premiers centimètres, par analyse d`images sur des échantillons de sols non remaniés, observés à trois échelles de résolution spatiale. La porosité a été quantifiée au moyen d`une approche morphologique, prenant en compte la taille et la forme des pores, ainsi que par leur spectre de porosité. En comparant un horizon travaillé soumis à l`irrigation et un horizon non travaillé sans irrigation, on montre que la macroporosité est plus importante après irrigation ; une analyse typologique montre que cette augmentation est due à la création d`une porosité très grossière, constituée de pores d`assemblage entre les agrégats, ceux-ci pouvant laisser entre eux des espaces de plus de 5 mm. En confrontant ces résultats aux descriptions pédologiques de terrain, on montre que l`irrigation a permis de passer d`une structure polyédrique subanguleuse, présentant une porosité essentiellement fissurale et tubulaire, à une structure grenue, présentant une importante porosité interstitielle entre les agrégats.

1997 - Volume 4 - Numéro 2

Modification au cours de la révolution forestière des caractères physiques de sols sous plantation de Douglas (Pseudotsuga menziesii Franco) | p 127-140
Auteurs :
J. Chrétien(1), J. Ranger(2) et S. Villette(3), avec la collaboration technique de D. Meunier(1), O. Munier(1) et D. Gelhaye(2)
Adresse :
(1) INRA - Unité de Science du Sol - SESCPF - Antenne de Dijon, 17, rue Sully - 21034 Dijon cedex
(2) INRA - Centre de Nancy, Équipe `Cycles biogéochimiques` - 54280 Champenoux
(3) LEGTA - 58000 Challuy
Résumé :
Cette étude de trois sols forestiers sous plantation de Douglas de 20, 40 et 60 ans a pour but de mettre en évidence l`effet du vieillissement de l`écosystème sur les caractères morphologiques et physico-hydriques des solums de type ALOCRISOLS (RP 95). On observe ainsi une modification de nature et une diminution importante d`épaisseur des horizons organo-minéraux qui évoluent d`un mull acide épais à 20 ans vers un moder plus compact et réduit en épaisseur dès 40 ans sans changement notable des teneurs en matière organique. Corrélativement, on constate une diminution de la porosité totale in situ de ces horizons ainsi que de leurs composantes `pédologiques`, porosités structurale et de retrait déduites de mesures effectuées sur mottes naturelles (ou peds) à l`humidité du prélèvement ou après séchage à l`air. Enfin, le comportement physico-hydrique des matériaux constitutifs des horizons analysé à partir des courbes d`humidité et de gonflement (entre pF 4,2 et pF 1) indique une perte d`aptitude au gonflement accompagnée d`une diminution progressive de la porosité ouverte à l`air pouvant conduire dans le peuplement de 60 ans à une phase d`anaérobiose en période humide.
L`ensemble de ces constatations conduit à admettre l`existence d`un tassement progressif et généralisé des horizons organominéraux. Celui-ci peut être attribué à des contraintes mécaniques de gestion forestière (poids du sol, poids du peuplement, passage d`engins d`exploitation...) mais également, sans doute, à une évolution des types d`humus. Si des réserves peuvent être formulées sur les conditions de représentativité d`une telle chronoséquence forestière, il n`en reste pas moins vrai que les résultats obtenus conduisent à proposer une tendance évolutive en relation avec l`âge des peuplements qui semble bien s`intégrer au contexte pédogénétique de l`écosystème étudié.

1996 - Volume 3 - Numéro 3

Évolution de l`acidité dans les sols du delta du fleuve Sénégal sous influence anthropogène | p 151-166
Auteurs :
J. Deckers (1), D. Raes(2), J. Ceuppens(3), I. De Wachter(4), R. Merckx(5) et A. Diallo(6)
Adresse :
(1) Professeur, Université Catholique de Louvain (KULeuven), Institut pour la gestion des terres et des eaux (ILWM), Vital Decosterstraat, 102, 3000 Leuven
(2) Professeur, KU Leuven, ILWM
(3) Projet Gestion de l`eau, Saint Louis, Sénégal
(4) Chercheur, KU Leuven
(5) Professeur, Laboratoire de la Fertilité et de la Biologie du sol, Kardinaal Mercierlaan, 92, 3001, HeverleeA. Diallo
(6) Laboratoire Pédologique, Ross Béthio, NDiaye, Sénégal
Résumé :
Cette communication porte sur une prospection pédologique effectuée dans le delta du fleuve Sénégal, dans le cadre du Projet Gestion de l`Eau, Coopération Scientifique KU Leuven - SAED, à Saint Louis, Sénégal. Il s`agit d`une recherche diagnostique sur le problème de l`acidité et son importance pour la riziculture sous irrigation. L`objectif de cette étude était d`étudier la dynamique de l`acidité dans les sols du delta depuis sa formation jusqu`à maintenant sous l`influence de l`homme. Cette évolution est caractérisée par l`analyse de trois cas tout à fait différents notamment, (i) le cas sans influence humaine, (ii) un site archéologique où est intervenue une influence humaine historique, facteur pédogénétique dominant et (iii) un périmètre irrigué depuis 1980. Chaque site est caractérisé par une toposéquence représentative. L`étude a démontré qu`une quantité non négligeable d`acidité potentielle existe dans le Delta et ce, surtout dans les cuvettes de décantation. En d`autres endroits, l`acidité potentielle apparaît à grande profondeur ou bien n`a jamais existé, ou a été neutralisée par la présence de CaCO3 dans le profil (déchets de coquillages archéologiques). L`étude montre qu`en fin d`évolution, les conditions d`acidité sous riz irrigué seront favorables, c`est-à-dire qu`il existe une neutralisation nette due aux bases qui sont apportées par l`eau d`irrigation. De plus, l`acidité est diluée par les quantités énormes d`eau qui sont appliquées pour la riziculture dans le delta afin de contrôler la salinité.

the best online casinos